‹ Précis de clinique thérapeutique [electronic resource]Chapitre 6 sur 150 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Fièvre typhoïde.

Résumé clinique. — Début. — Résumé général. — Formes encéphalique, spinale, thoracique, gastrique, intestinale, cardiaque. — Formes larvées. — La convalescence et ses complications. — Les principales causes de mort. — Influencé de l'âge, des fatigues an tériéures, de l'obésité, delà grossesse, delà syphilis sur le pronostic. — Recherches des complications. — Importance du diagnostic avec les septicémies d'origines locales.

Traitement. — Hygiène. Température de la chambre ; soins do toilette, couchage, alimentation (importance des boissons abondantes, dangers des aliments solides). Précautions dans la convalescence.

Traitement systématique par les bains froids. Sa technique : a) dans les formes ordinaires; b) dans les formes malignes. Ses difficultés d'application dans quelques cas. Moyens divers de remplacer les bains froids.

Traitement symptomalique. Les dangers des divers médicaments. — Indications générales : toniques et antisepsie intestinale. — Indications spéciales : Appareil circulatoire. Hyperthermie. Détresse cardiaque. Appareil digestif. Stomatites, vomissements, diarrhée, constipation, hémorrhagies intestinales, perforations intestinales. Appareil respiratoire: Laryngites, congestion hypostalique. Système nerveux : Insomnie, accidents ataxo-adynamiques, rachialgie. Appareil génito-urinaire : Néphrites, orchiles. Peau : Eschares.

Prophylaxie : Individuelle, générale. Moyens de désinfection.

Résumé clinique. - Rien n'est en général plus trompeur, plus insidieux que le début de la fièvre typhoïde. Pendant huit jours, quinze jours même ce n'est rien qu'un peu de malaise, de céphalée, d'embarras gastrique. — Puis la fièvre entre en scène en même temps que le malade affaissé, ne dormant plus, présentant déjà une diarrhée fétide, s'alite définitivement. — La température s'élève graduellement. Elle n'atteint jamais 40° avant le soir du troisième jour ; elle atteint toujours à ce moment au moins 39°.

L'infection typhique va graduellement croissant, frappant, sans en respecter un seul, tous les organes de l'économie. Les phénomènes nerveux : stupeur, insomnie, délire, sont prédominants. Du côté de l'appareil digestif, existe de la sécheresse de la bouche et du pharynx, une diarrhée abondante, fétide, acreu. L'albuminurie est presque constante. La congestion pulmonaire est d'une fréquence extrême.

Le cœur est toujours touché comme en témoigne le pouls accéléré, irrégulier, dicrote. La peau particulièrement vulnérable présente souvent des eschares au point de pression. Cet état persiste 25 à 30 jours en moyenne. Il peut atteindre et dépasser soixante jours.

Formes. — Suivant que tel ou tel organe est plus ou moins frappé, on a pu distinguer des formes encéphalique (délire, convulsions), spinale (rachialgie, raideur de la nuque), thoracique (congestion pulmonaire), gastrique (embarras bilieux), intestinale (diarrhée, melœna), cardiaques. Enfin dans les formes larvéesles symptômes sont parfois absolument latents. Le malade va, vient, mange, ne se plaignant que de fatigue et de malaise. Il succombe souvent brusquement à une perforation intestinale, souvent aussi il se suicide. Le suicide n'est de même pas très rare chez les convalescents de fièvre typhoïde, qui doivent toujours être surveillés de très près.

La convalescence de la fièvre typhoïde est toujours longue. L'intestin est pendant des semaines paresseux, susceptible. La mémoire, l'intelligence restent longtemps touchés. Les rechutes ne sont pas rares si le malade est alimenté ou se fatigue trop tôt.

Terminaisons. — La mort survient surtout du fait de l'épuisement nerveux, de la détresse cardiaque, de la congestion pulmonaire, d'une péritonite, d'une hémorrhagie intestinale. — Il semble pourtant que la fièvre typhoïde soit aujourd'hui moins grave qu'autrefois. Cette atténuation est-elle spontanée, ou est-elle due à un traitement plus rationnel de la maladie ?

Relativement peu grave chez l'enfant, la fièvre typhoïde est

28 MALADIES INFECTIEUSKS

chez les sujets un peu âgés très grave par suite de la tendance à l'adynamie, à la congestion pulmonaire. Elle est très grave également chez les surmenés (jeunes soldats), les obèses, les femmes enceintes et surtout chez les syphilitiques récents.

Complications. — Elles sont extrêmement nombreuses. On devra les rechercher avec soin, le malade ne fournissant à l'ordinaire aucun renseignement. La courbe thermométrique est un guide incomparable. Un abaissement brusque doit faire songer à l'hémorrhagie intestinale; une élévation brusque à la perforation, à la broncho-pneumonie. On doit surveiller le cœur avec un soin particulier, rechercher les eschares du décubitus, se défier de la rétention d'urine, très fréquente. — Les abcès, myosites, parotidites, otites, la phlegmatia alba dolens ne sont pas rares pendant la convalescence.

Diagnostic. — Le diagnostic de la fièvre typhoïde offre souvent de grandes difficultés avec certaines formes de grippe, de pneumonies, d'endocardites infectieuses, de méningite tuberculeuse. Au point de vue thérapeutique on se défiera surtout des erreurs de diagnostic avec les septicémies. Il n'est pas î^are de voir des ostéomyélites, des abcès de la fosse iliaque, des infections d'origine urinaire, des infections d'origine puerpérale même, prises pour des infections typhiques. Un examen complet évitera ces erreurs et permettra de reconnaître l'origine locale de l'infection et souvent aussi à agir utilement par une intervention opératoire sur le foyer septique.

Hygiène. — L'hygiène générale du typhique est celle de toutes les maladies infectieuses. La chambre sera aérée, tranquille, ensoleillée. La température sera modérée. Elle ne de- . vrait pas, d'après Juhel Rénoy, dépasser 12 à 13°. S'il est vrai que les températures trop élevées sont la plus grande cause des refroidissements, une température de 12 à 13° est peut-être un peu basse. On ne craindra pas, le malade étant bien couvert, d'ouvrir les fenêtres plusieurs fois par jour.

Une propreté minutieuse est nécessaire pour le typhique. La bouche sera très souvent lavée, en particulier avant que le

malade ne boive, avec l'eau de Vichy, la solution borique'e, la solution de chloral à 1 pour 100 en cas de fuliginosités extrêmes. L'orifice des narines, si fréquemment fuligineux, sera nettoyé à l'eau boriquée tiède et enduit de vaseline boriquée. Le pourtour de l'anus sera l'objet d'un soin spécial.

Il sera parfois nécessaire de faire reposer le malade sur un matelas d'eau. En tous cas, pour éviter les escbares on passera sous le siège un drap plié en quatre, muni d'une toile cirée et qui puisse être changé à la moindre souillure : on effacera soigneusement les plis formés par le drap. L'endroit du drap répondant au siège sera saupoudré de poudre d'amidon renfermant un dixième d'acide borique très finement pulvérisé.

Le typhique doit boire beaucoup, car il ne guérira que si l'urination est abondante. Trois litres sont un minimum, quatre et cinq litres sont la quantité désirable. Juhel Rénoy conseille en première ligne le lait cru, les limonades peu sucrées, l'eau pure, les eaux minérales faibles. Les malades auxquels le lait répugne acceptent parfois le lait additionné d'une goutte de kirch, de vieux cognac, de thé, de café, et parfois le képhir. Le lait bouilli est préféré par d'autres auteurs. Il sera pris à doses très fractionnées, toutes les heures environ, pour éviter la congestion digestive. Quand le lait est décidément refusé, le bouillon de veau, de poulet très faible, le thé de bœuf préparé avec du bœuf maigre, sans os, haché très menu, mélangé de partie égale d'eau froide et soumis seulement à une ébullition d'une minute, puis bien exprimé, les laits de poule extrêmement légers aideront l'alimentation. On donnera de plus de l'eau fraîche, de l'eau d'Alet, de la tisane de queue de cerises, de houblon, de centaurée. Le lyphique devra boire la nuit comme le jour.

Les aliments solides, cause la plus fréquente des perforations intestinales, seront absolument interdits. Cette interdiction portera sur le raisin, les quartiers d'oranges qu'on fait souvent sucer aux malades déjà convalescents ; les pépins, tes peaux sont extrêmement dangereux.

A la période de convalescence, alors que le malade crie fa-

mine, une surveillance extrême est nécessaire. Les œufs à peine cuits, les potages très clairs au tapioca, au sagou, à la crème d'orge, les bouillies, le racahout constitueront les premiers aliments. Ils ne seront permis que vers le vingtième jour. Le poulet, le poisson bouilli et réduits en purée seront donnés plus tard encore , quand la défervescence complète existe depuis quatre à cinq jours. Les repas seront fréquents et très peu copieux.

Le convalescent se lèvera plus tardivement dans la fièvre typboïde que dans toute autre maladie. 11 se bornera les deux ou trois premières fois à passer quelques instants sur une cbaise longue, les syncopes étant assez fréquentes et pouvant même être mortelles si Ton négligences précautions.

Traitement. — Le traitement par les bains froids sera le traitement de choix. Il sera décrit tout d'abord. Mais ce traitement étant souvent, en raison de ses difficultés, d'application impossible dans la pratique civile, les autres modes de traitement, en particulier la médication tonique et antiseptique seront ensuite étudiés.

A. Traitement systématique par les bains froids. —

Les principales règles formulées par Juhel Rénoy (1) peuvent être ainsi résumées :

1° Formes ordinaires. — Baignoire grande, sans aspérités, à moitié remplie seulement pour permettre d'ajouter l'eau des affusions, placée le plus près possible du lit, protégée par un paravent contre les courants d'air.

Eau limpide, renouvelée tous les jours, et plus souvent en cas de souillure. S'il existe des lésions cutanées : pustules d'acné, eschares, on peut ajouter 40 à 50 grammes de napbtol.

Température de l'eau : 22°, 24<> dans les formes très graves pour le premier bain. Cette température sera abaissée rapiment à 18° et même cà 15° si la chute de la courbe fébrile après le bain n'atteint pas au moins un degré. Le médecin sera toujours présent lors du premier bain.

(1) Traitemcnl de la /lèvre typhoïde, Paris, 1892.

Durée du bain : C'est le grand frisson survenant de la 9e àla 12e minute en général qui annonce le commencement de l'effet antithermique. La durée variera donc de 10 et 15 minutes. Elle sera beaucoup plus courte vers la convalescence.

Nombre des bains. — Toutes les trois heures, jour et nuit, si la température rectale atteint 39o ou la dépasse, donner un bain. Les bains de nuit sont absolument indispensables. Dans les formes légères, 15 à 30 bains répartis sur 5 ou 6 jours sont ordinairement nécessaires. 40 à 60 bains seront indispensables dans les cas graves.

Soins pendant le bain. — Au début, au milieu, à la fin du bain faire sur la tête et la nuque, une affusion de deux minutes avec l'eau froide à 10°.

Bientôt après l'entrée dans le bain, faire boire quelques gorgées de potion alcoolique ou mieux de vin.

Pendant toute la durée du bain jusqu'au grand frisson, frictions, massage de tout le corps, le ventre excepté, avec une grosse éponge.

Soins après le bain. — Étendre le malade dans le décubitus latéral sur un lit recouvert d'un drap sec et un peu chaud. L'essuyer vite et doucement sans toucher au ventre. Çouverture de laine et boule chaude aux pieds. Pas d'édredons, de ■couvertures pesantes malgré le frisson dont la durée atteint souvent une demi-heure.

Un quart d'heure après le bain, on prend la température ; le malade remet sa chemise, boit, et le plus souvent s'endort.

Compresses froides permanentes. — Brandt place de plus sur le thorax en avant et sur les côtés, sur l'abdomen, des serviettes trempées dans l'eau froide à 10° et renouvelées dès qu'elles s'échauffent c'est-à-dire au bout de dix minutes et même moins. Ces compresses sont pour Juhel Rénoy de nécessité impérieuse dans les formes graves.

Cessation des bains. — On se guidera sur la température. Les bains ne doivent être cessés que le malade absolument guéri.

Diététique du tijphique baigné. — Les malades buvant volontiers, Juhel Rénoy donne deux litres de lait cru et froid de

provenance sûre, un litre de bouillon très léger et bien dégraissé, un litre d'eau fraiche, et un litre de limonade vineuse. Le lait, le vin sont surtout pris avant, pendant et après le bain . Le bouillon et l'eau sont donnés dans l'intervalle ; le malade boit toutes les dix minutes environ.

Dès le dixième jour, on peut souvent commencer les œufs à peine cuits -et les potages dès le quinzième. L'alimentation devra être plus hâtive encore dans les formes graves. (?)

L'alcool, inutile dans les formes légères, sera donné dilué, mais à très fortes doses (100 gi\ et 120 gr. par jour) dans les formes graves.

Formes malignes. — Le premier bain sera donné à 35° si la température rectale est à 41°, à 34° si elle est à 40° ; la température des bains sera très vite ramenée à 2T> et à 28°. Bains très courts, très surveillés, très fréquents, toutes les deux heures au besoin avec massage énergique dans le bain, aff usions très froides, à 8° ou 10° sur la tête. Grandes compresses froides et même vessie de glace sur le cœur, le thorax, le ventre.

L'alcool, le Champagne seront donnés très largement. L'alimentation par le lait, le bouillon, les œufs, sera hâtive. On se préoccupera surtout de soutenir le cœur (voir Complications cardiaques).

Ce traitement intensif sera la règle dans toutes les fièvres typhoïdes, malignes, compliquées, survenant chez des surmenés, des alcooliques, quelle que soit la complication. Une seule complication, la perforation intestinale, contre-indique les bains froids. •

B. Traitement symptomatique. — Le traitement systématique par les bains froids, que nous venons de résumer d'après le remarquable exposé de Juhel Rénoy sera-t-il toujours praticable? Pourra-t-on toujours en ville faire accepter d'abord, faire prendre ensuite huit bains dans les 24 heures. A la campagne surtout on aura à lutter contre les résistanc e des familles ; les doléances amères du malade, l'insuffisance et l'incapacité des gardes.

Les partisans du bain froid ont tout au moins rendu a la

FIÈVKE TYPHOÏDE 33

thérapeutique de la fièvre typhoïde un signalé service. Leurs critiques rigoureuses ont montré le danger des médicaments antithermiques, antiseptiques donnés à profusion dans cette maladie. L'intoxication typhiqueestà elle seule suffisante sans qu'on la complique d'intoxication médicamenteuse. La critique de ces médicaments est dans le livre de Juhel Rénoy un chef-d'œuvre de vigueur et de dialectique. Les purgatifs donnés en dehors de l'indication bien nette de la constipation irritent l'intestin, augmentent le tympanisme, prédisposent aux perforations. La quinine et l'extrait de quinquina augmentent la céphalée,, la gastralgie ; les vomissements provoquent parfois le délir et le collapsus. Us sont souvent nuisibles, jamais utiles. L'antipyrine abaisse bien la température, mais elle entrave l'élimination des produits toxiques et c'est pour le typhique une faible consolation de mourir avec une température normale. L'acide salicylique, le salicylate de soude, la thalline, la kaïrine, l'acide phénique, antithermiques plus oubliés, sont exécutés avec une égale vigueur. Parmi les antiseptiques, la naphtaline provoque l'albuminurie, le naphtol augmente les vomissements et l'adynamie cardiaque, l'iodoforme est presque impossible a faire prendre, le calomel et tous les mercuriaux affaiblissent et provoquent la salivation ; les récidives sont, après leur emploi, plus fréquentes. L'action antiseptique de tous ces médicaments n'est d'ailleurs nullement démontrée.

Le traitement de la fièvre typhoïde demandera donc à être conduit avec une prudence extrême. Comme antithermique à défaut des bains froids, refusés par les familles et le malade, on pourra souvent faire accepter les bains tièdes refroidis de Bouchard. Ces bains débutent à 39° chez un malade à 41 °,38° chez un malade h 40°. Toutes les dix minutes le bain est refroidi de 2 à 3° jusqu'à atteindre 30°. Le nombre des bains est de 4 à 6 par jour. On les suspend quatre heures la nuit.

Les lotions froides avec l'eau h 12° ou 15° additionnée d'un peu de vinaigre pourront être utiles chez les malades qu'on ne peut baigner. La lotion sera faite très rapidement (une minute au plus) avec une grosse éponge. Le malade sera à

PLICQUE o

peine essuyé. On pourra faire dans les 24 heures douze lotions et plus.

L'enveloppement dans un drap mouillé est très préconisé 'par Juhel Rénoy, quand le bain est impossible, soit par défaut de baignoire, soit par la faiblesse extrême et l'àdynaraie cardiaque. L'enveloppement fait avec un drap trempé dans l'eau à 10 ou 12° et tordu rapidement sera complet. Des compresses froides seront placées sur la tête. Chaque enveloppement ne dépassera pas huit à dix minutes et sera renouvelé toutes les trois heures.

Les grands lavements froids d'un litre, donnés matin et soir, sont utiles comme antithermiques accessoires. La décoction froide de camomille, la solution froide d'acide borique peuvent être utilement employées. Tripier emploie les lavements de quinine, 1 gramme de quinine pour 250 grammes d'eau.

Parmi les innombrables antithermiques internes, la vieille quinine est encore le médicament qui a le mieux résisté. Bouchard ne la donne que quand la température rectale depasse 40» le matin, 41° le soir. Il donne une dose de deux grammes, si le malade est dans les quinze premiers jours; cette dose est réduite à 1 gr. 50 dans le troisième septénaire, à 1 gramme dans le quatrième. Le moment le plus favorable pour l'administration est le début de l'après-midi.

Comme antiseptiques intestinaux les moyens simples, boissons en abondance, purgatifs très légers en cas de constipation, grands lavements froids de camomille on d acide borique réussissent souvent le mieux. Si la diarrhée est très fétide, très profuse, la poudre de charbon, le salicylate de bismuth à dose de 4 à 6 grammes par jour seront essayes. L eau chloroformée diluée de moitié eau et donnée a dose dune cuillerée à bouche toutes les heures n'est peut-être pas sans

futilité des toniques est à peu près admises par tous Juhet Rénov donne par 24 heures une bouteille de vieux bordeaux coupé d'eau ou de limonade peu sncrée et 60 à 100 grammes de bon cognac coupé de cinq parties d'eau. L'alcool est inutile «hez les enfants et dans les tanufc très légères. Il est mdis-

FIÈVEE TYPHOÏDE 35

pensable à dose plus fortes encore chez les alcooliques, les sujets âgés. La potion de Todd additionnée soit d'un gramme décaféiné soit de 4 grammes d'extrait de quinquina est classique. Mais notons encore ce reproche fait à la caféine comme au café, d'augmenter l'insomnie et l'agitation, à l'extrait de quinquina de provoquer les vomissements.

Le perchlorure de fer compte comme tonique de nombreux partisans. Une dose de vingt gouttes par jour, donnée en quatre fois dans de l'eau sucrée sera suffisante. On ne fera boire aussitôt après, ni vin, ni lait, ni bouillon.

L'ergot de seigle a été particulièrement vanté comme tonique par Duboué de Pau. Son emploi très prolongé exposerait peut être a des gangrènes. Son indication principale sera les formes avec hémorrhagies intestinales.

D'ailleurs la prédominance de tel ou tel accident, de tel ou tel symptôme fournit d'un jour à l'autre des indications suffisantes au traitement médicamenteux pour qu'en dehors de ces indications formelles on restreigne la médication au minimum. Au risque de quelques répétitions voici le résumé complet des principaux accidents qui doivent préoccuper le médecin et des médications correspondantes.

Appareil circulatoire. — Hyperthermie : Hydrothérapie froide, alcool, sulfate de quinine.

Détresse cardiaque. — Supprimer le sulfate de quinine et tous les toxiques cardiaques. Caféine et injections sous-cutanées de caféine allant jusqu'à un et même deux grammes par vingt-quatre heures; injectipns d'éther à volonté, de sulfate de spartéine à dose de 0 gr. 05 à 0 gr. 10 cent, par vingt-quatre heures. Ventouses.

Sulfate de spartéine 0 gr. 50

Eau 10 gr.

Une à trois injections en 24 heures avec une seringue de Pravaz ordinaire.

Marteau de Mayor. Faradisation précordiale. Glace sur le cœur.

Appareil digestif. — Stomatites, pharyngites. — Gargarisme s émollients, alcalins, faiblement antiseptiques ; propreté extrême. Les parotidites, autrefois assez fréquentes, ont disparu depuis l'antisepsie buccale.

Vomissements : Glace, potion de Rivière, eau chloroformée, Champagne. Ils sont souvent le résultat de l'abus des médicaments, d'une alimentation insuffisante. Vessie de glace au creux épigastrique.

Diarrhée profuse : Charbon, salicylate de bismuth, opium, exceptionnellement boissons chaudes.

Hémorrhagies intestinales : Perchlorure de fer à doses de vingt à trente gouttes en vingt-quatre heures. Ergot de seigle a la dose de 2 grammes au plus par jour. Ce médicament ne sera pas continué très longtemps par crainte de la gangrené. Opium a doses de 0 gr. 05 cent, d'extrait thébaïque. Glace en permanence sur le ventre. Dans les grandes hémorrhagies,

transfusion. , • v

Perforations intestinales : Extrait thébaïque a doses de dix centigr. par vingt-quatre heures, par pilules de 0 g 02 cent, 'glace en permanence sur le ventre. Diète absolue. Les tentatives de laparotomie sont logiques, mais les succès restent absolument exceptionnels. ^ ; Constipation : Lavements froids. Purgatifs salins très légers.

App areil respiratoire. - Laryngites nêcrosiques : Ces laryngites seront prévenues par l'antisepsie du pharynx et des fosses nasales. Elles nécessitent parfois la trachéotomie. Elles laissent souvent à leur suite des sténoses laryngées.

Congestion pulmonaire hypostatique:tv\ïev\e décubitus dorsal Décubitus latéral tantôt sur un côté tantôt sur l'autre ; parfois position demi assise. Ventouses sèches a profusion. Alcool, caféine. Jamais de vésicatoires ni de vomitifs. Pour les partisans du bain froid le principal avantage de cette médication serait précisément de diminuer la fréquence des complications pulmonaires.

Système nerveux.— Insomnie : Tous les narcotiques: opium, chloral, sulfonal paraissent inefficaces et dangereux.

Accidents ataxiques. — Bromure de potassium avec grande prudence. Gueneau de Mussy vante le lavement suivant.

Céphalée. — Compresses fraîches, stypage, pulvérisations de chloréthyle.

Rachialgie. — Paraplégies : Ventouses sèches, frictions téréhenthinées. Surveiller la rétention d'urine et au besoin cathétérisme avec une sonde en caoutchouc rouge parfaitement aseptique.

Appareil génito-urinaire. — Néphrites. — Albumine. — Insister sur le lait et surveiller l'emploi de l'alcool. Ventouses sèches sur les reins. Ces néphrites deviennent souvent chroniques.

Orchites. — Irritation, gangrène de la vulve et du scrotum. — Cystites. — Rétention d'urine. — Traitement ordinaire. Employer des antiseptiques peu irritants. Cathétérisme très antiseptique.

Peau. — Surveiller les eschares et les panser avec -un mélange d'iodoforme et de poudre de quinquina. En cas de furoncles, d'acné, bains naphtolés à 30 grammes par bain (Juhel Rénoy) lotions boriquées étendues.

Se défier des myosites, des abcès qui prennent souvent un développement considérable sans grande réaction inflammatoire.

Prophylaxie. — 1° Individuelle. — En temps d'épidémie, il faut éviter le surmenage. On ne doit employer pour boisson et pour les soins de toilette que l'eau bouillie. Les filtres même les meilleurs exigent une difficile surveillance. Les eaux minérales faibles peuvent remplacer l'eau bouillie.

Les personnes qui entourent le malade se laveront les mains avec une solution de sulfate de cuivre faible (à 12 grammes par litre d'eau), toutes les fois qu'elles auront touché le ma-

Infusion de valériane

Asa foetida

Musc ,

Camphre

Mucilage de gomme,

100 gr.

4 gr.

0 gr. 50 à 1 gr.

0 gr. 50 q. s.

lade ou les linges souillés. Elles devront aussi se rincer la bouche avec de l'eau bouillie.

Elles ne mangeront jamais clans la chambre du malade.

2° Générale. — En prenant pour type une caserne, un pensionnat, c'est en assurant dans les chambres un cube d'air suffisant, en e'vitantle surmenage, en entretenant dans les cabinets d'aisance une étanchéité et une propreté parfaite et surtout en veillant à ce que l'eau consommée soit toujours soigneusement filtrée qu'on évitera la fièvre typhoïde.

Dans un cas de fièvre typhoïde la désinfection des selles sera faite avec un lait de chaux frais (un kilogramme de chaux suffit pour cinq litres d'eau). Les linges, la literie seront désinfectés par l'eau bouillante et au besoin l'étuve. Aucun des linges souillés ou non ne doit être sans désinfection lavé dans un cours d'eau. Les locaux seront désinfectés parla vapeur d'eau bouillante ; cette désinfection sera suivie d'un changement du papier et d'un lavage des murs avec la solution de sublimé au millième.

La déclaration pour la fièvre typhoïde est actuellement obligatoire.

Page 1