‹ Précis de clinique thérapeutique [electronic resource]Chapitre 82 sur 150 · OCCLUSION INTESTINALE · texte numérisé non relu

OCCLUSION INTESTINALE

de ricin, calomél à doses fractionnées) que par lès purgatifs violents. Les grands lavements, le massage constitueront des adjuvants utiles.

Si le méte'orisrne est très marqué, l'application de glace est fort utile. Parfois même on devra d'urgence faire une ponction capillaire de l'intestin avec une aiguille tubulée aussi fine que possible.

Mais le véritable traitement médical de l'occlusion intestinale est Y électricité; essayée sans insistance dans les formes aiguës, avec plus de persévérance dans les formes chroniques elle constitue un des modes de traitementlesplus inoffensifs et les plus efficaces de l'occlusion intestinale.

Les courants employés dans le traitement de l'occlusion intestinale ont été tantôt les courants d'induction (Duchenne), tantôt les courants continus (Boudet), tantôt simultanément les courants continus et les courants d'induction (Onimus).

La technique de l'emploi des courants d'induction est fort simple. Un des pôles est appliqué dans le rectum au moyen d'un excitateur olivaire, l'autre sur le ventre au moyen d'un tampon humecté d'eau salée. Bucquoy recommande de commencer par les courants les plus faibles et de n'appliquer que très légèrement d'abord le rhéophore humide sur la paroi abdominale. Grâce à ces précautions, l'électrisation a été très facilement supportée sans douleur, sans lutte et sans cris par des enfants âgés de sept mois, trois ans et quatorze ans.

L'emploi de la bobine à gros fil sera toujours moins douloureux que l'emploi de la bobine à fils fins. Le trembleur de l'appareil sera réglé de façon à donner le minimum d'intermittences. Les séances faites matin et soir auront une durée de dix minutes chacune.

L'emploi des courants continus plus répandu et semblant plus régulièrement efficace que celui des courants d'induction est fait presque exclusivement par l'ingénieux procédé de Boudet de Paris. Voici sa technique, qui est, elle aussi, loin d'être compliquée.

La pile doit comporter une vingtaine d'éléments et pouvoir fournir un courant de 10 milliampères (minimum) à 50

(maximum). Dans un cas d'urgence Boudet, de Paris, a d'ailleurs pu obtenir un succès avec un simple élément Leclanché servant à actionner la sonnerie électrique d'une maison de campagne.

Le pôle négatif est mis en communication avec une plaque humide posée sur le ventre, le pôle positif avec une sonde spéciale placée dans le rectum. Cette sonde en gomme renferme dans son intérieur un tube métallique qui n'arrive point tout à fait jusqu'à l'extrémité. En lançant par ce tube un lavement d'eau salée, cette eau traversant le tube uni au rhéo phore s'électrise et va disséminer au loin sur la muqueuse le courant électrique. Celte dissémination, outre qu'elle assure une action plus énergique, diminue beaucoup le danger des eschares par l'action chimique du courant.

La sonde conductrice doit être introduite aussi loin que possible dans le rectum. Le lavement d'eau salée doit être injecté avec une grande lenteur.

Il est bon de promener doucement sur le ventre la plaque humide. Il est surtout utile de renverser après cinq ou six minutes de passage le sens du courant. Pour cela, la manette du collecteur de la pile est tout d'abord ramenée au zéro. Le renversement s'opère soit en changeant les fils des trous, . soit au moyen du renverseur du courant dont les appareils médicaux sont d'ordinaire munis. Dès que la manette est ramenée au chiffre primitif, le passage du courant renversé détermine d'habitude une envie violente d'aller à la selle. De nouveaux renversements sont faits à deux ou trois minutes d'intervalle jusqu'à ce que l'envie devienne irrésistible. Le malade essaye alors d'aller à la garde-robe. Il est assez rare d'obtenir une débâcle vraie après la première séance. Le plus souvent le malade rend le lavement seul ou à peine teinté par les matières. Une nouvelle tentative est alors faite aprèssept ou huit heures de repos. En deux jours on fera donc quatre à cinq séances de vingt minutes chacune. Tant quil n'y a pas eu de débâcle abondante, l'expulsion de quelques matières ne doit point faire interrompre le traitement (Larat).

La technique du procédé mixte par les courants continus

Page 1