‹ Précis de médecine judiciaire [electronic resource]Chapitre 146 sur 208 · DES FAUSSES GROSSESSES · texte numérisé non relu

DES FAUSSES GROSSESSES

1° Elles sont simulées. Il n'est pas rare de voir les femmes simuler le développement du ventre. Leur supercherie est facilitée s'il existe une maladie qui provoque une augmentation de volume de cette région ;

2° Ce sont : des maladies des viscères abdominaux (embonpoint exagéré et localisé à Ja paroi abdominale coïncidant avec l'aménorrhée, grossesse graisseuse, surtout l'ascite, la tympanite abdominale accompagnant l'hystérie, l'hypertrophie de la rate, etc.) ; des maladies de l'utérus (telles qu'une métrite chronique avec hypertrophie, la rétention des règles par imperforation du col ou de l'hymen, des polypes, des tumeurs fibreuses, etc.) ; des maladies de l'ovaire (kystes) et les différentes espèces de môles qui constituent bien plutôt des grossesses dégénérées que des fausses grossesses.

5° Des grossesses nerveuses. Le violent désir d être enceinte ou la conviction qu'en a la femme lui fait attribuer à la grossesse tout ce qu'elle ressent. Dans ces cas on peut voir survenir un délire particulier, ou bien on constate que sous cette influence cérébrale les règles se suppriment, l'abdomen grossit, et au terme ordinaire il y a un semblant de travail. Cet ensemble ne se présente, d'ailleurs, que chez les femmes qui ont pratiqué le coït.

V. Des rapports de la grossesse avec les facultés psychiques 4.

Nous avons déjà vu (p. 467) dans quelles conditions le coït pouvait se pratiquer à l'insu de la femme. La volonté de celle-ci n'est pas nécessaire pour concevoir,

1 Traité de la folie des femmes récemment accouchées, etc., par Marcé. Paris,

DURÉE DE LA GROSSESSE

puisqu'on sait que des générations artificielles peuvent être faites en injectant convenablement du sperme dans la cavité utérine.

Il est donc certain que dans quelques circonstances une femme peut devenir enceinte sans le savoir, de même qu'on en a vu accoucher avec leur membrane hymen. Mais il y a toujours à apprécier en même temps un fait intellectuel et moral. Il faut se renseigner sur l'état de sa santé pendant la grossesse et les symptômes qu'elle a pu éprouver ; s'il est possible, on examinera l'état général de l'enfant. Il est bien difficile qu'un fœtus robuste ne manifeste pas sa présence.

Quant à ce qui est du trouble des facultés intellectuelles que l'on voit survenir à l'occasion de la grossesse, nous dirons que si l'on constate en effet toutes les variétés de folies, la puerpéralité n'engendre jamais, comme on le croyait autrefois, des impulsions irrésistibles, les envies de voler, d'incendier, de tuer, « II faut reconnaître qu'une femme grosse possède son libre arbitre, absolument comme dans sa condition la plus ordinaire, et qu'elle n'a plus à attendre l'impunité pour des délits de droit commun parce qu'elle est grosse. Aucun médecin ne soutiendra la thèse contraire. Cependant le magistrat devra toujours faire la part de la position exceptionnelle dans laquelle se trouve la femme et qui la rend plus impressionnable, mais sûrement moins hardie que dans les conditions ordinaires de la vie. » (Stoltz).

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