DÉPARTEMENTS ET ENDROITS
idaii5 lesquels se trouvent les earrîèTes.
i Montagne de Sainte-Victoire.
Aîet Ail Tholonet, . .
Gôte*d^. I La Doix, près Bcaxme
t Saint-Béat Id Mentious Hers Gierp
' ifolinges .
Jd
Pratz
Vaux
Saint-Gérard
Saint-Amour • • •
Id
Banére
ïd
Id
Id
Bonchesdu-Rhône.
Garonne
(Hante-)
Jnra.
Mayenne.
Meuse.
Nièvre.
Nord.
Pasde-Calais.
Pyrénées (Basses-).
Forêt d'Airgonne
Gorbigny
Glamecy
Gousolre
Id
Id..
Uergies
Hurtebise
Glageon
Id
Iloudaiu
Id
Belliçnies
Boussois
Rocq
Hestnid
Id
Marquise et environs. . .
Id
Id
Id
Id
Id
Id
Id
Id
Id
Vallée d'Ossau entre Oloron et
Arudy.
Vallée d'Ossaa entre Oloron eti Ariidy
NOM GOMIIBICUL
desmubres.
Brèche Ste-Victoire (fnU ■«luft).
Id. Sainte-Victnire(roojçe). .
U. dite de Memphis
Id. dite d'Alep
Poudinrue •
Brèche Galifet
Rouge joyeux
Blanc statuaire
Blanc ordinaire
Nankin coouillier
Jaune uni des Pyrénées
Brèche de Gierp
Brocatelle jaune foncé
Id. jaune clair
Id. violette.
Id. rosée
Jaune fleuri
Id. Lamartine.
Id. rosé
Roneenx
Granité rouge (de Saint-Amour).
Id. gris (de Sainl-Amoor). .
Sarrancolin de rooeet Rose enjuçeraie. . . .
Rosé fleuri.
Gris panaché
Marbre d'Argonne (racine de buis
ou lumachelle)
Bourbonnais
Jaune de la Nièvre
Gousolre
Rouge foncé
Sainte-Anne français
Id. français (Hergics). .
Id. (Hurtebise). . .
Glageon
Saint-Gilloo
Noir boules de neige
Noir à amandes
Noir i {lois (poité)
Noir uni
Noir coquillier
Rocq
Rouge
Rouge dozoir
Lunel blanc
Id. fleuri
Napoléon rosé
Id. fleuri
Id. gris
Notre Dame
Joinville
Caroline rubanée.
Caroline.
Henriette blonde
Id. brune
Stinkal doré
Siinkal
Sainte-Anne des Pyrénées.
tBrèche grise.
PRIX
du met. cube
sir II
fr.
fr.
MATÉaUl» CMPLOrAft OAM LES COH8TRUCT10R8.
HtPAATBMEirrS ZT ERBIOITS
dus laqueU se trooTeot les carrièreB.
(Buste).
PjTéDAes (âktttes-).
Prràiées
onfntatot.
Stfthe.
Yar.
Vosges.
ViUêe d'Ossan entre Oloron et
Arodv
Vallée aOssau entre Oloron eti
Arody
Loavi^Soubiron
Id
Hechet
Lourdes
Montagne de la Baronsse. . . .
Conamunes d'Esbare ich et Sost,
ïd
Id.
Id
Gampin
IdV. '.'.'. '/.WWW ,
Id
nhel
Td
Jd
Id
Beyrède
Id
Bagnères-de-Bigorrc
Troubat.
Aspin et Ossen
Id
Manléon
Baiias
I Juigne
( Ainpns
Montagne de Sainte-Beaome
Schirmeck
Id
Framont
Ross
Chippal
JLaTeline
Framont
Hirecourt
Gris perlé.
Solitaire. .
NOM i?^>MM«afr**V
dea marbras.
Bleu tigré
Bleu de ciel
Noir veiné
Lomachelie claire
Rosé clair * . . . .
Héréchède
Griotte des Pyrénées
Id. de Sost
Vert nibané
Canipan vert clair
Id. Isabelle
Hortensia mélangé.
rouge
mélangé
vert foncé
Sairancolin doré
Id. couleur chair à fl;
Id. foncé
Id. clair. . . .
Beyrède sanguin. . . .
id, sanguin brèche.
Brèche Caroline. . . .
Id. porter
Aspin foncé
!d. clair
Brèche infernale. . . .
Id.
Id.
Id.
Id.
Id. dite de Portugal. . . .
Noir de Port-Etroit
Jaune d'Ampus
Brèche jaune de Sainte-Beaame.
Napoléon des Vosges
Brèche Napoléon
Id. Framont.
Rnsshnm
Rnss vert
Ghippal blanc
Laveiine blanc
Framont
Acajou rubané
iwb
fr.
soo
ISO
57 li
54. Provenances des pierres calcaires. On trouve des pierres calcaires propres aux constructions dans presque tous les départements de la France. En dehors de celles dont nous venons de parler, qui sont employées à Paris et dans les environs, on distingue celles que fournissent les carrières les plus abondantes des départements de l*Yoniie, de la Moselle, du Nord, de la Haute-Marne, du Doubs, de la Gôte^'Or, du Var, de Vaucluse, de la Gironde, de la Dordogne, du Ut, de la Meuse, du Calvados, du Gard, de THérault, des 6ouciies-dn- Rhône, deë Hautefr-Pyréuées et Basses-Pyrénées, etc., lesquelles dit-
44 PREMIÈRE PARTIE. — MAÇOnWRlE ET TERRASSE.
ferent généralement en couleur et en qualités. Celles de Besancon (Doubs) sont excessivement compactes et susceptibles de recevoir un beau poli; celle de Tonnerre (Yonne) est très-blanche, tendre et d un grain fin ; aussi la réserve-t-on pour les ouvrages délicats et pour la sculpture ; celle d* Avignon (Yaucluse) est d'un blanc tirant sur le roux, d'un grain excessivement fin, et peut servir aux mêmes usages que la précédente; celle de Montpellier (Hérault) Renferme des débris de coquillages en si grande abondance, que toute sa masse paraît en être composée. Le département du Gard en renferme de plusieurs sortes : celle que les anciens ont employée aux arènes est d'un blanc grisâtre, peu compacte, et peut être extraite par blocs ; celle qui forme le célèbre pont du Gard est remplie de fragments de coquilles et de madrépores parfaitement distincts ; celles du temple de Diane et de la Maison Carrée sont au contraire d'un grain très-fin. Les magnifiques carrières de Beaucaire en produisent qui ont une très-grande analogie avec le vergelet des environs de Paris, et qu*on expédie à de grandes distances des lieux d'extraction. A Orléans (Loiret), la pierre est analogue au Château-Landon; à Tours et a Chinon (Eureet-Loire), elle est d'un grain fin et très-serré, elle se taille facilement et soutient très-bien ses arêtes. A Rouen, les pierres d'appareil de Caumont et le liais de Vernon sont remarquables par la beauté de leur contexture. A Caen (Calvados), il y a des pierres calcaires coquîlleuses très-belles et très-blanches. Aux environs de Bordeaux, sur les bords de la Garonne, du Lot, de la Dordogne et de la Vézère» on trouve une grande quantité de pierres calcaires plus ou moins compactes. La ville de Marseille est en partie construite en pierre froide^ provenant des environs d'Aix, d'Arles, de Saint-Leu, de^Callisanne, etc. A Lyon, on extrait de difiërentes carrières environnantes, situées k Villebois, et sur le territoire du département de l'Ain, des pierres, dites de choiriy qui sont d'un excellent usage, et la pierre de Seyssel, qui se fait remarquer par sa finesse et par sa blancheur ; on se sert aussi de la pierre de Saint-Fortunat, coquillère, veinée, qui est d'un gris plus ou moins foncé, et qui est employée notamment pour les seuils» appuis, marches d'escaliers, jambages, ètrières, etc. Nous mentionnerons aussi les pierres de Lucenay, de Couson, de Saint-Cyr, et enfin la pierre fine de Pomier, et les calcaires rouges de Tournus, dont les marbriers et les sculpteurs se servent pour faire des chambranles de cheminées, parce qu'ils prennent un beau poli.
5tf . Qualités et défauts de la pierre de taille. Les qualités principales des pierres dures ou tendres sont d'être pleines, sans Jils ni moyesj d'avoir le grain fin et homogène dans toutes les parties, de pouvoir résister à l'humidité et a la gelée, de ne pas éclater au feu; on doit pouvoir y remarquer cette teinte spathique que produit or-
dinairement une stillation abondante de Feau de cohésion, et qui donne à la pierre un ton agréable.
Les pierres sont disposées dans la carrière par bancs horizontaux et parallèles, composés ordinairement de couches apparentes superposées; les faces horizontales de ces bancs sont appelées lits de car" rièrcj qu'il est de la plus grande importance de pouvoir distinguer facilement, ce que l'on fait en regardant avec attention la cassure verticale de la pierre ; on y remarque une infinité de petites veines parallèles aux lits, quelquefois presque invisibles, mais qui se distinguent cependant assez pour qu'on ne se trompe pas sur leur sens. On reconnaît les lits de carrière des pierres des environs de Paris, et en général de beaucoup de pierres calcaires, k la partie tendre, appelée bousin^ qui les recouvre. Il importe beaucoup de disposer les pierres dans les constructions, de manière que la pression qui les sollicite soit dirigée aussi normalement que possible aux faces parallèles aux lits de carrière ; ainsi, par exemple, dans un mur vertical, ces lits seront horizontaux ; car si Ton plaçait les pierres en dé/tï, les influences atmosphériques, jointes à la charge, les feraient déliter ou tomber en feuillets, et, perdant toute cohésion, la solidité de la construction serait compromise.
On dit qu'une pierre est pleine^ lorsqu'elle ne contient ni coquillages, ni caillou, ni moye, ni trou, tels sont le liais, le banc franc et la pierre tendre (31 et 32); on désigne aussi de cette manière toute espèce de pierre dont les lits sont aussi durs que Tintérieurdu banc. Ces sortes de pierres sont les meilleures pour les constructions.
Les pierres gélisses sont celles qui ne résistent pas k la gelée; elles absorbent facilement Thumidité, et Teau qui se loge dans les petites cavités dont leur masse est criblée, venant a gonfler par suite de la congélation, les fait tomber en écailles très-minces, qui finissent par se réduire en poussière. Ces pierres sont ordinairement moins denses que les autres de même espèce ; elles absorbent Teau avec facilité, et elles n'ofifrent pas cette teinte spathique que Ton remarque dans les pierres de bonne qualité; elles ont aussi le désavantage de trèsmal soutenir les arêtes.
Quelques pierres gélisses peuvent être employées comme libages dans les fondations; mais elles doivent être rigoureusement rejetées pour toutes les autres parties de la construction, si Ton veut être as* sure de la stabilité. La plupart des pierres gélisses qui se détruisent aux intempéries de Tair soutiennent facilement un feu de four à chaux, tandis que les meilleures pierres calcaires, qui résistent pendant un nombre d'années considérable aux plus grands froids, ne peuvent supporter le même degré de chaleur sans tomber en éclats. En général, les pierres tendres et poreuses soutiennent mieux la cha* leur que les pierres les plus dures.
46 PREmÈnC PARTIE. — MAÇONNERIE ET TERRASSE.
H arrive quelquefois que des pierres de très-bonne qualité se fendent et éclatent par un très-grand froid. Une grande partie des pierres calcaires ont ce défaut lorsqu'elles sont extraites aux approches de rhiver ou pendant cette saison; tandis que si au contraire elles sont tirées pendant la belle saison, elles ont le temps de jeter leur eau de carrière, et elles résistent parfaitement. Les pierres qui absorbent beaucoup d'eau résistent rarement à la gelée et à l'humidité.
On nomme pierre moyée^ celle dont la texture n'est pas uniforme, et qui contient des fils ou des trous remplis de matières terreuses. Lorsque les moyes ne sont pas trop profondes, elles se trouvent enerées par la taille; dans le cas où l'épaisseur de celle-ci est insuffisante pour les faire disparaître complètement, on ne peut employer les pierres que comme libages, et on doit les rebuter complètement lorsqu'il n'y a pas lieu de pouvoir les mettre en œuvre de cette manière.
Lorsqu'une pierre est graveleuse et qu'elle s'égrène à l'humidité, on dit qu'elle est mou/iné^. Ce défaut est particulier à quelques pierres tendres et particulièrement à la lambourde (32). Les ouvriers désignent habituellement les pierres qui ont ce défaut en disant qu'elles ont les arêtes pou/es.
On trouve quelquefois des pierres qui ont une ou plusieurs petites bandes ou zones très-dures dans la hauteur de leur banc; les ouvriers les désignent sous le nom de pierres ferrées.
Des pierres d'une même classe, celles qui ont le grain fin et serré, la contexture compacte et la couleur foncée sont les plus dures, les plus difiiciles à travailler, et celles qui supportent les plus fortes charges. En général, on remarque que celles dont la couleur est la moins foncée sont les plus tendres; que celles dont la cassure prè* sente des aspérités et des points brillants se travaillent plus difficilement que celles dont la cassure est lisse et le grain uniforme. Les pierres qui ont le grain fin et la texture uniforme produisent un son plein lorsqu'on les frappe ; celles qui exhalent une odeur de soufre lorsqu'on les travaille sont en général les plus résistantes.
Dans le choix des pierres de taille, on doit toujours donner la préférence aux appareils de gros échantillons, autant toutefois que leurs dimensions ne dépassent pas celles que comporte le travail à exécuter.
30. Recherche des pierres. Beaucoup de pierres ne réunissent pas toutes les qualités nécessaires pour faire une bonne construction; il est très-important, lorsqu'on a un travail de maçonnerie à exécuter, d'examiner avec beaucoup de soin toutes les pierres donton fait usage dans le pays. Pour cela, on visite toutes les carrières; si elles sont exploitées depuis longtemps, on peut voir les édifices où les pierres qui en proviennent ont été employées, afin de s'assurer comment
MATinura BunoTÉs niiR les coiitrogtions. 47
elles se comportent et de qurile manière elles résistent dans les différentes positions où elles sont placées. S'il s*agit, au contraire, d'où- Trir de nouvelles carrières, il faut être très-circonspect, et s'assurer par des essais que les pierres ne s'altèrent pas. Ainsi, on en exposera des blocs à Fair, à Feau, à la gelée; si le temps ne permet pas de Tériâer si les pierres résistent k la gelée, on pourra, jusqu'à un certain point, le faire en toute saison à l'aide du procédé de M. Brard, lequel consiste a imbiber un morceau de la pierre d'une dissolution de sulfate de soude, et à l'exposer ensuite a l'air : la cristallisation de ce sel produit un effet analogue à celui de la congélation de l'eau, et fait reconnaître les pierres que la gelée attaque le plus vivement. Ainsi, l'on préparera un cube de ù'^ùit à 0",05 de côté avec la pierre à essayer; après l'avoir pesé, on le fera bouillir pendant une demiheure dans de l'eau saturée de sulfate de soude, puis on le suspendra à l'air et on Tarroserade temps en temps avec l'eau de la dissolution. Au bout de quelques jours, on pourra juger du degré de géiivité de la pierre.
La recherche des carrières est une opération importante, autant comme spéculation, que lorsqu'il s'agit d'exécuter de grands travaux dans les lieux éloignés des carrières ouvertes, afin de diminuer les transports, qui entrent pour une grande partie dans le prix des pierres.
L'étude minéralogique du sol est suffisante pour faire connaître la nature des pierres qu'il doit fournir, et les endroits sur lesquels il convient de diriger les recherches. Des sondages faits dans les lieux choisis font connaître la profondeur du gisement, et le nombre et l'è^ paisseur des bancs qu'il contient. Les indices mentionnés au numéro précèdent font prévoir quelles sont les qualités de la pierre, qui ne pourront cependant guère être appréciées rigoureusement que par l'emploi de celle-ci.
57. Extraction de la pierre de taille. Lorsque la profondeur à la* quelle se trouve la pierre est déterminée, et que l'on a une connaissance parfaite du sol qui la recouvre, les moyens d'extraction que la dureté et la forme de sa masse exigent déterminent celle des méthodes d'exploitation de carrières k suivre.
Lorsque la masse de pierre est k peu de profondeur sous le sol, on l'exploite a ciel ouvert, c'esW-dire en enlevant la terre qui la recouvre. Cette méthode, qui est la plus simple et la moins dangereuse, consiste à découvrir d'abord une certaine étendue de la caiv rière, et a extraire la pierre mise au jour; puis à découvrir une autre partie, que l'on exploite, puis une autre partie, et ainsi de suite, en ayant soin de toujours jeter les terres dans les excavations <iui résultent des exploitations antérieures.
Quand le gisement des bancs est à une profondeur tellement con-
sidéraUe que les frais de découvertes augmenteraient de beaueoup le prix des matériaux, on ouvre la carrière en galerie. Ce mode d'exploitation n'est praticable que lorsqu'il se trouve plusieurs bancs superposés» et que celui supérieur est assez résistant pour former un ciel ou plafond à la carrière. Ce banc étant ordinairement coupé par des fils, on est très-souvent obligé de le soutenir de distance en distance par des piliers en maçonnerie. Il faut, autant que possible, que la hauteur du ciel de la carrière au-dessus de son sol soit sufSsante pour permettre la circulation d^une voiture chargée de pierre; car, s*il en était autrement, on serait obligé de rouler la pierre à bras jusqu'au dehors de la carrière, ce qui serait dispendieux.
Ces dernières carrières s'ouvrent ordinairement dans le flanc des coteaux, aux abords des routes ; on en ouvre cependant aussi dans les plaines, telles sont entre autres celles des environs de Paris; alors elles communiquent avec Textérieur par des puits qui servent k sortir les pierres, et dans lesquels sont placées de grandes échelles, dites de perroquet, qui permettent aux ouvriers de descendre dans la carrière et d'en sortir.
Le montage des pierres par un puits se fait k l'aide d'un treuil établi k leur ouverture, et qui est manœuvré par des hommes marchant sur des petites traverses fixées au pourtour d'une grande roue en bois montée k l'extrémité de son arbre [Jig. 2). Quand les puits sont profonds et que les matériaux k élever sont abondants, les treuib sont manœuvres par des chevaux ou par des machines k vapeur.
Afin de faciliter le chargement des pierres sur les voitures qui doivent les conduire sur les chantiers, on établit tout autour du puits, avec les déblais provenant de la fouille, un massif, appelé forme, qui s'élève de 1 mètre k 1",50 au-dessus du sol. Le treuil élève les pierres au-dessus du niveau de la forme, sur laquelle on équarrit ordinairement les blocs plus ou moins irréguliers de pierre, afin de pouvoir en faire le métrage avant de les livrer aux chantiers de construction.
Lorsque les pierres ne se trouvent que par blocs isolés, l'extraction se fait généralement k ciel ouvert
Les pierres dures ou tendres se irancheni, c'est-k-dire que sur le lit supérieur on fait, avec la pioche ou le pic, une petite tranchée de 8 ou 10 centimètres qui circonscrit le bloc que l'on veut obtenir, et, k l'aide de fortes pinces et de coins, on détermine la rupture suivant la direction de la tranchée. Dans les masses très-dures, on emploie différents outils pour séparer les blocs, tels que des coins de différentes grosseurs, des leviers en fer, des pinces, des trépans pour faire les trous de mine, des maillets ou mailloches, etc. Quand on fait usage de la poudre, on a soin de disposer les trous de mine
de tnaaière k séparer autant que possible des blocs ayant la forme et les dimensions désirées.
Fîg. î.
Il est difficile de déterminer à priori le prix de revient exact de la pierre de taille extraite et prise sur la forme de la carrière ; cependant les cbilBfres du tableau suivant, que nous ont fournis diverses expériences, pourraient servir a titre de renseignement préalable. Ces chiffres résultent d*une valeur de journée de 2',50 c. pour un manœuvre, et de 4',25 c. pour un carrier.
BO
PRSMIKAË l*ARtU. -^ MAlCaNlittlIB IT TBSBAMB.
fiÉSlGNATiOM
des pierres.
uvisioN nn prix do Hfenn cobk.
pats
total dumètie
cube
en
carrière.
Indemnités
de terrain,
de passages,
etc.
Frais de
découverte,
d'établis-
•ement de
chemins*
d*outils,
ete.
Extraction
proprement
dite.
Ébauche,
frais
de
panneaux
et de diiection.
Calcaire tendre des carrières de Beaucaire (Gard), gni a beaucoup d'analogie avec le rergelet dur employé à Paris (a). * . .
Grès calcaire moyennenint dur des carrières de ViUegly et de Bagnols, près Gafcassonne (Aude) (*). . :
fr.
fr.
fr.
fr.
fr.
Grès siliceux très-dor des carrières de la Rhune, près Âscain (Basses-Pyrénées) («).•♦•••
dures des carrières de Aoqoehaate (Hérault) (rf). ......
(a) Extrait i la tranche et aux coins* Lae blocs avaient (T ,85 à 0",(5 d éjwiaMnr, et un volume qui ne dépassait pu i^ï^Oj mais, avec une augmentation de miin-^'œuvre, on pouvait en extraire d*uA TOlome de f mètres et même de 9 mètres cubes.
(b) Extrait à la tranche et ans cotas. Parfois, on tire cette pierre à Taide de pétards; mais il en résulte des fils* Les bloee d'un volume de 0**,9a fc l'alto se trouvant rarement, leur prix augmente dans une très*notable proportion.
(e) Extraction au fleuret et ans coins. Les Uoes eobeat de O^.ftO à O^^SO ) pour des volumes plus grands, le prix de revient est pins élevé.
(d) Extraction aax coins et au moyen de pétards. La hauteur des blocs n*excédait pas O-.SS et leur vûhune moyen était de 0^,60; les blocs de plus grandes dimensions étaient difficiles à trouver.
58. Moeîlùm. On extrait les moellond des mèmei; carrières que la pierre de taille, où ils sont faits ordinairement avec les éclats de pierre et les blocs défectueux ; on en tire aussi de carrières dont les qualités de la pierre et la hauteur de banc ne permettent pas d'en extraire avec avantage de la pierre de taille. Les moellons de forme régulière ont de 0",10 à 0",2o de hauteur, avec une largeur a peu près double et une longueur environ triple de cette hauteur.
Tout ce qui a été dit au n" 35 sur les qualités, les défauts et la nature de la pierre de taille s'applique également aux moellons, ces pierres étant formées des mêmes substances.
On distingue, quant k leur nature, trois espèces principales de moellons :
!• Le^nwellons durs de roche (31), que l'on emploie pour les travaux hydrauliques, les murs et les massifs qui doivent avoir une Irès-grande résistance, et les enrochements qui ont besoin d'une densité maxima ;
MATÉRIACX EMPLOYÉS DAK8 LES C0II8TRC0T10MS. 6i
T Les moe^Ums moyennement tendres, dits aussi de berne firanje^ qui serrent k élever les murs de clôture et ceux des bâtiments en éléTEtîon, à cause de la légèreté quils acquièrent en séchant ;
3* Les moellons tendres^ avec lesquels on peut faire K peu de frais des parements parfaitement dressés, k cause de la facilité arec laquelle on les taille.
On trouve des moellons durs et tendres susceptibles d*un bon emploi dans la plupart des départements. Ceux de roche et de bancfranc, dont on fait usage k Paris et dans les environs, viennent des plaines de Vitry, d'Arcueil, de Montrouge, de Passy, du Moulin de la Roche, de Vaugirard, etc. Les moellons tendres, qui sont les plus traltables et qui soutiennent le mieux les arêtes, sont tirés des carrières de Saint-Maur, Greteil, Carrières-Saint-Denis, Houilles, Nanterre, Montesson, ainsi que du Buisson-Richard, situé k Carrières- Soas^ois, près Saint-6ermain-en-Laye.
Sous le rapport de leur emploi, les moellons se divisent en cinq classes :
i* Les moellons hruts^ que Ton emploie tels qu*ils arrivent de la carrière, avec la seule précaution de les humecter pendant les grandes chaleurs. On en fait spécialement usage pour les murs, les massifs et les remplissages qui ont une forte épaisseur, ou qui sont simplement bloqués et non parementés.
Les moellons bruts tendres ont toujours besoin d*étre légèrement ébousinés.
Quand les moellons bruts ont des dimensions qui n'excèdent pas 0" 10 k 0",i5 de côté, ils prennent le nom de garnis^ et on les emploie avec avantage pour caler les moellons et remplir les vides occasionnés par les formes irrégulières des moellons bruts.
V Les moellons ébousinés^ qui sont ceux qu'on taille légèrement snr les lits et les joints, au fur et k mesure de leur emploi ; on en construit ordinairement les murs de fondation, et les autres murs qui doivent recevoir un enduit. t
3* Les moellons smillés. On désigne ainsi les moellons dont on a taillé assez proprement les parements, les lits et les joints, et que Ton emploie k la construction des voûtes et des murs dont la surface est seulement rejointoyée*
k* Les moellons jnqués. Ces moellons sont taillés comme les précédents, mais avec plus de soin, de manière k en rendre les arêtes vives et bien dressées.
5' Les moellons d^appareiL On nomme ainsi des moellons parfaitement équarris et parementés comme la pierre de taille, et que Ton taille sous différentes formes pour carreaux, angles de soupiraux, sommiers et voussoirsde baies de portes cintrées ou en platesbandes, etc. Les ouvrages faits avec ces moellons ne diffèrent de
ceux construits en pierre de taille que par les moindres dimensions de leurs matériaux.
A Paris, les moellons se vendaient anciennement à la taise marchande^ qui avait 12 pieds 6 pouces de longueur, 6 pieds 3 pouces de largeur, et 3 pieds 3 pouces de hauteur, ce qui faisait sensiblement 254 pieds cubes, n'équivalant qu'à 216 pieds, parce qu'il y avait environ 38 pieds, c'est-a-dire de 1/7 à 1/6 de déchet dans l'emploi en murs et autres ouvrages ordinaires. Aujourd'hui, le moellon se livre au mètre cube, et, afin de compenser les déchets, la hauteur du métré est d'environ 1",03, au lieu de 1 mètre.
L'extraction des moellons bruts se fait le plus souvent à la mine; mais pour les moellons smillés ou piqués, il est bon de n'employer que la tranche et les coins.
La journée d'un manœuvre étant de 2',50, et celle d'un carrier de 4 francs ou 4',50, le prix de revient du mètre cube de moellons bruts en carrière varie de 2',50 à 3S25 pour les granits, gneiss ou laves, et de i%50 à 2 francs pour les calcaires tendres ou moyennement durs. Ces prix comprennent, outre les frais d'extraction et de rangement, les indemnités de carrières et de passages, qui sont moyennement de 20 a 30 centimes.
Pour les grands travaux de défense et de fondations en rivières et à la mer, l'usage des moellons en enrochement tend k se généraliser et k augmenter dans des proportions considérables; dans ce cas, ih ont souvent de plus grandes dimensions que quand ils sont employés pqur les maçonneries proprement dites. Pour les enrochements de défense des ouvrages en rivière, leur volume varie de 0"*,020 k 0''%050; pour les blocs naturels employés k la construction des jetées maritimes, le volume varie de 0"*,040 a 0"',500 pour les couches inférieures, et de 0"%508 k i"',500 pour les couches supérieures, sur lesquelles reposent souvent des enrochements formés de blocs artificiels de 10 a 15 mètres cubes en maçonnerie de béton ou de moellons bruts.
Le grand développement de l'emploi des moellons a conduit k faire usage de moyens puissants et économiques pour leur extraction; généralement, on a recours k la mine.
59. Briques. On désigne ainsi une espèce de pierre artificielle composée principalement d'argile. On en distingue de deux sortes : les briques crues et les briques cuites^ ayant les unes et les autres la forme d'un parallélipipède rectangle dont les dimensions varient selon les localités, mais de manière que la longueur soit, autant que possible, égale k deux fois la largeur plus un joint, et la largeur égale k deux fois l'épaisseur plus un joint; ainsi, des briques ayant 0",22 de longueur ont 0'',105 de largeur et 0*,05 d'épaisseur; ce sont les dimensions de la plupart des briques fabriquées en Bourgogne,
MATéniACX EMPLOTiS DA5S LES CONSTRUCTIONS. 53
k Paris et dans les environs ; dans le département du Nord, ces dimensions sont 0*,25, 0",12 et 0",06, et dans les départements du Midi elles sont généralement de 0",43, 0*,29 et 0",05.
40. Terres argileuses (42). (Extrait des Leçons de céramique^ par M. Salvétat). Les argiles que Ton rencontre dans la nature ont une composition variable entre d*assez grandes limites. Exposées aTair, elles fournissent une matière blanche ou grise, quelquefois colorée par des mélanges, douce au toucher, s'écrasant sous une faible pression, et donnant par le frottement une odeur particulière.
L*ai^le desséchée à Pair happe fortement à la langue ; quand on la pétrit avec un peu d'eau, elle forme une pâte ductile, liante, c*està-dire plastique^ qui durcit par Texposition à l*air, et surtout quand on la soumet a une température élevée; délayée dans beaucoup â*eau, elle la trouble et y reste longtemps en suspension, ce qui prouve la ténuité de ses particules constituantes.
L'argile se compose essentiellement de silice, d'alumine et d*eau dans des proportions qui varient, pour 100 parties, de 45 à 80 de silice, 45 à 40 d'alumine, et d'une quantité d'eau rarement supé* Heure à i8. Aucune combinaison de ces corps deux à deux n'est plastique, et les argiles qui contiennent le plus l'alumine sont celles qui possèdent cette propriété au plus haut degré et qui renferment le plus d'eau.
On ignore si les argiles sont des mélanges de divers silicates d'a« lumine en proportions définies. A l'analyse, elles donnent, en outre des trois éléments essentiels précédents, d'autres substances qui y sont à rétat de mélange et qui modifient leur couleur et leurs propriétés.
Chauffées à 100*, les argiles ne perdent pas toute leur eau de combinaison, et elles conservent leur plasticité ; èi 200 ou 300*, elles ont perdu la majeure partie de leur eau, et elles ne reprennent plus aucune plasticité quand on les humecte de nouveau. A une température convenable, elles prennent une grande dureté, une grande cohésion, et un retrait qui fait quelquefois diminuer leurs dimensions linéaires de 1/5; parfois même elles ne sont plus entamées par l'acier, et elles donnent des étincelles par le choc de l'acier.
Les argiles qui ne contiennent aucun corps étranger restent blanches à la température la plus élevée de nos fourneaux, et elles ne fondent pas, c'est-à-dire sont réfractaires^ propriété dont jouissent tous les silicates d'alumine. Les moins fusibles sont celles qui ne sont ni trop siliceuses ni trop alumineuses. L'argile de Provins, employée pour briques réfractaires , se compose de 57 de silice, 37 d'alumine, 4 d'oxyde dé fer et 1,70 de chaux; elle est blanchâtre et plastique.
54 PliEMIÊRE PARTIE. — MAÇONNERIE ET TERRASSE.
Presque toutes les argiles délayées dans Feau laissent précipiter au fond du vase un dépôt de sable, rude au toucher et composé de grains de quartz et de feldspath, de lamelles très-minces de mica» et de cristaux ou de grains de bisulfure de fer (pyrite de fer).
Outre ces corps étrangers, que Ton sépare facilement par décan-^ tation, les argiles en contiennent encore d'autres, mais qui sont tel* lement ténus et ai intimement mélangés avec le silicate d'alumine, qu'ils restent aussi en suspension dans Feau et ne peuvent être se* parés par le lavage : ce sont le carbonate de chaux, l'oxyde de fer, les alcalis et le bitume. Les argiles contenant du calcaire font effer* yescence'avec les acides. Les argiles mêlées de calcaire prennent le nom de moamea^ dites argilmues quand elles ne contiennent que de iO à 12 pour 100 de carbonate de chaux* Les marnes argileuses sont plastiques, se travaillent assez bien, prennent une grande du* reté k la cuisson, et on les emploie ordinairement pour fabriquer les poteries communes. Les marnes sont dites calcaires quand la proportion de carbonate de chaux est plus grande ; elles sont alors plus solides, quoiqu'il y ait cependant des marnes crayeuses dont la consistance n'est pas très*grande. Elles se désagrègent facilement sous les influences atmosphériques; seules, elles ne donnent pas de pâtes réellement plastiques ; on les emploie moins que les marnes argileuses dans les arts céramiques, et seulement comme matières dégraissantes.
Les argiles contiennent presque toutes de Toxyde de fer k l'état de peroxyde anhydre ou d'hydrate de peroxyde; dans le premier cas il les colore en rouge, et dans le second en jaune ocreux; cette dernière teinte passe au rouge, quand l'argile est soumise k Faction du feu. Les argiles dépourvues de fer et qui ne se colorent pas an feu sont très-rares. Quelquefois l'oxyde de fer est combiné sous forme de silicate ou de carbonate.
Le carbonate de chaux et l'oxyde de fer ne diminuent la plasticité de l'argile que quand ils s'y trouvent dans une notable proportion ; mais en faible quantité ils diminuent notablement sa propriété réfractaire; les grains de pyrite, en se transformant en oxyde, facilitent également la fusion de la matière qui les environne.
Les argiles contiennent généralement une quantité de potasse et de soude, dont le poids s'élève jusqu'k 2 ou 3 pour 100; les argiles plastiques des environs de Paris n'en contiennent que 4 k 5 millièmes. Une petite quantité d'alcali suffit pour rendre une argile ramoLlssable k la haute température de nos fourneaux; ainsi les kaolins, qui renferment 8 k 3 pour 100 de potasse et de soude , ne sont pas complètement réfractaires; ces corps ne communiquent aucune coloration au silicate d'alumine pendant la cuisson, et ce sont eux qui, en donnant naissance k des silicates alcalins, procu-
NATÉKIADX EMPLOTÉS DAVS LES CON8TIIUCTION8. 55
Teiit\ It porcelaiae sa texture serrée semi-vitreuse et la translucidité q«i ta caractérif e.
htê argiles et les marnes contiennent souvent des matières d'une nature organique qui les colorent en brun, en gris ou en noir, et qui exhalent une odeur bitumineuse lorsqu'on les frotte ou qu'on Itô chauflè. Cuites k une température peu élevée, elles peuvent ac^ quérir et conserver une couleur noire due & la présence du charbon ; li la température est plus élevée, le charbon se brûle en certaines places qui deviennent incolores, ou qui rougissent si Targile est ferrugineuse. Certaines argiles renferment des proportions considérâbles de matières analogues k la houille, et donnent des poteries noires que Tinfusibilité du carbone rend très-réfractaires ; les creusets de plombagine sont faits avec cette sorte d'argile, que Ton imite du reste artificiellement en mélangeant de l'argile avec du coke pulvérisé.
Les argiles sont trés-abondantes dans la nature; on les trouve en couches assez régulières dans presque tous les terrains stratifiés. Les argiles plastiques et réfractaires sont rares; celles, mêlées de calcaires sont beaucoup plus fréquentes dans la nature; les argiles rouges sont assez abondantes.
Le kaolin^ ou terre k porcelaine, est une matière argileuse qui se rencontre sous forme d*amas tout k fait irrèguliers, au milieu des roches primitives, comme le granit et le gneiss. Les argiles sont des kaolins transportés qui se sont souillés de matières étrangères pendant le transport.
Tant5tle kaolin se présente en masses onctueuses, très-blanches, douces au toucher, liantes et plastiques : c'est le kaolin argileux^ qui a tous les caractères de l'argile. D'autres fois, il laisse par la décantation un dépftt de grains quartzeux et feldspathiques : c'est le kaolin sablonneux.
Il y a encore le kaolin caillouteux^ qui se compose d'une masse blanche qui s'égrène entre les doigts et qui n'est pas plastique. Délayé dans l'eau, il se désagrège, et l'on sépare par décantation une véritable argile, qui est du kaolin pur, d'un dépôt composé de grains plus ou moins gros de quartz ou de feldspath.
Quand le granit se décompose, le kaolin est mêlé de mica, en partie décomposé; il est coloré, ferrugineux, et ne peut donner de porcelaines translucides et complètement blanches. Le granit se présente quelquefois sans mica, il est alors composé de quartz et de feldspath et prend le nom àe peffmaiite, dont la décomposition donne lieu généralement aux gttes de kaolin ; le quartz étant plus ou moins abondant, le kaolin est caillouteux. Le kaolin argileux, qui est très-rare, se trouve souvent sous forme de veines ou d'amas peu importants, au milieu des gîtes de kaolin caillouteux.
La composition des roches dans lesquelles le kaolin se trouve enclavé, ainsi que celles du feldspath et du kaolin, portent a faire admettre que le kaolin provient de la décomposition du feldspath sous les influences atmosphériques.
CompoiUion du feldspath,
SUlce 64,8
Alumine 18,3
Potasse 16,9
Composition d» kaolin pv.
Silice 39,5
Alumine 44,8
Eau 15,7
Table{m de la composition de quelques kaolins.
Silices
1 Alumine.
1 Potassé et soude. . .
1 Eau • .
RIÈVM.
BaETÀGNB.
GUIIl.
ii;i
Jkl. Briques crues, L*usage de ces briques, dont Vitruve décrit la fabrication, remonte k la plushaute antiquité; on en trouve dans la plu* part des monuments grecs et romains ; il existe encore en Egypte et en Asie des édifices bâtis avec ces briques, a des époques bien antérieures à rère vulgaire.
Malgré l'humidité du climat, il y a des localités en France où les briques crues sont d'un usage très-répandu ; c'est ce qui a lieu dans les départements du Midi, où elles sont communément employées pour les constructions agricoles et môme pour celles des villes : Toulouse, Montauban, Perpignan, etc. en contiennent de nombreux exemples. En Picardie et en Champagne, on emploie aussi beaucoup les briques crues. Dans les faubourgs de Beauvais et de Reims, par exemple, on voit des maisons qui en sont entièrement construites. Ces briques ont ordinairement les dimensions des briques cuites employées dans la localité; celles de Champagne ont 0",30 de longueur, 0",44 de largeur et 0*,07 a 0",08 d'épaisseur.
Les briques crues se fabriquent dans des moules réguliers, comme les briques cuites. Les meilleures sont d'argile rouge ou blanche mêlée de sable; on en fait aussi avec laboiin qui se forme sur les routes, laquelle est composée d'argile, de craie et de silex écrasé. Le moment le plus favorable pour leur fabrication est le printemps et l'automne, saisons pendant lesquelles la dessiccation se fait plus lentement et plus également; elles ne s'emploient qu'après qu'elles sont arrivées, par leur exposition a l'air et au soleil, à une dessiccation complète,
liATéniAUX EMPLOYÉS DAICS LES CONSTRUCTIONS. 57
sans laquelle la gelée, en faisant gonfler Veau, amènerait leur destruction. Les anciens ne les employaient que deux ans après leur fabrication ; alors ils étaient sûrs qu'elles avaient acquis le degré de solidité dont elles sont susceptibles. Ces briques sont d'un mauvais usage a Fbumidité lorsqu'elles ne sont pas recouvertes ; dans les pays où on les emploie communément, on a soin de recouvrir les maçonneries de nombreuses coucbes de peinture k la chaux; ou, si Ton veut faire mieux, on applique dessus un enduit de chaux, d'argile et de boue, lequel est tout à fait imperméable àl'eau, et leur assure une plus grande durée.
4A. Briques cuites. Leur composUiaru Ces briques s'obtiennent en exposant a un feu violent et soutenu des briques crues fabriquées avec de l'argile mêlée a plus ou moins de sable ou de marne.
Les briques communes, destinées aux constructions ordinaires, se fabriquent avec des argiles plus^ou moins sableuses et des marnes argileuses, calcaires ou limoneus*es (40). Quand les argiles sont trop plastiques, les briques sont sujettes a se déformer et à se fendre; alors on dégraisse la pâte avec du sable fin ou des marnes calcaires. Lorsqu'au contraire les argiles n'ont pas assez de liant, on y ajoute dé la marne ou du calcaire, rarement de l'argile plastique, dont le prix serait trop élevé pour des matériaux qui n'ont pas plus de valeur que les briques ordinaires.
Quand on ne tient pas à économiser le combustible, comme en Angleterre, par exemple, où la houille est d*un prix peu élevé, on ajoute à la pâte assez de chaux, à l'état de marne calcaire ou de craie, pour augmenter la fusibilité, et l'on pousse la cuisson jusqu'à un commencement de vitrification. On ajoute encore k la pâte une certaine proportion d'escarbilles ou de mâchefer, qui agissent comme matières antiplastiques, et régularisent, pendant la cuisson, la chaleur dans toute la capacité du four. Ces briques sont alors noires, compactes, sonores; elles résistent mieux que les autres k Faction des agents atmosphériques, mais elles sont assez fusibles.
Les briques que l'on obtient ainsi ne sont pas friables, mais leur structure doit être assez homogène pour qu'on puisse les tailler avec facilité d'un seul coup de hachette.
Les briques réfractaires doivent réunir aux propriétés des bonnes briques ordinaires celle de résister k des températures très-élevées. Les briques de premier choix sont faites avec des argiles plastiques trèft-réfractaires, dégraissées en y ajoutant un ou deux volumes de ciment de terre réfractaire finement broyé; les argiles sont lavées. Pour les briques demi-réfractaires, on dégraisse l'argile par des sables, dont le prix est bien moins élevé que celui des ciments broyés.
45. Fabrication des briques. Ayant pétri avec soin le mélange d'ar-
58 premièhe partie. — maçonnerie et terrisse.
gîle et de sable, de manière à former une p&te homogène et ductile, à Taide de moules, on en forme les briques, que Ton fait ensuite sécher k l'air, avant de leur donner le degré de cuisson nécessaire dans des fours disposés à cet effet. C'est de la plus ou moins grande perfection avec laquelle sont exécutées ces diverses opérations que dépendent les qualités des briques,
Pour atteindre cette perfection, les briquetiers emploient diverses méthodes, ayant entre elles plus ou moins d^analogie. Nous n'entrerons pas dans tous les détails de ces différentes manières d'opérer, nous nous contenterons d'exposer le mode de fabrication suivi le plus habituellement, et a Taide duquel on peut toujours obtenir de bons produits.
Lorsqu'on a des briques à faire dans un pays, on se procure des échantillons des différentes natures de terre argileuse qu'on y trouve, et on les soumet à une cuisson, soit dans un fourneau fait exprès, soit sur un four & chaux; de cette manière, on se rend compte de l'effet de la cuisson sur les terres, effet sur lequel il est important d'être bien renseigné. On peut aussi reconnaître, au premier examen, que certaines terres ne sont pas propres à faire de bonnes briques; ainsi toutes celles où l'on rencontre des éclats de craie ou de pierre calcaire et de silex ne peuvent être employées; le^^ premières, parce que la chaux provenant de la cuisson de la craie ou du calcaire, venant à s'éteindre spontanément, amènerait la destruction des briques ; la deuxième, parce que le silex, en éclatant au feu de cuisson, briserait les briques.
Lorsqu'on est arrêté sur le choix des matières premières, on procède à leur manipulation. Pour faciliter ce travail, on extrait, quand cela est possible, l'argile au commencement de l'automne, et on la laisse exposée k l'air pendant tout l'hiver, de manière à ne l'employer qu'au printemps suivant, La gelée, le soleil et les pluies qui se succèdent la disposent k un corroyage plus complet et plus facile. Ce corroyage se fait en marchant l'argile, en la remuant et en la battant k plusieurs reprises et dans tous les sens. On doit apporter toute son attention k bien purger l'argile des substances pierreuses, crayeuses ou pyriteuses, qui s'y trouvent souvent mélangées, lesquelles, en éclatant ou en lui servant de fondant, pourraient altérer la forme des briques pendant la cuisson. Cette séparation se fait généralement en passant la terre k la claie, après l'avoir concassée; un lavage serait trop coûteux. Après avoir ainsi préparé l'argile, on y ajoute la quantité de sable ou de marne nécessaire, et l'on remue le mélange de manière k le rendre bien homogène ; on y verse ensuite une quan^ tité d'eau sufBsante pour l'amener k l'état de pâte ductile.
Les proportions convenablesd'eau et de sable ou de marne k ajouter k l'argile se déterminent par l'expérience, et elles dépendent de la
HATÉRIACX EUPLOVéS DANS LES CONSTRUCTlOIta. 59
qualité et de la pureté de cette terre. Quand Talumine et la silice ne s'y trouvent pas dans les proportions convenables» on rapporte artificiellement rélément qui manque.
Lorsque la silice est en quantité insuffisante, il faut que le sable que Ton ajoute soit fin ; le mélange s'opère facilement en étendant la terre par couches d'une épaisseur uniforme, et en répandant dessus, en couches d'épaisseur aussi uniforme, la quantité de sable que Tex* périence a reconnue être nécessaire. Si, au contraire, c'est Falumine qui manque, avant d'en lyouter de la nouvelle, il faut réduire celleci en poussière, si cela est possible, ou en pâte assez molle pour que Ton puisse faire facilement le mélange avec la terre primitive.
Par expérience, on a reconnu qu'en général la quantité d'eau k employer ne doit pas excéder la moitié du volume des terres que l'on pétrit. Le pétrissage s'opère souvent, soit avec des cylindres qui passent sur le mélange, soit au moyen de laminoirs, soit enfin avec la tine a malaxer, qui ressemble beaucoup au tonneau k fabriquer le mortier.
Le corroyage a la plus grande influence sur la solidité des briques, dont il augmente la densité. Deux briques. Tune préparée par les moyens ordinaires et l'autre corroyée avec le plus grand soin, toutes deux ayant été séehées et cuites dans les mêmes circon* stances, la première pesait 3i grammes de moins que la seconde, et elles se sont rompues sous les charges respectives de 35 et 65 kilogrammes. En général, on a reconnu que les densités de ces briques étaient dans le rapport 82 : 86, et les charges qu'elles supportaient dans celui 70 : 130.
Lorsque le mélange est terminé, on façonne les briques k l'aide d'un moule sans fond en bois, quelquefois doublé de métal. L'ouvrier sable les moules et les place sur une table dont la surface est également sablée, afin que la terre a brique n'y adhère pas. Il remplit chaque moule d'une masse d'argile, l'y comprime, enlève l'ex* cédant a la main, et unit la surface avec un petit racloir en bois nommé jtlane. Les briques sont démoulées sur des petites planchettes sablées, qui servent k les porter sur l'aire de la briqueterie, qui a été bien dressée^ bien battue et saupoudrée' de sable; on les pose k plat, par rangs bien alignés, afin d'économiser la place.
Aux environs de Paris, une compagnie de briquetiers se compose de quatre ouvriers : un pour mêler, marcher et préparer la terre ; deux mouleurs, dont l'un se détache de temps en temps pour aller chercher la terre préparée, et un garçon pour démouler les briques et les placer sur l'aire. Cette compagnie fait, en moyenne, sept mille briques ordinaires par douze heures de travail effectif.
Quand les briques commencent k se raffermir, on les relève sur champ, sans les changer de place, et quand elles ont pris assez de
consistance pour qu*on puisse les transporter sans les déformer, on les 2Kire, c'est-à-dire qu'on enlève avec un couteau les bavures du moule, et, les plaçant sur un banc, on les rebat sur toutes les faces avec une batte. Alors on les Tnet en haie, pour finir de les sécher entièrement, c'est-k-dire qu'on en forme une espèce de muraille k claire-voie, dont Tépaisseur comprend quatre briquesen longueur, et la hauteur de 44 à 17 assises de briques posées de champ. Quand cela est possible, on fait raffermir les briques à l'abri, sous de grands hangards couverts ; dans le cas contraire, on les garantit de la pluie et de l'action directe du soleil, qui les ferait tourmenter et gercer à la surface, k l'aide de claies et de paillassons qui recouvrent les haies.
44. Cvisson des briques. Une fois les briques arrivées k un état complet de dessiccation, on procède a leur cuisson, opération qui se fait k la volée^ ou dans des fours dont la forme varie, selon que Ton emploie le bois, la houille ou la tourbe.
Le mode de cuisson dit k la volée consiste k disposer les briques en tas sur une aire convenablement dressée. Les tas sont formés de briques placées de champ, par assises. Â la partie inférieure du tas, on laisse des vides dont la largeur, sur le sol, est égale k cinq fois l'épaisseur d'une brique, mais que Ton diminue d'assise en assise» de manière k pouvoir fermer complètement les vides par la cinquième assise. Outre ces vides, qui régnent sur toute la largeur du tas et qui servent de foyers, il part de la partie supérieure de chacun d'eux, deux ou trois vides verticaux qui servent de cheminées et facilitent la mise en feu. De plus encore, les rangs des deux premières assises sont formés de briques k peu près en contact par leurs extrémités, mais espacés latéralement tant vide que plein, de manière k recevoir une certaine quantité de charbon en morceaux de 0*,03 k 0*,04 de côté. Les briques du pourtour des cinquième et septième assises ont leur face extérieure faisant un certain angle horizontal sur les faces du tas, et on remplit encore les vides qu'elles laissent entre elles et les briques voisines avec des morceaux de charbon ; on peut encore, si on le juge convenable, disposer ainsi le pourtour de quelques autres assises convenablement éloignées, afin que la température soit k peu près la même au pourtour du tas que vers le milieu. On a soin de remplir tous les foyers de bois sec recouvert de morceaux de charbon nommé gaillette, avant de poser la clnquièihe assise. On met le feu après avoir placé la sixième assise. Sur toute la sixième assise, excepté k l'endroit du foyer, on place une couche de houille menue, puis une nouvelle assise de briques, une couche de houille, une autre couche de briques, et ainsi de suiie.
Afin de ne pas étouffer le feu, on a soin de ne placer les nouvelles
assises, au-dessus 4e la sixième, qu'au fur et à mesure que le feu pénètre la masse.
Pour empêcher les déperditions de chaleur, et rendre la température autant que possible uniforme en tous les points de la masse, on enduit le périmètre du tas avec de la terre détrempée mélangée de paille hachée. On pourrait encore utiliser la chaleur perdue en couvrant le tas de pierre a chaux.
Un tas peut-être formé de vingt-quatre assises de briques et avoir cinq foyers espacés entre eux, à la partie inférieure, de quinze épaisseurs de briques. Par ce mode de cuisson, on ne peut opérer sur moins de 50 000 briques à la fois, et sur plus de 200 000 ; il faut compter sur i/tO de briques de déchet. Les tas ont quelquefois 6",50 de hauteur.
La quantité de houille brûlée est de 250 kilogrammes (1/3 de grosse et 2/3 de menue] par millier de briques. Un relevé fait dans le département du Nord, où la houille est a bon marché, a donné, pour le prix de revient (tout frais compris), 12 fr. par millier de briques.
Les fours chauffés avec le bois sont de deux espèces, les grands et les petits, dans lesquels le combustible et les briques se disposent de la même manière. Les grands peuvent contenir cent milliers de briques, et les petits vingt-cipq milliers. Ces fours sont carrés ou rectangulaires et formés ordinairement par quatre murs verticaux en briques, enterrés ou appuyés par des remblais en terre. Dans le pied d*un des murs sont pratiquées des petites voûtes, plus larges que celles des fours à la volée, reposant sur des pieds -droits de 0",60 de hauteur. Ces voûtes, qui font partie du four et se prolongent sous toute son étendue, sont a claire-voie, afin de laisser passer la chaleur des feux qui se font sous toutes les voûtes.
Quand on ne fait usage que de bois, on alimente les foyers pendant tout le temps que dure la cuisson. Les briques se disposent dans ces fours comme pour la cuisson à la volée.
On profite des murs qui entourent le four pour soutenir un toit fort élevé, en tuiles ; cette disposition a l'avantage de préserver les briques de la pluie et du vent, choses à redouter dans la cuisson à la volée. Tout compris, le prix de revient est plus élevé par ce procédé que par le premier.
En Suède, en Belgique et dans quelques départements du nord de la France, au lieu de construire des fours h, demeure et en maçonnerie, on se contente de les établir en briques crues, aux abords des chantiers où les briques doivent être employées.
Quelle que soit la forme des fours, les briques y sont arrangées en les posant de champ sur le long côté, de manière que le premier rang croise les languettes des foyers, que le second rang croise le
premier, et ainsi de suite, en réservanttoujours un petit vide autour de chaque brique. On recouvre le dernier rang d'une couche d'argile de (r,14 d'épaisseur, afin de concentrer la chaleur et de pouvoir la modérer, l'activer ou la diriger k volonté, en pratiquant des ouvertures dans cette couche.
Quand on cuit les briques au moyen de la tourbe, on établit les fours sous de vastes hangars, et on les construit de la même manière que ceux chauffés au bois ; les foyers s'étendent sur toute la profondeur de la base du four.
À Salins, près Montereau, les fours sont carrés et fermés supérieurement par une voûte; ils peuvent contenir 80000 briques; la cuisson dure un mois, dont huit jours de petit feu, qu'on nomme fumage; on brûle 300 fr. de bois pour le fumage, et 1200 îr. pour le grand feu, ce qui fait environ 18 fr. par mille de briques.
On peut encore faire usage du bois ou de la tourbe pour cuire en plein ail'. On forme avec les briques un tas rectangulaire, comme si la cuisson s'effectuait dans un fourneau fermé ; on ménage à la base un certain nombre de canaux dans lesquels on charge plus tard le combustible, puis on recouvre les faces latérales du tas d'une cou* che de terre ou d'argile qui remplace les parois du fourneau.
Lorsqu'on fait usage de la houille pour cuire la brique a l'aide de fours fermés, les foyers sont à grille et placés seulement dans l'épaisseur des parois du four. Des voûtes k claire-voie, qui s'étendent dans toute la profondeur du four, distribuent partout les produits de la combustion. Les foyers se placent d'un même côté du four, au nombre de deux ou trois. A Issy, près Paris, M. Carville a établi des fours voûtés supérieurement, a peu près carrés, chauffés a l'aide de trois grilles, et dans lesquels on cuit 80000 briques avec 160 hectolitres de houille. En portant k 80 kilogrammes le poids de Thectolitre et k 3^12 le prix des 100 kilogrammes, on voit que la cuisson des 80000 briques n'exige que pour 400 fr. de combustible, somme bien inférieure a celle donnée par la cuisson au bois.
Les fours k la houille sont à peu près carrés ; cependant, dans le Staffordshire, on fait usage de fours circulaires, qui conviennent surtout pour les briques réfractaires, k cause de leur plus grande valeur.
A Saint-Menge (Vosges), on cuit dans le même four de la chaux vive et des briques. Les voûtes et la sole du four sont en pierres k chaux, et dessus on place les briques k cuire. Les grilles s'étendent sous la moitié de l'épaisseur des murs du four et une partie des voûtes. Uy a une grille kl'extrémité de chacune des trois voûtes parallèles en calcaire qui s'étendent d'un côté du four au côté opposé ; les six grilles sont séparées par un massif de maçonnerie qui s'élève jusqu'au niveau des grilles^ Dans un four de 4 mètres de largeur, 5 mè-
ires de longueur-et 3 mètres de hauteur, on peut cuire 3 mètres cubes de chaux.
Pour cuire la briqué, la conduite du feu exige de Texpérience. On commence par un feu modéré, que l'on prolonge pendant vingtquatre heures ; on le porte ensuite à un degré moyen de chaleur, que Ton continue pendant trente-six heures; puis on le pousse jusqu'à la plus forte intensité, et on Ty maintient, autant que possible. Jusqu'à rentière cuisson des briques. La durée du refroidissement nécessaire au défoumage varie de cinq à vingt jours, suivant la plus ou moins grande quantité de briques soumises à la cuisson.
Quelle que soient l'espèce de four et la nature de combustible que Ton emploie, toutes les parties intérieures ne sont pas portées au même degré de température, d'où il résulte que les briques d'une même fournée ne sont pas toutes également cuites, et sont, par suite, de diverses qualités; celles qui occupent le tiers de la hauteur du four sont ordinairement les plus estimées, par la raison qu'elles sont cuites au degré le plus convenable, et qu'elles ne sont presque pas déformées.
Des fours à briques du midi dé la France ont donné les proporportions suivantes de produits de diverses qualités :
Briques de premier choix, d'une cuisson parftilte, destinées aux ouvrages hydrauliques 0,40
Briques de deuxième choix, d'une cuisson parfaite, déformées et beaucoup en Qiorceaux, propres an même emploi que les précédentes, mais desUnées aux massifs 0,15
Briques de troisième choix, assez tendres pour être taillées, employées pour les tnvanx de bâtiments 0,35
Briques de quatrième choix, très- tendres et beaucoup en morceaux, bonnes pour cloisons et remplissages 0,10
DécbeU et résidus 0,10
-Brtques-comhiistibîe. M. Tîget façonne ces briques comme les briques ordinaires, mais la terre est remplacée par un mélange de 80 kilogrammes de terre et de 16 kilogrammes de détritus de charbon de bois, de coke ou de tourbe carbonisée, et l'eau pure par une dissolution de 800 grammes d'alun et 200 grammes de nitrate de soude.
L'enfournement n'est pas changé non plus, si ce n'est que l'on dispose les hriques-comhustible par lits de quatre à cinq briques, alternant avec les briques ordinaires. L'ne brique-combustible peut en se cuisant en cuire quatre autres. La mise en feu d'un four charçé de 20000 briques n'est nullement diflScile : il suffit, quand le four est entièrement chargé, de jeter des menues escarbilles sur les grilles pour sécher la marchandise; puis on fait rougir le premier rang de
briques-combustible, qui brûle de lui-même, en communiquant de proche en proche la combustion aux quatre rangs qui le surchargent; lamarchandise placée au-dessus rougit et finit par allumer le second massif de briques-combustible, qui suffit pour terminer la cuisson. Quand le premier rang de briques-combustible est rouge, on ferme tous les foyers et cendriers : Tair n'arrive plus qu'avec difficulté, mais cependant en quantité suffisante pour opérer la combustion de toutes les briques-combustible. Une fois le four fermé, la cuisson s'achève sans la présence d'aucun ouvrier. Une cuisson de 20(N)0 briques dure de quarante-huit à soixante heures.
M. Salvétat rapporte avoir suivi la cuisson d'un chargement composé de la manière suivante, en commençant par les étages inférieurs :
Cinq rangs de briques-combustible 2 SOO
Briques réfractaires 1 500
Tuyaux de drainage de 0",035 5 500
Tuyaux de drainage de 0",08 à 0",15 2 000
Briques ordinaires 1 000
Briques-combusUble 1 500
Boisseaux carrés garnis 150
Briques réfractaires 2 500 *
Boisseaux anglais. 150
Grosses pièces , . . . . 50
Carreaux 2500
La combustion a lîiarché régulièrement, et les produits obtenus ont été d'une qualité aussi marchande que par une cuisson ordinaire. D* après un calcul de M. Salvétat, en faisant usage des briquescombustible, on diminuerait de 0,25 le prix de revient ordinaire de fabrication et de cuisson.
45. Indices de bonne ou de mauvcdse qualité des brique. Les briques de mauvaise qualité se reconnaissent facilement par leur couleur jaune rougeâtre, et mieux encore par le son sourd qu'elles rendent quand on les frappe; leur grain étant mollasse et grenu, elles s'émiettent sous les doigts, se rompent facilement, et absorbent l'eau avec avidité.
Les bonnes briques, au contraire, rendent un son clair par la percussion; elles sont dures, et ont le grain fin et serré dans la cassure; elles sont ordinairement d'un rouge-brun foncé, et quelquefois elles présentent k la surface des parties vitrifiées. Il ne faut cependant pas toujours se fier k cette dernière apparence ; il arrive souvent qu'elle n'est due qu'au degré de cuisson, et que l'argile est impure et mal préparée. Il arrive aussi quelquefois que pour donner un plus beau coup d'œil aux briques, le fabricant sème sur la plateforme du séchoir un peu de silicate ferrifère, c'est-k-dire de sable
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silkeiix et de mftcbefer pilé; ce sable s'tftiMbaat à la siMtce des briques enoore hamides, et se vHrîfiairft ea partie au moment de la euis6M, il donaie une belle apparence aux briques, qui pea^epi cepeadant être d*une qualité très-inférieure.
D'après des expériences de M. Salvétat, 100 UlogrsmmeB da briques sècbes absori)eat, en moyenne, id^,ll d*eaQ.
Pour vérifier si une brique peut ré^ster à Taction de la gelée, d'après M. Brard (36)« on la fait bouillir pendant une dem^beure dans une dissolution saturée à fhûd de sulfate de soude, puis ofi la suspend par un fil au-dessus de la capsule dans laquelle elle a bouilli. Aq bout de vingt-quatre beurest la surface se trouve recouverte de petits cristaux, que Ton fait disparaître par une nouvelle immersion dans la dissolution ; ils se reforment encore après quelque temps de suspension ; on les fait disparaître de même, et après avoir r^été la même opération pendant cinq jours, à chaque nouvelle apparition de cristaux, si la brique est gélive, elle abandonne des petits frag* ments qui se réunissent au fond de la ci^sule ; dans le cas contraire, la cristallisation du sulfate de soude n'en détache aucune particule, les arêtes ne s'émoussent même pas.
40. Prix de revient de la fabrication des briques* Quoique les chiffres suivants aient été fournis par les briqbes du midi de la France, on pourra en déduire, en prenant pour base les volumes, le prix de revient pour un modèle quelconque.
Prix de fabrication, à Toulouse, pour 1000 briques de 0*,42 de longueur, 0*,29 de largeur et 0*,05 d'épaisseur ; ce qui fait un Tolume de O^'jOOOl par brique, et de 6**,10 par mille. Un four contient 20 000 briques, et Ton cuit li la houille, qui est brûlée sur des grilles.
Tahlèau de la eomposition d'un atelier y et du gain de chaque ouvrier, la journée étant de dix heures de travail effectif.
] chef briqueteur ù 3',00 par jour^ 3',00
1 aide 2,50
2 mouleurs l ,1b
2 porteurs de briques . . . 1 ,â0
2 poseurs de briques sur Taire 1 ,60
2 ebaulTeurs soignant les foyers 1 ,75
1 porteur de charbon 1 ,40
4 rouleuTS 1 ,75
1 homme pour passer les briques. . . 2 ,00
16 hommes. 2S',90
Pour un mille de briques, la dépense en main-d*œuyre est, en inoyenne, équivalente à celle d*une journée de cet atelier.
6% HREMIÈaK PiUlTiE. -«- MAÇONNERIE ET TEHRASSB.
Prix de revient du millier de briques.
tJné joniiiëe de Fateller prëcédeht 28',1W