‹ Précis de médecine judiciaire [electronic resource]Chapitre 127 sur 208 · OPIUM · texte numérisé non relu

OPIUM

carium, diacode, thébaïque, l'élixir parégorique (alcoolé d'extrait d'opium), le laudanum de Sydenham (0gr,80 — 0,05 d'ext. d'opium), le laudanum de Rousseau (deux fois plus actif), les gouttes noires anglaises (opium brut dissous dans du vinaigre blanc, deux fois plus actives que le laudanum de Rousseau).

Les symptômes d'intoxication sont les suivants : si la dose est faible, il y a somnolence, pesanteur de la tête, affaiblissement musculaire, tremblements. Si la dose est toxique, quelques-uns des symptômes précédents, puis des nausées, un prurit cutané très-caractéristique aux extrémités, aux paupières ; la respiration s'accélère d'abord, puis se ralentit; la face est injectée, le regard fixe, la pupille contractée autant que possible; la circulation s'accélère ; la peau devient chaude se couvre de sueurs, les urines diminuent; enfin le coma devient complet, il y a insensibilité et résolution musculaire générale, la respiration s'embarrasse, le pouls est petit, le malade meurt asphyxié.

La morphine est le moins toxique des principes de l'opium. Elle n'est réellement dangereuse que chez les enfants, d'après M. Martin-Damourette. Ce médecin a guéri un de ses malades qui en avait avalé dix grammes. Le docteur E. Levinstein 1 a décrit la Morphiomanie, c'est-à-dire « la passion qu'a un sujet de se servir de morphine comme excitant ou comme aliment, et l'état pathologique qui résulte de l'usage abusif de ce médicament. » Il paraît que ce genre d'ivresse produit par des injections sous-cutanées de morphine devient de plus en plus fréquent en Allemagne. Cette passion de la morphine ne peut avoir d'importance médico-légale ;

* La Morphiomanie, Masson. Paris, 1877*

432 POISONS NÈVROSTHÊNIQUES.

mais d'après Levinstein, on pourrait avoir à tenir compte du delirium tremens aigu de la morphiomanie qui occasionne aux individus un trouble cérébral analogue à celui de l'ivresse. Dans l'empoisonnement par la morphine, on constaterait la présence du sucre dans les urines.

Les lésions anatomiques n'ont pas de caractère spécifique. Le cerveau est ordinairement congestionné et parfois il y a des foyers d'apoplexie capillaire; le sang noir, quelquefois fluide; la muqueuse intestinale peut être teinte en jaune par le safran du laudanum ; souvent il y a congestion des reins et des organes sexuels.

Comme traitement: vomitifs, infusion de café comme boisson, matières tanniques (décoction de quinquina gris), révulsifs cutanés énergiques (flagellation, marteau de Mayor), marche, courses forcées. Telle est la thérapeutique que j'ai suivie dans un cas d'empoisonnement par le laudanum : c'éait un marin, qui en avait avalé 250 grammes, à peu près la provision du bord. 11 en vomit la plus grande partie ce malade a guéri.

Cinquième groupe. — Poisons névrosthéniques.

Nous étudierons dans cette classe les empoisonnements par la strychnine, par l'acide prussique, par les cantharides. Tous ces poisons, d'après Tardieu, ont pour caractère essentiel « une excitation des centres nerveux tellement violente et si rapide que la mort peut en être la conséquence presque instantanée, et qui se manifeste par l'apparition symptomatique des névroses convulsives.

1° Empoisonnement par la strychnine et par la noix vomique.

La strychnine est le principe actif des Strychnées. Elle se trouve dans la noix vomique (graine du vo-

Page 1