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L'HOTEL DE VILLE

L'EGLISE DU TYN

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L'église du Tyn, c'est l'église de l'enclos des marchands. L'enclos a disparu, l'église existe toujours. Vue de la place de l'Hôtel-de-Ville, elle offre un aspect singulier. Le portail principal est masqué par une maison supportée par des arcades, dont on souhaiterait la suppression si elle n'offrait un type fort curieux de l'architecture civile du temps jadis. Je laisse au lecteur le soin d'en juger parla gravure ci-jointe. Cette maison appartient à la paroisse et porte sur sa façade une fresque qui représente l'Assomption. Ce seraitgrand dommage de démolir cette étrange bicoque; mais il est regrettable qu'on ne puisse la déplacer et démolir purement et simplement la maison voisine qui, elle, n'a aucun intérêt.

Ce qui charme surtout, dans l'aspect extérieur de l'église, ce sont les deux flèches flanquées de clochetons si élégants et séparées par un pignon ou fronton aigu surmonté d'une croix.

Notre-Dame du Tyn date du XI V siècle; elle fut achevée en 1463, sous le règne de Georges de Podiebrad. C'est dans cette église qu'il fut couronné roi. Les deux tours

datent de 1510; sous le règne de Podiebrad, à l'époque où les doctrines hussites dominaient dans la plus grande partie du Royaume, où la communion était donnée sous les deu.x espèces, un calice gigantesque figurait sur le fronton de l'église du Tyn. Il ne disparut qu'après la bataille de la .Montagne Blanche. Au-dessous du calice avait été dressé un buste de Georges de Podiebrad qui, lui aussi, a disparu. L'église du Tyn fut, pendant deux siècles, le grand temple des utraquistes ou calixtins, comme on les appelait aussi. En 1766, en restaurant la chapelle de la Vierge, on y découvrit les têtes des rebelles qui avaient été décapités en 1621 et exposés sur la tour, à l'extrémité du pont Charles.

L'église du Tyn au xvii* siècle.

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A l'extérieur, en dehors du pignon et des clochers, l'église n'offre qu'un détail intéressant. C'est le porche nord, dont le tympan présente des scènes delà Passion d'une pathétique et délicate exécution. Les statues qui décoraient ce porche ont malheureusement disparu; je me demande même si elles ont jamais été mises en place.

L'intérieur — de proportions assez restreintes — offre un ensemble harmonieux et majestueux. L'un des monuments les plus intéressants est

L'église des Chevaliers-de-la-Croix.

le baldaquin gothique qui abritait naguère les restes de lévêque utraquiste Lucien Augustin. Ce monument est l'œuvre de Rejsek. Après la bataille de la Montagne Blanche, la dépouille du prélat hérétique fut arrachée au sanctuaire et brûlée sur la place de la Vieille- Ville. Par bonheur, le baldaquin fut épargné. Parmi les monuments funéraires, tort nombreux dans l'église Sainte-Marie, celui qui nous intéresse surtout c'est celui de Tycho Brahé. Cet illustre astronome danois avait été appelé à Prague par Rodolphe II. Il y mourut le 13 octobre 1601. Il était de noble race et, pendant longtemps, sa famille s'était opposée à ce qu'il suivît la vocation qui l'entraînait vers la science de l'infini. Son monu-

L'HOTEL DE VILLE. — L'ÉGLISE DU TYN loi

ment symbolise les deux aspects de sa carrière ; il est revêtu de l'armure des chevaliers ; sa main gauche étreint la garde de son épée, tandis que sa main droite pose sur un globe (v. p. 9).

Tombeau de Vratislav de Mitrovitz.

Un monument plus moderne, et plus vénérable au point de vue des souvenirs qu'il évoque, est celui que le XIX' siècle a élevé à la gloire de saint Cyrille et de saint Méthode, ces deux apôtres de la race slave, en qui catholiques et orthodoxes aiment à voir les précurseurs de cette unité religieuse dont ont rêvé les membres les plus illustres des diverses confessions. Ce groupe, un peu trop dissimulé dans une chapelle obs-

cure, est l'œuvre d'Emmanuel Max. Il fut offert à l'église par l'empereur Ferdinand.

L'église du Tyn est la paroisse de la municipalité. C'est sous ses voûtes qu'a lieu l'installation solennelle du maire de la capitale.

Elle est, avec, la cathédrale de Saint-Vit, le monument religieux le plus remarquable de la cité. Quelques autres méritent encore d'être mentionnés ici.

Citons d'abord, à l'ancienneté, la petite chapelle de Sainte-Croix.

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Le monastère d'Emmaùs.

C'est un édifice roman qui remonte au xl" ou xu" siècle; elle est de forme circulaire et surmontée d'une pittoresque lanterne. Elle possède, dit-on, des fresques du xvi' siècle, malheureusement elle n'est point accessible au public. Il est des monuments qu'il est plus facile de conserver que d'utiliser.

L'église Saint-Jacques, qui remonte au xvi" siècle, a été complètement remaniée dans le style jésuite. Elle se glorifie d'être la plus longue des églises de la capitale. Elle mérite d'être visitée à cause du tombeau de Vratislav de Mitrovitz, qui fut chancelier du royaume. C'est une œuvre de Ferdinand Brokoff, dans un style aussi peu chrétien que possible. Une p)'ramide, une renommée qui claironne, un chevalier couché flanqué de figures allégoriques. Nous rencontrons une Mater

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