DES MONSTRES DOUBLES
Dans cette catégorie, il faut ranger les frères Siamois nés en 1811 et morts en 1874, à l'âge de soixante-trois ans. Ils étaient réunis par une bande de 8 pouces de circonférence et d'une largeur de 4 pouces, et composée de peau, de tissu conjonctif, de cartilages fournis par les appendices xiphoïdes formant une sorte de pseudarthrose et de trois prolongements du péritoine ; les deux foies communiquaient par un vaisseau. Placés d'abord face à face, ils étaient arrivés, peu à peut à se présenter obliquement. Les sensations, le sommeil étaient séparés, mais ils avaient fini par prendre des habitudes communes. Le pouls était ordinairement sochrone, mais non constamment. En 1845, ils se sont mariés aux États-Unis et ont eu des enfants bien conformés.
Les sycéphaliens sont caractérisés par la fusion des deux têtes. Cette difformité est plus commune chez les animaux que chez l'homme. Ils ne sont pas viables.
Les sysomiens sont des monstres doubles à un seul corps; moins nombreux que les eusomphaliens et les monophaliens, ils sont plus rarement viables.
On en cite plusieurs exemples. En Ecosse, à la cour de Jacques VI, il en existait un qui vécut vingt-huit ans. Tel était aussi le cas de Rita et Christine, monstre né le 12 mars 1829 à Sassari en Sardaigne. Il existait deux corps indépendants depuis la base du thorax, un seul bassin, deux membres pelviens normaux. Au mois de novembre de la même année, Rita et Christine moururent près de Paris: la dernière succomba une heure et quart après sa sœur. On trouva à l'autopsie une indépendance du cœur, des poumons, de l'estomac, un seul intestin, un seul utérus. Rita avait conservé le trou de Botal ; il y avait deux veines caves supérieures.
Les monstres doubles parasitaires sont caractérisés par l'existence sur un individu bien constitué et vivant par lui-même d'un autre individu indus bien consti-
DU PRODUIT DE LA CONCEPTION
tué, moins robuste et vivant aux dépens du frère sur lequel il est greffé.
Ils naissent ordinairement à terme, l'accouchement se fait assez bien : ils sont bi-mâles ou bi-femelles, très-souvent bi-mâles. Quelques-uns sont viables. On a distingué 1° des parasites extérieurs ou hétéro typien s divisés d'après le siège de l'implantation en parasites crâniens maxillaires et ombilicaux, 2° des parasites inclus ou endocy miens.
Dans les parasites crâniens, on constate une tête surnuméraire portée sur le sommet de la tête principale. C'est Yépicome d'Is. Geoffroy Saint-Hilaire. Lanceraux en cite deux exemples, un d'après Vottem, de Liège, l'autre d'après Liverard Home. Ce dernier naquit en 1783, au Bengale, et mourut à l'âge de cinq ans des suites d'une morsure de vipère.
Les parasites maxillaires, polygnathiens, sont caractérisés par l'adhérence d'un être rudimentaire ou même des maxilliaires rudimentaires aux mâchoires d'un fœtus bien conformé d'ailleurs. — Ils ne sont pas viables.
Les parasites ombilicaux présentent dans la région ombilicale un fœtus accessoire complet ou incomplet. On a distingué 1° des hétéropages, l'être surnuméraire est presque complet : Bauthalin en a observé un cas; ce monstre était bien portant et âgé de vingt-deux ans.
2° Des hétéradelphes formés par l'union d'un acéphale avec un fœtus bien conformé. ïls sont assez fréquents et viables. Forster en a réuni 35 cas : 23 fois l'individu autosite était du sexe masculin.
3° des hélérodymes qui présentent des caractères inverses des précédents. C'est la moitié inférieure du corps qui manque chez les hétérodymes, et alors la tête