PREMIÈRE PARTIE
Pris au sens absolu du mot le groupe des maladies infectieuses comprendrait la plus grande partie de la pathologie. Le choix des maladies qui figurent dans ce groupe a été pour notre ouvrage réglé bien plus par les analogies cliniques et thérapeutiques que par l'étiologie infectieuse probable ou même certaine. C'est ainsi que le choléra et la dysenterie figurent non aux maladies infectieuses, mais aux maladies de l'intestin, que la tuberculose figure aux maladies du poumon. Ces choix et ces éliminations sont forcément, comme toutes les classifications médicales, plus ou moins arbitraires.
Les affections conservées dans ce groupe, la diphtérie, la fièvre typhoïde, la rougeole, la variole, la scarlatine, l'érysipèle, la grippe, etc., présentent au point de vue clinique ce côté commun d'une évolution aiguë, à déterminations multiples frappant la plupart sinon tous les organes de l'économie. La convalescence, dans les formes même légères des maladies infectieuses, est presque toujours traînante etlongue. Au point de vue thérapeutique elles offrent ce côté commun d'exiger surtout un traitement hygiénique. C'est en prévenant les complications par des précautions minutieuses bien plus qu'en s'attaquant au fond même de la maladie que le médecin peut être utile. Les infections dont on connaît le médicament spécifique sont bien rares. Autrefois comme aujourd'hui nous n'avons de pouvoir réel que sur l'impaludisme et sur la syphilis.
La thérapeutique des maladies infectieuses doit toujours être d'une grande sobriété. Ce n'est qu'avec beaucoup de ré- Plicque ,
serve qu'il faut intervenir dans la lutte soutenue par l'organisme. On doit se délier en particulier des médicaments trop actifs, trop toxiques, toujours difficilement éliminés par suite de la surcharge et de la congestion rénales.
Quant à l'hygiène des maladies infectieuses, en dehors des banalités sur l'air pur, la propreté, la température de lachambre, le choix de l'alimentation, elle se prête plus mal encore que la thérapeutique aux généralités. Chaque maladie infectieuse ayant ses complications spéciales, nécessite des précautions hygiéniques absolument spéciales. — La prophylaxie en raison de la différence extrême des mo/les de contagion ne peut, elle non plus, être l'objet de considérations utiles, qu'à l'étude particulière de chaque affection.