‹ Précis de clinique thérapeutique [electronic resource]Chapitre 18 sur 150 · I. — Oreillons · texte numérisé non relu

I. — Oreillons

Chez l'enfant l'évolution des oreillons a d'ordinaire une grande bénignité. Tout se réduit à un peu de fièvre et de malaise au début, à des douleurs assez vives au niveau des deux régions parotidiennes tuméfiées. L'orchite ourlienne est chez l'enfant rare. Elle s'est montrée fréquente dans quelques épidémies. L'œdème de la glotte, les accidents nerveux, convulsions, coma, paralysies, otites sont également exceptionnels.

Chez l'adulte les oreillons constituent une affection plus sérieuse. Il n'est pas rare de voir des accidents d'adynamie ner-

veuse eb de collapsus cardiaque. L'orchite est fréquente, atrocement douloureuse, et se termine par l'atrophie du testicule dans les deux tiers des cas environ. Quand cette atrophie est double elle a pour re'sultat l'impuissance et même, chez les adolescents, le féminisme.

Traitement. — Le traitement hygiénique suffit presque toujours. Les malades garderont la chambre et même surtout s'il s'agit d'adultes, le lit. Ils seront bien protégés contre le froid. On assurera l'antisepsie buccale par des gavgarismes tièdes à l'acide borique, au chloral à 1 pour 100. L'alimentation sera surtout liquide et constituée par du lait, du bouillon peu salé, des potages, des œufs. On aura assez fréquemment à combattre la constipation par des laxatifs légers. Si les urines sont rares et troubles on prescrira des tisanes diurétiques.

Contre l'engorgement parotidien et les souffrances qu'il entraîne on se contentera d'onctions avec l'huile de camomille, de jusquiame, de belladone, d'opium tiède et de l'enveloppement avec de la ouate recouverte d'un taffetas gommé. Ce n'est que si l'inflammation devient très intense, si la déglutition et la respiration sont très gênées que quelques sangsues sont utiles, en particulier chez l'adulte. On conseillerait également des bains de pied sinapisés. La suppuration dans les oreillons est exceptionnelle, mais il n'est pas rare de trouver dans les oreillons non suppurés de la rénitence qui, jointe aux autres signes d'inflammation, fait croire à tort à la présence du pus. On n'incisera que si cette présence est absolument évidente, et seulement après avoir fait précéder l'incision d'une ponction exploratrice.

L'orchite ourlienne exige surtout un repos absolu au lit, les bourses bien soulevées. Les onctions mercurielles, belladonées, l'enveloppement ouaté, l'application de grands cataplasmes tièdes sont utiles. Laverau rejette l'emploi des émissions sanguines et du jaborandi. Peter recommande au contraire vivement l'application de sangsues. Celles-ci sont surtout utiles dans les formes douloureuses. Contre l'atrophie testiculaire on essaierait l'emploi de courants continus, d'intensité

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