‹ Pratique de l'art de construire; maçonnerie, terrasse et platrerieChapitre 17 sur 145 · de terre argileuse non tassée à I fr · texte numérisé non relu

de terre argileuse non tassée à I fr

!• hectolitree de houille de Cramaut (Tarn), à v;t& .... 8t ,50 Construction du four et frais divers de bâtiments, terrains,

passages, elc 10 ,00

86^,90 Dëchet au défoumage 8 ,69

Prix de revient de mille briques prises sur le four et propres à divers emplois 95',59

Le prix du milliet* de bHques fkçon Bourgogne, de e*,28 de longueur, 0*,11 de largeur et 0",05 d^épaisseur, fabriquées et cuited dans les mêmes conditions que les précédentes, a été à très-peu près le tiers de celui des grandes briques, soit 31',85.

On peut déduire de ce qui précède que la quantité de bouille de Gramaux nécessaire a la cuisson de 1 mètre cube de briquen est 1 00 ~jj= 0,164 de mètre cube, soit environ 464 kilogrammes.

La Cuisson au bois exigea peu près i050 kilogrammes de combustible par millier de briques façon Bourgogne, soit environ 87& kilogrammes par mètre cube de briques.

47. Briques en usage à Paris, Les briqttes de Bourgogne sont les meilleures que Ton emploie à Paris ; on y fait encore une plus grande consommation des briques de Montereau ou de Salins, qui approchent beaucoup des précédentes en apparence et en qualité ; les briques dites de pays, qui se fabriquent à Paris et dans ses environs, sont bien moins estimées encore; cependant on les emploie avec assez d'avantage dans les bâtiments, a cause de leur légèreté. Les indications suivantes feront reconnaître ces diverses espèces de briques.

Les briques de Bourgogne ont 0",220 do longueur sur 0',i07 de largeur et 0",055 d'épaisseur; cette dernière dimension n'est ordinairement que de 0'°,048 à 0"',05 pour les briques de Montereau. Ces deux espèces de briques sont d'un rouge très-pâle ; mais les premières sont plus chargées de petites taches brunes produites par des matières vitrifiées, elles produisent parfois des étincelles sous le choc de Facier, et elles pèsent 2250 kilogrammes par mille, au lieu que ce poids n'est que de 2063 kilogrammes pour celles de Montereau. Les briques de pays sont d'un rouge foncé ; en qualité, elles approchent de celles de Montereau, seulement elles résistent mal aux chocs; elles ont encore 0',22 de longueur, mais seulement 0",403 de largeur, et, au plus, 0',040 à 0*,045 d'épaisseur ; le millier pèse i 935 kilogrammes.

La brique de Sarcelles, du village de ce nom, situé à 12 kilomètres de Paris, est celle dont on fait le plus grand usage dans cette ville;

MATÉRIAUX BMM.OTÉS DANS LES G0N8TRUCTU^K:i. 67

elle ne porte que (r,%i de longueur, sur 0",095 4e largeur et 0*,6ë d'épaisseur; sa couleur est le rouge vif uniforme, sans vitrification; elle est beaucoup plus fhigile et plus légère que les prèeédentea; le millier ne pèse que 1 750 kilogrammes.

Brigues creuses. Depuis quelque temps on fabrique, au moyen de isftcliioes semblables à celles employées pour faire les tuyaux de drainage, des briques qui ont à peu près les dimensions des briques ordinaires, et qui sont percées longitudinalement de trous, ordinairement au nombre de quatre, ayant 23 sur i6 millimètres de section* Ces briques ont été imaginées par M. fiorie; comme elles sont très* légères, on les emploie pour les planchers, les voûtes et autres con^» structions auxquelles il estimportant dene donner qu'un faible poids.

Briques circulaires. On fait aussi usage à Paris de briques circU*laires pour la construction des tuyaux de cheminées dans Tépaisseut des murs; on les désigne sous le nom de briques Gourlier^ du nom de leur inventeur; elles donnent de bons résultats.

Enfin, on fait aussi, avec une sorte d'argile qu*on appelle farine fossile, des briques qui jouissent de la propriété d'être moins denses que Feau, d'être tout à fait réfractaires, et de conduire si mal la chaleur, qu'une des extrémités d'une brique étant portée à la température rouge, on peut tenir l'autre entre ses doigts; on peut même en* fermer delà poudre dans une de ces briques et l'entourer de feu sans qu'il y ait détonation.

48. Poteries. On désigne ainsi, dans les bâtiments, les boisseaux en terre cuite pour tuyaux de cheminées, les pots pour ventouses à courant d'air, les mitres en terre, dites à la Fougerole^ etc. Ces divers objets sont en grès ou en terre cuite, préparée a peu près de la même manière que celle employée à la fabrication des briques (/iO et 43).

Depuis quelques années, on substitue aux anciens planchers en bois des espèces de voûtes en briques ou en poteries creuses, hourdées en plâtre ou en mortier, et consolidées par des fermes en fer. Ce genre de construction offre l'immense avantage de joindre la solidité à la légèreté, et de mettre les édifices presque entièrement à l'abri des incendies*

On fait des poteries de formes et de dimensions diverses, pour voûtes et pour cloisons; les unes ont la forme d'un pot à fleurs fermé aux deux extrémités, et dont les dimensions habituelles sont 0",10 de diamètre moyen sur 0",i,5 de hau teur ; les autres sont des cylindres de 0*,0o de hauteur seulement, sur 0",17 de diamètre. Ces poteries se fabriquent toutes à peu près de la même manière, au moyen d'un tour de potier, avec de la terre préparée comme pour la fabrication des tuiles, des briques et des poteries grossières. Dans le midi de la France on fabrique encore, pour voûtes légères, des prismes creux ea terre cuite, qui ont 0",i4 de hauteur, des bases hexagonales in*

68 PREMIÈRE PARTIE. — MAÇONNERIE ET TBRRlSftE.

scrites dans des cercles de 0*,i7 de diamètre, et dont le vide est cylindrique.

49. Carreatix. On nomme ainsi des petites dalles employées au pavage des chambres. On en fait en pierre calcaire, souvent à Tétat de marbre; on leur donne les formes triangulaire, carrée, hexagonale, octogonale, que Ton emploie séparément ou combinées entre elles.

Les carreaux les plus employés sont hexagonaux et en terre cuite préparée comme pour les* briques (43). On en fait de deux grandeurs: les uns, employés au pavage des chambres, ont 0",027 d'épaisseur et sont inscrits dans un cercle de 0*,20 de diamètre; les autres sont inscrits dans un cercle de 0",14 de diamètre; il en faut respectivement 40 et 80 pour couvrir un mètre de surface, et le poids du mille varie de 800 k 900, et de 350 à 400 kilogrammes. Ceux que Ton emploie à Paris sont fabriqués en Bourgogne, à Massy, a Pans et dans ses environs. Les premiers sont les meilleurs, surtout pour les lieux humides; ceux de Massy viennent après, seulement ils sont moins bien moulés que ceux de Paris, que Ton emploie ordinairement.

On fait également en terre cuite, mais en bien moins grande quantité, des carreaux de forme carrée, que Ton n'emploie guère que pour couvrir les fourneaux de cuisines ou daller les cheminées d'appartements. On en fabrique de trois échantillons, qui ont chacun leur usage particulier; ceux des deux premiers échantillons ont0*,027 d'épaisseur, et respectivement 0*,20 et0*,16 de côté; ceux du troisième, appelés carreaux à bandes^ ont 0",16 de côté, et seulement 0",02 d'épaisseur.

A Lyon, k Marseille et dans les autres villes du Midi, on emploie, comme k Paris, des carreaux carrés et hexagonaux, mais dont la surface est vernie ou polie. Lorsqu'on les essuie avec un linge un peu £^as, ils acquièrent immédiatement un aspect de propreté que lapeiniure k rhuile et l'encaustique sont loin d'atteindre. Les fabriques de Trèbes, près Garcassonne, et celles de Saint-Henri, près Marseille, sont en grande réputation pour ce genre de carreaux, qu'elles expédient dans presque toutes les villes du littoral de la Méditerranée.

Les qualités et les défauts des carreaux sont les mêmes que pour les briques (45), et ils proviennent également du plus ou moins de soin apporté k la préparation de la terre et k la cuisson ; seulement le peu d'épaisseur des carreaux les fait quelquefois gauchir au feu, au point de les rendre très-souvent impropres k faire des carrelages sans balèvres; on est alors obligé de les dresser au grès, ce qui est dispendieux.

KO. Cliaux. La chaux pure est du protoxyde de calcium (GaO); elle est blanche, caustique, elle attaque rapidement les tissus des matières animales. Elle ramène au bleu la teinture du tournesol rougie

MATÉRUI/X EMPLOYES DAMS LES CONSTRUCTIONS. 69

par un acide, verdit fortement le sirop de violettes, rougit la teinture de curcuma. Le poids de son équivalent est 356, et sa densité est égale à 2,3 environ. Elle est infusible aux températures les plus éle* vées de nos fourneaux.

Le carbonate de chaux pur se compose de 56,40 de chaux et de 13,60 d'adde carbonique.

Dans les laboratoires, pour obtenir de la chaux bien pure, on soumet k une température très-élevée, dans un creuset de terre, du marbre blanc statuaire ou du spath dislande; Facide carbonique se dégage graduellement, et la chaux caustique reste dans le creuset. Quand on opère en vases clos, la température doit être très-élevée, et encore, pour obtenir une décomposition complète, doit-on faire dégager Tacide carbonique à mesure qu'il est mis k nu : c'est ce que Ton fait en faisant tomber de temps en temps quelques gouttes d'eau dans le creuset rouge ; la vapeur qui se forme brusquement entraine Tacide carbonique.

La chaux se combine avec Teau, en dégageant beaucoup de chaleur; une portion de Teau s'échappe en vapeur, et l'élévation de température est souvent assez grande pour enflammer la poudre (300* environ); elle fait entendre le même bruit qu'un fer rouge trempé dans Feau; on dit qu'elle fuse. L'opération par laquelle on combine la chaux avec l'eau s'appelle éteindre la chaia, et la chaux hydratée que l'on obtient prend le nom de chamc éteinte^ pour la distinguer de la chaux anhydre^ qu'on appelle cha;uxmve, La cljaux, en s'hydratant, augmente considérablement de volume; on dit qu'elle foisonne beaucoup. Si la quantité d'eau n'est pas trop grande, il se forme un monohydrate de chaux (GaO +H0), qui reste sous la forme d'une poudre blanche, fine, douce au toucher. En ajoutant une plus grande quantité d'eau, la chaux reste en suspension quand on agite, et l'on obtient un laii de chaux,

La chaux est très-peu soluble dans l'eau; elle se dissout dans environ 700 fois son poids d'pau èi la température de i5«, et dans 1270 fois a la température d'ébullition. La dissolution prend le nom d!eau de chaux; elle exerce une réaction fortement alcaline.

La chaux vive exposée k l'air attire rapidement l'eau et l'acide carbonique de l'atmosphère; elle se délite^ c'est-k-dire tombe en poussière, et elle ne s'échauffe plus quand ensuite on la mouille avec de l'eau. Le produit qu'on obtient ainsi k l'air est un composé défini d'hydrate etde carbonate de chaux (CaO.CO' + CaO.HO), auquel se trouve mélangé beaucoup d'hydrate de chaux dû k ce que l'air atmosphérique contient beaucoup plus de vapeur d'eau que d'acide carbonique; mais k la longue, l'absorption de l'acide carbonique continuant incessamment, toute la matière se rapproche de plus en plus de la composition définie par la formule précédente.

70 PREMIÈRfi PARTIE. — MAÇONNERIE ET TERRASSE.

La chaux que Ton consomme dans les arts pour la confection des mortiers s^obtient en calcinant dans de grands fours, dits fours à chaux^ le carbonate de chaux plus ou moins pur que Ton rencontre en abondance dans la nature. La décomposition a lieu à une température bien inférieure à celle nécessaire k Topération dans des creusets fermés; ce qui est dû au courant gazeux, lequel n*est composé d'acide carbonique qu'en faible proportion, et qui, en traversant la masse, facilite la décomposition. L'expérience a démontré que la euisson de la chaux était singulièrement facilitée par la présence de la vapeur d'eau; c'est pour cette raison que les chaufourniers préfèrent employer une pierre encore imprégnée de son eau de car- Tlère, k celle qui a subi une certaine dessiccation par une exposition plus ou moins prolongée k l'air.

Il arrive souvent qu'une partie du calcaire n'a pas été complètement décomposée par la chaleur et retient une plus ou moins grande proportion d'acide carbonique; on donne k ces produits le nom èi incuits.

On désigne sous le nom de pierre à chaux^ toutes les variétés de pierres qui contiennent le carbonate de chaux> lequel, soumis aune température suffisante, perd son acide carbonique et fournit la chaux. Toutes les pierres calcaires peuvent se convertir en chaux par la calcination, toutes fontune effervescence plus ou moins subite quand on en jette un fragment dans l'acide azotique (eau-forte), et une pointe de fer suffit ordinairement pour les rayer profondément.

Tout ce qui a été dit précédemment (n"» 30 et suivants) sur le gisement et la nature des calcaires employés comme pierres de construction, s applique également aux pierres a chaux.

La propriété particulière a toutes les chaux est de servir de base dans les mortiers, bétons et ciments employésdans les constructions, et de se combiner, par Tintermédiaire de l'eau, k la silice que contient le sable. De l'eflFet complexe de la combinaison chimique de la chaux avec la silice, de l'absorption de l'acide carbonique de l'air et de l'évaporation de l'eau, le mortier durcit et adhère aux matériaux de construction, de manière k constituer une seule masse plus ou moins homogène et plus ou moins solide.

La chaux considérée sous le rapport de la quantité d'eau nécessaire pour la réduire en pâte, et sous celui de la dureté que cette pâte peut acquérir sous l'eau, se divise en plusieurs espèces, que nous allons passer en revue.

Les pierres calcaires sont rarement du carbonate de chaux pur; celles que l'on soumet k la cuisson en grand renferment en général des quantités notables de matières étrangères, telles que quartz, oxydes de fer et de manganèse, magnésie, argile, etc. Les qualités de la chaux dépendent beaucoup, non-seulement de la quantitédc ma-

MATÉRIAUX' EMFLOYÉS »A!98 LES OOV^TRIWTfldlIfi. 1i

tîèM»élrugèr6s contenues dans la pierre calcain, msis a«fi»i de la nature de ces natières.

r Chaux grasse. Lorsque la pierre calealre ne renferme qu'une petite quantité de matières étrangères, elle donne une chaux dont les propriétés se rapprochent beaucoup de celles de la chaux chi^ miquement pure, fille foisonne considérablement avee Teau, s'échauffe beaucoup; elle forme une pftte liante, grasse au toucher; on l'appelle chaux grasse. Dans les mortiers, cette chaux, en séchant et en fixant graduellement l'acide carbonique de Tatmosphère, durcit en passant à l'état de carbonate, ou mîeux« d'hydro-carbonate. Le sable ne remplit qu'un rôle purement mécanique : il sert à diviser la chaux, a augmenter sa perméabilité, et par suite a favoriser sa combinaison avec l'acide carbonique ; il joue de plus le rôle de centres ou noyaux autour desquels vient se cristalliser le carbonate de chaux ; il empêche aussi la matière de prendre un trop grand retrait en séchant. Les parties de mortier qui sont en contact immédiat avec l'air se changent entièrement en carbonate de chaux; mais les parties intérieures passent seulement à l'état d'une combinaison de carbonate de chaux et d'hydrate, qui acquiert beaucoup de dureté. 11 faut un temps extrêmement long pour que cette conversion ait lieu d'une manière complète ; eh efifet, au bout d'un grand nombre d'années, la chaux existe encore presque entièrement k l'état de chaux hydratée dans l'épaisseur des murs. 11 convient de ne pas placer ces mortiers dans l'intérieur de constructions trop épaisses, où ils ne peuvent sécher, et il faut s'en abstenir dans les lieux humides ou souterrains et k plus forte raison sous l'eau, où ils se délaient complètement.

Le mortier prend une plue grande consistance que l'hydrate de chaux pur, et l'adhérence de celui-ci à la pierre est plus grande que sa cohésion. Il convient, pour faciliter le durcissement du mortiep, qu'il ne soit pas placé en couches trop épaisses entre les pierres. Il est convenable aussi que les pierres ne soient pas trop sèches, sans quoi elles absorbent Teau de l'hydrate, lequel durcissant trop promptement n'acquiert pas toute la consistance dont il est susceptible. C'est ce qui explique pourquoi on projette de l'eau sur la surâice des pierres qui sont trop sèches avant d'y appliquer le mortier.

Une propriété particulière k la chaux grasse est que son volume augmente à l'extinction au moins du <|uart de son volume primitif, souvent de deux fois et demi ce volume, et quelquefois de trois à quatre fois. €ette chaux est celle qui profite le plus aux entrepreneurs, k cause de la grande quantité de mortier qu'elle fournît, on remploie pour les ma^nneries ordinaires, mais il âtut s'en abstenir pour les travaux hydrauliques ou souterraine, attendu qu'elle ne durcit qu'imparfaitement. . ■

72 PRUl^E PAETIE. — HÀÇONNXUE ET TEREA8SE.

Dtn3 UB volume d'eau indéfini, la chaux grasse se combÎAe rapidement avec un poids d'eau à peu près égal aux 0,26 du sien ; retirée et exposée à l'air, elle fuse avec dégagement de chaleur en se réduisant en poudre impalpable. Vhydrate de chcmx obtenu peut encore absorber une grande quantité d'eau, mais sans qu'il y ait ni combinaison, ni dégagement de chaleur. Cet excès d'eau, qui donne naissance à une pftte plus ou moins ferme, peut se dégager en assez grande quantité par le rebattage, pour qu'il soit inutile d'en ajouter de la nouvelle quand on fabrique le mortier.

Les mortiers de cette chaux restent mous, comme le ferait la chaux seule, quand on les prive du contact de l'air ou plutôt de l'acide carbonique.

D'après M. Vicat, 100 parties de chaux grasse absorbent, en se solidifiant, 74 parties d'acide carbonique et en retiennent 17 d'eau.

2* Chaux maigre. Quand le calcaire soumis à la cuisson renferme des quantités notables de matières étrangères, telle que sable quartzeux, oxyde de fer et de manganèse, carbonate magnésien, la chaux obtenue, dile chavx maigre^ développe peu de chaleur quand on la met en contact avec l'eau, elle foisonne moins que la chaux grasse, et ne forme pas une pâte liante. Gomme la chaux grasse, elle durcit à l'air avec le temps, et aussi se désagrège dans l'eau. A défaut d'autre, on l'emploie aux mêmes usages que la chaux grasse.

3* Chaux hydraulique. Si la matière étrangère que contient le calcaire est de l'argile (40), ou de la silice dans un certain état de division, et que sa proportion s'élève au moins k 10 ou 45 p. 100 du poids du calcaire, la chaux qui en résulte est encore une chaux maigre; elle ne foisonne pas ou que très-peu, et ne développepas de chaleur à l'extinction; mais elle jouit de la propriété remarquable de foire prise sous l'eau, après un temps plus ou moins long, pourvu qu'elle n'ait pas été trop fortement calcinée. Cette propriété lui a fait donner le nom de chaux hydraulique.

L'hydraulicité de cette chaux est due k ce que dans la cuisson du calcaire il s'établit une combinaison chimique entre la chaux et la silice divisée k laquelle elle est mélangée, soit que cette dernière y existekrètat libre, soit qu'elle s'y rencontre k l'état d'ai^ile.En effet, si l'on traite la chaux hydraulique par un acide, on met en liberté de la silice en gelée, ce qui prouve que cette substance s'y trouvait k l'état de combinaison. D'une autre part, en mélangeant du sable quartseux avec une quantité convenable de carbonate de chaux, on n'obtient jamais qu'une chaux maigre non hydraulique; tandis que si l'on remplace le sable par un poids égal de silice gélatineuse desséchée, puis amenée sous forme de poussière farineuse, on obtient une chaux douée de propriétés hydrauliques.

Ces expériences montrent que la solidification des chaux hydrau-

MATÉAUOX SlIPLOYÉS DANS UES C0MSTIIUCTMN8. 73

liqu€s 80118 Teau proTîent d'une combinaison qui se fait entre Fhydrate de chaux et les silicates d*aluniine et de ckaux ; cette combinaison détermine une nouvelle agrégation de la matière, et rend U chanx insoluble. Ces expériences font voir, en outre, la possibilité de &briqaer artificiellement des chaux hydrauliques en mélangeant du earbonate de chaux et de Targile dans des proportions convenables.

VsTgWe et la silice désagrégée ne sont pas les seules matières qui communiquent k la chaux des propriétés hydrauliques. La magnésie produit, à un moindre degré il est vrai, un effet semblable. Le carbonate de chaux lui-même, lorsqu'il est mélangé dans des proportions convenables k la chaux, lui fait acquérir de faibles propriétés hydrauliques : tel est le résultat que présentent les incuits.

La chaux hydraulique éteinte k la manière ordinaire solidifie, comme la chaux grasse, une certaine quantité d'eau, et forme, avec une addition d*eau, une pâte plus ou moins ferme, laquelle exposée à l'air se solidifie en absorbant une moindre quantité d'acide carbonique que la chaux grasse, et en retenant également une certaine proportion d'eau.

D'après M. Yicat, 100 parties d'une chaux hydraulique contenant i/5 de son poids d'argile absorbent, en se solidifiant, 54 parties d'acide carbonique et en retiennent 15 d'eau. Ainsi, ce produit, corn-' posé de 100 parties de chaux, 25 d'argile, 67,5 d'acide carbonique et i8,7 d*eau, est encore un hydro-carbonate de chaux, dans lequel l'argile paraît être en dehors de la combinaison.

4* Chaux ciment ou ciment romain. On trouve dans la nature des mélanges intimes de calcaires et d'argile, des ca/cat>ej argileux^ qui donnent immédiatement des chaux hydrauliques k la cuisson. On a reconnu par expérience que pour qu'un calcaire possède les propriétés hydrauliques, il doit renfermer au moins 10 ou 12 p. 100 d*argile. La chaux qui en provient, gâchée avec de l'eau, durcit en vingt jours environ dans les lieux humides ou sous l'eau. Quand le calcaire renferme de 20 k 25 p. 100 d'argile, la chaux gâchée^ fait prise en deux ou trois jours. Enfin, si le calcaire renferme de 25 à 35 p. 100 d'argile, la chaux fait prise en quelques heures, et on lui donne le nom de chaux ciment ou de ciment romain.

Lorsque les calcaires renferment plus de 30 k 35 p. 100 d'argile, ils ne donnent plus de ciment par le cuisson ; la matière ne fournit plus une pâte assez liante avec Teau.

La chaux ciment n'est pas susceptible de fuser; mais, réduite en poudre, puis en pâte, elle prend corps très-facilement. Â la cuisson, il se forme un silicate de chaux plus ou moins abondant, et la chaux qui est restée libre ne peut plus fuser, de sorte que l'eau est sans action sur toute la masse de cette chaux quand elle sort du four; mais, réduite en poudre et mouillée d'une quantité d'eau suffisante

74 PRmiÈHE PAltTlE. — MAÇQffNmE ET TBIMSSB.

pour en faire une pâte, H se produit une cristallisation) c(>nfîi8e, et la pftte prend corps sons reau,id*autant plus rapidement que le silicate est plus abondant, si toutefois il n'est pas en quantité suffisanté pour nuire à Taclion réciproque des molécules les unes sur les autres.

La chaux-ciment fait prise d'autant plus rt^idement qu'eUe n*a pas été exposée à Tair depuis sa sortie du fbur, et à ce moment, si on la broie et si on Futilise immédiatement, sa prise est quelquefois si rapide qu'on n'a pas le temps de l'employer.

La cuisson dt$s calcaires hydrauliques, et surtout celle des ciments, demande à être faite avec des précautions particulières. Si la température s'élève trop, la matière acquiert de l'agrégation, par suite d^Ine combinaison trop intime de la chaux avec le silicate d^lumine, et il ne se forme plus de nouvelle combinaison lorsqu'on mélange la matière avec l'eau. La chaleur doit être la plus faible possible, et seulement suffisante pour faire perdre au carbonate de chaux la phis grande partie de son acide carbonique, et a l'argile son eau.

On mélange ordinairement avec les ciments, et surtout avec les chaux hydrauliques, des sables quartzeux, dans le but d'augmenter leur dureté et de faire prendre au mortier un plus grand volume.

8i. Composition des diverses espèces d£ chaux (50). L'analyse a fait reconnaître, comme le confirme le tableau suivant : f que le carbonate de chaux qui fournissait la chaux grasse contenait moins de i/iO de matières étrangères ; «• qu'au-dessus de 4/iO, il donnait une chaux d'autant plus maigre que cette proportion de matières étrangères était plus grande ; 3* que la propriété hydraulique était due à la formation, au feu, du silicate de chaux, c'est-à-dire que la silice jouait un rôle essentiel dans la combinaison, mais que cette combinaison n'avait lieu qu'autant que la silice se trouvait en gelée ou réduite à un état deténuité extrême dans son mélange avec le carbonate de chaux.

Tableau de la composition de quelques chaux, d'après les analyses de M. Bertbiee.

06,40 chaux pore.

1,80 magnésie.

1 ,80 argile (silice etalumlne) I 78,00 chaux pure« 20,00 magnésie.

2,00 argile (silice et alomine)

!' 89,00 chaux pure.

1^00 magnésie.

10,00 argile (silice et alinnine) ! 70,00 chaai pure.

l,OOmagqésie.

29,00 silice.

Chaux grasse de Ghâteau-Landon

Giaux maigre non hydraulique de Coulommiers.

HATimAVX EMPLOYÉS DANS LES CQNSTROCTIOMS. 76

i ce tableau on peut ajouter :

i 82,â0 chaui pure.

Cbaux maigre noQ hydraulique de Brest 1 10,00 oxyde de fer.

( 7,70 argile.

Ces analyses font voir que la magnésie ei Toxyde de fer rendent ia chaux maigre non hydraulique, et que la silice pi^re ou méfangée d'alumine lui communique la propriété hydraulique.

M. Berthier, en opérant par synthèse, a obtenu, pour la même composition, des chaux jouissant des mêmes propriétés que celles du tableau précédent, et il a reconnu de plus :

i* Que la silice en gelée, calcinée avec de la chaux pure, donnait un produit hydraulique;

3* Que Talumine, la magnésie, l'oxyde de fer et celui de manganèse, calcinés un à un avec de la chaux pure, donnaient une chaux maigre;

3* Que Talumine et la magnésie, mêlées avec la silice, exaltaient la propriété hydraulique; mais que les proportions les plus convenables pour ce mélange étaient une partie de silice pour une partie d'alumine ou une partie de magnésie*

Avant ces analyses, M. Vicat avait remarqué que si Ton faisait eaire dans un four un mélange d'argile et de chaux éteinte ou de cbaux réduite en pite, on obtenait de la chaux hydraulique quand la proportion d'argile était de au moins 10 pour 90 de chaux, et que la chaux était d'autant plus hydraulique que la proportion d'argile était plus considérable; mais que si cette proportion d'argile dépassait 34 pour 66 de chaux, le composé ne fusait plus.

I>epuis que cette théorie a été clairement établie, on a fait, par la synfliëse, des essais avec tous les composés qu'il était possible d'obtenir en foisant varier les proportions de chaux et d'argile ; ces essais ont conduit à ranger les chaux sous les dénominations suivantes :

AâeiLB. • CBÂVZ.

Ckttuxhydmdiques, oeUes qui coBtléimfint. . | 0^20 0,80

LlDaite 0,34 0,60

limite 0,61 0,39

Ces différentes espèces de chaux se distinguent par les propriétés que nous avons énoncées précédemment.

Le^ cbaux maigres non hydrauliques, c'est-a-dire les chaux ou carbonates de chaux dans lesquels il entre une quantité notable

76 FAEmÈRE PARTIE. ^ MAÇONNERIE ET TERRASSE.

d'oxyde de fer ou de magnésie, ne sont pias propres à cette transformation en chaux hydraulique par le concours de Fargile et du feu ; on est obligé, pour leur donner cette qualité, d'employer, non pas de l'argile, mais de la pouzzolane ou ciment hydraulique obtenu par la calcination de Targile calcaire (65).

Avec les chaux hydrauliques qui contiennent la limite d'aigle, c'est-k-dire 34 d'argile pour 66 de chaux, on fait d'excellents mortiers qui durcissent rapidement; mais il faut que toutes les molécules de chaux soient attaquées par Teau au moment de l'extinction; car, s'il en reste de libres, elles fusent seulement dans la masse, et en désagrègent toutes les parties, qui ne peuvent plus ensuite prendre aucune consistance. Pour éviter cet inconvénient, qui s'est déjà présenté, on pourrait pulvériser ces chaux limites, comme on le fait pour les chaux ciments ; toutes les molécules de chaux étant ainsi mises h peu près dans les mêmes conditions pour leur extinction, l'inconvénient signalé ne serait plus à redouter.

US. Becherches et moyens de se procurer de la chaux hydraulique. La chaux hydraulique est fournie par la simple caisson du calcaire qui contient tous les éléments de cette chaux (50 et 51). Dans les localités où ce calcaire ne se trouve pas, on fabrique cette chaux en faisant un mélange intime de tous les éléments qui doivent entrer dans sa composition. On conçoit que Ton ne doit avoir recours à ce second mode de fabrication qu'à défaut de carbonate hydraulique naturel.

Lorsqu'on aura besoin de se procurer de la chaux hydraulique dans une localité, on se guidera dans ses recherches en se rappelant que c'est le mélange de l'argile au carbonate calcaire qui fournit toutes les variétés de chaux hydrauliques, et que, par conséquent, les carrières où alternent les bancs d'argile et de pierre calcaire sont celles où il y a le plus de chances de succès, quand toutefois ces bancs font partie d'une même formation. Il ne faut pas négliger ces recherches parce que dans la localité on n'a encore fabriqué que de la chaux de médiocre qualité; cela peut provenir de Tiûïsence ou de la mauvaise direction de recherches antérieures ; ainsi, a Paris, on a fait venir pendant longtemps de la chaux hydraulique de Senonches, qui coûtait 80 francs le mètre cube, tandis que les buttes . Montmartre, Ghaumont et de Romainvillc contiennent en abondance des calcaires fournissant toutes les variétés de chaux hydrauliques.

Voici ce que dit M. Vicat au si;get de la recherche des chaux hydrauliques : a II est peu.de départements, les pays granitiques exceptés, où l'on ne puisse rencontrer du calcaire argileux. Il faut le chercher avec persévérance ; les indications de MM. les ingénieurs des mines peuvent être d'un grand secours ; conclure la non-existence de la pierre à chaux hydraulique de la nature de la masse

HATÉAUUX EMPLOYAS DANS LES CONSTRVCTIOICS. 77

priocipale, que les accidents du sol mettent en évidence, serait une erreur; la composition du calcaire varie à chaque instant, et souvent celui que Ton cherche n'est qu'à une petite distance de la pierre à chaux commune; Tune et l'autre se trouvent quelquefois dans la même carrière, séparées seulement par un ou deux bancs. Les ren* selgnements des maçons et des chaufourniers peuvent être d'ailleurs d'an utile concours ; si on les interroge sur les diverses chaux des pays quMls habitent, ils ne manquent jamais de désigner les chaux hydrauliques comme les plus mauvaises, il faut insister pour qu'ils en fassent mention.

« Le couleur et la texture ne peuvent fournir aucun indice cer* tain sur la composition intime des roches calcaires; on remarque cependant que l'argile se trouve beaucoup plus fréquemment dans le tissu des pierres tendres ou d'une dureté médiocre, dont la cou* leur tire sur le gris sale, ou cendré, ou roux, ou bleuâtre, que dans celui des pierres dures d'une couleur claire et à texture compacte ou cristalline.

a Le calcaire argileux est d'ailleurs facilement altérable par les intempéries; il se dépouille d'une partie de son carbonate de chaux; la gelée Témielte et le réduit en poussière, que les pluies changent en boue marneuse. Mais toutes ces données sont trop incertaines pour servir à une appréciation quelconque du degré de pureté d'une substance calcaire; la chimie peut seule résoudre ce problème; elle fournit un premier moyen très-simple de dosage : on broie la pierre, on passe la poudre au tamis de soie, on en met 2 ou 3 grammes dans une fiole ou dans un simple verre à boire, on y verse un peu d*eau pure pour former une bouillie claire avec la poudre; puis on y ajoute, goutte a goutte, k diverses reprises, de l'acide azotique ou chlorhydrique pur étendu, en agitant chaque fois le vase, et cela jusqu'à ce qu'il ne se produise plus d'effervescence; si toute la poudre se dissout, ou s'il ne reste qu'un très-faible dépôt au fond du vase, c'est une preuve que la pierre essayée est pure ou à peu près pure; à moins qu'elle ne contienne du carbonate de magnésie, qui se dissout comme le carbonate de chaux, mais plus lentement et avec une moindre effervescence.

c S'il reste au fond du vase un dépôt boueux plus ou moins gris, ou verdfttre, ou roussfttre, c'est de l'argile plus ou moins pure, quelquefois mêlée de sable et de matières organiques décomposées; en séparant ce dépôt de la dissolution au moyen d'un filtre en papier sans colle, et le calcinant dans un creuset de Hesse ou de porce* laine, et mieux de platine, après l'avoir lavé sur le filtre même, on obtiendra, par son poids comparé à celui de la poudre attaquée, la mesure exacte de l'impureté du calcaire essayé.

« Cette première opération, que chacun peut faire, indiquera ap*

78 PRRMiàRE PARTIE. — MAÇONNERIE ET TERRASSE.

proximativemènt quel produit on peut attendre de la calciaatitu ou cuisson de ce calcaire, et conséqueoHnent s'il convient au but que Ton se propose de procéder à une analyse complète et concluante. Dans ce cas, si Ton n'a pas une certaine habitude des travaux du laboratoire, il iaudfa s'adresser à un chimiste de profession ; ce sera, dans tous les cas, le parti le plus sûr, car les traités de chimie ne peuvent pas tout dire, et, sans une certaine habitude, il serait difficile, avec leur seul secours, de se tirer convenablement d'une analyse tant soit peu compliquée.

« Une précaution essentielle, que nous recommandons à ceux qui ont intérêt à connaître la composition homogène d'une roche aN gilo-calcaire en place, c'est de ne pas la juger par celle de ses affleu^ remonts ; on devra l'attaquer assee profondément pour arriver aux parties que l'air, la pluie et la gelée n'ont jamais pu atteindre; les modifications chimiques produites par ces intempéries sont souvent considérables; il en résuite ordinairement un grand appauvrissement en carbonate de chaux, d

Il arrive souvent qu'au-dessus et au-dessous d'un banc de calcaire argileux se trouve du calcaire pur; dans ce cas, pour s'assurer des propriétés de la chaux, on est obligé d'avoir recours a quelques essais.

Si en traitant le calcaire par l'acide chlorhydrique, toute la masse se dissout, on est sûr qu'il ne peut fournir qu'une chaux grasse; si, au contraire, il reste un produit insoluble, on doit s'attendre a obtenir une chaux maigre; mais pour savoir si elle est hydraulique ou non, il faut faire cuire un échantillon de cette pierre, excepté quand le résidu est un sable grossier ; car alors on est sûr que la chaux ne vaudra rien. Cependant, comme les chaux maigres non hydrauliques sont rares, en comparaison de celles qui sont hydrauliques, il y a espoir de succès dès qu'on obtient ces résidus insolubles.

55. Analyse des pierres calcaires (Chimie de M. Regnault). On a principalement à rechercher dans ces pierres : les carbonates de chaux et de magnésie, les oxydes de fer et de manganèse, l'argile et la proportion d'eau qui est en combinaison avec l'argile et les oxydes métalliques.

On calcine à une forte chaleur blanche, dans un creuset de platine, 10 grammes du calcaire en petits fragments. La perte de poids p que la matière subit représente l'acide carbonique et l'eau.

On dissout ensuite 10 autres grammes de calcaire pulvérisé dans l'acide chlorhydrique faible ; les carbonates de chaux et de magnésie, les oxydes métalliques se dissolvent, l'argile seule et le sable quartzeux restent. On recueille ce résidu sur un petit filtre, et, après l'avoir lavé avec un peu d'eau bouillante, on le calcine. Le poids p'

MATÉRUtIX EMPLOYAS DiM(S LES CONSTRUOTIONS. 79

obtenu représente Targile anhf dre et le quarU. H est facile de recoDoaitre à i'asp^^t, si ce résidu se compose seulement. d'argile, pavce qu il forme alors uhe poudre légère, douce au toucber ; ou s'il renfenne des grains (juartzeux, que Ton reconnaît facilement au toucher. On peut séparer ces grains quartzeux par une lévigation daos un verre.

La dissolution chlorhydrique, réunie aux eaux de lavage, est évaporée à une douce chaleur pour chasser Fexcès d'acide; on reprend par Feau, et on verse la liqueur dans un flacon de deux litres, que Ton peut boucher. On remplit ce flacon d'eau de chaux saturée et bien claire (50) ; après avoir agité, on abandonne la liqueur au repos : les oxydes de fer et de manganèse, la magnésie sont précipités. On décante la liqueur claire avec un siphon, après s'être assuré qu'elle présente une réaction alcaline très-prononcée, preuve que Teau de chaux a été employée en excès. On recueille rapidement le précipité sur un filtre, on le lave, puis on le calcine. On se contente ordinairement de déterminer le poids i^' du précipité, et d'après sa couleur on juge s'il est principalement formé de magnésie ou d'hydrate de sesquioxyde de fer.

Lorsqu'on ne fait l'analyse du calcaire que sous le point de vue de son application technique, on ne pousse pas les opérations plus loin. Il est clair que si Ton retranche les poids p' et y" du poids ;iO— p), la différence (lO— p— p'— p") représente le poids de la chaux; on détermine, par le calcul, le poids q d'acide carbonique qui forme du carbonate de chaux avec cette quantité de chaux, et le poids q' du même acide qui forme du carbonate de magnésie avec le précipité p^ donné par l'eau de chaux, si l'on compte ce précipité comme magnésie ; </ + 9' représente alors le poids de l'acide carbonique contenu dans le calcaire, et, par suite, p — (^ -f ç') la quantité d'eau.

L'équivalent de la chaux (CaO) étant 356, et celui de l'acide carbonique (CO') étant 275, le poids d acide carbonique qui se combine avec celui (10 — p — -p' — p") de chaux pour former du carbonate de chaux est

5=:(lô-l,-.y-p")xg.

L'équivalent de la magnésie (M^O) étant S58, on a de même

Si l'on désire connaître d'une manière plus complète la composition du calcaire, il faut soumettre à l'analyse le précipité donné par

80 PREIflÈRE PA&TIE. — MÀÇQ!i«fiRIC ET TSEftASSE.

Feau de chaux. Ce précipité, outre les oxydes de fer, de .manganèse et la magnésie, peut .renfermer un peu d'alumine, provenant de ce que Targile du calcaire a été légèrement attaquée par Tacide chlorhydrique, si Ton a employé celui-ci dans un trop grand jétat de concentration.

On dissout le précipité dans Tacide chlortiydrique, et on verse dans la liqueur un léger excès d'ammoniaque; la quantité de sel ammoniac, qui se forme par la saturation, est suffisante pour empêcher la précipitation de la magnésie et de Toxyde de manganèse ; Toxyde de fer et Talumine se précipitent seuls. On les recueille sur un petit filtre, afin d'en séparer la liqueur, et on les redissout immédiatement, en arrosant le filtre avec quelques gouttes d'acide chlorhydrique affaibli; puis on verse dans la liqueur un excès de potasse caustique, qui précipite l'hydrate de peroxyde de fer et redissout l'alumine. Le peroxyde de fer doit être bien lavé à Feau bouillante, parce qu'il retient avec opiniâtreté une petite quantité de potasse. Quant à la liqueur alcaline qui renferme l'alumine, on la sature par de l'acide chlorhydrique, et on précipite a chaud l'alumine par du carbonate ou de l'hydrosulfate d'ammoniaque.

Pour séparer la magnésie et l'oxyde de manganèse, on verse dans la dissolution qui les contient un peu d'hydrosulfate d'ammoniaque, qui précipite du sulfure de manganèse; puis, après la séparation de ce sulfure, on verse du phosphate d'ammoniaque, qui précipite la magnésie k l'état de phosphate ammoniaco-magnésieu.

On peut faire l'analyse du calcaire magnésien d'une autre manière, en dosant directement la chaux, au lieu de la déterminer par différence, comme dans la méthode précédente. On dissout le ôilcaire dans l'acide chlorhydrique faible, on sépare l'argile insoluble, on sature la liqueur avec de l'ammoniaque, qui précipite le peroxyde de fer et l'alumine, liais on ne précipite pas la magnésie, ni l'oxyde de manganèse, parce que la liqueur renferme beaucoup de sels ammoniacaux. On laisse reposer le précipité en tenant le vase bouché ; on décante la liqueur, et on recueille le précipité sur un filtre. Il est important d'opérer rapidement, afin d'éviter que l'ammoniaque n'absorbe de l'acide carbonique à l'air, et, par suite, ne précipite du carbonate de chaux. On verse dans la liqueur filtrée de Foxalate d'ammoniaque, qui donne un précipité d'oxalate de chaux, et ne précipite pas la magnésie, a cause des sels ammoniacaux qui existent dans la dissolution. L'oxyde de manganèse et la magnésie sont ensuite séparés successivement, <;omme dans la précédente méthode.

M. Chaux hydraulique artificielle. Lorsque les recherches et les essais précédents ne conduiront à aucun résultat satisfaisant, on aura recours a la chaux hydraulique artificielle, que l'on fabriquera,

HATÉRIACX EMPLOYÉS DANS LES C0N81RUCTI0NS. 81

en réunissant tous ses éléments, pSir Tun des deux procédés que nous allons examiner.

Le premier de ces procédés consiste à mélanger à du carbonate calcaire, réduit en bouillie, de l'argile dans la proportion qui donne àla chaux le degré d'hydraulicité dont on a besoin (ol). Le mélange, réduit en pains et soumis a la cuisson, fournit de bons produits.

Le calcaire marneux, qui est ordinairement friable, se reconnaît facilement à sa composition d'argile et de carbonate de chaux, et à la facilité avec laquelle il s'écrase et peut se réduire on bouillie. Comme il contient toujours une certaine quantité d'argile, quelquefois assez grande pour produire de la chaux hydraulique ou de la chaux-ciment, pour déterminer la dose d'argile k y ajouter, on es obligé de le soumettre préalablement à des essais chimiques ou à des essais de cuisson.

Ainsi, dans ce premier procédé, on se procure des calcaires trèstendres, tfels que de la craie, du tuf ou de la marne friable, faciles à broyer et susceptibles de former une pâte fine et liante avec l'eau ; on se procure également une argile aussi pure que possible, ou tout ou moins une bonne terre k poterie. D'après la composition des deux matières, on règle la proportion dans laquelle elles doivent entrer dans le mélange, que l'on opère tantôt à l'aide de meules ou de roues verticales, garnies de herses ou râteaux, qui sont mues par un manège, et qui tournent dans une auge circulaire où l'on fait arriver de l'eau a l'aide d'un robinet, tantôt au moyen de meules horizontales on encore de tout autre appareil.

11 ne faut pas perdre de vue que la qualité de la chaux hydraulique artificielle dépend autant de l'intimité du mélange que du choix des matières. *

Le mélange s'effectue d'autant plus vite, et il devient d'autant plus parfait, qu'on lui donne une consistance plus voisine de celle d'une forte bouillie. On en rapproche ensuite les parties, pour l'amener à un degré de consistance qui permet de le mouler en pains ou mottes que l'on soumet a la cuisson.

Par ce premier procédé, le calcaire devant être écrasé, comme le calcaire marneux et la craie sont seuls susceptibles d'être soumis économiquement à cette opération, en leur absence on aura recours au second procédé, qui consiste k mélanger une proportion convenable d'argile k de la chaux grasse éteinte et amenée k l'état de pâte, et k soumettre ce mélange, réduit préalablement en pains, k une seconde calcination.

D'après M. Vicat, les chaux ordinaires très-grasses peuvent comporter 20 d'argile p. iOO de chaux, les moyennes en ont assez de 15 à iO, et 6 suffisent pour celles qui ont déjà quelques qualités hydrauliques. Lorsqu'on force la dose d'argile censée anhydre jusqu'à 30

d» H^SHI&ni; PÀIITIE. — PAÇONNXRIE BT TEEKAttE.

p^ H p, 100 d^ cbaui^ censée vive ou caustique, le produit que Ton obtient ne fuse pas, mais il se pulvérise facilement et doppç, lorf*qu*ou le détrempe, une pâte qui prend très-promptement corps sous Te^u et qui a toute? les propriétés d'une chaux éipinemmaat hydniulique, Les qualités de Targile peuvent d'ailleurs influer au^ sur les proportions,

Uue (ois que les prppprtions des mcttières (|gi doivent entrer ^ans la chaux sont détermipées, on en opère le mélange au mpyon d*ua maiiéga semblable k celui que Fou emploie à 1^ fabricatian des n^or» tier^ dans les grands chantiers de cQnstrucUoUi

par ce second procédé, quç l'on peut appeler procédé par douiiie cï^won, Qu obtient aua^i de la bonno chftux hydraulique k l'aide de fi^le siliceux très-ftn ou de çilçx réduit en poudre presque imputpable mélangé intimement a du calcaire presque pur« dans la propqiv tion en YQluipe de M à âiO de silex PQUr W d^ calcaire. Le 4«gré (l'bydri^uUeité de cette chaux peut vitrier aelgn {e«i besQias, $\ Vop prepd toutes le9 précaution? nécessaires pour ^ue le tnél^nge 4a^ 4§U^ niatières soit intime et la cuisspn bien réguUère.

ie moyen ie plus simple et le plus certain pour obtenir VintimiU^ Au m^lan^e consiste b réduire le calcaire en mor^eaniL et k le paa? ser s^ul fiû fpyrj ^ éteindre en poudre la chauit qui en réfenJte» §t à U n^élft(ïger k Ifi proportion convenable de sftble fln QU 4e silex pûj-r vérité, d'ebprd avec Ift pelle et le râteau» puis, si l'on veut fairç mieux, en faisant passer le tput dans un Wutcur, et l'on termine avec le» meules.

ijf^ mélange étant i^insî rendu le plus bQmoçén^ possible, w y ftjputç une quantité d eau nécessaire pour en (prmer une pâte ^asea consistante pour être façonnée en briquettes, que l'un soumets iine seconde cuisspn après les Qvpir fait sécjl^er pendant plusieurs jours.

I^QS obau3^ artiÇcielle? ^\\ks\ obtenues sont trèp^^omogl^AeaieUQs eqntlennent dp la çbaMx çauatique, un peu de carbonate de oh%m, 4n ^iiUcate de chaux, et les px^^deç métalliques que le calci^re pent contenir; elles répondent, pour la qualité et le prix de revient, aui^ c}iau^ naturelle? fournies par des cftlciùrea dont Vbétérpgépéité çbli^e à une double cuisson pour obtenir le degré d'hpmogén^té ftèççeiftire eui^ bonnes ch^u?l bydri^uUqueçu

VS- Ciftùmft 4^ Iq pierre à ehaw. Pour abtepir la ehaux, en eal-^ çlne le c^r^nite Oilo^lre daae de» fevra à f^u eoatinu «m dans éetf fdUfs à feu di^nti^tti en emplciyant cpmroe eombustible, salvant les localités, le bois de corde, les fagots, la bruyève, les houilles sèches* Vanthri^eite, les lignites et la tourbe, et tM$rrarement le ohai^ IgMin de bois; 1^ Qeke cpavient pftrfaUemeat h eette euliiaea.

|^% fernn^ 4e9 four^ vtrie iivee la nature du eombustihle. l»sup le baia ei.U bruyèi^e» qui brûleat «tee use loa^ui aamme, on

VÀTteUOX EMPLOYÉS PAM8 LES qQMITRVGTlQMS. 83

strut^en briques ou autres matériaux aussi réfractair^squs possible, de wtes chambraSt tantôt prismatiques, tautftt cylindriques, beaucoup plus hautes que larges, avec une ouverture plus ou moins étrûi|« par )e bas ; on les remplit avec de la pierre réduite au volume de petits moellQiw, et de telle sorte que la charge soit supportée par ime ou deux petites voûtes construites k sec, avec les matériaux de la foQmée les plus convenables h cette construction. L'entrée de ces Tofttes correspond k celle de Fouverture ménagée dans le bas du four ; c'est le foyer où se brftle le combustible, dont la flammOi s'insinuant psr les vides des petites voûtes, porte de proche en proche rincan^* de^csnçe dans toutes les parties du chargement

U t^mps qu'exige la cuisson varie, selon Vètat hygrométrique du calcaire et la qualité du bois, de iOO à i50 heures pour un four de 75 il &0 mètres cubes de capacité ; c*est par le tassement de la <^srge, arrivée de i/6 1^ 4/5 de sa hauteur, que les chaufourniers jugent la cuisson terminée; chaque mètre cube de chaux exige en moyenne i,li6 stiures de bois de corde essence de chêne, %% stères de fagots or4inaiFOS« ou 30 stères de paquets de gonèts ou bruyère. Ces chiffres, on le comprend, peuvent varier d'après une foule de circon** stances, dépendant de la qualité du bois, et de la grosseur et de la densité de la pierre.

La calcination à feu continu est la méthode à laquelle on donne la préférence, parce que le four étant toujours en feu, on économise le combustible que Ton consommerait Ji chaque fournée pour élever la température de la masse d'un four k feu discontinu, Cette mé** tbode permet d'employer les combustibles suns flamme^ tels que le coke, la houille sèche et Tanthracite, Le calcaire, rédviit d'abord p^p le cassage en morceaux de la grosseur du poing, se cuit su contact même du combustible. Im fours sont des plus simples \ ils ont intérieurament une fqrmfi ovoide, ou celle d'un troQc do oôpe ron** J'^' i' versé; la^^. 3 représonte la coups P*r

Taxe d'un four de cett^ dernièro dispqsi** tioUf La base inférieure a au moins i vfïk^ tre de diamètre, et a quelquefois jusqu'il. 3",30; le diiunètre de Ift base supérieure varie de SI a 6 mètres, et la hauteur dv four de 3 mètres à iO'^tao,

U partie supérieure de ces fours conteni^nt du calcaire, tandis W celle inférieure renferme dQ la chaux cuite, il en résulte que im retendu^ de )a bc^uteur du four on trouve tous les ét^^s inter^ inédiaires entre la pierre calcaire crue et la chaux.

^ <4isq[emept d^ ces fours se fait p^r assise^ aUevpalives do

pierre et de charbon, et par le haut, aufur et h mesure que la diaux est retirée par le bas. Pour commencer un chargement, on dispose dVbord, dans le bas du four, une voûte en pierre calcaire, que Ton repose sur des barres de fer qui forment une espèce de grille, et dans le foyer qui est réservé sous cette voûte, on fait un feu de bois qui allume une première couche de houille de 0",05 k 0",07 d*èpaisseur, que Ton couvre d'une couche de calcaire de 0",16 a 0",22 d'épaisseur, sur laquelle on jette, à la pelle et de manière à remplir les interstices des pierres, une seconde couche de houille semblable k la première ; on place alors une seconde couche de calcaire, et on continue ainsi de suite jusqu'à la partie supérieure du four, en ayant bien soin de ne placer de nouvelles couches qu'au fur et k mesure que le feu s'élève.

Lorsque la pierre du bas du four est cuite, on la fait couler avec un ringard, et on la retire, en réglant la vitesse d'enlèvement sur le temps reconnu nécessaire pour la calcination de la pierre, temps qui est ordinairement de 24 a 36 heures. A mesure que la masse s'affaisse, on a soin de placer de nouvelles couches de calcaire et de houille pour remplir le four, que l'on vide k peu près par tiers de sa hauteur.

On aurait une cuisson Longue et imparfaite, si l'on mettait au four de gros blocs de pierre; pour faciliter la calcination et la rendre égale, on casse le calcaire en morceaux de 5 k 7 centimètres de côté; les pains de chaux artificielle peuvent avoir de plus grandes dimensions. La quantité de houille brûlée varie de l,50a'2,00 ou 2,75 hectolitres par mètre cube de calcaire ; quand la pierre contient des matières bitumineuses, on ne brûle parfois qu'un hectolitre de houille par mètre cube de chaux calcinée.

tf6. Indices d'une bonne cuisson. La chaux vive, de quelque nature qu'elle soit, pour être cuite au degré convenable, doit fuser promptement et complètement dans l'eau. Si elle est trop calcinée, elle reste quelquefois un jour ou deux dans l'eau sans avoir subi une extinctinction complète. Pour être de bonne qualité, les chaux ne doivent contenir aucune matière étrangère, ni aucun biscuit ou durillon de quelque nature que ce soit.

Les bonnes chaux hydrauliques bien cuites se reconnaissent facilement k leur légèreté, k leur consistance crayeuse, et k l'effervescence qu'elles font avec l'eau, lorsqu'elles n'ont pas encore été éventées. Quand, au contraire, elles sont lourdes, compactes, vitrifiées légèrement sur les arôles des morceaux, et longtemps inactives après l'immersion, c'est que le terme de la bonne cuisson a été dépassé. Si elles fusent superficiellement, en laissant un noyau, c'est que la cuisson est incomplète.

Les pierres k chaux perdent dans leur calcination parfaite environ

MATÉniAl'X EMPLOYÉS DANS LES C0N6TRUCTI0NS. 85

0,45 de lour poids primîlif, par reffet de Tévaporaison de toute Teau etderacide carbonique qu'elles contiennent. La diminution est moins grande en volume qu'en poids; quoique très-variable selon les diverses espèces de pierres, un Tèvalue assez généralement à 0,i ou à 0,2 du volume primitif. On conçoit que cette évaluation no peut être qu'approximative, car la pierre calcaire se réduisant en fragments plus minimes a la calcination, la môme mesure en contiendra une quantité moindre après cette opération qu'avant, attendu que plus on divise la chaux, plus le vplume d'une même masse est considérable. ^7. Prix de revient de la cMux, 1* Les résultats suivants, fourni^ par la chaux hydraulique de Malause, près Agen (Lot-et-Garonne), par celle très-peu hydraulique de Yinassan, près Narbonne (Aude), et par celle de Béziers (Hérault), que nous avons fait employer sur nos travaux, pourront sertir à fixer à priori le prix de revient du mètre cube de chaux. La calcination s'opère dans des petits fours à feu continu, de 1",50 de diamètre en gueule, et de 4",50 k 5 mètres d£hauteur,foumissantenmoyenne25mètrescubesdechauxparjour.

l-',25 de pierre calcaire, h 2",50 s^\n

3\50 de houlfle de Cramaux, à 2'%80 7 ,00

Main-d'œuvre payée au chaufournier pour cassage de la pierre, enfournage, conduite du feu, défoumage, triage et chargement sur voitures. (La Journée est de 3 fr. pour le chaufournier, et de l'',50 pour le

manoMiTre). 3 ,50

Construction du four, frais de hangar,' enlèvement des détritos, etc. . . 0 ,50

Déchet, un dixième. l ,31

Prix hrot du mètre cube de chaux près du four 14^,43

2* La calcination du calcaire du Theil (Ardèche), qui se fait sur les travaux des ports de Marseille, Toulon et Alger, exige, k Alger, les dépenses suivantes par iOOO kilogrammes de chaux réduite en poudre par extinction (le mètre cube de cette chaux blutée pèse en moyenne 683 kilogrammes).

1500 kilogrammes de calcafre à W%lh les 1000 kilogrammes. (Le prix dn transport de 1000 kilogranunes de calcaire du Theil i Alger revient à 25 fr.) 53'^C2

130 kilogranmies de houille de la Grand'-Combe, ù3'',95 7 ,11

Cassage de la pierre, conduite du four, etc 1 ,70

ExtiocUon en poudre et repassage à la pelle 1 ,95

m» en sacs 0 ,56

Etablissement du four, frais divers, etc 0 ,75

Prix de revient de 1000 kilogranunes au four, à Alger G5^%60

^8. Provenances des chaux. Presque tous les départements do la France fou missent des chaux grasses et des chaux hydrauliques. Los plu» réputôcs parmi les domU^ros sont colles du Thoil (Ardôcho), do

S6 PiUCltlàtlË PkMlK. — kAÇONNEKiE ET TERRASàE.

Montélîmart (Drôme), de Doué (Maine-et-Loire}, de Paviers (fûdrect-Loire) ; de la Hève, de Saint-Quentin, de Sassènage (Isère); d*Angoumé (Basses-Pyrénées); de Castelnaudary (Aude); d'Echoîsy (Charente); des Morins (Gironde); de la Mancelière (Eure-et-^Loir); de ^ochefort (Var), de Tournay, de Senonches, etc.

39. Chaux employées à Paris. Les chaux que Ton emploie à Paris et dans ses environs proviennent de Champi^ny, Sèvres, Meudon, Harly, Essonnes, Melun, Senlis et Rambouillet; ces deux dernières sont très-estimées. Autour de Paris il existe aussi des fabriques considérables de chaux, dans lesquelles on fait des chaux hydrauliques naturelles et artificielles ; les produits de celles de la Gare, de Vàu«> girard, des Moulineaux et des buttes Ghaumont ne laissent rien k désirer, quand ils ont été préparés avec |es soins convenables. LV chèvement des canaux et des chemins de fer aboutissant à Paris permet d'y faire venir avec avantage les chaux hydrauliques de Tournay, de Cassel, de Mets, de Senonches, de SaintrQuentin, de Ville-sous-la-Ferté, d'Echoisy, de la Mancelière, etc.

60. Mesurage et transport de la chaux. Les cl^aux vives, soit grasses, soit hydrauliques, se livrent au poids dans des tonneaux ou dans des sacs, ou au mètre cube dans des voitures bien fermées, que Ton a soin de recouvrir de paillassons ou de toiles, afin de préserver la chaux du contact de Tair atmosphérique et surtout de la pluie.

Dans le transport de la chaux vive en pierre de la fabrique à pied d'œuvre, sur les ateliers de construction, il se produit dans le con« tenu des voitures un tassement sensible, qui dépend non-^eulement de la nature de la chaux, maïs aussi de la distance k parcourir et de Tétat des chemins. On a reconnu par expérience que le tassement des chaux hydrauliques de Paris, transportées en voiture sur un chemin pavé d'une longueur de 4 k 5 kilomètres, peut être évalué au 1/8 du volume de la chaux au point de départ. Pour des voitures chargées au four k chaux des Moulineaux, nous avons remarqué que chaque chargemement de 1"'%70 était réduit k 1"%48 en arrivant sur Tatelier de construction. On conçoit^ diaprés cela, qu'il est important de mentionner si la chaux est mesurée au four ou amenée k pied d'œuvre, quand on évalue son foisonnement (63).

61. Conservation de la chaux. Pour conserver a la chaux la qualité qu'elle possède k sa sortie du four, ce qui est d'une grande Importance, il faut avoir soin, soit k la fabrique, soit sur le chantier, de la mettre k l'abri sous des hangars, ou mieux datis des caisses ou tonneaux hermétiquement fermés ; avec cette dernière précaution, on peut conserver la chaux au moins une année, sans qu'elle ait perdu sensiblement de ses qualités.

Pour conserver parfaitement la chaux hydraulique, dit M. Vicat,

ÉAfMfiox Ekl^Ldtfis ùM Us 60!t«fhùôfidMë. 9ft

ïitMiotimèhtsèff^f étendre sUi" lô soi d*Utt hailSif, te M êtMt malot0Êù à rftbH de rhumiditè, Une couche de chaut dd •*,(& I 0*,l9 â'épaifiséùr) réduite en poudi^ par Immersion; énsUtte ^df em couche on empile lit chaut rive, en la serrant atéC une Itiassè de bois, pour diminuer led Vides autant que possible. Oh termine le monceau par des talus assex doux, qu*on recouvrit d'un dernier lit dechàUl prise au moment où elle vient de subir rimmersion; èellë» éi, en tombant en poussière, se loge dans les intervalles dé là thadk Tire en pierre, et Ténveloppe assez bien pour la défendre du contact de Tair et de toute humidité. Une expérience faite sur un tas dô 60 mètres cubes de chaux Vive a justifié de Teticacitè de ce procédé; la ch&ux retirée du tas s'échauffait et fusait encore très-bien lEiprèl einq mois d*un hiver constamment pluvieux.

1À. ExtinctUm dé la chaux. Cette Opération se fait de quatre manières différentes :

\* Èttinùlwnparjïuûm ou extinction ordinàife. Elle se fait en plaçant la chaux dans des bassina avec une quantité d*eau convenable pour la réduire en boUtUié épaisse. Ces bassinS sont éonstruits en maçonnerie sur. les chantiers d'une grande importance, et dand le» autres éais on les fait avec des plats-bordg réunis entre eUt aii moyen déclievIllettêS ou maintenus par des piquets en bois, en ayant soin de les garnir de glaise ou de plâtre pour empêcher le passage de Téati. Pour les chaux grasses, (1 faut avoir Soin de mettre d^une Seule fois dans le bassin le Volume d'eau convenable, afin de n*étre pas obligé d^dn ajouter de nouvelle pendant reffervescedCe; si, par mauque de précautions, la quantité d'eau était insuffisante, Il fku*^ drait attendre le refroidissement pour ajouter celle qui fait dêfaUti

La méthode suivante, que l'on emploie quelquefois, eiqul consiste ï noyer la chaux dans une grande quantité d'eau, de manière a Ta*^ ffièfiêr h une consisunce laiteuse, et a la verser ensuite daâs dëi fosses perméables oû elle perd TeaU qui est en excès, doit être praserité, eomme faisant perdre à la chaux une grande partie de ses

Lorsqu*o& veut conserver la chaux après son extinction, on la reéOttvre de sable, que Ton humecte de temps en temps.

ÈMnttion pdr fUgiûfi appropriée â ta chum hydraulique, d*après l.Vieati

< La chaux hydraulique prise vlvé et en pierre se jette k la pelle dans un bassin imperméable, où on Tétend par couches d'égale épaisseur (de 20 k iA centimètres} ; on amène Teau au fur et à meslire, et de telle manière qu*elie puisse circuler et pénétrer avec facilité dans les vidés que les morceaux de chaux vive laissent entré eut. L'effervescence ne tarde guère à se manifester; on continue %, jeler alternativement de la chaUX et de TeaU; mais il faut bien se

88 PHEHIt^KR l'AR'pE. ** »tAÇON«;RiR ET TER1US6E.

gig^ler debcasçèr la.matîère et de la réduire en laitance, selon la mauvaise habitudede qudques maçons; seulement, quand par hasard quelques pillées de diaux. fusent à sec, on y dirige Veau par des rigoles que Ton trace légèi;ement dans la pâte avec une pelle, et de temps en temps on enfonce 'un bâton pointu dans les endroits où Ton soupçonne que i'eau a pu manquer : si le b&ton en sort enduit d'une couche gluante, Textinction est bonne ; s'il s'en élève au contraire une fumée farineuse, c'est une preuve que la chaux fuse à sec ; on élargit alors le trou, on -en fait d'autres à côté, et l'on y amène l'eau.

« On ne doit éteindre ainsi que la quantité de chaux hydraulique dont on a besoin pour la consommation d'une ou deux journées au plus. Deux. bassins séparés, ou deux capacités dans le même bassin sont indispensables; on commence à remplir l'un quand l'autre est prêt d'être vidé. C'est ordinairement sur la fin du jourqueTextinction a lieu ; par ce moyen, la chaux a au moins vingt-quatre heures pour travailler, et les fragments paresseux se divisent tous.

a La chaux éteinte comme il vient d'être dit est déjà très-ferme le lendemain ; il faut la piocher, ou tout au moins la couper avec une pelle tranchante pour l'extraire. Il semble qu'en cet état elle ne puisse plus être ramenée à l'état dep&te sans une addition d'eau, mais c'est une erreur.

a Si, au lieu d'être prise vive, la chaux hydraulique a déjà subi l'immersion, les bassins deviennent inutiles; la réduction en pâte se fait au fur et à mesure que la consommation l'exige : on règle la dose d'eau de manière à atteindre à peu près le même degré de consistance que par l'autre procédé. »

f Extinction sèche par immersion ou aspersion. Cette méthode consiste à plonger, à l'aide d'un panier, la chaux dans l'eau pendant quelques secondes, et à l'en retirer subitement avant tout commencement de fusion pâteuse ; elle siffle, éclate avec bruit, répand des vapeui*s brûlantes et tombe en poussière. On arrive au même résultat par une aspersion d'eau, faite au moyen d'un arrosoir, sur la chaux vive étalée sur une aire en une couche de 0",10 à 0",i5 d'épaisseur. Dans l'un et l'autre cas, il est bon d'entasser immédiatement la chaux pour concentrer la chaleur dégagée; parla, on facilite et on accélère la réduction en poudre. Ainsi réduite, la chaux ne s'échauffe plus avec l'eau ; elle en retient de 18 à 20 pour 100 si elle est grasse, et de 20 à 30 si elle est hydraulique.

Ce mode d'extinction s'emploie chaque jour de plus en plus, et il est appliqué sur beaucoup de grands ateliers. La forme pulvérulente qui en résulte permet de transporter la chaux au loin, en l'expédiant dans des sacs ou dans des barils ; elle peut même traverser les mers. Dans les fabriques bien organisées, on a soin de bluter la chaux

MATÉRIAUX EHViOYÉS DANff LES COMSTIIVCTIONS. S9

après sa réductioD en poudre^ aân d'en séparer le&.parties solides p^i'venant d*ûn défaut dq cuisson ou de la composition hétérogène de certains noyaux dont les massée calcaires sont souvent pénétrées.

3' Extinction par aspersion. Elle consiste à placer la chaux vive dans un bassin circulaire que Ton forme avec du sable, à jeter dessus une quantité d'eau suffisante pour la réduire en pâte, à la couvrir immédiatement avec le sable, et à ne l'agiter et faire le mortier que quand la fusion est complète. Pour la chaux grasse^ il se produit un dégagement de chaleur qui facilite l'extinction, laquelle est complète au bout de deux ou trois heures. Ce procédé est beaucoup employé par les paveurs et par les maçons de province; mais pour la chaux hydraulique, on lui donne rarement la préférence sur le mode d'extinction par fusion.

4* Extraction spontanée» Elle se fait en soumettant la chaux vive à l'action lente et continue de l'atmosphère, dont elle absorbe Thumidite en se transformant en hydrate de chaux (50). Cet hydrate contient 0,22 de son poids d'eau, et en y ajoutant une certaine quantité d'eau, on obtient une pâte propre à fabriquer du mortier. Ce mode est rarement employé pour les chaux hydrauliques, lesquelles perdent de leurs qualités à l'air; mais il convient pour les chaux grasses, dont l'exposition à Tair transforme quelques particules en carbonate de chaux, ce qui facilite le durcissement. On doit prendre toutes les précautions possibles pour préserver les chaux du contact de l'air et de l'humidité, lorsqu'elles ont été éteintes par ce procédé.

Bemarque. Suivant M. Yicat, l'extinction sèche par immersion ou aspersion (2*] doit être préférée pour les chaux grasses, vu qu'il en résulte une augmentation*de près des deux tiers pour la force des mortiers; mais la valeur de ces derniers augmente en raison de la plus grande quantité de chaux vive qui y est introduite, quoique sous un égal volume de pâte. Les chaux hydrauliques gagnent, au contraire, à être éteintes par le procédé ordinaire à grande eau ; il en résulte pour l'accroissement de cohésion des mortiers une différence peu appréciable dans le cas d'exposition a Tair, mais très-sensible et de i/5 pour le cas d'immersion constante.

63. Foisonnement de la chaux. Le foisonnement, c'est-a-dire Taugmentation de volume de la chaux à l'extinction, varie pour chaque nature dé chaux et suivant le mode d'extinction. Une expérience directe donne du reste facilement le foisonnement d'une chaux que l'on veut employer.

En général, 100 kilogrammes de chaux grasse très-pure et très-vive donnent 0"*,24 de pâte; mais quand la cuisson date de plusieurs jours et que la chaux n'est pas très-pure, ce chiffre descend a O^^IS. Entre ces limites se trouvent toutes les variations de foisonnement de ces espèces de chaux.

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MtWiiRi MUfife. *^ MA^bitlIiliie fit f IKkAlfika

Les chuuit commuoe^ tfèft-gra^séë, éteihte6 eti bauillié ë^atssè plu* Aision, donbent en volume jusqu'à S et quelquefois plus pôUi* i ; il efl est qui ne donnent que 1,30 et même i,20 : ce sont principalement les chaux maigres et communes (50).

Le foisonnement des ciiaui hydrauliques présente aussi dé grandes variations; mais leur densité et leur composition sont trop variables pour permettre d^assigner entre des limites aussi voisines que celles de 0*%!24 et 0"%18 fournies par 100 kilogrammes de chaux grasse, le rapport entre leur poids et leur volume après Textinction ordinaire. Le tableau suivant donne les résultats que nous ont fournis diffêrentes chaux hydrauliques, par mètre cube de dhaut vive mesurée èi pied d'œuvre (60).

DÉSIGNATtON DE Li CilkTlX,

MOM

d*extinction.

Touini après la fusion.

Chaux hydrauUque de Bourgogne

Chaux hydraul. naturelle des battes Qiâumont!

4 id

la. arUflciellc des buttes Ghaumont

Chaux hydraulique d'Issy > . ,

Chaux hydraulique naturelle des Moulineaux. .

Chaux moyennement hydraulique de !& nève. .

/rf. W. ...

Chaux du TheU »... ...

Fusion.

Immersion.

Fusion.

Immersion.

Fusion. Immersion.

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