DE LA MORT VIOLENTE
C'est la mort par causes externes. Les principales sont: les accidents, les suicides, les homicides, les supplices.
Les statistiques montrent qu'en France, sur les 950,000 décès annuels, plus de 500,000 ont lieu avant la 45e année d'âge. Il est donc certain qu'il existe des causes que tôt ou tard l'hygiène sociale parviendra à supprimer.
Mais il faut aussi reconnaître que si les décès par maladies diminuent, les morts violentes augmentent avec une telle rapidité qu'elles ont plus que doublé en quarante ans.
Sur 1,000 décès généraux, il y a 19 décès accidentels, soit 19 pour 100 par an. Ce sont les âges extrêmes de la vie (vieillards, puis les enfants) qui sont le plus exposés aux accidents. Cependant, ainsi que le fait remarquer Bertillon, ces périodes de la vie n'exposent pas aux obligations professionnelles. « Ainsi la sollicitude de la famille, l'amour maternel lui-même, ne sauraient remplacer la vigilance individuelle somnolente ou impuissante chez le vieillard, non encore éveillée chez l'enfant. »
La statistique de la justice en France (1872) montre que les magistrats des parquets ont reçu 12,018 procès-verbaux constatant les morts présumées accidentelles de
QUESTIONS GÉNÉRALES
9,916 hommes et de 2,102 femmes. Pour 1,934 de ces morts, survenues sur la voie publique, les enquêtes ont démontré que la mort était naturelle (attaque d'apoplexie, rupture d'anévrysme, etc.). Les autres genres de mort se décomposent ainsi : noyés (4,240); tués ou écrasés par les voitures, charrettes, chevaux (1,102); par des corps durs, des éhoulements de terrain, des constructions (645) ; par des roues de moulins, mécaniques, explosions de mines (128) ; par l'explosion des machines à vapeur (83); par des accidents sur les chemins de fer (315) ; tués en tombant d'un lieu élevé (1,262); tués par l'explosion d'une arme à feu (186); asphyxiés par le feu ou brûlés (323) ; par la foudre (108): de toute autre manière (265); morts de froid, de faim, de fatigue (181); victimes de l'usage immodéré du vin et des liqueurs alcooliques (415) ; de tout autre genre de mort accidentelle (741).
Ces causes varient d'ailleurs avec chaque pays. L'état social de l'industrie, de l'exploitation minière font varier ces différents chiffres. Nous étudierons plus tard et dans des chapitres spéciaux l'homicide et le suicide.
Pour les suppliciés, disons que l'on compte en France une moyenne de 20 à 30 décollations. En 1872, il y a eu 31 condamnés à mort (28 hommes et 3 femmes); 24 ont été exécutés. Il est certain que la guillotine est le supplice le moins douloureux et le plus sûr. (Voir Dujardin-Beaumetz et Evrard, Mém. in Ann. d'Hyg., t. 34, etc.)
IV. Conséquences médico-judiciaires et règles de l'expertise.
Les principales opérations que l'expert a à faire sur le cadavre sont les suivantes :
1° La levée de corps; 2° l'autopsie; 3° l'exhumation.