ANGINES DE POITRINE ET AORTITES
deux mois il donna l'iodure de sodium, car on ne saurait indéfiniment continuer sans danger d'intoxication le sel potassique. Pour assurer la tolérance de doses aussi fortes et aussi prolongées voici les principales règles pratiques qu'il indique :
1° Pureté parfaite du médicament; 2° surveillance de la diurèse ; 3» prise de l'iodure au milieu du repas : 4° association de l'iodure à l'extrait thébaïque ou à l'arsenic. Voici les deux formules que M. Huchard emploie le plus souvent.
1° Eau distillée. 300 grammes
lodure de sodium 10 à 20
Extrait thébaïque ■ 0 gr. 10
Deux à trois cuillerées à soupe par jour.
II» Eau distillée ^ . . 150 grammes
lodure de sodium 5 à 10
Arséniate de soude 0 gr. 05
Deux à trois cuillerées à café par jour.
L'amaigrissement produit par l'iodure est plutôt favorable. Les éruptions cutanées pourront être atténuées par l'emploi de bains fréquents. Les troubles gastro-intestinaux seront atténués par l'emploi du lait/par l'association de l'opium et de l'arsenic ; mais malgré tout il sera souvent bon de suspendre l'iodure cinq à dix jours par mois. — Quant aux poussées de grippe mdique avec coryza, laryngite, conjonctivite, parfois gonflement pseudo-érysipélateux de la face, elles surviennent parfois brusquement chez les malades les plus tolérants, les plus habitués, et obligent naturellement au repos médicamenteux.
Quand l'intolérance pour l'iodure est absolue ou pendant la période du mois où l'iodure est suspendu, Huchard le remplace par la trinitrine. Trois ou quatre fois par jour, il donne rois gouttes de la solution alcoolique de trinitrine au centième dans une grande cuillerée d'eau.
Les principales complications signalées par Huchard comme entraînant des indications thérapeutiques particulières sont : SfnCe rénale ; 20 Fétat ^ 30 la parésie du
cœur ; 4o l'état de mal angineux ; 5" les interventions chirurgicales.
L'insuffisance rénale due à la sclérose du rein et qui sera plus longuement étudiée avec les néphrites est la grande source des accidents de dyspnée qui compliquent parfois l'angine. Le régime lacté absolu est alors une nécessité. Les ventouses sur la région lombaire sont souvent utiles. C'est en pareil cas, dans ces angines de poitrine compliquées de troubles respiratoires que Peter recommande parfois une petite saignée. Quand on suspend le régime lacté intégral, l'indication capitale est de supprimer tous les aliments susceptibles de renfermer desptomaïnes etde se borner longtemps au régime végétarien, aux œufs, aux viandes bien cuites, en continuant le lait comme boisson.
L'état syncopal ou demi-syncopal peut survenir soit pendant les accès soit à leur suite. Pendant l'accès on insistera surtout sur les inhalations de nitrite d'amyle et les injections hypodermiques de trinitrine. Les applications de marteau de Mayor, les frictions stimulantes sur les membres sont toujours utiles.' Si la syncope survient après l'accès, on emploiera plus particulièrement les injections d'éther, de caféine, de camphre. (Une seringue de Pravaz, de la solution suivante : Huile d'olives stérilisée, 10 gr. Camphre, 2 gr.).
Huchard rejette la pilocarpine et la cocaïne comme prédisposant à la syncope.
En cas de parésie du cœur avec dilatation, affaiblissement des contractions, œdème pulmonaire aigu par abaissement brusque de la tension artérielle, Huchard, en dehors des frictions excitantes, de la trinitrine, du nitrite d'amyle, des injections d'éther, de caféine, de camphre, emploie la digitaline. 11 donne en une fois et une seule fois trente à quarante gouttes de la solution de digitaline cristallisée au millième.
Dans Yétat de mal angineux avec accès répétés presque subintrants, le malade doit garder un repos absolu, sur un fauteuil ou assis sur son lit, il sera bien entendu soutenu par des oreillers. Il évitera tout mouvement même pour boire.