E. DATE DES BLESSURES
Quand la blessure est récente, on rencontre les caractères du sang épanché sur les bords de la plaie ou dans les tissus voisins.
S'il y a ecchymose, il faut apprécier, d'après la coloration des parties. Celle-ci se montre plus ou moins vite, selon la profondeur de l'ecchymose.
D'abord rouge, puis noire (du 2e au 3e jour), bleue (du 3e au 6e), verdâtre (du 7e au 12e), jaunâtre (du 12e au 17e). Après trois ou quatre semaines, toute teinte peut avoir disparu.
Les plaies par instruments tranchants ont une durée variable avec leur profondeur ; elles passent par des phases successives d'inflammation et de suppuration.
DES COUPS ET BLESSURES
Les coupures sont terminées après deux ou cinq jours ; les entailles plus profondes après trois semaines.
Pour les blessures par armes à feu, l'escarre se détache vers le 15e jour, puis elles suppurent et se cicatrisent comme les plaies ordinaires, De même les brûlures.
Pour les fractures, il est très-important, au point de vue de l'incapacité de travail, d'apprécier leur durée. Yoici quelle est l'opinion de Tardieu : « La pratique de la médecine légale démontre de la manière la plus péremptoire qu'en ajoutant même au temps de séjour à l'hôpital la durée d'un mois, délai extrême accordé dans l'asile deconvalescence, les fractures les mieux consolidées ne permettent presque jamais la reprise immédiate du travail par le blessé. » Les fractures de jambe se consolident au bout de 40 ou 50 jours, et cependant les individus ne peuvent travailler ou supporter les fatigues avant trois ou cinq mois ; les fractures de cuisse, plus longtemps ; celles du bras, un peu moins ; celles de l'avant-bras, surtout pour le radius droit, rendent les mouvements difficiles pendant une période aussi longue que celles des fractures de jambe. Celles des côtes, de la clavicule, exigent deux ou trois mois pour que la guérisonsoit complète. Et ceci s'applique aux fractures simples. « D'une manière générale, si une fracture simple, méthodiquement soignée, doit habituellement guérir sans difformité, il en est cependant qui, en raison de leur siège, laissent presque toujours à leur suite soit un raccourcissement, soit une gêne plus ou moins considérable des mouvements; telles sont les fractures du col du fémur, celles de la clavicule près de son extrémité externe, celles qui avoisinent les articulations. )>