PARALYSIE INFANTILE
intensité quatre à cinq milliampères. Au début on évitera avec soin toute secousse, toute interruption brusque du courant ; mais plus tard on peut, suivant le conseil de Erb, faire à la fin de chaque séance quelques intermittences et même des renversements du courant
De temps en temps aussi à une période avancée, on recherchera si le courant faradique provoque des contractions musculaires ; ce retour de la contractilité faradique est d'un excellent pronostic. A titre d'exercice gymnastique, on pourra faire à chaque séance quelques minutes de courant faradique sur les muscles qui réagissent à ce mode d'électrisation.
A cette période un peu ancienne, les bains salés, les bains sulfureux, les eaux minérales salines ou sulfureuses pourront être conseillés. — A une époque plus rapprochée du début, on commencera les frictionsstimulantes, les massages locaux. — Les bains de mer ne seront permis qu'un à deux ans après le début des accidents ; la durée de chaque bain sera très courte (deux à trois minutes). On choisira une plage tempérée.
Comme médicaments, M. Simon recommande l'usage alterné de la noixvomique et de l'arsenic. 11 commence par donnera chaque repas dix gouttes du mélange suivant, soit une goutte de teinture de noix vomique :
Teinture de colombo 9 grammes.
Teinture de noix vomique 4 —
Au bout de huit à dix jours et même avant, pour peu qu'apparaissent de l'insomnie, de l'agitation, des secousses musculaires, il remplace la noix vomique par l'arsenic à faible dose (1 milligramme d'arséniate de soude à chaque repas) . Au bout de dix jours, le médicament est suspendu et l'enfant est laissé une huitaine de jours sans traitement interne.
Le traitement médicamenteux devra être suivi pendant des mois. Le traitement par l'électrisation et les moyens externes devra être prolongé pendant des années. « A cette condition, écrit M. Simon, il est bien rare qu'on ne finisse pas par obtenir un résultat infiniment plus favorable que celui sur lequel on croyait tout d'abord pouvoir compter. La tendance qu'ont
parfois les familles à s'abandonner au désespoir, à renoncer trop vite à la lutte, ne saurait donc être trop énergiquement combattue, i
A la période- d'infirmités constituées, les appareils orthopédiques peuvent avoir une grande utilité pour compenser le raccourcissement d'un membre inférieur atrophié, pour soutenir une articulation ballante, mais il faut éviter d'appliquer ces appareils trop tôt. Il faut rejeter les appareils exerçant une constriction trop énergique, ce qui achèverait l'atrophie du membre ; de même, les appareils trop lourds, trop compliqués, véritables engins de torture, qui sont proposés parfois. A une période rapprochée du début, mieux vaudra faire marcher l'enfant au moyen de béquilles, d'un chariot de suspension, que d'appliquer un appareil de soutien exerçant une pression nuisible.
Diverses opérations chirurgicales ont été proposées pour remédier aux difformités laissées par la paralysie infantile. Les ténotomies ont eu autrefois une véritable vogue pour remédier à la rétraction qui atteint les muscles antagonistes des muscles atrophiés. Elles corrigent la difformité, mais augmentent souvent la faiblesse du membre. Leur résultat est d'ailleurs rarement durable. L'arthrodèse destinée à provoquer l'ankylose des articulations ballantes donne de bons résultats à l'articulation tibio-tarsienne. Dans quelques cas l'amputation d'un membre inférieur atrophié, complètement inutile, douloureux et gênant paries ulcérations et les troubles trophiques qu'il présente, rendra un service réel.
V atrophie musculaire progressive, la paralysie pseudo-hypertrophique semblent rebelles à toute médication. Dans l'atrophie musculaire progressive, l'électricité longtemps continuée a parfois donné à Onimus des succès inespérés ; le pôle positif est placé à la nuque, le pôle négatif est successivement placé à la partie supérieure, puis à la partie inférieure de la région affectée. Le courant sera intense, 15 milliampères ; sa durée sera de dix minutes. On essaierait le même traitement dans la paralysie pseudo-hypertrophique.