VI PRET ACE
Incertaine et égarée, la raison raisonnante n'apparaît-elle pas dès lors en maîtresse d'erreur? FA les questions suprêmes, d'où dépendent le sens que nous donnons à la vie et qui influent sur nos façons d'agir, n'aboutissent-elles ^ pas à cet aveu d'ignorance, de connaissance éternellement imparfaite, que Spencer désigne sous le nom d'Agnosticisme ?
Devant cette impuissance radicale de la pure raison, les philosophes américains, Peirce, W. James, nous proposent une nouvelle méthode, le praQmaiisme, préconisée avant eux par la philosophie anglaise de Bacon à Stuart Mill, justifiée par Kant : soumettre les idées à l'expéiMence personnelle, les agir pour les connaître, les vérilier par les résultats pratiques. Familière de l'autre côté de la Manche et de l'Atlanlique, cette méthode impliquerait toute une révolution dans les habitudes de l'esprit français si prompt, si précipité, si audacieux dans ses affirmations, plus porté à édifier des théories qu'à observer des faits.
Les Maîtres figurent un poteau indicateur de chemins divergents au carrefour d'une forêt obscure. Le pragmatiste explore ces voies contraires qu'on lui propose, constate où elles le mènent et ne se fie qu'à ce qu'il a lui-même éprouvé.
l'RÉl-ACi;. VII
Lu iiiodcrnisnie est une api)li(alioii (\n pragmatisme aux croyances religieuses.
f.e praginalismc conduit de même à de nouveaux procédés en médecine. Nous devons à •l'obligeance de -M. le D' Uénoii de reproduire un arlicle sur ce sujet si important.
Nous exprimons j)areillement notre gratitude -a Al. André Chaumeix, dont nous donnons en appendice un exposé lumineux de la philosophie j)rofon(le de .M. Bergson, exposé paru en feuilleton, de même que les chapitres de notre livre, dans le Journal des Déhcds. M. Bergson, qui introduit rexi)érience psychologique en métaphysique, es! un précurseur du pragmatisme.
Ocluljl'e 1908
MODEHNISMJ