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OUTILS ET APPAUEILS.
Pig. 3î.
Le chat a pour côté le grand diamètre du plomb, de manière qu'en le tenant horizontal et en appliquant une de ses arêtes contre le haut du parement d'un mur, si on laisse pendre librement une certaine longueur de cordeau, et que le bord inférieur du plomb ne fasse que se biettre en contact avec le mur, c'est que le parement est vertical ; si, au contraire, ce bord inférieur se trouve séparé du mur, c'est que le parement surplombe, pour la hauteur qui sépare le chat de la base inférieure du plomb, de la quantité dont il est éloigné du plomb ; enfin, si pour amener la grande base du tronc au contact du mur on est obligé d'éloigner le chat du parement, réloignement sera le fruit du mur pour la hauteur qui sépare le chat du plomb ; ainsi, cette hauteur étant de 2 mètres, par exemple, et la distance du chat au mur de 0",10, c'est que le fruit du mur est de 0",05 par mètre.
La longueur minimum du cordeau doit être de 9 à 10 mètres. Nkeau de maçon, Cest, ^g. 32, un système composé de deux petites règles assemblées k angle droit dans deux petits montants de même largeur et de môme épaisseur, et dont Tune se trouve à 0",06 ou 0",07 des extrémités inférieures de ces montants. Par un trou percé au milieu de la traverse supérieure passe un cordeau au bout duquel est suspendu un petit plomb ; ce cordeau coïncide avec un trait marqué sur la traverse inférieure, quand les pieds des deux montants sont dans un même plan horizontal. D*après cette disposition. Ton conçoit que plaçant les pieds du niveau en tous sens sur une surface, si le cordeau, rendu libre en tenant convenablement lé niveau, coïncide toujours avec le trait vertical marqué sur la traverse inférieure, c'est que cette surface est horizontale. Faisant reposer une règle de largeur uniforme sur deux points suffisamment éloignés, et posant le niveau sur la règle, il indiquera encore si les deux points sont à la même hauteur, et, dans le cas contraire, lequel est le plus élevé; il est évident que celui-ci se trouvera de l'autre côté du petit trait par rapport au cordeau.
Pour poser une règle de niveau, ou obtenir un point de niveau avec un autre, il suffit de reposer une des extrémités de la règle de largeur uniforme sur le point donné, et de placer le niveau sur le milie^ de cette règle, dont on élève ou abaisse l'autre extrémité jusqu*à ce que le fil k plomb vienne battre dans le petit trait; la règle sera alors de niveau j et tous les points de son côté inférieur le seront également avec le point donné.
Uavanlage de ce niveau est de permettre de placer une règle hori-
zontalement, même quand on ne peut pas placer le niveau dessus, comme, par exemple, quand il s'agit de poser la règle pour faire la feuillure de la traverse supérieure d'une croisée qui atteint près du plafond. On opère alors comme dans le ras précédent ; seulement, au lieu de placer les pieds du niveau sur la règle, on applique sa traverse supérieure en dessous. On conçoit que ce niveau peut aussi servir à vérifier directement l'horizontalité de la face inférieure d'un objet quelconque.
Le niveau de poseur^ que les maçons emploient encore quelquefois, quoique moins commode pour eux que le précédent, et ne jouissant pas du dernier avantage que nous venons de signaler, est composé de trois règles en bois ou en fer formant un triangle isocèle rectangle, au sommet de l'angle droit duquel est suspendu le fil à plomb ; la règle formant la base du triangle porte en son milieu le petit trait vertical de repère, et se trouve à 0",07 ou 0",08 des pieds du niveau ou des extrémités des deux premières règles. En posant ce niveau sur une règle, ou en tous sens sur le lit d'une pierre, le poseur reconnaît s'il y a horizontalité, comme avec le niveau de maçon.
Le guillaume, fig. 33, est un espèce de rabot en bois dur, taillé
en biseau très-allongé, garni d'une '^* ' lame d'acier sur le biseau et évidé
^ '■ ^■M^A de manière a former une poignée
-^ vers l'autre extrémité. Cet outil
sert à prolonger et à régulariser les arêtes et les cueillies d'angle , lorsque les règles ne sont pas assez longues, ou que ces ouvrages sont mal dressés; on l'emploie aussi pour couper et prolonger les moulures lorsqu'on les fait, en totalité ou en partie , sans calibre. Le maçon à plâtre fait un u^sage continuel du guillaumc , dont il doit affûter le fer avec soin , et le poser de manière qu'il effleure, sans le dépasser, le dessous du guillaume, sans quoi il mordrait dans les arêtes, cueillies et monlures^ et ne permettrait pas de les dresser.
Les guillaumes, principalemoot ceux employés k l'exécution des moulures, sont de dimensions très-diverses. Le gros-guillaume , qui pj 34 est employé le plus communément, a
environ 0",50 de longueur, 0",06 de largeur, et O'yOi d'épaisseur; il est ordinairement en bois de charme ou de hêtre.
Truelle brettée. C'est une plaque d'acier de forme rectangulaire, au centre de laquelle est fixé un manche perpendiculaire à son plan; les deux
grands côtés de cette plaque sont taillés en biseau, dont un est denté, ^^. 34.
Cet instrument est peut-être le plus important de tous ceux dont se sert le maçon a plâtre , tant sous le rapport de son usage fréquent que sous celui du tact et de l'habitude que réclame son emploi. Il sert à nettoyer et à dresser les enduits en plâtre ; le ma* çon passe le côté denté sur les enduits sitôt que le plâtre a fait prise, pour les dégrossir, puis il donne le fini désirable avec le côté uni. C'est à la perfection de ce travail, fait à la truelle breltée, que Ton reconnaît le maçon habile ; il a fait disparaître toutes les Haches et les côtes , qui choquent d'autant plus l'œil que l'enduit se rapproche davantage du poli.
Un choix bien entendu , lorsque le maçon fait Tacquisition de la truelle brettée , contribue beaucoup h la facile et bonne exécution du travail ; aussi doit-il bien observer si l'acier est dur, s'il n'y a pas de paille dans la lame ; car, malgré tous ses soins, une truelle paii- Icuse ne lui donnera jamais que de très-vilains plâtres; il doit choisir celle dont la fourchette est la plus courte ; une lame mince et trop large sautille continuellement sur le plâtre, et il est bien difficile d'en tirer un bon parti; le manche en bois doit porter un repos, c'est-à-dire une petite cheville qui le retient solidement à la queue en fer, sans quoi le ballottement continuel de la truelle dans son manche nuit beaucoup à la perfection des enduits.
L'affôtage de cet outil réclame aussi tous les soins du maçon : il doit faire les biseaux le plus courts possible ; bomber un peu les tranchants dans le sens de la longueur ; car s'il les faisait creux ou même droits, les angles marqueraient sur le plâtre quand on le nettoierait; tandis qu'avec un peu do rond, en ayant soin de baisser légèrement la main , on parvient toujours à bien dresser et unir les enduits.
Le maçon, en se servant de la truelle brettée, doit éviter avec soin de la heurter contre des ferrements , des clous ou tout autre corps Fig, 3s. ^^^ 5 ^'^^ ^^^ brèches qui se feraient au tranchant raye* raient les enduits et leur donneraient une aspect désagréable.
La truelle brettée est aussi employée pour dresser les revêtements en ciment romain ; mais alors la lame doit être épaisse et très-dure , afin qu'elle s'use le moins possible par le frottement sur les grains de sable que contient le mortier.
Le riflard^ fig, 35, est une espèce de ciseau k manche en bois dur, dont la lame en acier a 0'",06 de largeur. On s'en sert pour recouper les repères et les nus, pour dégager les cueillies d'angle, couper les arêtes et dégrossir les mou-
IMlEMlÈIiE PARTIE. — ."ilAÇON.NElUE ET lEIlUAbSi;.
lures , lorsqu'on les fait à la main ; on remploie aussi pour neltoycr les plâtres dans les endroits où l'on ne peut atteindre avec la truelle brettée. Une grande habitude est indispensable pour se servir du riflard avec précision.
Un bon choix, lors de l'acquisition du riflard, ne contribue pas peu à la perfection des travaux auxquels on l'emploie; aussi faut-il, comme pour la truelle brettée, rechercher une lame en acier dur et privé de paille ; mais les lames minces sont toujours préférées.
En affûtant le riflard, il faut allonger, autant que possible, le biseau , et faire le tranchant parfaitement droit et un peu en onglet, comme l'indique la figure 35, ce qui le rend plus commode pour dégager les angles.
11 faut éviter de heurter le riflard contre des corps durs; les brèches qui en résulteraient le rendraient impropre à fournir un bon travail, ou exigeraient un afl'ûtage pour les faire disparaître; c'est pour cette raison que les garçons doivent éviter de nettoyer les auges et les taloches avec cet outil.
Taloche, Cesi^Jig, 36, une planche rectangulaire en bois dur,
dont une face est parfaitement dressée , et l'autre surmontée , au milieu, d'une traverse en bois, dans laquelle se trouve fixé , perpendiculairement à la taloche, un manche également en bois. On en fait usage pour exécuter les enduits et les crépis ; le maçon, la prenant dans sa main gauche, par le manche, la place horizontalement, le manche en bas, et la couvre de plâtre, qu'il puise dans l'auge avec sa truelle ; alors il prend le manche a deux mains, et promène la taloche contre le mur ou sous le plafond, en y faisant adhérer le plâtre, qu'il étale convenablement.
Un maçon a ordinairement deux taloches, une petite pour les crépis, et une grande pour les enduits ; la première a environ 0",45 de long sur 0«»,2I6 de large, et la seconde, 0",50 3ur0'",35. Elles sont ordinairement en bois de chêne ou de noyer de 0'",0i d'épaisseur, et quelquefois moins.
Aux instruments que nous venons de passer en revue, un maçon doit ajouter, pour avoir un outillage complet, deux règles en bois de chône ou de sapin, de 2 mètres de longueur, dont une plate, de 0,40 de largeur sur 0",03 d'épaisseur, et l'autre carrée, de 0",04 de côté, dont il se sert pour battre les nus, faire les arêtes, les cueillies d'angle, les feuillures, etc.; 6 chevillettes en fer, a crochet, et de
OLTILS ET APPAREiLS.
JL
0",30 environ de longueur, fig. 37, avec lesquelles il fixe ses règles; enfin, une série de petits outils en fer aciéré, tels que gouges, petits fers^ grattoirs, fig. 38, équerres en fer et en bois, petits guillaumes, etc., qu'il emploie pour pousser et raccorder a la naain les moulures, les
Fig. 38.
retours de chapitaux, de corniches et autres travaux de moulures interrompus dans les emplacements où l'on ne peut faire glisser le calibre.
Cette partie minutieuse de l'outillage du maçon doit être constamment dans un état complet de propreté ; aussi le garçon doit-il , aussitôt que le compagnon s'en est servi, les passer au sable, puis les graisser avec du suif pour les empêcher de se rouiller.
Bell
156. Les échafauds sont des espèces de planchers provisoires sup^ portés par une charpente légère , que l'on établit sur les ateliers de maçonnerie, pour faciliter le travail, et que l'on élève au fur et à mesure que la construction monte. La destination temporaire deS' échafauds permet de leur donner une grande légèreté ; mais leur solidité doit être suffisante pour supporter les ouvriers qui travailler ront dessus, ainsi que les matériaux qui pourront y être accumulésL L'ouvrier chargé de les établir doit y apporter une attention toute particulière ; ce qui lui est assez prescrit par les graves accidents qui résultent presque toujours de la négligence mise à bien faire «q travail : i
On peut diviser les échafauds en deux classes : la première cùiatn prenant ceux qui sont simplement faits par les maçons, et qui sofxtà les plus ordinairement employés ; la seconde, ceux qui sont étaMi»: par des charpentiers, pour la construction des monuments importants. Le cadre de cet ouvrage ne nous permet d'examiner que les^ échafauds de la première classe. . . ! ,
157. Nous distinguerons trois sortes d'échafauds établis parles^ maçons eux-mêmes : • . . . : ^
l* Les échafauds sur plans verticaux^ servant, k construire! lesmurs, pans de bois et cheminées, et a restaurer les ravalemei^de' toute nature. .r ...; i
S" Les échafauds sur plans horizontaux^ pour construire les plafonds et faire les rejointoyements et enduits de voûtes.
3** Les échafauds volants^ employés pour faire les ravalements partiels ou autres ouvrages qui n'ont pas besoin d'être échafaudcs de fond.
flSB. Les agrès nécessaires à rétablissement de ces échafauds sont les cordages ou troussières (109), les échasses ou écoperches^ les bou" lins^ les planches et les échelles.
On nomme échasses ou écoperches les pièces de bois de brin que Ton dresse pour supporter les planches d'échafauds; on les prend en aune ou on sapin, dont la légèreté les rend faciles a manœuvrer; elles ont de 5 a iO mètres de longueur, et de 0",i5 a 0",25 de diamètre au pied; au sommet, elles se terminent quelquefois en pointe, mais alors on ne doit pas le^ charger dans toute la partie qui a moins de 0'",07 k 0'»,08 de diamètre.
Les boulins sont des morceaux de bols ronds, ordinairement en aune ou en chêne, dont la longueur est environ de S'^SO et le diamètre de 0",iO k 0°,15, et que Ton emploie pour former les traverses horizontales des échafauds. Les boulins en chêne sont de beaucoup préférables à ceux en aune, qui ont Tinconvénient de se rompre tout à coup, quelquefois sous des charges peu considérables.
On désigne sous le nom de morizets des boulins de 4 mètres environ de longueur, que Ton emploie généralement pour les écha-* fauds de plafonds.
En général, il faut éviter de se servir d'échasses et de boulins en bois échauffé ou pourri dans toutes ses parties, ou même en quelques-unes. L'ouvrier, avant de s'en servir, doit observer minutieusement s'ils n^ont pas quelques défauts qui pourraient occasioniwr leur rupture, quand les échafauds seront chargés d'ouvriers. et iM matériaux.
<^Lii^ planches que l'on emploie à la construction des échafauds ^viennent des déchirages de bateaux; elles ont ordinairement 4 mètres de longueur, 0",30 a 0'»,35 de largeur, et 0",04 a 0-,05 d'épiisseur; pour les empêcher de se fendre, on cloue trois petites tltt^erses sur une de leurs faces, une a chaque extrémité et une vers kiUilieu.
"'^helles. Il y en a de dimensions très-diverses ; les montants des pllis^randes dont on se sert sur les chantiers de constructions sont généralement en bois de brin; on en maintient Técartement, de (^ance en distance, par des boulons en fer et k écrous, qui remplacent en même temps des échelons ; ceux-ci sont en bois de charme oofd'eune, on les. fait plus forts au milieu que vers les extrémités (ulcaààrées dans les montants, et on doit avoir soin de remplacer immédiatement ceux qui sont cassés ou qui paraissent trop faibles.
OUTILS ET ▲PPAREiiS.
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L'inclinaison minimuni à donner aux échelles pour faciliter le montage est environ le 1/4 de leur longueur; même, sous cette plus faible inclinaison* les échelles tendent à fléchir sous leur propre poids et les charges qu*elles supportent; pour éviter cet inconvénient, empêcher la rupture et s'opposer aux ballottements continuels, lorsque les échelles sont longues et que les charges qu^elles ont a supporter sont grandes, on les étançonne en leur milieu à Taidé de deux écoperches, qu'on relie et qu*on dispose en arcs^boutants sous le derrière des échelles.
L'entr^axe des échelons qui rend le montage le plus facile est de 0",d8 environ.
159. Échafaud sur ^ilan vertical^ fig. 39. Pour établir cet écha-
faud, on commence par placer verti- ^**' ^^* calement, a 1",50 du pied du mur ou
Idu pan de bois à construire, des échas- ^^ ses espacées entre elles de 2 mètres; ^ on scelle leurs pieds dans le sol ou I 1 simplement dessus, au moyen de petits massifs en moellons et plâtre, que l'on appelle patins. Cela fait, tous les 4",75 de hauteur environ, et au fur et à mesure que la construction s'élève, on place des boulins, qu'on lie d'un bout aux échasses au moyen de cordages à main, et que de l'autre on scelle de 0*,iO au moins dans le mur ou le pan de bois; sur chaque étage de boulins on établit un plancher en planches de bateau, en ayant bien soin d'éviter les bascules. Lorsqu'on a élevé la maçonnerie aussi haut qu'il est pos*sible au-dessus d'un plancher, on pose les boulins de l'étage supérieur, et dessus on place des planches du plan* cher que l'on va quitter. On a soin de laisser tous les boulins en place pour consolider les échasses, et sur chacun de leurs étages on réserve un rang de planches pour faciliter le travail si l'on a des alignements ou des aplombs à relever.
Lorsque les murs d'un bâtiment sont en pierre de taille, on ne peut y sceller les boulins; alors on dresse les échasses en face des croisées, et vis-k-vis, sur les appuis de celles-ci, ou à l'intérieur du bâtiment, on pose des boulins verticaux, auxquels on relie les bou-
Si2
Fig. 40.
lins horizontaux comme aux échasses; c est ce que montre en A la fig. 39.
Lorsque les échasses n*ont pas une longueur suffisante pour atteindre le sommet du mur à construire, on les enie^ c'est-à-dire qu'on les prolonge par d'autres qu'on relie à leur sommet, en ayant soin de faire reposer le pied de chacune de ces dernières échasses sur un des derniers boulins horizontaux : la fig. 39 montre cette disposition en B. Gela fait, on continue Téchafaud comme si les échasses étaient d'une seule pièce.
140. Échafaud sur plan horizontal, ûg. 40. Pour établir un tel échafaud, pour un plafond, par exemple, on place verticalement
des boulins le long de deux murs opposés» de la pièce à plafonner, en les espaçant de 2 mètres environ l'un de l'autre; a ces boulins, comme la figure 40 l'indique en a, on lie des traverses horizontales, sur lesquelles on pose le plancher de l'échafaud.
Ces traverses sont ordinairement formées par des écoperches ou des morizets (138), que l'on ente, comme lB.Jig. 40 l'indique en 6, pour leur donner la longueur de la pièce; on a soin de les étrésillonner en dessous, de distance en distance, pour qu'elles puissent supporter le plancher et la charge, qui est assez considérable, surtout quand on étrésillonne sur l'échafaud les planches qui servent à construire les augets du plafond.
La hauteur à laquelle on pose cet échafaud est telle, que la distance entre la tête des hommes qui travaillent dessus et le plafond soit de quelques centimètres sans dépasser 0",06 à O-^OT; un plus grand intervalle rend le travail fatigant et difficile, surtout pour jeter et enduire le plafond.
Quand on peut, sans inconvénient, percer les murs, on y fait des trous pour sceller les bouts des traverses, et l'on supprime les boulins Verticaux, lesquels, s'élevant presque toujours au-dessus de réchafaud, obligent d'interrompre les enduits des murs et de les raccorder quand on les a enlevés : cette disposition est indiquée en c par la^^. 40.
En posant les planches sur les traverses, il faut avoir bien soin d'éviter les ressauts des bouts de planches, les bascules, les trous et les trop grands intervalles entre les planches; car les maçons, en enduisant le plafond, sont tellement pressés par la prise de leur plâtre, qu'ils courent continuellement sur l'échafaud sans regarder
OUTILS ET APPÂllEILS.
Fig. 4!.
à leurs pieds, et Ton conçoit que si Ton ne prenait pas les précautions précédentes, ils pourraient tomber et se blesser grièvement.
Les échafaudages qui servent à enduire les voûtes s'établissent à peu près de la même manière que pour les plafonds.
141. Échqfauds volants. Ces échafauds se construisent de diffé^ rentes manières, selon la nature des travaux et la disposition des emplacements où on, les exécute. Pour les travaux de bâtiments, quand il y a impossibilité de faire reposer les échasses sur le sol, comme dans une rue étroite et très-fréquentée, par exemple, si Ton peut disposer du premier étage, on établit un échafaud k bascule,
fig. 4i. De fortes pièces de bois A se posent horizontalement sur les appuis des fenêtres', et Ton s'oppose à leur mouvement de bascule en serrant leur partie intérieure entre un potelet G, qui repose sur le plancher, et un poteau vertical B, dont l'extrémité supérieure s'appuie sous le plafond. Sur les par* ties extérieures de ces pièces, on établit le premier plancher de Téchafaud ; puis, a une distance convenable du mur, on scelle les pieds des échasses avec de forts patins en plâtre, comme on le ferait sur le sol.
Lorsque le travail est de peu d'importance, et que le premier plancher ne doit pas porter d'échafaudage supérieur, on en remplace les pièces horizontales A par de forts morizets, dont on empêche le mouvement de bascule en les attachant simplement
Fig. 41.
après un boulin vertical s'appuyant sur le plancher et sous le plafond, et qui remplace ainsi le potelet G et le poteau B.
Quand le premier étage du bâtiment n'est pas libre, on supporte la partie extérieure des premiers boulins horizontaux par des boulins inclinés, dont les pieds sont scellés au bas du mur dans des patins en plâtre^ comme l'indique iB^fig. 42. On établit ensuite l'échafaud sur le premier plancher» comme dans le cas précédent.
Gomme, dans cette disposition, il y aune force qui tend a détacher l'échafaud du mur, pour éviter tout mouvement, on scelle avec
tu PKEMIÈnB PARTIE. •«- MAÇONNERIE ET TERRASSE.
le plus grand soin, dans le mur, les boulins du premier rang, et il convient même de fixer k chacun une patte en fer qui tient dans le scellement.
Pour des réparations accidentelles , les ëchafauds ne se corn* . Fig. 43. posent souvent, comme l'indique lujig. 43, que d'une ou deux planches placées sur des boulins liés aux extrémités de cordages, qui viennent passer sur le sommet du mur pour ^er se fixer par leurs autres extrémités contre la face opposée de ce mur, soit k des crampons, soit k des pièces de bois chargées de pierres. Le frottement considérable des cordages sur le mur permet de se servir d'amarrages d'une résistance non très-considérable , mais qui doit toujours se trouver au delk de la limite nécessaire.
Ce système d'échafauds est très-souvent employé k Paris pour les travaux de réparations des murs de quais.
Enfin, parmi les échafauds volants se range naturellement celui qui est composé uniquement d'une corde à nceiids, que Ton ^e au sommet du mur en la laissant pendre sur la face k réparer, et k laquelle on se suspend pour travailler.
L'ouvrier s'asseuit sur une petite sellette en bois garnie de deux bretelle»^ qui passent une de chaque côté de l'ouvrier pour venir s'accrocher k la corde , k l'aide d'agrafes en fer dont elles sont garnies; en outre, aux jambes de l'ouvrier, au-dessous des genoux, se trouvent fixées des lanières, également années d'agrafes, qui s'accrochent aussi k la corde. Cette quadruple attache, non-seulement rend libres les deux mains de l'ouvrier, mais aussi lui permet, en descendant ou en montant l'une après l'autre les quatre attaches, de descendre ou de monter sans trop de fatigue le long de la corde. Le diamètre de la corde est le plus ordinairement de 0",034; c'est un hauban de 4 torons de chacun 40 fils de caret. La distance de milieu en milieu des nœuds varie de 0",30 a»0",40.
Les maçons font assez rarement usage de ce genre d^échafauds; mais les badigeonneurs et les fumistes l'emploient très-fréquemment k Paris.
On conçoit que, pour ces deux derniers systèmes d'échafauds, on doit, avant toi^t, s'assurer que les points (îattache des cordes sont solides, et que celles-ci réunissent toutes les conditions qui concourent k leur donner une grande résistance (108).