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CHAPITRE VIII

Grippe.

Résumé clinique. — Début. Formes nerveuse, pulmonaire, gastro-intestinale, cardiaque. Marche. Influence du terrain.

Traitement. — Formes non compliquées. Hygiène. Alimentation. Sulfate de quinine. Indications spéciales à chaque forme.

Prophylaxie.

Résumé clinique. — La grippe, comme l'indique son vieux nom français bien préférable au nom exotique d'influenza, saisit, étreint le malade d'une façon brusque. C'est par un malaise subit, des frissons, des douleurs articulaires de la céphalalgie, du coryza ou une bronchite légère que débutent les premiers accidents. Plus tard, suivant la prédominance des symptômes on doit distinguer quatre formes importantes au pointde vue des indications thérapeutiques : laforme nerveuse la forme thoracique, la forme gastro-intestinale, la forme cardiaque.

Les accidents nerveux sont surtout de la céphalée, de l'insomnie, du délire, parfois de l'agitation psychique, qu'il faut surveiller au point de vue du suicide. Les douleurs dans les reins, les membres, la nuque sont souvent très violentes. On observe parfois des troubles cardiaques redoutables : détresse cardiaque et ralentissement du pouls, angine de poitrine. La convalescence dans cette forme est longue. Souvent les malades restent affaiblis et neurasthéniques.

Les accidents pulmonaires légers, coryza, laryngite, bronchite, sont presque constants dans les diverses formes de grippe. La bronchite capillaire, la congestion pulmonaire, la broncho-pneumonie, la pneumonie constituent au contraire des complications graves. Ils s'observent parfois dès le début de la grippe. Plus souvent, ils surviennent chez des sujets af-

faiblis, ou des sujets robustes qui, de par leur vigueur même ne veulent pas se soigner ni garder la chambre pour une grippe légère. La dyspnée est ordinairement grave, disproportionnée à l'étendue des accidents locaux. L'expectoration devient souvent purulente. Les pleure'sies grippales, accident moins fréquent que les complications pulmonaires, sont souvent purulentes soit d'emblée, soit consécutivement.

La forme gastro-intestinale, la moins grave de toutes, esl très pénible par la gastralgie, les vomissements répétés et à vide, la constipation suivie de diarrhées profuses et de vives coliques. Les lésions du pharynx, de la bouche (angines, stomatites, otites) sont dans cette forme particulièrement fréquentes. Les otites offrent souvent une extrême gravité.

Les accidents cardiaques sont très variés : endocardite, asystolie aiguë, syncopes, angines de poitrine. Les phlébites sont rares. Les hémorrhagies sont assez fréquentes, mais sans gravité spéciale (Troisier).

La marche de la grippe est très influencée par le terrain sur lequel elle évolue. C'est chezles nerveux, les surmenés qu'apparaîtront les accidents ataxo-adynamio/nes graves. Ces accidents sont fréquents chez les médecins frappés au cours d'une épidémie qui les a surchargés de besogne. C'est chez les "vieillards, les affaiblis que surviendront les complications pulmonaires. Toute lésion du cœur, toute lésion ancienne des reins aggravent singulièrement le pronostic. La grossesse une condition des plus fâcheuses. Chez les tuberculeux enfin la grippe est une cause fréquente d'hémoptysies et de poussées aiguës de granulie.

Traitement. — L'hygiène suffira dans les formes non compliquées jusqu'à la gUérison de la grippe. Le repos au lit au début, le repos dans une chambre suffisamment chauffée, suffisamment aérée, ensoleillée et non poussiéreuse seront impérieusement prescrits. On veillera à ce que les malades, les vieillards surtout, soient demi assis, ou couchés sur le côté dans leur lit.

Au début, alimentation exclusivement liquide. S'il n'y a pas

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