‹ Pouzzoles antique (histoire et topographie)Chapitre 93 sur 341 · Nissen, op. cit., II, 2, p. 811, n · texte numérisé non relu

Nissen, op. cit., II, 2, p. 811, n

2. Kaibel, 830. — Inscriptiones graecae ad res romanas pertinentes, I, n° 421. — Dittenberger, Orientis graeci inscriptiones selectae

POUZZOLES A l'époque ROMAINE

sur laquelle était g^ravée l'inscription nous est seule parvenue ; toutefois, les détails qu'elle nous fournit sont assez nombreux pour que nous puissions nous faire une idée de ce qu'était le comptoir tyrien de Pouzzoles, et avoir un aperçu des vicissitudes par lesquelles il passa. Elle est, avec les inscriptions de Délos et du Pirée, le document qui nous fait le mieux pénétrer dans l'histoire du commerce antique.

Nous en donnerons d'abord la traduction : « Lettre écrite à la ville des Tyriens, métropole sacrée, inviolable, autonome, de la Phénicie et des autres villes, et la première sur mer. Aux fonctionnaires, au Conseil, à l'Assemblée du peuple de la patrie souveraine, les Tyriens résidant à Pouzzoles, salut.

(( Par les Dieux et par la Fortune de l'empereur notre maître. Comme vous le savez presque tous, il y a à Pouzzoles d'auires entrepôts que le nôtre; mais le nôtre, par son organisation et sa grandeur, est supérieur aux autres. Jadis, les Tyriens résidant à Pouzzoles subvenaient à son entretien : ils étaient nombreux et riches. Mais maintenant nous ne sommes plus qu'un petit nombre, et, eu égard aux dépenses que nous devons faire pour les sacrifices et pour le culte de nos divinités nationales, qui ont ici leurs temples, les ressources nécessaires nous font défaut pour nous acquitter de la location de l'entrepôt, qui est de 100.000 deniers par an, d'autant plus que la dépense à faire pour la fête où a lieu le sacrifice des bœufs nous a été imposée. En conséquence, nous vous prions de pourvoir au maintien de l'entrepôt, qui ne subsistera que si vous prenez à votre charge lè paiement des 100.000 deniers de la location annuelle. Quant à l'autre catégorie de dépenses et aux frais qui nous incombent pour la réparation de l'entrepôt ruiné, lors des fêtes sacrées de notre maître l'empereur, nous l'avons mise à notre compte, afin de ne pas imposer à la cité une dépense trop lourde. Nous vous rappelons aussi que nous ne recevons aucune contribution ni des armateurs, ni des négociants, à l'inverse de qui a lieu pour l'entrepôt de la ville souveraine de Rome. Nous nous adressons donc à vous; notre sort dépend de vous; occupez vous de l'affaire. Lettre

(1905), p. 287, n" 595, avec un commentaire. — La lecture de Dittenberger ne diirère de celle de Kaibel que sur des points de détail très secondaires. — L. 17, je sifjnalerai rexcellente conjecture opov:Laai3(0a[) au lieu de cppovTiaa[i]'C£. (La pierre porte (&PONTIGACTE).

LES ORIENTAUX A POUZZOLES

écrite à Pouzzoles, le sixième jour avant les calendes d'août, sous le consulat de Gallus et de Flaccus Cornelianus.

« Extrait du procès-verbal de la séance du Conseil tenue le 21 Dios de l'année 300, sous la présidence de Callicratès, fils de Pausanias, proèdre.

« Lecture a été donnée de la lettre des Tyriens qui ont l'entrepôt, lettre remise par l'un d'eux, Lâchés. Dans cette lettre ils nous demandent de pourvoir au paiement des 100.000 deniers; ils disent qu'eux-mêmes feront les dépenses nécessaires pour les sacrifices et pour le culte de nos divinités nationales, qui ont là-bas leurs temples, mais que les ressources leur font défaut pour s'acquitter de la location de l'entrepôt, qui est de 100.000 deniers par an. Ils ajoutent que les frais de la fête ovi a lieu le sacrifice des bœufs leur ont été imposés. Quant aux autres dépenses à faire pour la réparation de l'entrepôt ruiné, à l'occasion des fêtes sacrées de l'empereur, ils s'en chargent, afin de ne pas imposer à la cité un trop lourd fardeau. Ils rapjDellent enfin qu'ils ne reçoivent aucune contribution ni des armateurs, ni des négociants, comme cela a lieu dans la ville souveraine de Rome.

« Après cette lecture, Philoclès, fils de Diodore, a parlé : les Tyriens qui ont l'entrepôt de Rome, dit-il, ont toujours eu pour coutume, sur les sommes qu'eux-mêmes perçoivent, de fournir à ceux de Pouzzoles les 100.000 deniers. Aussi ces derniers demandent-ils que cette habitude soit conservée ; si ceux de Rome ne veulent plus fournir la somme, eux-mêmes sont prêts à se charger des deux entrepôts aux mêmes conditions.

« On approuve : Philoclès a bien parlé. Ce que demandent les Tyriens de Pouzzoles est juste. Puisque telle a toujours été la coutume, qu'on la maintienne. Cela est dans l'intérêt de la patrie. Que la tradition soit conservée.

« Lecture a été donnée d'un mémoire remis par Lâchés et par Agathopous, son fils, Tyriens de l'entrepôt qui se trouve dans l'auguste colonie de Pouzzoles. Ils y montrent que notre patrie a deux entrepôts : l'un dans la ville souveraine de Rome, l'autre dans l'auguste colonie de Pouzzoles... »

Le premier point à établir, c'est la signification du mot fftaTiojv. Les Tyriens qui habitent Pouzzoles (cl èv Ilo-tôXoiç xaToixouvTsç) se désignent par le mot romain grécisé : aia- Tiwvdcpici. ; ils sont locataires d'un établissement appelé g-x/xi'mv,

POUZZOLES A l'époque ROMAINE

qui est un établissement de commerce. C'est ainsi, disons-le de suite, que nous entendons le mot, traduit ci-dessus par entrepôt. Kaibel, Mommsen, dans une note du recueil de Kaibel, et, après eux, M. Waltzing- i l'ont compris différemment. Examinons d'abord leur opinion.

Selon eux, la axaxtwv serait une tribune mise à la disposition des Tyriens pour assister aux fêtes du forum. (( De même qu'il y avait à Rome des stationes municipiorum, écrit Mommsen, de même il y en avait à Pouzzoles.,.. Quelle était leur destination ? On ne sait. Peut-être n'étaient-elles que des log-es, spectacula, d'oii les T3^riens résidant à Pouzzoles pouvaient commodément assister aux spectacles du forum. Les oisifs passaient leur temps dans des stationes ; on le sait d'après les lettres de Pline ~. En réalité les stationes municipiorum, à Rome, ne diffèrent pas de l'ancienne graecostasis, qui fut « a comilio comme dit Varron <\ C'est, si je ne me trompe, ce même « locus spectaculorum in senatu datus Massiliensibus », comme dit Justin ^. Ainsi ce que les Romains avaient accordé aux Marseillais dans leur ville, les Pouzzolans l'accordaient dans la leur aux Tyriens. »

Cette explication ne nous paraît pas admissible.

Mommsen compare la (TiaTtwv des Tyriens aux stationes municipiorum de Rome, et celles-ci à la g-raecostasis, où le Sénat aurait un jour accordé aux envoyés de Marseille la faveur d'assister aux spectacles du forum. Or le texte de Varron nous apprend que la graecostasis était une tribune voisine de la curia Hostilia et réservée aux envoyés étrang-ers, qui y attendaient d'être introduits dans le Sénat, ou bien y assistaient aux délibérations publiques ^. Le peuple réuni sur le comitium avait devant lui le Sénat assemblé dans le senaculum, l'orateur qui parlait sur les rostres, et les ambassadeurs étrang-ers sur la g-raecostasis. Celle-ci n'est donc point une tribune

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