GRIPPE
trop d'agitation on donnera du thé, du café, des grogs, du Champagne. En cas d'agitation on insistera sur les tisanes rafraîchissantes et légèrement diurétiques: violettes, tilleul, fleurs d'oranger, queue de cerise, pariétaire, etc. Le lait enfin constituera la boisson par excellence. Le bouillon est moins à recommander. Les laits de poule constitueront une ressource pour les malades n'aimant pas le lait.
Comme médicaments du début, le sulfate de quinine à dose de 15 à 60 centigrammes par jour semble avoir seul une utilité. Chez les sujets jeunes un vomitif est très souvent indiqué.
Les accidents se dessinant apparaissent des indications nouvelles variables pour chaque forme.
Forme nerveuse. — En cas d'agitation vive, le bromhydrate de quinine (0 gr. 20 à 0 gr. 60 cent.), (les bromures (2 à 4 gr.) constituent les meilleurs moyens. L'antipyrine calme assez bienles céphalées, le chloral calme assez bien l'agitation, mais ces deux médicaments augmentent souvent la toux. En cas d'accidents adynamiques on insistera sur Féther, l'alcool (grogs et Champagne). Le Gendre a préconisé la strychine qu'il a donné à doses très fortes jusqu'à six milligrammes par jour; un à deux milligrammes seront ordinairement suffisants.
Gomme moyens locaux, les compresses fraîches sur le front, les compresses légèrement imbibées d'alcool camphré, d'éther, le stypage seront employés contre la céphalée. Si le visage est rouge vultueux, on mettra exceptionnellement des sangsues derrière l'apophyse mastoïde (une à quatre sangsues appliquées isolément l'une après l'autre). Si le visage est au contraire pâle, livide, le malade sera couché la tête aussi basse que possible ; on fera sur les membres des frictions stimulantes.
Toutes les fois qu'éclateront des accidents nerveux un peu tardifs on doit songer à la possibilité d'une otite et examiner soigneusement le tympan et l'apophyse mastoïde.
Forme thoracique. — Contre la bronchite et le coryza en dehors des divers moyens anodins indiqués à l'étude de ces af-
fections, on emploiera surtout l'aconit. XX gouttes d'alcoolature d'aconit dans 125 grammes de looch blanc constituent une potion bien acceptée. On se déliera de l'opium et de la belladone, l'élimination rénale étant difficile dans la grippe. Comme révulsion les badigeonnages iodés, les cataplasmes de farine de graine de lin sinapisés suffiront.
Pour prévenir les accidents graves on insistera sur le décubitus latéral ou demi assis, le séjour prolongé à la chambre Les malades ne seront pas autant que possible placés à plusieurs dans la même cbambre.
Cbez les sujets jeunes encore on peut, au début des accidents pulmonaires, donner un ipéca non stibio. Plus tard l'emploi du cblorbydrate d'ammoniaque (trois grammes par jour en six cachets) sera un bon moyen (Marotte). Chez les vieillards on insistera sur le café, l'alcool, le quinquina.
La difficulté de l'élimination rénale, la tendance à l'adynamie doivent faire rejeter absolument certains moyens de traitement: tartre stibié, oxyde blanc d'antimoine, kermès et surtout vésicatoires. Comme agent de révulsion rien ne vaudra les applications quotidiennes et même biquotidiennes de ventouses sèches. Chez les sujets très robustes quelques ventouses pourront être scarifiées.
Forme gastro-intestinale. — Les vomissements seront combattus par l'eau de seltz, la potion de Rivière, le Champagne glacé. Le malade boira en abondance des infusions aromatiques (menthe, camomille) les vomissements à vide étant les plus pénibles.
Chez les jeunes sujets on pourra donner comme vomitif l'ipéca non stibié. Plus tard on ne donnera que des purgatifs toujours légers ; limonade purgative, sulfate de soude ou de magnésie. Ces purgatifs ne seront pas bus trop froids.
Le malade fera des lavages fréquents de la bouche à l'eau de Vichy. Les eaux alcalines à faibles doses sont très utiles.
Contre la diarrhée profuse, on emploiera surtout les antiseptiques intestinaux : salol, salicylate de bismuth, naphtol, et non l'opium. Les doses antiseptiques resteront faibles 2 à 3 gr. par jour environ.