CHAPITRE V
149. Les travaux de terrassements comprennent toutes les opérations ayant pour but de transformer le sol, soit en y rapportant des terres pour le rehausser, soît en le fouillant pour y pratiquer des excavations pour la construction de% ouvrages d'art, tels que routes, canaux, fondations d'édifices, etc.
145. OtUiU. Pour exécuter les déblais dans les terres ordinaires, Ffg. 44. les sables, les graviers, etc., les Ou-
vriers terrassiers commencent par les ameublir avec une pioche dite tour* née. Cet instrument , Jig. 44 , est en fer aplati et pèse de Sl^,5 à 3^,75; ses extrémités, aciérées sur 0",06 de Ion* gueur, sont Tune k tranche plate très»
allongée et en forme A'Kerminette^ et Fautre a pic ;if est percé au milieu d*un trou circulaire pour rece* voir un manche de 0",86 de longueur et de 0",035 de diamètre. Une tournée de 0-,70 de longueur totale, et de 0",075 de largeur.a Textrémité de Vherminette, pèse 3*,75, et coûte 7 francs, y compris le manche qui entre pour 1 franc dans ce prix.
Pour enlever les terres au fur et à mesure qu'elles sont piochées, les ouvriers se servent de la pelle* L*état de cet instrument, que tout le monde connaît, et surtout sa bonne disposition influent d'une manière très-sensible sur la quantité d'ouvrage faite par les terrassiers. Aussi a-t-on lieu d'être étonné de ne pas voir encore un modèle de pelle généralement adopté; au contraire, on voit journellement les ouvriers se servir de pelles de formes différentes ; les unes sont en bois, les autres en fer; elles sont ordinairement rondes, ou de coupes plus ou moins bizarres; les manches sont droits ou courbés. Eniîn, avec toutes ces formes plus ou moins avantageuses k Taccélération du travail , on s'explique difficilement comment une grande partie des ouvriers et entrepreneurs n'ont pas encore compris l'importance qu'il y aurait pour eux d'adopter le modèle qui aurait une fois été reconnu pour le plus commode et le plus avantageux.
SH6 PnEMIÈnE PAUTIE. — UAÇONNERIB ET TERIVASSC.
Des nombreuses observations que nous avons faites sur les ate- „. .^ liers où l'on se servait de cet instrumenti
nous avons acquis la certitude que les pelles en fer battu d'un assez fort échantillon (0*,003 d'épaisseur), dont la forme et les dimensions se rapprochent le plus de celles indiquées par la fig. 45, offrent des avantages incontestables pour le maniement des terres. Ce genre de pelle remplace avantageusement la bêche, et rend souvent le piochage inutile; car, en raison de sa forme, on peut, sans effort considérable, l'introduire dans les terres qui ne sont pas trop compactes ; dans les terrains humides et graveleux, sa forme ronde la fait glisser et lui fait déranger les cailloux qui se présentent sur son passage, avantage qu*on obtient difficilement avec les autres pelles de différentes formes.
Un manche légèrement courbé vers Textrémité facilite le pelletage, et comme, en terminant la pelle non en demi-cercle mais en ogive, elle pénètre encore plus facilement dans la terre, on adopte très-souvent cette disposition. On règle la longueur duvmanche, qui n'est pas renflé au bout, de manière que la longueur totale de la pelle soit de l',40. ^
Une pelle du poids de 1^,25, aciérée sur 0*,06 de longueur, coûte environ 3',50 manche compris.
Pour les terres meubles et humides, telles que la terre végétale, le sable fin, la tourbe, l'argile et quelquefois la marne , on opère la fouille au moyen de la pelle^ de la bêche ou du louchet.
Lorsque les terres présentent une trop grande cohésion pour qu'on puisse les ameublir avec la tournée , c'est-à-dire quand elles commencent a avoir la consistance du roc, on a recours à la pince et au pic. Ce dernier outil n'est souvent qu'à une seule pointe fortement aciérée, et l'œil qui le termine de l'autre côté reçoit un manche, dont la longueur varie de 0",60 à 0"',80 suivant la lon-^gueur du pic, qui dépend elle-même de la nature des déblais à fouiller. Parfois le pic est à deux pointes , et l'œil pour le manche se trouve au milieu.
Généralement le pic ne sert qu'à pratiquer des tranches ou saignées , dans lesquelles , à coups de masse* ou de marteaux, on enfonce des coins pour opérer l'excavation , que l'on achève en soulevant les blocs avec la pince. Le poids des coins varie de 0\5 à 5 kilogrammes, et celui des masses de 5 à|iO kilogrammes. Les
TIRRASSEMENTS. 217
manches doivent être en bois durs et souples; on les fait ordinairement en cornouiller.
Pour le roc dur, on emploie ordinairement \B.pointeroîle, Cet outil en fer est terminé d*un côté par une pointe obtuse, et de Tautre par une tête carrée, sur laquelle on frappe avec une massette, à manche court, pouvant peser 2 kilogrammes. Les extrémités de la pointerolle doivent être aciérées. Un manche long de 0",30 est placé au milieu de sa longueur, qui est environ de 0",20.
Pour les roches excessivement dures, on se sert du fleuret, qui n*est autre chose qu'une tige en fer rond de 0*,03 k 0*,b4de diamètre, et de 0*,50 à 0",75 de longueur, terminée d'un bout par une tête, et de l'autre par un biseau courbe et allongé. La largeur de ce biseau doit être un peu plus grande que le diamètre de la tige, afin que le fleuret puisse tourner librement dans les trous qu'il sert h, pratiquer . dans le roc.
Pour exécuter dans l'eau la fouille des terres, des sables ou des graviers, on emploie la drague à main ^ espèce de grande pelle en fer dont les côtés latéraux et celui qui porte la douille sont recourbés d'équerre sur 0",07 a 0*,08 de hauteur, pour former une espèce de coffre ouvert sur le devant Le manche est perpendiculaire au fond de la drague, et il a une longueur suffisante pour que l'ouvrier placé k la surface de Teau puisse aller puiser les terres.au fond. Le devant de la drague est souvent arnié de trois ou quatre dents en acier, lesquelles en labourant la terre facilitent son chargement sur la drague, dont le fond est percé de petits trous qui laissent égoutter l'eau.
Lorsqu'il s'agit de fouilles considérables k exécuter dans l'eau, la drague k main est remplacée très-avantageusement par un bedeau dragueur^ que fait fonctionner soit un manège k un ou deux chevaux, soit une machine k vapeur.
144. Exécution des fouilles ou des déblais. Cette opération, comme toutes les autres parties des travaux de construction, réclame une certaine habitude des ouvriers pour être bien exécutée. Au premier abord, on pourrait croire qu'il suffit de travailler avec activité pour mener k bien l'exécution des déblais; mais il n'en est pas ainsi, et Ton peut arriver k des résultats. bien différents selon que l'on s'y prend avec plus ou moins d'habileté.
La méthode généralement employée pour exécuter les fouilles consiste k piocher les terres par couches successives de (r,30 k O^fiO d'épaisseur, que les ouvriers appellent plumées^ et k les enlever au fur et k mesure qu'elles sont ameublies.
Lorsque la fouille a de grandes dimensions, on attaque, toutes les fois que cela est possible, les déblais par leur partie inférieure, en dressant immédiatement le fond de la fouille, afin de faciliter le
21 s PREMIÈRE PARTIE. -- MAÇONÏ^RIE ET TERRASSE.
pelMage des terres. Dans ce cas, on peut employer la méthode dite d*abatage^ qui est très-expéditive, et qui consiste, une fois que la fouille est faite en un point, k attaquer la masse latéralement, en la creusant en dessous, et k la détacher par parties, en faisant tomber les portions qui ne sont plus retenues que parla cohésion des terres, k l'aide de deux ou trois pieux en bois armés d'une pointe en fer et frottés par le haut, que Ton enfonce a coups de masse dans la limite de la partie minée. Les terres, en s*éboulant ainsi dans la fouille, s'ameublissent au point de pouTOirètre pour ainsi dire chargées directement avec la pelle. On peut de cette manière détacher à la fois des masses de 20 à 30 mètres cubes.
L'ouvrier terrassier doit apporter un soin tout particulier à bien dresser les berges de la fouille, surtout quand elle est destinée à re* cevoir des maçonneries de fondations.
148. Disposition des ateliers et nombre éTouvriers» Les dépenses relatives h la main-d'œuvre constituant, en grande partie» le prix de revient des travaux de terrassement, on doit apporter une habitude et des soins tout particuliers dans la direction et le placement des ouvriers, afin d'en obtenir un bon et rapide travail. Les données suivantes pourront servir k déterminer le nombre des ouvriers k employer et la manière de les disposer sur un chantier.
Un teirassier peut jeter la terre k la pelle k 4 mètres de distance horizontale, ou k une hauteur verticale de i",60 k 2 mètres. Il peut enlever k la pelle et charger sur une brouette 20 k 25 mètres cubes de terre dans sa journée de dix heures de travail ; il faut réduire ce volume de 1/4 lorsque la terre est jetée horizontalement a 2 mètres au moins et k 4 mètres au plus, ou qu'elle est élevée verticalement de i",60 k 2 mètres, ou encore chargée en tombereau.
Relativement k la fouille, H n'y a guère que des expériences directes qui permettent d'évaluer la quantité qu'en peut fkire un terrassier, celte quantité étant variable selon la nature et la dureté des terres. Cependant, dans les terrains ordinaires, analogues au sol rapporté de Parfs, lorsqu'il y a nécessité de faire usage de la pioche, et qu'il y a impossibilité d'employer l'abatage (144), un terrassier peut fouiller et jeter k la pelle, horizontalement, k 4 mètres au plus, ou sur une banquette élevée de 1",60 k 2 mètres, environ 7 k 9 mètres cubes de terre.
Le nombre de piocheurs nécessaire pour fournir de la terre k un pelleteur varie selon la dureté du terrain et la hauteur k laquelle le pelleteur jette la terre ; pour le déterminer, on fait piocher un homme pendant t minutes ; puis on compte le nombre f de minutes que met un autre homme pour enlever, k la pelle, la terre ameublie, et le
rapport - est le nombre de piocheurs nécessaire pour entretenir un
pelleteur. Dans cette expérience, le piocheur étant fourni par celui qui fait exécuter, et le chargeur par l'entrepreneur, chacune des par« ties intéressées donne ses instructions à Touvrier qui travaille dans le sens de ses intérêts, et a, par conséquent, sujet d'être satisfaite.
Dans les travaux du génie militaire, le rapport du nombre des hommes employés k la fouille, piocheurs et chargeurs, k celui des rouleurs qui parcourent le premier relais est le nombre par lequel on désigne la nature de la terre; ainsi, par exemple, si un homme sufiSt pour charger une brouette pendant qu'un autre parcourt un relais horizontal de 30 mètres, on dit que la terre est à un homme; si un homme ne suffit pas, et que, par exemple, pour deux rouleurs au premier relais, il faille un piocheur et deux chargeurs, la terre est durt homme et demi; la terre peut être à deux, à trois, etc., hommes. On conçoit que les prix doivent être diflérents pour ces diverses es> pèces de terre.
146. Déblai de terres ordinaires par dépôts et emprunts. En gêné* rai, sur les grands ateliers de terrassement, les dispositions doivent être prises pour éviter les remaniements inutiles de terre, et, k cet effet, les chargements en brouettes, en tombereaux ou en wagons doivent s'opérer, autant que possible, de la fouille même. Les moyens d'exécution, bien qu'étant très-variables en raison de la nature du terrain, de la hauteur et de la largeur de la fouille, doivent toujours a^oir pour point commun une bonne disposition de banquettes, de chemins, de relais et de lieux de chargement, et le personnel doit toujours être distribué de manière que les peUeteurs ne soient jamais arrêtés par les piocheurs, et les rouleurs par les chargeurs. Si Tenlèvement s'effectue k l'aide de camions, de tombereaux ou de wagons, l'arrivée des véhicules au point de chargement doit se faire avec méthode, de manière k n'apporter aucune interruption dans Texécution des fouilles.
Pour les routes et les chemins de fer, une condition essentielle consiste en ce que les remblais soient compensés par les déblais; alors les moyens d'exécution et de transport sont subordonnés k la plus ou moins grande distance k parcourir pour obtenir cette com« peasation; mais, en dehors du mode de transport, la marche k suivre étant k très-peu près la même que quand il s'agit d'exécuter des fouilles par dépôts et emprunts, nous nous bornerons k la décrira pour ce cas jparticulier, où elle se résume en une bonne combinaison de la fouille et du jet.
Le système par dépôts et emprunts consiste dans l'exécution d'un déblai dont les terres sont mises en dépôts ou en cavaliers sur l'un ou les deux côtés de la fouille, ou d'un remblai fait au moyen d'«m« prunis^ c'est^-dire de fouilles exécutées sur l'un ou les deux côtés du cavalier.
StO PREMIÈRE PARTIE^ — MAÇONNERIE ET TERRASSE.
Si les moyens mécaniques ne peuvent être employés avantageusement pour élever les terres fouillées et en former des cavaliers, le mouvement des terres s'opère au moyen de brouettes ou de tombereaux.
1" Exécution Sun déblai au moyen de brouettes. La longueur du relais étant de 30 mètres sur un plan horizontal, elle sera réduite à 20 mètres sur un plan dont la pente est de O'yOS par mètre, et les terres seront élevées de 1*,60 à l'extrémité du relais, hauteur qui est celle du jet vertical k la pelle.
La fouille k exécuter devra alors être partagée dans le sens de sa longueur en tranchées de 20 mètres de longueur, lesquelles, avec palier horizontal de l'^SO de largeur, recevront chacune un atelier. €et atelier sera composé, par chaque deux mètres de largeur de la tranchée, d*un piosheur chargeant les brouettes si la terre est meuble, ou d'un piocheur et d'un chargeur si elle est assez dure pour que ces deux hommes soient constamment occupés pendant qu'un troisième conduit la terre k un relais. Comme il doit toujours y avoir sur chaque atelier élémentaire une brouette en charge, le nombre des brouettes pour chacun d'eux sera égal k celui des rouleurs plus 1. Si, par exemple, la fouille a 6 mètres de largeur, on y établira un atelier composé de trois ateliers élémentaires, et si la terre est assez ferme pour exiger un piocheur et un pelleteur pour un rouleur, la terre n'étant transportée qu'k un relais, le personnel de l'atelier se composera de trois piocheurs, trois pelleteurs et trois rouleurs. Si le dépôt des déblais n'était pas placé immédiatement au bord de la tranchée, on ajouterait le nombre de rouleurs nécessaires.
Au commencement, les déblais sont portés k Textrémité du lieu de dépôt; il en résulte que la fouille étant commencée près du bord voisin du dépôt, la distance de transport et par suite le travail des rouleurs varient le moins possible*
L'atelier enlève d'abord une tranche dont l'épaisseur, nulle au point de départ, augmente progressivement de manière k être l^SO k la distance de 20 mètres ; puis il extrait la terre k cette profondeur dans toute l'étendue de la fouille, en ne réservant que les rampes nécessaires. Au lieu d'enlever toute la tranche inclinée de 20 mètres, on peut d'abord ne creuser que les rampes, puis faire la fouille de 4",60 d'épaisseur uniforme. Quand l'excavation est arrivée k i",60, on enlève une autre couche d'une égale épaisseur, en continuant les rampes, auxquelles on donne les directions qui nécessiteront le moins de transport transversal pour extraire cette seconde couche. On enlève ensuite une troisième couche, et l'on continue ainsi de suite jusqu'k ce que la fouille soit arrivée k la profondeur voulue. Alors on procède k l'enlèvement des rampes, auxquelles on a donné
environ l'fSO de largeur, pour que deux rouleurs puissent se croiser. On conçoit que, pour accélérer le travail, on peut, en ménageant des rampes convenables, disposer un atelier tous les 20 mètres de longueur d'une même couche, au lieu de faire enlever toute la couche par le même atelier. On conçoit aussi qu'au lieu de procéder par couches de 1*,60 d'épaisseur, il peut être convenable, si la nature des terres varie ou si l'eau peut arriver dans la foaille à une certaine profondeur, de modifier cette épaisseur 1",60.
Parfois, au lieu de réserver les rampes en déblais, on les établit à l'aide de tréteaux et de plats-bords; cela permet d'enlever en totalité les tranches successives. Du reste, il est facile de comprendre que l'on ne peut poser de règle absolue pour la disposition des atelierç de terrassement, les conditions d'exécution étant loin d'être toujours les mêmes.
Pour former le dépôt de remblai au moyen de la brouette, on procède également par couches successives de i",60 environ, k l'aide de rampes inclinées a O'yOS par mètre, et dirigées de manière à diminuer, autant que possible, les transports transversaux et les élévations verticales des remblais. Comme au déblai, on peut encore diviser le travail en ateliers de 20 mètres de longueur, en réservant des rampes convenables de 1 mètre a i",50 de largeur, disposées, autant que possible, sur le bord du remblai, entre le talus naturel des terres, qui est a environ 1 de base pour 1 de hauteur, et le talus définitif, qui est ordinairement al et 1/2 de base pour 1 de hauteur.
Quelle que soit la disposition des rampes, le transport horizontal transversal est toujours considérable et dispendieux ; pour y remédier, on a eu recours à différents appareils mécaniques transformant ce transport horizontal en une élévation verticale, et qui ont, dans quelques cas, donné d'assez bons résultats.
Les dispositions que nous venons de décrire succinctement peuvent aussi être adoptées quand on fait usage de camions ou de tombe*reaux, mais en réduisant la pente des rampes à 0",05 ou 0",06 par mètre. ^
147, Prix de rement des terrassements» On peut énoncer que pouf des terrains ordinaires (terre végétale, alluvion, sable et menu gra^ vier), le temps nécessaire à la fouille, en grandes tranchées de plus de 0*,20 d'épaisseur et au moins de 2 mètres de largeur, sans embarras d'ètais, est a très-peu près égal a une fois et demi jcelui né^ cessaire à un jet de pelle de 1",60 de hauteur verticale. C'est ce que confirment les résultats du tableau suivant, déduits de nos observations sur plusieurs chantiers, et qui peuvent être pris comme terme moyen du temps nécessaire à l'exécution des déblais dans les terrains analogues à celui du sol supérieur de Paris (terres végétales ou gra- Tats rapportés).
Le travail était exécuté en régie ; s'il n'en était pas ainsi, il faudrait ajouter a la dépense précédente les faux frais et le bénéiice de Tentrepreneur.
Aux fondations du pont de rÂude,à Goursan, des déblais faits dans des terres d'alluvion couvertes de 0",i5 à 0»,20 de hauteur d'eau, que laissaient constamment les vis d'Archimède, sont revenus» non compris l'épuisement, à 3',76 le mètre cube, pour la fouille, le chargement des seaux et des civières, et le transport à la distance moyenne de 30 mètres sur un terrain incliné à O'flO par mètre.
A la reconstruction du pont Louis-Philippe, à Paris, M. Garnuchot a fait usage d'un nomeau système de pompe d'épuisement imaginé et construit par MM. Farcot. Cette pompe, qui esta double effet, a donné les meilleurs résultats, autant sous le rapport de la régularité de la marche que sous celui du travail produit; elle est essentiellement composée de deux pistons qui montent et descendent en même temps; chaque piston a 0",45 de diamètre et 0*,i6 de course; le volume engendré par tour est de 48 litres, soit 3360 litres pour les 70 tours par minute.
150. Déblais au-dessous de Veau, Dragage, Pour les fondations d'ouvrages d'art, il arrive souvent que les moyens d'épuisement seraient insuffisants ou trop dispendieux pour que Ton puisse exécuter les fouilles a sec. S'il s'agit de roc ou d'un terrain dur et argileux, on a forcément recours k un batardeau pour entourer l'espace a creuser; si l'épuisement est possible» on l'exécute, et la fouille se fait à sec (149); mais dans le cas contraire on est obligé de se servir de la cloche a plongeur ou du scaphandre, moyens très-dispendieux qui ne s'emploient que dans les cas extraordinaires.
Quand le terrain a fouiller dans l'eau est composé de sable et de menu gravier, ou même de terre friable, on fait usage de la drague k main (143) toutes les fois que le volume de la fouille n'est pas assez important pour que l'on ait recours h la drague-machine, ou qu'il est imposible d'amener le bateau dragueur au-dessus de l'excavation.
Le dragage à la main est ordinairement exécuté par des ouvriers spéciaux, habitués k ce genre de travail, et qu'on désigne sous le nom de dragueurs. En leur absence, on a recours à des manœuvres; mais le travail produit est considérablement réduit. Sur la rivière rOrb, à Béziers, et sur l'Aude, a Coursan, nous avons constaté que, sous une profondeur d'eau variant de 2",50 à 4",00, deux dragueurs expérimentés pouvaient ensemble extraire trois bateaux de sable cubant moyennement 2"',80 chacun, soit 8*%40 ppr journée de dix heures, au lieu que deux manœuvres ne faisaient que la moitié de ce travail. 11 est vrai de dire que chaque dragueur était payé 4',30 par jour, mais il fournissait son bateau et sa drague, tandis que les
TERHA88EIIBMTS. SS5
manœuvres ne recevaient que 8S75 par jour cbacnn, mais sans fournir ni bateaux ni outils.
L*emploi de la machine a draguer, lorsqu'il est possible» diminue considérablement le prix de revient des fouilles. Nous donnons cidessous la dépense et le travail en une journée de dix heures, pour une petite drague k manège mue par deux chevaux, dont nous avons fait usage pour extraire de TÀude, h Goursan, des sables et graviers destinés au ballastage du chemin de fer du Midi. Pour une forte drague, ces prix seraient encore réduits dans une notable proportion.
Gobe dragué en dix heares de travail par nne drague mne par no manège à deux chevaux, la profondeur d'eau étant de 8 A 4 mètres • 80"*,00
!• Dragage. Dépense
brntê.
1 patron chef. 6^00
1 aide. 3 ,00
3 manœuvres à 2',50 T ,60
1 forgeron 4 ,2S
3 chevaux 15 ,00
1 conducteur 2 ,25
Temps du patron et de son aide pendant les Journées de non-travail. . . 6 ,40 Intérêt du prix d'acquisition de la drague, esUmé 12000 fr., et travaillant
moyennement deux cents Jours par an 3 ,00
EnlreUen, valeur des fers, Iwls, etc 5,50
Total pour 80 mètres cubes 51 ',90
Pour 1 mètre cube 0 ,65
2* Transport des sables dragués à une distance de 100 mètres^ au moyen de barques; mise sur berges; reprise et transport au camion à une distance de 40 mètres ; mise en dépôt et emmétrage»
1 marin pour conduire les barques 4 ,50
4 hommes pour décharger les barques, à 3 fr 12 ,00
3 chargeurs de camions, i 3 fr 9 ,00
1 rooleur à la flèche de chacun des trois camions, A 3 fr 9 ,00
1 cheval à chacun des trois camions, à 5 fr 15 ,00
6 manœuvres à la mise en dépôt et à Temmétrage, à 2',50 15 ,00
Valeur des barques et camions, et entretien 8 ,00
Total pour 80 mètres cubes 72',50
Pour 1 mètre cube 0 ,91
Prix total du mètre cube de dragage mis en dépôt, 0^,65 + O'iOl 1 ,56
IIJI. Extraction des roches. On a soin d'opérer par gradins, afin queles massifs présentent toujours deux faces libres, ce qui rend leur attaque plus facile, en même temps que cela permet de multiplier les ateliers.
1" Extraction par àbatage. Pour les roches trop tendres ou trop fendillées, qui ne permettent pas de faire avantageusement usage de
la poudre, on procède par abatage, en se servant du pic, de la tranche, du coin, du levier, et parfois de la pointerolle (443). On pratique une tranchée ou saignée de 0",05 k 0",08 de largeur dans la partie la plus tendre du rocher, et en profitant, autant que possible, des veines ou fissures naturelles qui peuvent s-y trouver. On enfonce alors k la masse des coins dans la tranche, et, k l'aide de gros leviers dont l'extrémité recourbée est introduite dans la tranche, on détache les blocs, que Ton débite ensuite en moellons transportables, en pratiquant de petites saignées dans lesquelles on enfonce des coins.
Le procédé d'extraction par abatage est aussi employé pour des roches dures et compactes d'un grand prix, que l'on veut obtenir en blocs réguliers, tels que les marbres, les pierres de taille, etc. Pour ces matériaux, les devis proscrivent, du reste, presque toujours l'emploi de la poudre pour leur extraction.
ST Extraction à la poudre. Pour l'exécution des déblais proprement dits, ainsi que pour l'extraction des moellons et des enrochenients, le procédé par abatage est remplacé avec une très-grande économie par l'emploi de la poudre, dont la transformation en gaz produit, dans l'espace qu'elle occupe, une pression qu'on évalue k environ 4000 atmosphères, et qui permet de diviser les roches les plus dures et les plus compactes.
On commence par forer dans la roche un ou plusieurs trous de Q\Q3 k P*,06 de diamètre, e^ (j|e O'fSO k 2 mètres de profondeur, selon la puissance du bloc que Ton veut détacher; on verse alors la quantité eonvenable de poudre dans la partie inférieure de ces trous, et Ton termine de les remplir au moyen de sable terreux, d'argile ou de débris calcaire, que l'on bourre au fur et k mesure du remplissage. On a soin de loger une mèche dans toute la longueur de cette espèce de tampon en terre, ou d'y réserver un trou pour la recevoir. Cette mèche se calcule de manière qu'après en avojr enflammé l'extrémité, les ouvriers aient le temps, avant l'explosion, de se mettre k l'abri des éclats qui peuvent être projetés.
La charge de poudre varie de 0%60 k 2 kilogrammes; elle dépend, ainsi que la capacité et la profondeur des trpus de mine, de la dureté de la pierre et du volume des blocs k détacher.
Pour percer les trous de mine, on fait usage du fleuret (143), que l'on frappe avec une masse, en ayant soin de le faire tourner d'un sixième de circonférence environ après chaque coup, ou d'une barre en fer rond assez pesante, et portant, comme le fleuret, un tranchant aciéré k son extrémité. Cet outil, appelé barre à mine, est successivement soulevé et projeté sur le fond du trou que Ton creuse, en ayant soin de le tourner d'une certain quantité k chaque coup.
TBREASSEMEMTS. 827
Au fur et k mesure de la desqeotp du trou, on a çoio de retirer les détritus au moyen d'une cuiller en fer, dite curette. Pour les roches très-dures, afin que la barre k mine ne s'échauffe pas, el aussi pour que la pierre soit moins dure et que 1$ curage soit plus facile, Touvriera soin d^ verser de Teau dans le trou; dans ce cas, les détritus sont à rétat de boue liquide.
La barre à mine est lancée par un ou deux hommes. Pour le fleuret, deui: hommes au moins sont nécessaires, un pour tenir Toutil et uu second pour frapper dessus avec la masse, dont le poids varie de 4 b 6 kilogrammes. L.a profondeur de forage produite en un jour par deux hommes, soit avec le fleuret, soit avec la barre k mine, varie de D*",S6 à 0^,75, selon le degré de dureté de la roche.
Quand le trou est arrivé à la profondeur voulue, on le cure avec 8oin, puis on le sèche avec des étoupes ou des chiffons passés dans lœil de la curette. Alors on y verse de la poudre jusqu'au tiers ou la moitié de sa hauteur, ou mieux, on y introduit une cartouche disposée à cet effet, en ayant soin, pour la pousser au fond, de se servir d'un bourroir en cuivre ou en bois, afin d'éviter les explosions. La charge mise, on enfonce dans sa partie supérieure, sur le côté du trou, une épingletie en cuivre, autour de laquelle on comprime la bourre, à l'aide d'un bourroir dont la forme est à peu près celle de la barre a mine, si ce n'est que son extrémité est eu cuivre et qu'elle porte une èchancrure de même diamètre que l'épinglette, dans laquelle celle-ci passe librement, de manière k ne pas gêner le jeu du bourroir. Le bourrage étant complet, on retire l'épinglette, en la faisant tourner afin qu'elle laisse un trou bien lisse. Le bourroir, passé dans un anneau qui termine supérieurement l'épinglette, rend facile celte opération, qui doit être exécutée sans secousse, afin d'éviter tout échauffement ou étincelle qui pourraient enflammer la poudre. On remplit alors le petit trou laissé par l'épinglette, avec de la poudre ou des petites fusées que l'on met en contact avec une mèche soufrée ou un morceau d'amadou, lesquels brûlent assez lentement pour qu'après y avoir mis le feu, l'ouvrier ait le temps de s'éloigner avant que la poudre fasse explosion. Quelquefois, au lieu d'une épinglette, ou laisse dans le trou une paille ou un petit tube de fer-blanc rempli de poudre. Depuis quelques années, on remplace très-avantageusement dans le bourrage Tépinglette par des mèches de sûreté dites de Bickfori, qui sont spécialement fabriquées pour cet objet Elles sont formées d'une petite corde de coton dont l'âme est un filet continu de poudre recouvert d'un ruban goudronné contourné en spirale. Comme elles brûlent assez lentement, on peut en allumer directement le bout extérieur, et avoir le tempe de se garer avant l'explosion. De plus, comme elles ne craignent pas l'humidité, quand le trou de mine est sous l'eau ou ne^peut être séché, il suffit
de placer la poudre dans une cartouche imperméable, en toile ou en papier goudronné, ou en fer-blanc, a laquelle on adapte une de ces mèches imperméables.
Afin d'éviter les pertes de temps et les accidents, on a soin de faire partir à la fois tous les trous de mine de Tatelier; les ouvriers ne se garent ainsi qu'une seule fois pour plusieurs explosions. Il arrive quelquefois qu'un trou de mine rate ; ce cas réclame une grande prudence, et le chef d'atelier doit fixer un délai d'une certaine durée entre la mise du feu et la visite du trou, dont l'explosion a pu n'être que retardée. Dans des roches fissurées, il peut arriver que le départ d'un trou de mine communique Fexplosion à d'autres situés à plusieurs mètres de distance; on conçoit combien il est prudent alors de faire partir ensemble tous les trous de mine chargés, et de ne reprendre le travail que quand on a fait faire explosion aux troua qui ont raté. On a vu des trous qui, après avoir raté, ont fait explosion quinze ou vingt heures plus tard, par suite de l'inflammation d'autres trous.
Quand les trous de mine ont fait explosion, les ouvriers, à l'aide de pics et de leviers, procèdent à l'abatage des parties de roche dé- 'tachées par la poudre, et les divisent en blocs transportables.
Quand il s'agit d'une extraction sur une grande échelle dans une roche attaquable par les acides, comme le sont les calcaires, on peut faire usage du procédé que M. Gourbebaisse, ingénieur des ponts et chaussées, a employé pour déblayer, dans un marbre grossier trèsdur, des masses verticales de 50 mètres de hauteur et de 10 à 12 mètres de largeur, lors de la construction d'une route dans des défilés de rocher sur les bords du Lot {Annales des ponts et chaussées^ année 1855). Le mode ordinaire d'extraction faisait revenir le mètre cube a 4 ou 5 francs.
Le procédé de M. Gourbebaisse consiste k commencer le forage avec des barres à mine de O^fiZb de diamètre et de 2 k 3 mètres de longueur, pesant de 15 k 20 kilogrammes, à deux bouts aciérés, l'un de 0*,07, l'autre de 0",06, manœuvrées par deux ouvriers; k le continuer ensuite avec des barres k mine de 5 mètres de longueur, pesant 35 kilogrammes, ayant un bout aciéré de 0"',055, et l'autre façonné en douille pour recevoir un manche en bois. Ces dernières barres sont manœuvrées par trois ou quatre ouvriers, un assis, deux debout, et un quatrième quelquefois placé k un niveau supérieur.
Les barres doivent être en bon fer non cassant, les bouts en bon acier, bien soudés, et aiguisés de temps en temps en étirant l'acier au rouge cerise avec un petit marteau.
Le soin principal k avoir est de faire le trou bien rond et trèstroit> pour que la barre k mine ne s'y engage pas. Une forme con
TEftftASSEMKMTS. 229
venable donnée à l'extrémité de la barre à mine et Tattention de la tourner un peu k chaque coup suffisent, en général, pour obtenir ce résultat.
Le trou ayant atteint la profondeur voulue, on y descend, jusqu'à la limite où doit commencer la corrosion pour faire la cbambre à poudre, un tube en cuivre un peu plus étroit que le trou; on lute rintervalle entre le tube et le trou au moyen d'étoupes et d'argile, que Ton enfonce avec une petite tringle. Une couronne d'étoupes enduites d'argile, fixée à Textrémité du tube avant de le descendre dans le trou, empêche le lut de descendre au-dessous du tube. Au dehors du trou, le tube s*élève à une certaine hauteur, où il se recourbe de manière a amener dans un vase Tacide et les produits de la corrosion. Un second tube plus petit, partant du fond d'un second vase contenant de l'acide chlorhydrique étendu, pénètre dans le premier tube au-dessus de l'ouverture du trou et descend jusqu'au fond de celui-ci, de manière à dépasser le gros tube de toute la hauteur de la chambre a excaver. L'appareil ainsi disposé, on verse l'acide étendu dans le second vase; il descend au fond du trou par le petit tuyau et attaque les parois du rocher; il se dégage en abondance de l'acide carbonique, qui remonte par le gros tube, en entraînant avec lui une partie du liquide à l'état de mousse, qu'il projette dans le premier vase. Quand toute la quantité d'acide a employer a passé dans ce vase, on le reverse dans le second, et l'on continue l'opération jusqu'à ce que l'acide soit complètement saturé et transformé en chlorure de calcium. Au lieu d'employer deux vases, on peut n'en avoir qu'un, duquel part l'acide et dans lequel il revient en mousse; mais l'opération est un peu moins rapide. La force motrice qui produit le mouvement du liquide consiste dans la différence de densité de l'acide descendant par le petit tuyau, et de celui mélangé de mousse remontant par le gros.
Les vases les moins chers et les plus commodes sont de vieilles futailles que l'on peut goudronner. Le gros tube est en cuivre, que l'on pourrait préserver de l'action de l'acide en le couvrant d'une couche de goudron; le petit tube est en plomb. Ces tubes peuvent être en gutta-percha ou en caoutchouc vulcanisé.
La partie de trou à corroder doit être bien étanche, sans quoi on perdrait beaucoup d'acide. Dans le cas où Ton n'aurait pas pu éviter les fissures, on cherche à les boucher par un écoulement d'eau argilée ou plâtrée. On peut forcer cette eau à pénétrer dans les fissures en la comprimant avec une barre garnie d'étoupes fonctionnant comme un piston, et que l'on chasse à coups de marteau. Quelquefois, quand les fissures sont faibles et que l'acide ne s'y perd que lentement, on se contente de le verser goutte à goutte dans le trou, en supprimant l'appareil des tubes.
230 PREHIÈRB PARTIE. -* «lAQOltlfEIIIB BT TERRASSE.
Quand la cavité est suffisamment grande, on Ift vldei avec de petits seaux ou de longs paquets de chanvre flxês àii bout d*une ficelle; puis on rétanche et on la sèche bien avec des paquets d'étoupes qu'on retoufne en tous sens avec un fîre-bdurre ènimanché d'une longue pei'che. Alorè on procède au chàt'gemetiti ëil versâtit là moitié dé la potidre, descetidànt une tHHchë fiicifort «1 U ffiiné doit (lar^ tir isôlétdënt, et versatit lé reste dé \i thktgb. On bourre ensuite avec du sable versé, qu'on tasse jusqu'à rdrlficô flu Irdu, et l'on ii'a iJlus qtl'à mettre le feU.
On IrouVe qdelqùefbis êconôtnlë IL mêler it là poiadré une cét*taine quantité de sciure de bois bien sèche. Pouf faire descendre et tasser, soit ia l^dudre, soit ie sable sèc qui doit servir dé bourre, on descend dans ie trou une tige en bois ou en ctlivre, et on l'agite, en la remontant à mesure qu'on vei*se la poudre oii le ^âble; où doit proscrite sèvèréltaeiit les tiges en fer, doht rèmt)loi imprudent a donné lieu à de graves àcdidents.
Si Ton a Une série de minés k feiirë éclater simultanément, on doit, d|)rès avoir versé la moitié dé la poud^e, descendre dans chacune un petit tube en fer-blanc renfel-mant une hièche à combustion rapide, formée d'Un simple fil de cotoU Uon i^etOrs enduit d'une pâte de poudre et d'alcool bien séchée, achever de verser la poudl^e, bourrer avec du sable versé en lé tàssâiit autour dU tube en fér-blaUc, réunir en dehors toutes les inëchés rapides à pea près de même longueur, et mettre le feU k leur réunion, ail moyen d'Une mèche soufrée, et en prëhant toutes les précautions convenables. On aut'ait sans doute avantagé k employer Une pile galvanique, comiUe cela a été fait eU quelques circonstances.
Le carbonate de chaux exige d,7Si de soh pdlds d'abidë chlorfaydriquëpur poui'ôtre décomposé. Si l'on emploie l'acide dU commerce, d'une densité de 1,20 et contenant 0,10 d'acide pur, chaque kilogramnle de carbonate de chaux consomme, pour Sa décomposition, 1^,S0 d'acide du Commerce, et dégage 0^fi3 ou 2l7 litres d'acide carbonique.
M. Courbëbaisse à essayé son procédé sur deâ masses compactes de marbre très-dur et très-lourd, d'Une dènslié dé 2,70. Chaque décimètre cube de vidé, pouvant loger 1 kilogramme de poudre, demandait donc pour sa création 2,70xl,S0 = 4\S6 d'acide; la quantité déduite. de Texpèrience s'est troUvée de 6 kilogrammes, k cause des jpertes de toUte nature faites dans l'emploi.
Voici comment M. CourbebaiSse divise le prix de revient d'une grande miiie, de 7 mètres de profondeur, ayant ku-devant 7 k B mètres, et contenant 70 kilogrammes de poudre :
TBftBASSBMXNTS. SSl
7 métraB de troos, à 4 fr. le mètre. . » . 38 fr.
360 kilogrammes d'acide pour faire 60 litres de vide, à 20 fr. les 100 ki*
lograniines 72
70 kilogrammes de poudre, â 3 fr: Ud
Façon de la poche et tnux frais de tbîite ë&i$éce « . . ^ . 10
10 journées d'ourrlers à 2 fk*. pour détacher lei Blocâ ébranlés; » . . ; . 20
10 petits trous de mine pour diviser les blocs trop grasi à 3 fir. l'un. • • 30
Tbtali • ; ; ; i . j . « TSÔùl
Une pareille mlnë petit déblsyef une m&sse de T mètres de hau* tenr, 7 ë 8 tnëtres d'ôpaistseur et lo à 13 mèti-es de largeur^ soit moyennement 600 mètres etibei^ ce qui porte le prix d'extraction k environ 0',60 le mètre cube.
18i. Xine sous-màriné. Pour è&traire la Eôehe son» nom existant h rentrée du port d'Alger^ if. ftavier, ingénieur en chef des ponts et chaussées, a Tait Usage d*dn liduveau genre de mitiez déjà employé aux Etats-Unis, et n^exi^eaut ttùcud travail |)l^paratoire de forage. OU pose simplement sur la roche & fdire ëblater uiië OU plusieurs grosses bouteilles, dites bonbàfinesi de 60 à 60 litreë de eâpaeitê et remplies de poudre à tniue^ et l'on y met le feu simultanémeht au mbyfen d'un fcourant électrique. La colonne d'eau fait office de bouN ragé, et bhaque mine brise de 5 à 6 itiëtres cubes de rocher: L*effël extérieur eoUsiste éti une gerbe d'eau de 6 li 6 inètres de hauteur et de 4 à 5 mètres de diamètre, d'utl béati spectacle. Ge Uioyën â permis de déblayer plusieurs itlillè lUêtrës ciibeâi et par suite de UiVëler ft iO tiielrë» de {]lrdfoUdëiif ëous l'éaU l'emtjlftcémerit ticcupê ptr la roche, de manière ë përihetU'e le libre elrtulëtion des taiésëdUk dé haut bord.
liti. Etithement des i&rrès. Lorsque lès fodilles Ôiit dé graiides dimëusibns et une certaine profbndeur, ôd réserve des rattipës dans les déblais, pour qu'où puisse fkii*e 'arriver les tombereaux ou ëa^ mionâ âii fond de la fbiiillë et les charger direëtement , ëe f^iïi âU mihue setisiblement led frais. S'il y a impbësibilité de faire des^ ceiidre les tohibereaux ou câmioUs dans la foUiîlé; ëtl à hëcdurs ë la brouette (423) , soit pour monter Simplement les déblaie âli bord de Texcavation, où on les charge ensuite en tombereaux où ëh camions, soit pour les conduire directemeilt a la dèëhai^ge, si celle-ci est trèspeu êldiguéé (127) ; dn i^ésërVe de petites rampes dëns les déblaife, ou ou les établit ë l^aide de plats-bords:
Ërifib, 9l lë fond de là fouille est aussi inaccessible ë le brouette, on établit sur les parois de là fbùille des banquettes en retraite ruUë sur l'autre, sur les^Uelleé se placent dëë ouvriers qui jetteUt ë la pelle , sur la banquette supérieure ou sUr lë berge , les terres qu'on leUr envoie de la banquette immédiatemeut inférieure du du fond de la foiiillë. Ces bënquëttës^ dont la distancé verticale t)eut Varier
SI32 mEMiÈnB partik. — maçonm£RI£ et terrasse.
de 1",60 à 2 mètreSf s'établissent quelquefois avec des planches.
Il peut encore arriver que la fouille soit trop étroite et sa profondeur trop considérable pour qu'on puisse employer ce dernier moyen ; alors, pour monter les terres, on a recours au treuil (113) , dont on garnit la corde d'un seau , d'une caisse ou d'un bourriquet , que l'on remplit au fond de la fouille et que l'on vide à la surface du sol. C'est le procédé dont on fait toigours usage pour creuser les puits et percer les souterrains.
IM. Transport des terres. Le transport des terres se fait en les jetant k la pelle, lorsque la distance n'est que de quelques mètres (145) ; mais quand elle est plus considérable, on fait usage de brouettes, de camions, de tombereaux, etc.
itf5. Transport à la brouette (123, 124 et 146). Les brouettes employées pour les terrassements ont ordinairement 1/25 de mètre cube de capacité; cependant on en fait dont le contenu atteint 1/20, et d'autres où il n'est que de 1/33 de mètre cube.
Le relais est k peu près constant dans toutes les localités ; il est de 30 mètres sur un plan borizontal, et de 20 mètres sur les rampes de 0",08 par mètre. Le poids de la charge des brouettes est, au contraire, très-variable; il ne doit pas être inférieur à 60 kilogrammes; il est ordinairement de 70 kilogrammes environ; on le porte quelquefois k 80 kilogrammes , et l'on voit même des ateliers rouler avec des charges supérieures à 100 kilogrammes ; cette' variation apporte la plus grande différence dans le travail des ateliers.
Un fort rouleur à la tâche, dans une journée de huit à neuf heures de travail , parcourt environ 30 000 mètres ou 7,5 lieues de 4 kilomètres, avec sa brouette tant pleine que vide.
La quantité d'ouvrage faite par un rouleur augmente sensiblement par l'emploi d'un bon système de chemins en planches, bien unis et souvent nettoyés avec la pelle ;*c'est surtout dans les rampes que les chemins de cette nature sont souvent nécessaires, et, lorsqu'il pleut, on doit avoir soin de les saupoudrer de sable ou de décombres, pour empêcher les pieds des travailleurs de glisser. Il faut aussi enlever la terre qui reste adhérente à la brouette, aussi souvent que le besoin s'en fait sentir.
L'expérience prouve qu*il y a avantage de ramener, autant quo possible, le centre de gravité de la charge sur le devant de la brouette, et de réduire la longueur des bras à 0*,50 ou 0*,60, minimum de longueur nécessaire pour que le mouvement des jambes des hommes ne soit pas gêné; l'une et l'autre de ces précautions tendent a reporter la charge sur la roue de la brouette, au lieu de la suspendre aux bras de l'homme.
Dans les chantiers bien organisés, jamais une partie des ouvriers n'est inoccupée pendant que l'autre travaille; les ouvriers qui char-
gentoot jttste le temps de remplir la brouette pendant que le rouleur
parcourt le relais, allée et venue. Ainsi, pour une terre facile, un
ouvrier chargeant SO mètres cubes en dix heures ou 36 000 secondes,
V V XA j A..«vf M 1* 36000x0,04 pour charger une brouette de 0"^,04, il mettra ^ — - — = 72 se-
condes, et comme un rouleur parcourt 30 000 mètres dans sa journée
30 000 X 7S de dix heures de travail, ou — --^.. — =60 mètres en 72 se-
condes , le relais sera donc de 30 mètres, ou 60 mètres pour Tallée et la venue.
iâ6. Transport au camion (127). Dans un petit tombereau traîné par trois hommes, on charge habituellement 0**,20 de terre.
S'il n'y avait pas de temps d*arrèt, le camion parcourrait 30 000 mètres en dix heures, et comme il faut compter sur 50 à 60 secondes , soit 0^,02 pour s*atteler au camion, le décharger et le remettre en marche, il en résulte que le temps employé pour transporter le contenu 0"*,20 du camion à une distance de 30 mètres «st
••"« + -iô(Jôr- = »^«*-
Pour transporter 1 mètre cube k la même distance, il faut donc 0,04 X 1
Si la distance de transport est de 60 mètres , le transport d'un camion exige
ce qui fait -~^ = 0^,3 par mètre cube.
A une distance de 90 mètres , ces temps sont respectivement 0^,08
et 0*,4.
Un ouvrier chargeant 20 mètres cubes de terre en dix heures,
10x0 2 deux ouvriers mettent — — —■ = 0*,05 pour charger le contenu 0**,2
du camion. Ce temps, comparé à 0^,08, que mettent les rouleurs pour parcourir un relais de 90 mètres, fait voir que, pour une terre aussi facile, on peut à la rigueur fixer le relais à moins de 90 mètres ; cependant il convient de le porter à 100 mètres, afin de soulager les chargeurs , qui fatiguent évidemment plus pour jeter la terre dans un camion que sur une brouette.
IttT. Transport au tombereau. Pour transporter les terres d'une fouille à une grande distance, on fait usage de tombereaux (127), qui
sont ordinairement attelés d'un cbetal^ et ont alors nne capacité de 0"*,50i Datis quelques localités, k Paris, par exemple, on les fait pluâ grands ) ils sont traînés lé plus sourent par deux fcheyaux, et peu* vent contenir de 1 à 1,50 mètre cube de terre. Sur les routes du dépàrtëtnéht de la Seine, on fait même usage des tombereaux k basculé oubant l^'.SO ; ils coûtent 800 francs et pèsent 750 kilogrammes;
Le temps nécessaire au tt^nspoft au tombereau peut se diviser en trois parties distinctes :
i* Le temps nécéseaite au chargement: En supposant qtt*un boitime puisse charger 15 mètres cubes de terre en dix heures de travail (daiis le plus l^add nombre de cas, il convient de réduire ce nombre à 12 mètres ôubes) (148) ; si l'on représente par G la capacité du tombereau, et par R lé nombre des chargeurs, ce temps sera j=^ — »-.
tiC nombre N ûé doit pas dépasser d , Car autrement les chargeurs se généraient,- et il comprend le eonducieuri qui travaille comme chargeur.
2* Le temps nécessaire au mouvement. Un cheval attelé k un tombereau parcourant 30 009 mètres en dix heures , pour parcourir R
relais de 100 mètres, aller et retour, il mettra R -x^^r^ = R x 0,067
heures.
3** Le temps nécessaire au déchargement et à la mise en marche du tombereau. Ce temps peut être évalué à 0^,033 ou 0^,05, suivant la dimension du tombereau.
Il résulte donc que le temps employé pour charger un tombereau de 1 mètre cube de capacité, le conduire à 100 mètres de distance et le décharger, en ayant deul chargeurs avec 16 charretier, est :
Chargement 0^,322 | de deux térraMiers.
Chargement 0 ,222\ ^ „,<. ^. ♦A«»i^n«.n 4
Pareoura de chaque 100 mètres de la disUnce l" i^. ^Jz^ Jt Jt
totale. aller et'^tour 0.06T ÏÏ*,SZr," "^
Déchargement 0 ,050 J wuuuuwui.
Ces nombres permettront de calculei' fkciiement le prix du transport des terres, connaissant ce que Ton paye par jour les terrassiers, ainsi qilë le tbtabëreaù avec son conducteur.
8i rori h'avàit qu'ufa toitlbéreau^ et que les chargeurs li*èussent pas d'odcupation pétîdànt que le tombereau est en màrfche , au lieu de teiiif cortipte Seulement dé 0^,222 à chaque terrassier, il faudrait supposer qUUls iravaillent aussi longtenlpls tjue le tombereau, c'est- *k-dire pendant 0*,339 pour le transport du ttiêtre cubé de terre à IM mèt^ës. Sur un atelier bien organisé, on s'arrange pour qu'il y ait toujoUHi hu tombereau en bhafge pendant t^ue les autres tout en
TEmmASSEMBMTS. 139
marehe; de eette manière , on érite les pertes dé tendpSî et Foù se trouve dane les conditions du tableau précédent.
158. Transports à la banasie^ au coujîn et à dos d*ânSi Qes moyens sont surtout employés pour le transport des déblais et des tbatèfiaux dails les pays montagneux, Où la peilte ti'op rapide des cheriiins rend ii peu près impossibles les modes ordinaires de transport.
Le transport à la bariaste et au cougin est fréquemment employé en Algérie et dans le midi dé la France ^ où 11 Remplace la brouette, quand les déblais doivent 6ti*e transportés \k de petites distaiices. La hanaste est un panier èd bois dé cbfttâigniéi^ eontenant 0'^,ei. Le couffin est uti panier en jonc d'une capacité h. peu près égalé à celle de la banaste. Ces paniers se t^orteilt sur lès ê^iatileé par de6 hommeSi k la manière des eoltitieui^s de charboti«
Le transport à dos dânà est très-employé etil Gotse et en Algérie, où il remplace souvent le tradsport au camion et au tohibéi*eau. 11 se fait en chargeant sur lé dos de TAne deut benne» oti deux doufSna d'une capacité de 0"%04 chacun.
1119: Transport par chemins âJéfèr, Ah chèmid de fei" dé Saint- Germain, pour les tranchées dès BatignoUeS; les wagons étant rë-^ morqués par chevaux et la distance de transport étant de iOOO à iBOO mètres^ le prix du ti^ansport de I mettre eubè à 1000 mètres s*ést divisé en :
Transport proprement dit. . . . • 0',20
Réparation et graissage des wagons. • . . Ô ,0^ DéprédaUon tt ,d8
Total 0^,3i
LA décharge est revenue i, 0',13 par mètre cube, y compris les chevaux qui conduisaient les wagons de là gare la plus voisine à la décharge.
La distance de transt)ort ayant été de 3000 mètres; on a fait uSage de loeoinotiveë^ et le prix du transpoi't de I mètre eube h 1000 mètres s'est divisé en :
Tràhftt)ort propredieôt dit, é'ést-à-dire Salaire des mécanl-
cienS) combustible et réparations. . • . ï i i . d i . t i O'JO
Réparation des wagons :•<;..;: 0,24
Dépréciation des wagons 0»03
Total 0^3t
La décharge des wagons est révenue, par métré cube, à :
Chevaux einpioyés à traîner les wagons du point ôû les dépé-
salent les locomoUyes jusqu'à la décharge et les ramener. . OSIS Ouvriers ^ fi^
Total 0^,20
Ainsi, sous le point de vue de Féconomie, il y aurait avantage à remorquer les wagons par les chevaux ; mais les travaux 8*exécutent avec moins de rapidité.
Nous allons donner un aperçu de la manière dont se sont divisées les dépenses de la tranchée de Clamart, chemin de fer de Versailles (rive gauche), d'après les séries de prix établies par M. Brabant. Les nombres qui suivent sont extraits du Portefeuille de Vingénieur des chemins de fer ^ de MM. Perdonnet et Polonceau.
Le cube total des déblais était de 378000 mètres cubes; mais comme les trois quarts seulement ont été transportés d'un même côté de la tranchée, à une distance supérieure à 1000 mètres, les prix suivants sont établis dans l'hypothèse d'un volume de 300 000 mètres à transporter à une distance de 1000 mètres.
L'accélération des travaux a dû faire sacrifier l'argent pour éco* nomiser le temps (les travaux devant être terminés en vingt mois, il a fallu effectuer un transport de 600 mètres cubes par journée de dix heures de travail).
Les wagons contenaient 1**,50 de terre et descendaient pleins un chemin incliné de 0",004 par mètre. Trois chevaux en remorquaient dix à la vitesse de 25 000 mètres par jour, et une locomotive, dont les pistons avaient 0",25 de diamètre, en traînait vingt k la vitesse de iOO 000 mètres par jour de dix heures.
On a compté pour le temps perdu à la charge et à la déchaîne dix minutes par voyage, quels que soient le mode de traction et la distance de transport.
Le transport s'effectuant avec des chevaux, il a fallu, pour 600 mètres cubes à transporter par jour, 450 wagons (80 à la charge et décharge, 40 sur la voie, 10 à la réserve et 20 en réparation). Avec les locomotives, il a fallu 132 wagons (80 en charge et déchaîne, 20 sur la voie, 10 en réserve, 20 en réparation et 2 wagons intermédiaires). Le nombre des locomotives doit être double de celui nécessaire ; ainsi, pour une que Ton avait en marche, il en fallait une seconde en réserve ou en réparation.
Prix du transport d*un mètre cube de déblais à une distance de tQÙO mètres, sur un chemin dont la pente est de 0",004 par mètre, les wagons étant remorqués par des chevaux.
Intérêt à 5 pour 100 de 375000 fr. qu'a coûté le matériel d'exploitation, et dépréciation de ce matériel 0^,4025
Entretien du matériel 0 ,2000
Le matériel d'exploitation comprend : 150 wagons de terrassement à C50 fr. la pièce, 3000 mètres de doubles voies en fer à 80 fr., 40 chaogements de voies provisoires à 225 fr. pièce, hangar, bâtiments, outils, 2 échafauds de décharge.
A reporter 0',6C25
T£RRA88BNENTS. 837
Report CeCÎS
Pose, démontage et entretien des voies provisoires 0 ,0873
Transport des déblais 0 ,3246
Ce transport exige : 8 chevaux, payés 48 fr. par jour, pour conduire les wagons au point où Ils doivent être pris par les chevaux chargés du transport; 3 chevaux et 2 conducteurs, payés 24 fr. par Jour, par chaque dix wagons portant 15 mètres cubes de terre à 25000 mètres par jour; 10 minutes de temps perdu (temps pendant lequel les trois chevaux et les conducteurs ne marchent pas) ; 12 ouvriers pour pousser et décrocher les wagons^ 30 fr. par Jour; aiguilleurs, nettoyeurs de rails et graisseurs, 12 ouvriers payés 24 fr. par jour.
Fouille et charge. 0 ,6000
Reprises et jets à la pelle ou transports en brouettes nécessaires potdr
charger en wagons 0,3000
Déchargement et mafueuvre des ponts de décharge, 24 ouvriers à 84 fr»
par Jour , 0,1400
Dépenses diverses (manœuvres pour travaux divers, 16 ouvriers à 40 fr. par Jour; surveillants et gardiens, 10 employés à 30 fr. par Jour). . . 0 »1167
Total 2',23U
Pour un supplément de transport h iOOO mètres, Teicès de dépense n*est que de 0',0402.
Sur un chemin horizontal, au lieu de 3 chevaux pour conduire iO wagons, il en faudrait 5, ce qui porterait le prix du mètre cube transporté k 1000 mètres à 2^,3085, et Fexcès par 1000 mètres de distance en plus, h 0',0467.
Si le chemin montait de 0*,004 par mètre, il faudrait 8 chevaux et 2 conducteurs payés 54 fr. par jour, ce qui porterait les prix précédents a 2',4243 et 0S0564.
Qaand les wagons sont remorqués par une locomotive, il faut 132 wagons, 2 locomotives du prix de 33 000 fr. pièce, 12 chevaux pour amener les wagons au point où la locomotive peut les prendre. La locomotive, estimée être de la force de 10 chevaux, produit une dépense j'ournalière évaluée a 101 fr. Ces diverses dépenses font que le prix du transport d'un mètre cube à 1000 mètres est de 2',3005 sur un chemin descendant de 0",004 par mètre, 2',3728 sur un chemin horizontal, et 2^,5137 sur un chemin dont la pente ascendante est de 0*,004 par mètre. Pour ces divers chemins, Faugmentation de dépense pour un excès de 1000 mètres de distance de transport est respectivement 0',0344, 0',0391 et 0',0466.
En effectuant le transport par plans automoteurs, ce qui est nécessaire toutes les fois que les déblais doivent être descendus à une grande profondeur, il faut le même nombre de wagons qu'avec des chevaux, 12 conducteurs de wagons et 15 chevaux, et le prix du transport du mètre cube a une distance de 1000 mètres est de 2',2861. Ce prix a été établi dans Thypothèse où le plan automoteur a 200
mètres de longueur et 0<",05 de pente par mètre ; cela suffit pour que les wagons acquièrent une impulsion nécessaire pour parcourir ensuite une distance de 800 mètres; ils pourraient même franchir un espace plus Ipng; mais alors il faudrait leur laisser prendre sur le plan une vitesse qui serait dangereuse.
D'après les résultats précédents, et en supposant qu'un tombereau attelé de S chevaux serait payé 44 fr. par jour de 40 heures, y compris le conducteur ; (jue le temps perdu k la charge et à la décharge serait de 4/40 de jour, q^e 2 chevaux pourraient traîner 0"',80 ou 4 mètre cube de terre en parcourant 36000 mètres par jour, selon que le chemin serait en terre ou serait une route bien entretenue, MM. Perdonnet et Polonceau ont établi le tableau suivant :
Tableau du prix de revient du transport de 1 mètre cube de débiais à une distqnçe de IQQQ mètres sur des chenms horiiontqux.
TRAMSPO&T AU TOHBSftEAU.