III. — Alcoolisme chronique
Il est peu de maladies dans lesquelles l'alcoolisme ne joue un rôle. soit prépondérant soit accessoire. Dans les dyspepsies, dans les congestions et cirrhoses hépatiques, dans les laryngites, dans les néphrites, dans la paralysie générale, dans la plupart des affections du système nerveux, on retrouvera souvent en cherchant bien, l'intoxication par l'alcool et surtout l'alcool de mauvaise qualité. Beaucoup de malades ne se grisant jamais, se croyant même relativement sobres mais se permettant à chaque repas une ration copieuse de vin, un verre de cognac, quelques apéritifs entre les repas sont profondément alcooliques.
Certains accidents : la pituite matinale, le tremblement des mains étendues, tremblement qui survient surtout le matin, les cauchemars, l'insomnie, sont presque palhognomoniques de l'alcoolisme. Les convulsions épileptiformes ne sont pas rares surtout chez les absinthiques. Pour Lancereaux bien des faits de prétendue hystérie chez l'homme devraient être reliés à l'absinthisme chronique.
Le délire aigu des alcooliques, le delirium tremens est souvent d'une violence extrême. Il survient à l'occasion d'un traumatisme, d'une maladie intercurrente. Il est souvent le résultat de la suppression brusque de l'alcool, l'excitant accoutumé.
Traitement. — Les lésions chroniques produites par l'alcoolisme : paralysie générale, cirrhoses, dyspepsies, néphrites, n'ont d'indication thérapeutique spéciale que la suppression de la cause. Dans le delirium tremens, l'accident aigu de l'alcoolisme, on surveillera attentivement le malade dangereux pour lui-même et pour son entourage. Mais on évite-
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ra l'emploi de la camisole de force qui a paru contribuer à entraîner la mort par asphyxie. L'opiumà doses élevées (0 g. 15 à 0 g. 20 cent, d'extrait d'opium) calme bien les malades. Mais peut-être contribue-t-il à produire des accidents comateux souvent mortels. Les injections de morphine, l'opiumà doses fractionnées de 0 gr. 01 semblent un peu moins dangereuses. Beaucoup de médecins font prendre par verre à liqueur de demi heure en demi heure cinquante gouttes de laudanum de Sydenbam dans un demi litre de vin de Banyuls ou de Malaga. 11 importe en effet de restituer au malade une certaine quantité d'alcool. La poudre de Dower à dose de 1 à 2 grammes a été également très vantée. Malgré tout le chloral et le bromure de potassium semblent moins dangereux et aussi efficaces que l'opium. L'expectation pure et simple aidée de quelques boissons diurétiques, sudorifiques et de quelques grogs pour ne pas supprimer brusquement l'alcool a compté des défenseurs énergiques. M. Féréol a obtenu de bons résultats des bains froids.