NÉVRALGIES 38L
de même et sont un peu moins pénibles. Mais la principale application de l'électricité, est dans les névralgies tenaces anciennes et les névrites. Larat recommande d'essayer d'abord le courant descendant : allant de l'origine du nerf à la périphérie, pour la sciatique, le pôle positif sera par exemple à la fesse, le pôle négatif sera promené alternativement au-dessous de chaque point douloureux. La durée de chaque séance sera de dix minutes. L'intensité peut atteindre 10 milliampères pour la sciatique ; elle ne dépassera pas 6 milliampères dans la névralgie intercostale et 3 dans la névralgie faciale. On évitera avec soin les secousses et les interruptions brusques du courant.
Il y a parfois avantage à se servir pour mouiller la plaque positive d'une solution d'antipyrine ou de cocaïne à 2 0/0. En ce point, en effet, se fait une légère absorption.
Quand le courant descendant échoue on essaiera le courant ascendant.
La révulsion a trouvé dans le chlorure de méthyle son meilleur agent. Dans quelques cas tenaces on emploiera encore les vésicatoires. Ceux-ci pourront même être pansés avec des paquets renfermant un centigramme de morphine pour dix centigrammes d'acide borique pulvérisé. Dans la sciatique en particulier, Charcot a conseillé assez souvent un. vésicatoire formant une longue bandelette large de deux travers de doigt seulement, et appliquée à la cuisse sur tout le trajet du sciatique.
Dans les formes prolongées, les ventouses, les pointes de feu, trouveront leur application. Aux côtés, aux membres,, la chaleur sous forme de sachets de sable chaud, de briques très chaudes réussit souvent bien. Les bains et douches de vapeur, le bain thermorésineux, le massage réussissent également bien. Les diverses frictions proposées ont été innombrables. Les unes sont excitantes (liniment térébenthiné. ammoniacal, chloroformé) Les autres ont la prétention d'être calmantes (huile de jusquiame,, de belladone, de ciguë). Les frictions sèches à la fleur de soufre réussissent quelquefois. Barthel aurait obtenu des succès dans la sciatique en appli-
quant le long du sciatique une large bande saupoudrée de Heur de soufre et lixée par une bande circulaire. Grellety enfin a beaucoup vanté l'application de compresses légèrement imbibées de chloroforme. Ces compresses produisent une vive rubéfaction.
Dans la névralgie faciale l'intensité des douleurs justifie l'emploi des médicaments internes les plus énergiques. L'aconitine peut être essayée dans les cas rebelles. On la donnera par granules d'un dixième de milligramme sans dépasser dans les vingt-quatre heures un milligramme et en surveillant son action (torpeur, parésie linguale, arythmie cardiaque). Féréol a. préconisé dans les névralgies avec tic douloureux épileptiforme, le sulfate de cuivre ammoniacal. La potion suivante sera prise dans les vingt-quatre heures. Pour assurer la tolérance stomacale, on la fera surtout prendre au moment des repas.
Eau distillée . 100 grammes
Sp. fleurs d'oranger 30 —
Sulfate cuivre ammoniacal 0 gr. 15 cent. '
Parmi les moyens externes, en dehors des mouches d'opium, des mouches de Milan, on doit surtout citer le stypage. L'électricité a dans certains cas tenaces été employée sous forme d'électropuncture en enfonçant au voisinage des filets nerveux et même dans ces filets des aiguilles analogues à celles qui servent au traitement des nœvi. Hirt vante particulièrement la faradisation énergique de la peau.
Comme indications étiologiques on doit rappeler en première ligne au point de vue général, l'impaludisme ; au point de vue local, les affections dentaires.
Des affections dentaires très minimes peuvent entraîner de violentes névralgies.
Bien des opérations chirurgicales ont été tentées contre les névralgies rebelles. La règle sera d'essayer d'abord les autres moyens thérapeutiques et parmi ces interventions, de choisir d'abord les plus bénignes. Sans doute les sections du susorbitaire, du sous-orbitaire, du dentaire inférieur, du nerf buccal sont souvent suivies de récidive. Mais elles seront es-