MAÇONNERIES
176. On désigne sous le nom de maçonnerie, un ouvrage quelconque composé de pierres naturelles ou artificielles plus ou moins grosses, reliées ensemble par du mortier de chaux , du plâtre, de la terre, etc., ou simplement posées à sec en liaison les unes avec les autres; il y a aussi la maçonnerie de pisé, qui est faite en terre battue et desséchée sur place.
Les maçonneries se distinguent par la nature des matériauiC employés pour leur exécution : ainsi il y a les maçonneries de pierre de taille, de moellons, de meulière, de briques, etc., qui peuvent être à assises régulières ou irrégulières.
Dans les maçonneries de moellons ou de meulière , on distingue celles où ces matériaux sont posés avec leurs lits simplement ébou* sinés, et celles où on les a taillés préalablement, de manière k leur donner une hauteur régulière dans chaque assise.
Les maçonneries à assises irrégulières se font avec des moellons ou des meulières que Ton pose k la main, de manière à parementer la maçonnerie, ou sans même prendre cette précaution, ce que Ton fait généralement pour les fondations ou les murs adossés à un terre-plein. Cette maçonnerie non parementée prend le nom de blocage, nom que l'on donne aussi aux remplissages que l'on fait en éclats de pierres posés en tous sens dans l'intérieur des murs de grande épaisseur parementés en pierre de taille ou en moellons taiUés.
Les maçonneries à assises irrégulières sont d'autant meilleures que Ton a apporté plus de soin à bien proportionner les dimensions des pierres à celles des espaces qu'elles doivent remplir, et qu'elles sont mieux hourdées, c'est-k-dire enveloppées de mortier ou de plâtre sur toute leur surface.
On peut aussi ranger dans les maçonneries k assises irrégulières, celle formée d'éclats de pierres ou de cailloux jetés sans précaution et mélangés avec le mortier, c'est^k-dire la maçonnerie de béton, par laquelle nous allons commencer la revue des diverses espèces de maçonneries.
MACONHBRIB DE BÉTON. 269
Mac onnerto «e bét«ii.
177. Maçonnerie de béton. Cette maçonnerie, que Ton fait avec du mortier de chaux hydraulique (50), ayant la propriété de durcir promptement sous Feau, on en fait le plus fréquent usage dans les travaux hydrauliques. Les proportions de cailloux ou de meulière cassée et de mortier, qui entrent dans la composition du béton, dépendent des vides existant entre les pierres, ainsi que de Ténergie de la prise et du degré de dureté dont on a besoin pour chaque nature d'ouvrage. Le béton est dit gras ou maigre^ selon que le mortier entre en grande ou en petite quantité dans sa composition, ou mieux, selon que le mortier remplit complétehient ou seulement en partie les vides qui se trouvent entre les pierres.
Pour se rendre compte de la proportion de mortier qu'il convient de faire entrer dans un béton, il est nécessaire de connaître le volume des vides existant entre les cailloux et les pierres cassées que Ton emploie. Ce volume se détermine, comme pour le sable (74), en remplissant de ces pierres ou cailloux un vase de capacité connue, et en versant dessus assez d'eau pour qu'elle efiQeure leur surface : le volume d'eau versé est égal k très-peu près à celui des vides, si, par leur nature, les pierres ou cailloux ne sont pas spongieux, ou si, dans le cas contraire, on a eu soin de les pénétrer avant l'opération de la quantité d'eau qu'ils sont susceptibles d'absorber.
De plusieurs expériences faites de cette manière, il résulte que, dans i mètre cube apparent de cailloux mêlés, de diverses grosseurs, mais ne dépassant pas 0'',05 dans aucun sens, semblables k ceux dont on se sert à Paris, le vide est de 0"%38, et que pour les pierres cassées et les cailloux de grosseur à peu près uniforme et ne dépassant pas 0'',05, il est de 0"%46.
Pour obtenir un béton dont les vides des cailloux soient bien remplis, il est évident que le volume du mortier doit être au moins égal à celui des vides ; et comme d'une part le mortier peut ne pas se répartir de manière k remplir tous les vides, et que de l'autre lesparticules de sable peuvent s'interposer entre les surfaces de contact des cailloux, de manière k augmenter le volume des vides, on voit que, pour être sûr d'obtenir un béton bien plein, le volume du mortier doit dépasser celui des vides; il doit être au moins de 1/4 plus grand; ainsi, selon que le volume des vides sera de 0"*,38 ou de 0''%46, celui du mortier employé devra être au moins de 0"*,48 ou de 0"%58 pour obtenir un béton plein propre k la construction des massifs de fondations qui doivent résister k la pression de l'eau.
Lorsque le béton n'est pas destiné k résister k la pression de Feau, quand, par exemple, il est employé k la construction de fondation»
qui se trouvent au-dessus de la nappe d'eau, il n*y a pas nécessité qu'il soit imperméable, il suffit qu*il soit incompressible et qu'il résiste k la rupture ; alors le volume du mortier peut être égal et même quelquefois itifèrieur à celiii des vides des cailloux ou des pierres
tableau des proportions de mortier et de cailloux méUs, de diverse^ grosseurs^ mais inférieure» h 0",05, par mètre cube de quelques bétons.
DiSIGNAnON.
M0BT1SR.