CHAPITRE ill
Angines chroniques.
Résumé clinique. — 1° Causes de la chronicité : Causes locales : lésions pharyngées. Chez l'enfant, hypertrophie des amygdales, végétations adénoïdes. Chez l'adulte, granulations, hypertrophie de la luetle, pharyngite diffuse, ca-farrhale ou sèche. Lésions nasales et buccales. Irritations d'origine diverse. Causes générales : scrofule, arthritisme, goutte, diabète, mal de Bright ; 2° Complications : poussées aiguës, troubles de la voix, surdité, hypocondrie.
Traitement. — 1° Local. Moyens divers, opérations ; technique des cautérisations; 2° Général; 3° Traitement thermal.
Résumé clinique. — Les causes qui entretiennent et souvent éternisent les angines chroniques sont les unes locales, tes autres générales. Les causes locales peuvent être des lésions du pharynx, des lésions des cavités voisines, des irritations d'ordre divers.
Chez l'enfant et l'adolescent les lésions pharyngées les plus fréquentes sont : 1° Fhypertrophie des amygdales ; 2° l'hypertrophie des follicules adénoïdes abondants surtout sur la paroi postérieure du pharynx, la face supérieure du voile du palais (végétations adénoïdes). Les grosses amygdales se reconnaissent à la simple inspection. Les végétations adénoïdes seront soupçonnées par la surdité, le faciès spécial : bouche entrouverte, respiration exclusivement buccale, narines amincies. Elles seront reconnues par le toucher buccal.
Chez l'adulte on rencontre surtout des granulations pharyngées. Ces granulations sont presque toujours accompagnées d'une inflammation catarrhale de toute la muqueuse du pharynx. L'hypertrophie de la luette n'est pas rare. Tantôt il y a sécrétion de mucus adhérent; tantôt au contraire il v a sécheresse extrême.
Il est exceptionnel que les lésions soient bornées au pharynx. Dans toutes les angines chroniques il existe en même temps quelques lésions du nez (rhinite atrophique, rhinite hypertrophique). Les lésions buccales (carie dentaire, pyorrhée gingivale) sont fréquentes et jouent un rôle important pour entretenir l'angine.
Les irritations d'ordres divers : séjour dans une atmosphère viciée, poussiéreuse, habitation dans un logement humide, exercice immodéré de la voix, tabac sous forme de tabac à fumer, à chiquer et surtout à priser, alcool, aliments trop chauds ou trop irritants ont un rôle qui se conçoit facilement. ,
Gomme causes d'ordre général, la scrofule joue chez 1 enfant, l'arthritisme joue chez l'adulte le rôle principal. Les angines chroniques delà goutte, du diabète, du mal de Bnght doivent être particulièrement mentionnées.
Les angines chroniques constituent une affection assez sérieuse Elles exposent à des poussées incessantes d'inflammation aiguë ou subaiguë. Elles amènent une fatigue rapide de la voix, fatigue très pénible dans quelques professions (pharyngites des prédicateurs, des avocats). Elles constituent, chez l'enfant surtout, par propagation de l'inflammation aux trompes d'Eustache, une des causes les plus fréquentes de surdité. Presque toujours enfin elles entraînent une hypocondrie marquée.
Traitement. - 1° Traitement local. - Le traitement local nécessité par les lésions pharyngées consistera tantôt en soins divers, tantôt en opérations proprement dites
Les gargarismes, les irrigations, les pulvérisations les a touchements avec des poudres astringentes alu, . chlorate de notasse) peuvent suffire dans les cas simples. Les garba rfsmes u même les irrigations astringentes (décoction de
uU es de coca, de feuilles de ronces additionnée de borax diction de bourgeons de 'sapin), réussissent bien ^ns formes catarrhales. Les gargarismes simplemen a lution de bicarbonate de soude à trois pour cent) les simples
inhalations de vapeur d'eau, réussissent mieux dans les formes sèches (pharingites sèches des goutteux, des diabétiques, des brightiques).
Les badigeonnages répétés avec la solution de cocaïne au trentième constituent un bon moyen décongestif.
Les pastilles donnent surtout du soulagement dans l'angine granuleuse. Les pastilles de menthe, de borate de soude, de cocaïne, d'eucalyptus, réussissent ordinairement mieux que les pastilles de chlorate de potasse. Chez quelques malades les pastilles d'ipéca sont le meilleur moyen d'éclaircir la voix et de débarrasser la gorge des mucosités. .
Il suffit d'indiquer les diverses précautions hygiéniques : suppression du tabac sous toutes ses formes, de l'alcool, des aliments chauds ou irritants, air pur. Le malade devra s'attacher à respirer parle nez. A moins d'une mauvaise habitude acquise il évitera remploi des foulards, des cache-nez. Il est souvent indispensable (prédicateurs, professeurs, officiers) qu'il s'astreigne à. parler très peu et à ne parler que pour la conversation simple, sans forcer la voix, pendant quelque temps.
Parmi les opérations qui peuvent être nécessaires on doit mentionner chez l'enfant l'ablation de l'amygdale hypertrophiée et surtout l'ablation des végétations adénoïdes. Chez l'adulte on aura à faire l'ignipuncture de l'amygdale, la cautérisation de l'amygdale linguale — quelquefois l'excision de la luette trop longue — et surtout la cautérisation du pharynx. Cette dernière opération peut seule être décrite ici.
La cautérisation du pharynx est particulièrement dirigée contre les granulations. On peut employer soit le galvanocautère, soit les solutions caustiques. Avec le galvanocautère on ne fera d'abord que des cautérisations peu nombreuses, bien limitées. C'est surtout chez les goutteux qu'on se défiera des réactions inflammatoires trop vives.
Parmi les solutions caustiques on doit surtout mentionner: 1° la solution iodoiodurée au dixième (un gramme de teinture d'iode et un gramme d'iodure de potassium pour 10 grammes d'eau) ; 2° la solution de nitrate d'argent à proportions variant
de un à quatre grammes pour cent. Comme porte-caustique un tampon de ouate hydrophile bien fixé au bout d'une baleine est l'instrument le plus commode. Le tampon sera suffisamment exprimé pour être humide mais non ruisselant. On donne à la baleine, en la chauffant, une courbure appropriée au point à atteindre.
Ces cautérisations seront faites après un badigeonnage à la cocaïne. Pour modérer la douleur consécutive, de petits fragments de glace, des gargarismes avec la solution phéniquée à un pour deux cent constituent lés meilleurs moyens. On ne fera jamais de cautérisations delà gorge qu'après avoir essayé les traitements plus simples et surtout après avoir traité les diverses lésions de la bouche et du nez. Le malade devra garder la chambre un à deux jours après les cautérisations au galvanocautère ou au nitrate d'argent.
Le traitement des lésions de la bouche consistera surtout en avulsion de dents cariées, nettoyage du tartre, attouchements à la teinture d'iode des gencives atteintes de pyorrhée.
Le traitement des lésions nasales pourra exiger des cautérisations au galvanocautère (hypertrophie de la muqueuse des cornets). Mais on essaiera tout d'abord les badigeonnages ala cocaïne, les insufflations de poudres antiseptiques (acide borique, salol) et surtout les irrigations nasales tièdes et même chaudes. Celles-ci ne seront jamais faites avec l'eau pure mais avec l'eau additionnée de deux cuillerées de sel ou de 30grammes de borax par litre. Le résultat de ces irrigations nasales dans les pharyngites chroniques est souvent inespéré.
Traitement général. - En dehors des indications générales que peuvent fournir la scrofule, l'arthritisme, le mal de Bright, le diabète, on doit surtout mentionner le rôle des troubles gastro-intestinaux. L'antisepsie intestinale donne souvent de très bons résultats. Le benzoate de soude à dose de quatre a six grammes par jour en quatre ou six fois est utile dans les pharyngites de l'adulte, mais il est mal toléré par la plupart des dyspeptiques (Ruault).
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Gommé moyen temporaire d'éclaircir la voix ou d'adoucir une poussée subaiguë, l'alcoolature de racine d'aconit (X à XV gouttes dans de la tisane de fleurs d'oranger) mérite d'être signalée.
Traitement thermal. — Les cures thermales constituent un moyen excellent à la fois général, agissant contre les diathèses organiques, l'hypocondrie, etlocal parles vaporisations, les inhalations, les gargarismes pratiqués dans les établissements thermaux. Ces cures ne donnent tous leurs résultats qu'après le traitement local ordinaire du catarrhe de la muqueuse et des granulations. Les stations principales sont Cauterets, le Mont-Dore, Aix-les-Bains. Enfin certaines pharyngites tenaces cèdent à un changement de séjour et à l'habitation dans un climat plus tempéré.
B. — Maladies de l'estomac.