CHORÉE
Traitement. — « H n'existe point de me'dication spécifique de la chorée, dit M. Ollivier 1 dans une clinique qui est un modèle de critique thérapeutique. Les succès attribués à tel ou tel médicament sont attribuables presque toujours à l'évolution naturelle de la maladie vers la guérison.
« Le traitement de la chorée repose tout entier sur des indications individuelles. Sans ériger le découragement en principe, sans parodier un précepte biblique et dire que Vinitium sapientiœ est dans l'espèce le timor rneclicamenti, on doit surtout se défier des médicaments par trop toxiques et dangereux ».
La première indication est de calmer les mouvements convulsifs.
La strychnine préconisée par Trousseau, le curare préconisé par Drumond,résérine vantée par Bouchut seront abandonnés comme dangereux. Le tartre stibié recommandé par Gilette n'agit que par la dépression, l'affaissement qu'il entraîne. Malgré sa réelle efficacité on évitera son emploi dans une affection qui se complique si souvent d'anémie et de troubles intestinaux. Si on l'essaye dans les cas graves et rebelles, chez des enfants vigoureux, on commencera par 0 gr. 20 par jour, on augmentera de la même quantité toutes les 24 heures, et l'on s'arrêtera au bout dé trois jours. Si l'amélioration cherchée n'est pas obtenue on recommence au bout de trois j ours, en élevant un peu la dose. Dans la forme spéciale de chorée, dite chorée électrique, le tartre stibié a donné à M. Bergeron de bons résultats.
Le sulfate de zinc a été de même préconisé à doses progressives par West. Il en donne successivement 0 gr. 15 cent, par jour cette quantité étant prise en trois fois. La dose quotidienne est graduellement élevée à 0 gr. 20, 0 gr. 25, 0 gr. 30 et atteint parfois un gramme.
Le chloral, la belladone, l'opium, peuvent être avantageux pour procurer un sommeil momentané. On se défiera de l'action déprimante du bromure.
L'antipyiïne préconisée par Legroux paraît être le meil-
(4) Voir Ollivier, Cliniques, p. 169.
leur médicament que nous ayions contre la chorée ; mais les doses doivent être assez élevées, 3 grammes par jour donnés en trois fois, aux trois repas. L'amélioration survient d'onlinaire au bout de cinq à six jours. Le plus jeune enfant à qui cette dose de 3 grammes ait été donnée avait huit ans. Exceptionnellement Legroux observa à ces doses élevées quelques éruptions àntipyriques, une gastralgie non persistante, des douleurs lombaires, des sueurs des extrémités et dans un seul cas de l'abaissement thermique.
Au point de vue de Vêlât général, on doit se préoccuper du rhumatisme, du nervosisme, de la scrofule, de l'anémie. Il est un médicament qui semble répondre à toutes ces indications diverses, c'est l'arséniate de soude longtemps prolongé à doses de 2 à 10 milligrammes par jour. Le fer est mal toléré par les nerveux. L'hydrothérapie doit être très prudente pour ne pas nuire aux rhumatisants. On se contentera souvent de bains sulfureux. Le quinquina, la coca peuvent être donnés comme toniques, mais ils seront donnés au milieu des repas pour ne pas faciliter la production des troubles gastriques.
Les endopéricardites qui peuvent survenir seront traitées par les moyens ordinaires et en particulier la révulsion longtemps continuée.
Comme moyens externes on peut employer la révulsion sur la colonne vertébrale. Les pulvérisations d'éther sont à peu près abandonnées et remplacées par les pulvérisations de chlorure de méthyle. Si celles-ci étaient mal tolérées on aurait recours au stypage suivant le conseil d'Ollivier. M. Simon emploie avec succès les ventouses sèches. Les pointes de feu, les vésicatoires sont à éviter. La gymnastique et surtout la gymnastique en musique, bien réglée, a paru donner d'excellents résultats.
Le traitement moral, les encouragements, l'affirmation relative à l'efficacité de tel ou tel médicament auront eux aussi un rôle d'autant plus grand que le choréique est toujours nerveux, inquiet, attristé. L'enfant sera placé à la campagne ou au moins dans un milieu calme. On évitera toute fatigue