R = 3 X 4 : 20 X 12, d'où R = ^^ , = 600 kilogrammes
Les frottements pourraient diminuer de 1/3 cette valeur de R. 122. Instruments de transport. Les matériaux employés dans les ouvrages de maçonnerie se transportent en wagons sur chemins de fer, ou a l'aide de charrettes, de tombereaux, de binards, etc., traînés par des chevaux, quand la distance est grande ; sur les chantiers, pour le transport des matériaux d'un endroit à l'autre, à de petites distances, on fait usage d'autres outils manœuvres par des hommes : c'est sur ces derniers instruments qu'il est nécessaire de donner quelques détails dans ce traité.
125. Brouette, Cette machine, imaginée par Pascal, est le plus généralement employée pour le transport des déblais et des matériaux sur les chantiers de construction, où on la désigne sous différents noms, selon sa forme et le travail qu'elle sert à effectuer. La brouette ordinaire à coffre^ lig. 18, est employée de préférence pour transporter ^^- *^* les terres, les sa-
^L^ — —^ — — -^:a blés, le mortier, et
en général toutes les matières menues; sa contenance varie de 1/20 k 1/30 de mètre cube, mais elle est le plus ordinairement de i/25de mètre cube sur les ateliers de maçonnerie; souvent les matières y sont maintenues par une petite planche de 0»,10 à 0", 15 de hauteur placée sur le devant Une brouette vide pèse de 22 k 25 kilogrammes, et, avec, un homme transporte moyennement une charge de 90 ou 100 kilogrammes. Elle coûte de 10 k 15 francs. On consolide le plus souvent les pieds de] la brouette k l'aide de petites jambes de force, qui les relient aux brancards. Aujourd'hui, pour les terrassements principalement, on substitue souvent à la brouette précédente, àii^ française, la brouette anglaise.
OUTILS ET APPAUEILS. 193
dont la caisse est plus évasée de l'avant à l'arrière et du fond aux bords supérieurs, ce qui facilite son déchargement, et dont les brancards, au lieu d*ètre parallèles ou légèrement inclinés, sont espacés intérieurement de 0",56 aux poignées et de 0",21 à l'axe de la roue, ce qui diminue le balancement des bras de l'ouvrier pendant la marche. Cette brouette cube de !/15 à i/20 de mètre; elle pèse de 20 à 25 kilogrammes» et elle coûte de 12 à i6 francs.
La brouette à barres est particulièrement employée au transport des moellons, meulières, etc. La forme du brancard est la même que pour la brouette à coffre, mais il n*y a pas de caisse ; un fond et un dossier à claire-voie en bois servent simplement k supporter et a soutenir les moellons» qui sont alors plus faciles à décharger, soit a la main, soit en les versant, que si Ton faisait usage de la brouette à coffre.
La brouette de mesure est employée pour faire le dosage des matières qui doivent entrer dans la composition du mortier ou du béton ^75); elles sont fermées entièrement sur les quatre c6tés« et leur contenance varie de 50 à 80 litres; celles qui servent à doser les petites pierres k béton ont la même forme -et la même capacité que les autres ; mais leur fond est percé de trous quand il est en planches, et on le forme souvent d'un simple grillage en tringles de fer, afin de faciliter l'écoulement de l'eau que l'on jette sur les cailloux pour les laver.
La brfiueite normande^ qui sert principalement au transport des lourds fardeaux, n'est autre chose qu'une brouette à barres, de grande dimension, reposant sur deux pieds et deux ou trois roues; ses bras ont 2 a 3 mètres de longueur, et un homme, en passant sur ses épaules une bricole croisée, dont les bouts sont fixés a ces bras, peut transporter avec cette brouette une charge environ quatre fois plus grande qu'avec la brouette ordinaire; de plus, la grande longueur des bras permet a plusieurs hommes d'agir simultanément, d'une manière assez commode, quand la charge le réclame. Cette brouette est très-peu employée sur les chantiers de construction.
124. Construction des brouettes. Les meilleurs bois pour la construction des brouettes sont le saule rouge, l'orme et le bois blanc ; ils offrent une solidité suffisante ; leurs fibres chanvreuses résistent bien aux chocs des matériaux, et leur légèreté permet aux rouleurs de transporter un poids utile plus considérable, sans augmenter leur fatigue.
Pour empêcher les tourillons de la roue d'user promptemcnt . es trous faits dans les bras pour les recevoir, on encastre à queue d'aronde dans chaque bras, à l'endroit de ces trous, un morceau de frêne imprégné d'huile bouillie, ayant moitié de l'épaisseur du bras, et dont les fibres sont verticales. La face intérieure des bras, opposée
104 PREUIÈIIE PAllTIE. — MAÇONNERIE ET TERRASSE.
au morceau de frêne, est garnie d'une plaque de tôle pour résister au frottement du moyeu de la roue.
125. Bêlais» Comme un ouvrier ue peut parcourir qu'un certain espace avec une brouette chargée sans se reposer, quand on a une grande quantité de matières k transporter k une certaine distance, on divise cette distance en plusieurs relais desservis chacun par un ouvrier différent : ainsi, un premier ouvrier conduit au bout du premier relais la brouette que viennent de remplir des hommes chargés de ce travail; la, il la donne k un deuxième rouleur, et il ramène aux chargeurs la brouette vide que ce deuxième rouleur a laissée pour conduire la brouette chargée k l'homme qui parcourt le troisième relais , et ainsi de suite. La distance de 30 mètres est celle que l'on adopte le plus généralement pour un relais dans les grands travaux de terrassement, ce qui fait 60 mètres pour Tallée et la venue.
126. Civière ou bard. Quand on a k gravir des rampes trop rapides pour pouvoir rouler les matériaux a la brouette, on se sert d'une cîvi(*ro formée de deux petits brancards réunis en leur milieu, sur une certaine longueur, par des petites planches non jointives sur lesquelles on place les matériaux. Deux hommes la portent asse» facilement, et, selon la charge, on peut en adjoindre quatre autres qui se placent k côté des premiers , en dehors du bard. Ce mode de transport est employé avec assez d'avantage sur les grands ateliers pour transporter les moellons piqués ou les pierres de taille qui ne sont pas d'un grand poids ; on en fait aussi communément usage pour décharger les bateaux de meulières ou de moellons qui sont livrés sur les ports de Paris.
127. Camion, Tombereau, Wagon, Wagonnet. Le camion est une espèce de petit tombereau léger a deux roues, auquel s'attellent deux hommes pour transporter les matériaux sur un ntême chantier, ou d'un chantier k l'autre. La capacité de la caisse est de 1/3 de mètre cube.
Le camion est employé fréquemment pour les corvées et les petites réparations; le compagnon et le garçon le prennent pour conduire leurs outils, équipages, etc., et pour aller chercher tous les matins les matériaux dont ils auront besoin dans le courant de la journée. La manœuvre du camion établit, en quelque sorte, la distinction entre le compagnon et son garçon ; l'habitude est que ce dernier s'attelle toujours k la flèche pour tirer, pendaut que le compagnon pousse derrière.
Camion à flèche du département de la Seine.
Diamètre des roues 1",25
Distance des roaes à riotérieur des jautes t ,0S
Caisse à rintërfeur : longueur l^^SO, largeur 0»,7a, profondeur 0'*,37. Chargement 0 ,35
Longueur de la flèche, depuis le devant de la eaisse 1 »32
Distance de Tattelle au devant de la caisse 1 ^09
Hauteur du dessous de la flèche, supposée horizontale, audessus du sol 0 »64
Longueur de Tattelle ; 0 ,90
Poids du camion. . 310'' ,00
Prix moyen 150' ,00
Des crochets fixés contre le châssis et contre la flèche servent a fixer des bricoles que les Iraîneurs se passent en écharpe pour faciliter la traction ; Tattelle sert à guider le caraion. Dans les camions ordinaires, la flèche est remplacée par deux brancards qui se trouvent à environ 0",95 au-dessus du sol ; c'est en augmentant le dia* mètre des roues qu'on obtient cet exhaussement des brancards.
Sur les grands ateliers , dès que la distance a laquelle on a à trans* porter les matériaux varie de 60 h 90 mètres , il y a avantage à se servir du camion.
En général , on admet que le mode de transport le plus avantageux en plaine, jusqu'à la distance de 60 mètres, est la brouette, puis la civière , la hotte et le panier; que de 60 à 150 mètres , c'est le camion; de 150 k 500 mètres, le tombereau k un cheval; de 500 k k 3500 mètres, le tombereau k deux chevaux, et au delà la voiture k trois chevaux. Pour des volumes considérables de déblais , on fait le plus habituellement usage de la brouette pour les distances de transport de moins de 100 mètres; du tombereau pour celles de 100 k 500 mètres ; de wagons traînés par des chevaux pour celles de 500 k2 000 mètres, et de wagons remorqués par des locomotives pour des distances de % 000 mètres et au-dessus.
Dans le percement des tunnels , on fait usage pour mener les dé^ biais aux puits d'extraction de petits wagonnets cubant 0",25 ; ils roulent sur des petits chemins formés de deux bandes de fer posées à plat sur longrines; ces bandes sont espacées intérieurement de 0-,50.
188. Oiseau. Pour transporter le mortier et principalement pour le monter k Taide d'échelles , on se sert d'un assemblage, appelé oiseau ou volée , formée de deux planches disposées a angle droit, et maintenues dans cette position par quatre barres de bois , comme l'indique la ôgure 19.
Deux de ces barres font saillie de 0",40 k 0",50 environ sur le sommet de l'angle droit; ces saillies sont taillées
Pig. *».
liiG ri;£JiiÈRË PAKTIE. — lAAQONNERlE £T TEKKAS6£.
pour envelopper le cou de l'ouvrier, qui les met h califourchon sur ses épaules, et les bouts sont arrondis en poignées, que l'ouvrier tient dans ses mains quand il porte l'oiseau.
Pour remplir l'oiseau, le garçon le pose a une hauteur un peu inférieure a ses épaules, sur un chevalet destiné à cet usage.
iâ9. Coulotte, Pour les travaux exécutés en contre-bas du sol, les garçons amènent le mortier au bord de la fouille à l'aide de brouettes qu'ils versent dans des trémies formées de deux planches clouées l'une sur l'autre a angle droit; ces espèces d'auges, appelées coi*lottes^ arrivent jusqu'au bas de la fouille , où elles amènent le mortier dans des baquets ou des auges placés a proximité des maçons.
150. RoulecLUx ou rouler. On nomme ainsi les petites pièces de bois à section circulaire que Ton place sous les pierres pour en faciliter le déplacement ou le transport à de petites distances, et aussi pour les monter à une certaine hauteur ou les descendre , en établissant avec des plats-bords un plan incliné sur lequel on les fait avancer en les poussant avec l'épaule et en les tirant à bras avec des cordes , qui peuvent , au besoin , s'enrouler sur un treuil. Lorsqu'il s'agit de la descente, on modère le mouvement avec un treuil» ou simplement a l'aide d'une corde qui passe sur un pieu de retenue et qu'un ouvrier laisse couler doucement.
Afin que l'on puisse facilement changer la direction du mouvement, le diamètre des rouleaux diminue légèrement depuis le milieu jusqu'aux extrémités ; cette précaution fait que la pierre portant vers son milieu, sesarètefisontmoiussujettesas'écorner;c'estmèmepourèviter cet inconvénient que, très-souvent, on ne repose les pierres sur les roules que parFintermédiaire d'un madrier qui avance avec ces pierres.
Les dimensions des rouleaux varient selon la grosseur des pierres k manœuvrer; mais le plus souvent ils ont de 0*,06 à O'yOT de diamètre, et de 0",60 k 0",70 de longueur.
£n général, pour transporter les pierres, on établit un chemin en planches ou en plats-bords ; sans cette précaution , les inégalités du sol, en calant à chaque instant les rouleaux, rendent la manœuvre très-difficile. Ces plats-bords sont surtout indispensables quand on fait avancer les pierres sur un mur en construction ; car alors, tout en facilitant le mouvement, ils empêchent rébranlement des pierres fraîchement posées.
151. Chariot. Diable. Binard. 1* Le chariot est une voiture trèsbasse, k deux roues, que l'on emploie sur les chantiers pour conduire les pierres de taille. Elle est composée d'une grande pièce de bois formant flèche ou limon , a laquelle deux autres pièces de bois parallèles sont reliées par des barres qui les traversent toutes les trois , d'un plancher en madriers qui repose sur ces trois pièces et dont le plan s'élève au-dessus des roues, afin que les pierres ne les touchent
OITIÏ.S ET APPAREILS. 497
pas pendant le cliargonicnt ni pendant le roulement, et d'un essieu garni de ses roues. La flèche ne porte pas sur Tessieu, afin de ne pas le charger vers son milieu ; des fourrures en bois de champ, placées sous les pièces parallèles , font reposer tout le système sur Tessieu. Pouréviter plus sûrement que la flèche porte sur Tessieu, par suite de flexion des planches sons de fortes charges, on la relie aux pièces parallèles par des armatures en fer placées aux extrémités du plancher.
Le transport des pierres au chariot réclame beaucoup de soins de la part des ouvriers, pour éviter de les écorner, surtout pendant le chargement et le déchargement. Pour faire la première de ces opérations, on soulève la flèche de manière à ce que le derrière du chariot touche k terre au pied de la pierre que l'on a dressée sur une de ses faces; alors on cale les roues, et Ton renverse la pierre sur le plancher, en ayant soin de placer des torches de paille ou des paillassons tressés sous les faces qui portent, afln de garantir les arêtes; [)uis, abaissant la flèche en maintenant la pierre sur le plancher, elle se trouve ainsi chargée sur le derrière du chariot, et on la fait avancer jusqu'au point qu'elle doit occuper sur le plancher, en frappant avec secousse et à plusieurs reprises le limon par terre. On conduit alors la pierre au lieu où elle doit être employée, et l'on procède à son déchargement : pour cela, on place d'abord à terre des torches pour la recevoir, ainsi qu'une petite pierre que l'on dispose de manière qu'elle se trouve sous le milieu de la face qui doit reposer, afin de se réserver des prises pour manier le bloc ; puis, après avoir calé les roues, on lâche doucement la flèche jusqu'à ce que le derrière du chariot porte a terre ; alors on fait descendre la pierre, on décale les roues , et avec des pinces ou des leviers on les fait avancer de manière à dégager le chariot de dessous la pierre, que l'on fait tomber sur les paillassons et la petite pierre dont il vient d'être question.
Il arrive souvent que l'on prend directement les pierres sur le chariot avec la chèvre ou tout autre appareil qui les monte immédiatement; de cette manière, on évite un second remaniement qui est quelquefois très-dispendieux.
Le chariot s'emploie ordinairement pour le transport des pierres de gros volume; il est traîné par six hommes avec le pinceur (12), et souvent encore un cheval est attelé en avant de la flèche.
2* Le diable est un chariot de petite dimension, que l'on emploie principalement pour le transport des petits morceaux de pierre; il est ordinairement traîné par deux a quatre hommes avec le pinceur.
3* Le binard est un chariot bas à quatre roues nnmi d'un brancard; il sert au transport des pierres d'un fort volume, et il est traîné par un a trois et parfois jusqu'à cinq chevaux.
Pour charger le binard, on prend les mêmes précautions que pour le chariot; mais, au lieu de basculer le plancher, on place sur le derrière deux forts plats-bords dont une extrémité repose sur le sol, ce qui forme un chemin incliné sur lequel les pierres se roulent assez facilement.
Depuis quelque temps on fait usage d'un binard dont le plancher est garni d'un système de rails ou d'un système de rouleaux, sur lequel repose un second plancher retenu par une chaîne qui s'enroule sur un treuil placé à Pavant du binard. Les pierres sont chargées sur le second plancher, et quand on arrive sur l'atelier, on n'a qu*à incliner le binard et à lâcher le treuil, pour que ce plancher descende sur le sol, où il est très-facile de le décharger. Avec des chariots h, deux roues d'un très-grand diamètre, on fait encore usage d'un plancher indépendant, mais que Ton suspend en dessous de l'essieu pour le transport; le chargement et le déchaînement sont ainsi rendus aussi faciles que possible, puisqu'ils se font quand le plancher repose sur le sol, et qu'on en a éloigné le chariot.
15S. Transport de Veau, Aux appareils de transport dont il vient d'être question, il faut joindre les seaux dont on fait usage pour transporter l'eau employée sur les chantiers de construction. Ils sont ordinairement en bois très-fort et cerclés en fer; leur contenance est habituellement de %0 a 22 litres.
Quand on puise l'eau à de trop grandes distances des chantiers pour qu'il soit possible de la transporter économiquement avec des seaux, on fait usage d'un petit tonneau de 130 k 150 litres de capacité placé sur un brancard à deux roues, qui peut facilement être traîné par deux hommes Pour les grands ateliers, où la consommation d'eau est considérable, on emploie des tonneaux d'une plus grande contenance, équipés de la même manière et traînés par des chevaux.
Quand le travail a une certaine importance, il peut y avoir avantage à établir un puits auquel on adapté une pompe, ou à prendre une concession momentanée, si l'on ëe trouve dans une ville où il existe une distribution d'eau.
•«•11« procréaient dite.
ISS. Les instruments dont se servent les ouvriers pour l'exécution des ouvrages de maçonnerie peuvent se diviser en deux classes: 1* ceux qui composent leur outillage ordinaire et dont ils se 8er\'ent iournellement; 2* ceux qui ne sont employés qu'accidentellement, pour l'exécution de travaux spéciaux. Gomme nous aurons occasion de parler de ces derniers lorsqu'il sera question des ouvrages qui réclament leur emploi, nous ne nous occuperons tout d'abord que des premiers.
OUTILS ET APPAREttS.
154, OuUls employés pour tailler la pierre. La forme de ces outils varie suivant la nature et la dureté de la pierre. Les calcaires durs (31) se taillent avec le iélu, le ciseau, la gradine^ la pioche, le poinçon^ le marteau hretté ou laye, la houcharde et la ripe. Pour les pierres calcaires tendres (32), on fait usage du ciseau^ de la 'pioche à pierre tendre^ du marteau dit rustique et du marteau tranchant; mais le plus souvent la taille des calcaires tendres se fait sans ciseau.
Le iétUy fig, 20, est un lourd marteau en fer aciérc, qui porte une
tète carrée d*un côté et une pointe de Tautre. Les ouvriers s'en servent pour dégrossir les pierres quand elles sont très-irrégulières et qu'il y a beaucoup d'abatage; dans ce travail, ils doivent apporter une grande attention pour bien diriger leurs coups, afin de ne pas abattre plus de pierre qu'il ne faut. Le têtu est ordinairement fourni par Fentrepreneur.
Les ciseaux, fig. 21, sont des morceaux d'acier ou de fer aciéré à l'extrémité, de forme cylindrique ou prismatique, dont le diamètre varie de C^Ol a 0",02 et la longueur de 0",15 k 0*,20, et qui sont aplatis aune extrémité, de manière à former un tranchant, que l'ouvrier a soin d'affûter au fur et k mesure qu'il s'arrondit, et de faire rebattre k chaud quand il est usé.
Les gradines sont des ciseaux dont le tranchant est den-
y télé; on les emploie pour tailler les pierres très-dures; pour les piBrres tendres, les ciseaux a tranche large leur sont préférables.
Les poinçons sont des espèces de ciseaux ronds ou carrés, dont le tranchant est remplacé par une simple pointe; ils servent ordinairement pour faire les refouillements et les percements de trous.
Pour se servir des ciseaux, gradines et poinçons, avec la main gauche on les serre en appliquant leur tranchant ou leur pointe sur la pierre, et de la main droite on frappe sur leur tête avec un maillet en bois de charme ou de buis, dont la forme varie suivant les localités, ou avec une massette en fer, de la forme d'un parallélipipède et percée d'un trou qui reçoit un manche en bois.
La pioche à pierre dure, fig. 22, est un marteau en fer terminé par des pointes aciérées a quatre pans. Pour les pierres très-dures.
Pig.îl.
Pig- **• ces pointes ne doivent pas être trop
fines, car elles se briseraient trop facilement.
La pioche à pierre tendre a à peu
près la môme forme que la précé-
1) ':) I dente ; seulement Tune des pointes
est remplacée par un tranchant de 0",03 ou 0",04 de largeur, et lautre par une herminetie de même largeur.
On donne le nom d*herminette k une espèce de hachette recourbée, à tranchant perpendiculaire au manche, et qui sert le plus habituellement h planer et dolor le bois.
Marteau hretté ou laye. On nomme ainsi un marteau dont les extrémités, aplaties dans le sens pa- '"■ '^* rallèle au manche, forment des
tranchants qui sont découpés en dents; cette disposition facilite beaucoup le dressage des parements de lapierre. Pour les pierres tendres, le marteau n*est ordinairement bretté que d*un côté, Faut rc tranchant reste uni, comme Tindique la figure 23.
Le marteau bretté est Toutil au moyen duquel on finit de dresser les parements des pierres; aussi faut-il une certaine habitude à s*cn servir pour faire convenablement ce travail. Une pierre dressée au marteau bretté est dite layée.
Le rustique a absolument la même forme que le marteau bretté; seulement les intervalles des dents sont beaucoup plus grands, ils ont ordinairement 0*,005 ou 0'",006 En général le choix de la pioche et du marteau consiste, de la part
Fig. 24.
de Touvrier, k bien les prendre k sa main, a vérifier s*il n'y a pas de paille dans Tacier formant les pointes et les tranchants, et si les côtés de Tœil sont assez épais pour avoir une résistance convenable; il arrive souvent que, faute de remplir cette dernière condition, l'outil se casse dans Fœil quand on le fait recharger d*acier.
La ripe^ fig, 2i, est une tige en fer dont les extrémités sont recourbées en sens opposés et portent des tranchants en acier, dont l'un est denté et l'autre uni. L*ouvrier, prenant cet outil a la main, passe d'abord le côté denté sur les parements des pierres pour en
OUTILS KT APPAnriLS.
Fîg.
effacer les inégalités laissées par le marteau bretté, puis il terniioe la taille avec le tranchant uni.' Une surface est ordinairement terminée quand elle a été passée à la ripe. La baucharde est un marteau dont les têtes sont carrées et taillées
en pointes de diamant, comme ri ndique la figure 25, qui représente dans sa moitié des pointes déjà usées.
Cet outil est ordinairement fourni par Tentrepreneur. Pour s'en servir, / ^ |X|XIXI7U l'ouvrier frappe du plat de ses têtes les / ^ yvy\X! y^ parements dégrossis à, la pioche, de L—l^ 1^>KN n< m ^ manière a en détacher les aspérités. Sur différents travaux liydrauliques, les parements des pierres sont entièrement terminés au moyen de la boucharde fine, avec laquelle on les frappe entre quatre ciselures parfaitement régulières qui forment les arêtes des pierres. A Paris, les parements des pierres sont layés, c'est-à-dire dressés au marteau bretté, puis passés à la ripe. ' Plusieurs constructeurs préfèrent ce dernier mode de travail, en objectant que la boucharde. meurtrit la surface des parements, et en facilite Téclat à la gelée. Nous nous sommes souvent rendu compte de la valeur de cette objection, et nous avons remarqué que les parements bonchardés ne s'écaillaient a la gelée que quand les pierres n'étaient pas d'une grande dureté ; mais que pour les pierres trèsdures, la boucharde n'était pas plus nuisible que le marteau.
On se sert aussi de la boucharde pour dégrossir les parements, dont on enlève ensuite les aspérités au moyen du marteau bretté, après lequel on passe le côté denté de la ripe, puis le côté uni pour terminer la taille.
Aux outils dont il vient d'être question, il faut ajouter, pour compléter l'outillage ordinaire du tailleur de pierre, cinq ou six ciseaux, une cc|uerre en fer, un compas, deux règles plates de i centimètre d'épaisseur sur 4",50 à 2 mètres de longueur, et une brosse. Le tout se place ordinairement dans une boite en tôlQ ou en cuir, dont le fond est en bois, et que les ouvriers nomment botte.
Les tailleurs de pierre qui travaillent ordinairement aux ravalements sont en outre munis d'une série complémentaire de petits outils, tels que guîllaumes, petits ciseaux, ripes, etc., dont les formes varient suivant les moulures à ravaler.
15tf. Instruments composant V outillage»
oriijiaire du compagnon maçon.
Auge, C'est le nom que l'on donne à l'espèce de coffre à base rectangulaire et à parois latérales évasées, Jig. 26, dans lequel le maçon place son niortier ou
Pig. 26.
302 PHCMIÈnE PAIITIB. — * MAQONNBniB ET TERRASSE.
gftche son plâtre au moment de remployer. La longueur intérieure de Fauge est ordinairement de O'^ÎS au bord supérieur et 0*,50 au fond; sa largeur, de 0",50 en haut et 0*,30 au fond, et sa profondeur varie de 0",22 a 0»,26.
Pour le plâtre, les auges se font en chêne, et on les rabotte bîen a Tintérieur, afin que le plâtre y adhère moins. Â part les assemblages qui relient entre elles les parois d'une auge, on s'oppose encore a leur disjouction par de petites équerres, en zinc épais ou en fer, fixées sur les arêtes. Les auges employées pour mettre le mortier sont ordinairement en sapin. *
Le compagnon maçon qui travaille le plâtre doit toujours être muni de deux auges; une est près de lui, et il en emploie le contenu pendant que le garçon est en train de remplir Tautre au gâchoir. Truelle à mortier. Cette truelle, qui est ordinairement en fer, varie de forme suivant les localités ; celle dont Fjg. î7. ^^^ jgg niaçons limousins se servent le plus habituellement a la forme indiquée Jîg. 27, on la désigne sous le nom de guerluchjone. L'espèce de pointe arrondie que forme son extrémité est très-commode pour faire pénétrer le mortier dans les joints.
Depuis quelques années, beaucoup de maçons remplacent laguerluchone par une truelle en fer dont la forme se rapproche de celle de la truelle li plâtre; sa lame a environ 0-,48 de longueur, O^oe de largeur à son extrémité, et 0»,08 à O'-jOS près du manche. Cette forme do truelle paraît plus commode que la première pour prendre le mortier et, en outre, elle est plus avantageuse pour faire les enduits, que Ton dresse beaucoup plus facilement. Pour faire les rejointoyements, on se sert d'une petite truelle nommée spatule, dont la lame, qui a environ 0",12 de longueur et 0»,03 à 0-,04 de largeur, se termine en pointe arrondie comme la guerluchone. Cette spatule sert aussi au maçon qui* fait des enduits en mortier de chaux ou de ciment, pour enlever le mortier qui s'attache après sa truelle. Truelle à plâtre. Elle est ordinairement en cuivre jaune; le fer Fig. M. s'oxydant très-vite par son contact avec le
plâtre, qui s'y attache fortement en lui faisant perdre son poli, ne permettrait pas au maçon de lisser ses enduits avec facilité, ni de nettoyer continuellement sa truelle en la passant simplement entre ses doigts, avantages que possède le cuivre.
La figure 28 indique la forme de la truelle à plâtre. Les maçons doivent éviter d'ébré-
OUTILS ET APPAREILS. fi03
cher les côtés de cet outil en en frappant des corps durs; car les petites aspérités qui en résulteraient pourraient leur écorcher les doigts pendant le nettoyage, et rayer les enduits au lieu de les lis^ ser, dernier inconvénient qui serait surtout sensible quand les enduits ne doivent pas être passés k la truelle brettée, comme, par exemple, ceux en plâtre au panier (87). Les angles de la truelle doivent aussi toujours être bien nets, afin que le maçon puisse enlever facilement le plâtre des angles de l'auge^.
Pour nettoyer et polir la truelle en cuivre, le garçon la frotte avec un morceau de chaînon mouillé, qu'il a choisi bien brûlé, ou avec un morceau de bois de sapin sous lequel il écrase des petits morceaux de charbon tendre, qu'il trouve dans le plâtre et qui proviennent de sa cuisson. 11 doit éviter de la frotter avec du grès ou autre matière de ce genre; car, au lieu de la polir, il la rayerait tellement que le plâtre ne pourrait plus s'en détacher. Un garçon doit polir la truelle de son compagnon aussitôt qu'il s'aperçoit que le plâtre s'en détache difficilement. Quant au choix de la truelle en cuivre, lorsque le maçon en fait l'acquisition, il consiste à la prendre bien à sa main ; celles dont le manche est un peu ouvert sont les plus commodes ; il faut aussi observer si le cuivre est bien jaune ; s'il n'y a pas de défaut dans la lame ni dans le manche. La grandeur de la truelle est indiquée par l'un des numéros 5, 6, 7 ou 8, qui se trouve sur la lame, suivant que celle-ci a respectivement 0»,i70, 0",i78, 0",i85 ou 0",19 de longueur, et à peu près autant de largeur près du manche ; la truelle n<» 7 est celle qui est employée le plus fréquemment ; mais l'habitude et la force de l'ouvrier le guident quant à la grandeur qu'il doit prendre.
La truelle des plafonneurs (45) est généralement en acier trèsmince» et elle est plus allongée que la truelle en cuivre. La longueur de la lame est moyennement 0",22 à 0",8I5, et la largeur 0",12 à 0",i5 près du manche et 0",07 à 0",09 à son extrémité, qui est parfois arrondie comme pour la guerluchone. Cet outil réclame le même soin
d'entretien que la truelle en cuivre ; Fig. Î9. ^^__^ gjjg ^j^j^ ^^pg Igjjy jj^jjg ^j^ ^^i par.
fait de propreté, et ses arêtes doivent être nettes et sans dents, afin qu'elles ne fassent pas de rayures
( " f (fA quand on lisse le plâtre.
^^^ Hachette. On nomme ainsi un
marteau k tête carrée d'un côté et à tranchant de l'autre, Jig. 29. La tête sert à frapper sur les moellons pour les diriger et les tasser sur le lit de mortier, et le tranchant
s'emploie pour les fendre et les équarrir lorsqu'ils n'ont pas des
Fig. 30.
dimensions et des formes convenables pour remplir l'espace qu'ils doivent occuper dans la maçonnerie. Le tranchant sert aussi à smillèr ou piquer les parements, a ébousiner les lits pour les rendre horizontaux, et a hacher et démolir les vieux plâtres et mortiers.
Le maçon à plâtre doit aussi être muni d'une petite hachette, de même forme, mais de dimensions beaucoup moindres que la précédente, qui est dite grosse hachette. Il s'en sert pour clouer les lattes de pans de bois et de plafonds, enfoncer les chevillettes, hacher les crevasses, équarrir les soudures, etc.; en un mot, cet outil est un de ceux qui lui sont le plus indispensables et dont il Cait usage à chaque instant.
Pour tailler les moellons durs, le tranchant de la hachette doit être très-court dé biseau et très*étroit ; pour les moellons tendres, au contraire, le tranchant doit être très-allongé et le plus large possible. Les piqueurs de moellons exécutent ordinairement leur travail au
moyen d'une espèce de hachette, nommée laye, dont le tranchant est très-court et a ordinairement O'^IO à 0",42 de largeur.
Marteau de maçon. Cet outil est a peu près de même forme que la grosse hachette, seulement le tranchant est remplacé par un pic très-allongé, // fig. 30. On s'en sert pour faire ' les démolitions et pour percer
les trous de scellements dans les murs.
Pour les démolitions d'ouvrages hydrauliques, on emploie un marteau dont la forme offre plus de résistance que le marteau de maçon à plâtre; sa pointe est plus raccourcie, et la tête est moins longue et d'un carré beaucoup plus fort.
Fil à plomb. Cet outil guide pour élever les parements de murs et faire les arêtes et les angles verticalement 11 est ordinairement composé, comme l'indique la figure 3i, d'un' tronc de cône en fer ou en cuivre, dans l'axe duquel passe un cordeau appelé /oi^< (109), qui y est retenu par un nœud ; d'une plaque carrée de même métal que le tronc de cône, que les ouvriers appellent chat, et qui est percée a son centre d'un trou qui lui permet de glissjer le long du cordeau; enfin d'une autre plaque en métal ou en bois, qui fait l'offico de bobine pour y entourer le cordeau.