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CHAPITRE XI

Migraine.

Résumé clinique. — 1° Accès de migraine. Migraine de l'œil. 2» État migraineux. 3° Causes occasionnelles de l'accès et causes mêmes de la migraine. 4° Diagnostic de la migraine.

Traitement. — 1° Accès ; moyens abortifs ; moyens palliatifs. 2» État migraineux. 3° Indications générales chez les migraineux.

Résumé clinique. — La migraine par l'intensité qu'offrent parfois ses accès, par leur fréquence désespérante peut constituer une affection d'une réelle gravité.

L'accès intense de migraine débute ordinairement le matin après un sommeil lourd et prolongé. Quelquefois il s'est annoncé plusieurs jours à l'avance par des troubles gastriques, renvois, bâillements, constipation ; par du malaise ou au contraire par une gaîté, une sensation de bien-être peu habituelles. L'accès comporte une douleur de tête unilatérale, très pénible, avec alternative de pâleur et rougeur de la face. Il entraîne de plus des vertiges, et surtout un état de malaise stomacal avec nausées, vomissements aqueux, déterminant une extrême fatigue. L'accès se prolonge de six heures à quarante-huit heures ; il se termine par un véritable anéantissement, un sommeil invincible. Ce n'est qu'au réveil, quand le malade a mangé, qu'il se sent vraiment débarrassé de son accès.

Ordinairement l'accès intense de migraine laisse à sa suite une période de quelques jours ou de quelques semaines d'entrain et de bonne santé.

Dans la migraine dite de l'œil, l'accès s'accompagne de troubles visuels très pénibles, mais sans gravité. Le malade voit double ou trouble ; il aperçoit des éclairs. Ces accès peuvent

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faire penser à une attaque de glaucome ; ils s'en distinguent par l'absence de dilatation de la pupille et de dureté du globe de l'œil.

Les accès intenses de migraine ne constituent pas le côté le plus pénible de la maladie ; les petits accès, simple mal de tête, mais mal de tête accompagné de vertiges et de nausées sont beaucoup plus pénibles car ils peuvent revenir cbaque jour, constituer un état migraineux presque permanent.

Les causes de la migraine ont pour le traitement une importance prépondérante. Quelques-unes de ces causes sont purement occasionnelles, les malades les connaissent bien et cbercbent d'eux-mêmes à les éviter. Ce seront les veilles inaccoutumées, le séjour au lit trop prolongé le matin, le séjour dans une atmosphère confinée, les odeurs, le travail à une lumière vive et en particulier à la lumière artificielle pendant le jour. D'autres causes sont plus importantes encore. Chez tout migraineux on recherchera avec soin la dyspepsie et plus encore la constipation ; on recherchera les excès de tabac et d'alcool. Certaines migraines périodiques semblent dues à l'impaludisme et cèdent au sulfate de quinine, l'arthritisme et la goutte jouent aussi un rôle bien connu dans la migraine.

Une cause très fréquente et souvent méconnue de la migraine, consiste dans les anomalies de la réfraction. Il suffira parfois du port de lunettes appropriées, pour guérir le malade d'accès incessamment répétés. On recherchera en particulier l'astigmatisme.

La migraine doit être surtout distinguée de la céphalée si fréquente dans la syphilis, en particulier dans la syphilis au début. Dans les cas douteux, on rechercherait au besoin l'effet de petites doses (0 gr. 25 à 0 gr. 30) d'iodure de potassium. Le diagnostic avec la céphalée de la méningite et des tumeurs cérébrales, avec la névralgie faciale n'offre pas de difficultés.

Traitement. — On doit étudier 1° le traitement de l'accès de migraine, 2o le traitement de l'état migraineux, 3" le traitement général dans l'intervalle des accès.

l'LICQUi:

Au début de l'accès de migraine, certains médicaments peuvent être employés comme abortifs. Le bromure de potassium à la dose de 2 grammes, le chloral à la dose de 2 à 4 grammes, l'antipyrine surtout à la dose de 3 grammes, peuvent être conseillés, l'infusion de café très forte réussit à quelques malades, quelques-uns l'additionnent de 10 à 15 gouttes de laudanum de Sydenham.

Mais si l'on réussit par ces différents moyens à empêcher l'accès intense, c'est souventpour jeter le malade dans un état demi-migraineux, somnolent, presque aussi pénible et plus prolongé. De plus quand on ainsi empêché un accès de migraine le malade, au lieu d'avoir une période d'accalmie de quelque durée, a souvent à bref délai un nouvel accès.

Ordinairement donc on se contentera au début de l'accès de moyens plus simples : applications fraîches sur le front, distraction, promenade au grand air, café. Si ces moyens ne réussissent pas, le malade se mettra le plus tôt possible au lit.

Le lit constitue le vrai traitement de l'accès intense de migraine. Le malade couchera dans une chambre obscure et sera entouré du calme le plus absolu. Contre la céphalée on emploiera les applications fraîches, les frictions avec le crayon de menthol, le stypage. Contre les nausées on fera sucer un peu d'orange ou de citron. Le malade boira en abondance du thé léger, de la décoction de tilleul ou de fleurs d'oranger, ce qui rendra les vomissements beaucoup moins pénibles.

Si l'accès se prolonge, on conseillera l'antipyrine à faibles doses, 1 à 2 grammes; tout à fait exceptionnellement on ferait une demi piqûre de morphine, mais la morphine ne doit jamais être employée comme moyen abortif, les migraineux ayant comme tous les neurasthéniques grande tendance à devenir morphinomanes.

Dans la migraine de l'œil la compression légère du globe de l'œil avec de l'ouate et une bande de flanelle, l'instillation de quelques gouttes d'un collyre à la cocaïne au 20e constitueront les meilleurs palliatifs.

Conlre l'état migraineux, on essayera tout d'abord de corn-

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