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I. — Fausses dyspepsies

Les fausses dyspepsies peuvent dépendre : 1° de troubles de divers organes de l'appareil digestif autres que l'estomac et en particulier des lésions de la cavité buccale, de l'intestin, du foie ; 2° des lésions de l'appareil génito-urinaire ; 30 des divers troubles du système nerveux.

1° Les lésions de la cavité buccale constituent une cause très importante de dyspepsie. Elles agissent d'une part en entravant la mastication (caries dentaires, névralgies). Elles agissent bien plus encore en devenant souvent une cause incessante d'infection et d'intoxication. La déglutition du pus,des produits putrides qui se forment dans les abcès du sinus maxillaire, les diverses stomatites, la cavité des dents cariées exerce sur l'estomac la plus fâcheuse influence. Une cause particulièrement importante par sa fréquence, très facilement méconnue en raison de son insignifiance apparente est la pyorrbée alvéolaire. L'influence du traitement de la pyorrhée sur la dyspepsie est souvent très remarquable (Galippe). L'antisepsie buccale par des lavages désinfecLants et le traitement même de la cause d'infection (stomatite mercurielle, carie dentaire, abcès du sinus, nécrose du maxillaire) devront être pratiqués dans les diverses affections de la bouche. Les dyspepsies par insuffisance de la mastication seront rappelées à l'étude des dyspepsies artificielles.

Du côté de I'intestin toutes les affections peuvent entraîner

des troubles digestifs réflexes. Celles dont il faut le plus se préoccuper sont la constipation, l'helminthiase, les hernies. Chez bien des dyspeptiques la marche, de la constipation et des souffrances gastriques est en quelque sorte parallèle. Ils ne s'améliorent vraiment que du jour où l'on a pu triompher de la constipation. V helminthiase n'est pas moins intéressante. Les troubles gastriques qu'elles provoquent sont particulièrement intenses, pénibles, brusques, capricieux. Le traitement de la constipation et de l'helminthiase sera d'ailleurs étudié en détail. Pour les hernies, ce sont souvent les hernies les moins volumineuses : petites hernies crurales, épiplocèles presque imperceptibles de la ligne blanche, qui provoquent le plus de souffrance. Le port d'un bandage ne suffira pas toujours. Ce bandage est assez souvent difficile à appliquer en raison du petit volume de la hernie, difficile à supporter en raison de son intolérance. Ces dyspepsies herniaires constituent alors une des indications les plus nettes et les plus formelles de la cure radicale.

Le foie est très souvent intéressé dans les dyspepsies. Mais sans parler de la congestion hépatique qui vient compliquer les dyspepsies, il faut signaler deux affections, les kystes hydatiques et surtout la lithiase biliaire dont tous les troubles sont fréquemment pris pour de simples accidents gastriques. La lithiase biliaire si fréquente est particulièrement méconnue dans ses formes chroniques, insidieuses, sans grands accès de coliques hépatiques. Le siège de la douleur, la sensibilité du foie et de la vésicule, la teinte subictérique même légère devront toujours dans une dyspepsie éveiller les soupçons etfaire rechercher avecsoin les accidents de cholélilhiase.

2° Organes génito-urinaires. — Chez l'homme les lésions des organes génitaux jouent rarement un rôle dans les dyspepsies. Tout au plus faut-il signaler les troubles gastriques fréquemment liés aux excès de coït et surtout à la masturbation. Chez la femme au contraire on sait combien les lésions de l'utérus et de ses annexes s'accompagnent fréquemment de troubles gastriques intenses et variés. On doit tout particuliè-

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