ROUGEOLE
toutes les fois que vers le quatrième jour, l'éruption pâlira brusquement sans que la fièvre tombe. Souvent aussi l'enfant tousse, a une respiration fréquente et saccadée.
La laryngite est parfois assez intense pour forcer à la trachéotomie. En ville il est assez rare que la diphtérie vienne se greffer sur la rougeole; le fait est par contre fréquent à l'hôpital. Le diagnostic est alors fort difficile entre le croup et la laryngite rubéolique simple. Bien que la trachéotomie soit presque fatalement inefficace dans les croups suites de rougeole, on la tenterait dans les cas douteux espérant encore qu'il pourrait s'agir d'une laryngite simple.
Les inflammations de la conjonctive, de la bouche, de la vulve, du gland sont fréquentes quand on ne prend pas des soins minutieux de propreté. Mais quelques précautions suffiront à les éviter. Comme antiseptique faible la solution boriquée rendra de grands services.
V otite ne sera pas toujours évitée malgré l'emploi des gargarismes antiseptiques. Nombre de méningites rubéoliques ne sont en réalité que des otites moyennes suppurées qui auraient guéri parla ponction du tympan. On devra donc examiner avec soin l'oreille et l'apophyse mastoïde chez tout rougeoleux atteint d'accidents cérébraux.
Enfin, dans la convalescence on n'oubliera pas que la rougeole prédispose à la tuberculose pulmonaire. Sans trop s'alarmer du catarrhe pulmonaire avec toux grasse, crachats, qui persiste souvent assez longtemps dans la convalescence, on veillera h placer l'enfant dans un air pur et à lui donner une bonne alimentation.
Traitement. — Rougeole simple de Venfant. — L'air pur, la chaleur modérée, quelques tisanes chaudes, une extrême propreté suffisent dans la rougeole de l'enfant.
L'air pur est la condition principale. La rougeole est une maladie grave à l'hôpital où les enfants s'infectent les uns les autres ; en ville, quand plusieurs enfants simultanément atteints sont réunis dans une pièce petite, humide, non ensoleillée, on voit survenir la broncho-pneumonie avec presque autant de fréquence qu'à l'hôpital (Simon).
La chaleur doit être modérée, 18° environ. En surchauffant la pièce, en chargeant l'enfant de couvertures, en l'entourant de bouillottes chaudes on détermine une transpiration abondante ; l'enfant ayant par trop chaud se découvre constamment et finit toujours par prendre froid. Le souci de garder la chambre chaude ne doit jamais en particulier empêchai l'aération.
Les tisanes chaudes : bourrache, mauve, tilleul, fleurs d'oranger ont quelque utilité contre la toux, Un simple looch avec deux à trois gouttes d'alcoolature d'aconit constitue contre celle-ci la seule médication à conseiller. Cadet de Gassicourt donne souvent deOgr. 50 à 1 gramme de bromure contre l'agitation et l'insomnie. La propreté sera minutieuse. Les yeux, le nez, la bouche seront lavés cliaque jour à l'eau boriquée tiède. Il sera bon de laver également la bouche, le nez, la gorge. La verge, la vulve seront lavées au moindre signe d'inflammation. Des onctions à la vaseline boriquée sont utiles contre l'érythème qui se développe au pourtour du nez par suite du coryza.
Le lait, toujours bouilli (tuberculose) le bouillon dégraissé constitueront la seule alimentation. L'enfant âgé de plus de trois ans sera maintenu au lit pendant dix jours au moins. Audessous de cet âge mieux vaudra tenir et promener l'enfant sur les bras. La première sortie de la chambre n'aura lieu qu'au bout de trois semaines. Elle sera reculée à un mois et plus chez les enfants jeunes ou dans la mauvaise saison.
Complications. — Accidents ataxo-adynamiques. — Dans les formes ataxo-adynamiques de l'adulte, le quinquina, le sulfate de quinine, l'alcool, les bains tièdes ou froids, les sangsues aux apophyses mastoïdes sont les moyens les moins infidèles. Le bain tiède à 30° d'une durée de huit minutes avec affusion froide sur la tête, est le meilleur moyen en cas de convulsions chez l'enfant.
Broncho -pneumonie . — C'est par l'air pur et la chaleur, c'est, chez les tout jeunes enfants, en les tenant le plus possible dans les bras pour éviter la congestion du décubitus