Société de thérapeutique. Séance du 28 janvier
d'emblée, aussitôt après la ponction exploratrice dans les pleurésies abondantes et graves, M. Dujardin-Beaumetz a en particulier insisté sur les avantages de l'empyème précoce.
L'empyème doit être fait avec une antisepsie rigoureuse (asepsie de la peau, des instruments, des tubes de drainage, des mains de l'opérateur). L'incision portera dans le sixième ou le septième espace intercostal. En la faisant précéder immédiatement d'une ponction exploratrice, le tracé constitue pour le bistouri un guide excellent. L'incision aura six centimètres environ et son milieu correspondra en général à la ligne axillaire. Elle divisera la peau, le. tissu graisseux souscutané, l'aponévrose superficielle, la couche musculaire, les muscles intercostaux en suivant toujours le bord supérieur de la septième ou huitième côte suivant l'espace. Toute déviation de l'incision vers le bord inférieur de la côte supérieure expose à la blessure de l'artère intercostale. La plèvre qu'on reconnaît à sa blancheur, à sa densité, à son aspect lisse est divisée sur une étendue de 3 cent, seulement de façon à avoir une plaie en entonnoir. Le pus s'échappe aussitôt. Quand l'écoulement s'arrête on place deux tubes à drainage du volume du doigt. Ces tubes seront assez résistants (caoutchouc durci, caoutchouc épais) pour ne pas se laisser aplatir par le resserrement des côtes. Exceptionnellement il sera nécessaire de réséquer un fragment de côte pour éviter cet aplatissement.
L'empyème se fait sans chloroforme. Un simple badigeonnage de la peau au chlorure de méthyle ou une pulvérisation d'éther suffisent à atténuer la douleur. On peut aussi employer les injections sous-cutanées avec une ou deux seringues de Pravaz de la solution de cocaïne au cinquantième, l'injection étant faite lentement en la disséminant sur tout le trajet de l'incision.
Après l'opération on fait un pansement épais à la gaze iodoformée ou salolée, au coton absorbant, à l'acide salicylique, au salol, à la ouate de tourbe. Sauf le premier jour ce pansement sera renouvelé toutes les vingt-quatre heures, seulement beaucoup plus rarement encore quand le liquide devient séreux et est peu abondant.
Sur l'utilité des lavages antiseptiques quatre opinions ont été soutenues : 1° pas de lavages, 2° un lavage unique, 3° lavages multiples, 4° lavages multiples mais seulement en cas d'indications spéciales, fétidité, mauvais écoulement du pus. A moins de ces indications spéciales, le lavage unique non répété paraît donner les résultats les plus favorables. Comme liquide de lavage on emploiera l'eau boriquée, la solution de chlorai au centième, le sublimé au quatre millième, le chlorure de zinc à cinq pour mille, ces solutions seront tièdes et même un peu chaudes.
Le traitement des fistules qui peuvent persister après l'empyème (opérations d'Estlander, thoracoplastie) ne peut qu'être mentionné. La méthode de l'antisepsie rigoureuse, des pansements rares, du lavage unique, rendra d'ailleurs ces fistules moins fréquentes.
Pendant tout le cours de la cicatrisation il est important d'insister sur la nécessité des toniques, d'une bonne alimentation, de la distraction sans fatigue et surtout de l'air pur.