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Port-Royal, t. III, page

LE MODERNISME ET l'oRTHODOXE. 179

nomène religieux ^. Il faut en rabattre. Newman a fini par écarter le mot « développement », comme prêtant à équivoque. Il ne songeait à rien modifier. II reste attaché à la plus stricte orthodoxie. Il croit que la théologie fondée sur la pure raison doit, en fait, convaincre les hommes. « Je ne vois, dit-il, aucune différence entre déclarer que Dieu n'est pas, et supposer qu'on ne peut clairement saisir aucun de ses caractères. »

W. James remarque à ce propos que les systèmes absolus (la scolastique, la philosophie thomiste) ont toujours séduit les âmes qui aspirent à quelque idéal. Elles n'ont que du dédain pour les vérités probables et les certitudes qui ne sont qu'individuelles dont s'accommodent les modernistes. « Sans doute la religion ne va pas sans la vie du cœur ; mais pour nous élever au-dessus du caprice individuel, pour discerner en elle le vrai du faux, il est besoin d'une règle universelle, l'intelligence doit juger le sentiment. La valeur de la religion individuelle et collective se mesure avant tout à ses éléments intellectuels 2. » C'est là, exactement, le point de vue de l'orthodoxie.

Tout à l'opposé, les tendances des modernistes vont vers l'agnosticisme, l'anti-intellectualisme. Dans la théologie scolastique, les modernistes n'aperçoivent qu'un arsenal de raisonnements froids et surannés ; les opposer à la pensée moderne équivaut à mettre en face d'une artillerie perfectionnée de vieilles armes rongées par la rouille des siècles.

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