‹ Pratique de l'art de construire; maçonnerie, terrasse et platrerieChapitre 48 sur 145 · O.JO · texte numérisé non relu

O.JO

rains secs et mouvants.

— ordinaire. . . .

Pour blocs artiflciab ûUis avec moitier de chaui au Theil. ports de MarseUle, de Toulon et d'Ilger.

— moyenn. gras. .

Jeté dus des enceintes asséchées.

— très-gra». . .

Immergé frais à la mer.

Leê voâtes Inférleurea formant le fbnd, ainsi i|U'unè partie ded indtê des réeer- Tolrs des eaux de la ville de Paris, situés fue Radlie et ^ce de la VieiUfr^trapade, ont été construits avec le béton n'* 1.

Les piliers de fondation supportant les mêmes réservoirs ont été établis avec le béton n*" 2, qui est celui ordinairement employé dans leâ travaui de maron- Dtorlé des eaux et égoutè de la ville dé Paris.

Le béton n* 8 est eeloi qui eit généralement employé dani l6« titvan de davigaUon dans Paris.

Les bétons n<>' 4, 5 et 6, employés dans le3 dlfTérentes positions détaillées au tableau précédent, ont Iburnl d'excellents résultats.

Le volume des vides des pierres cassées ou deë èaillotit de grosseul* uniforme étant plus considérable que pour les mêmes msltériaux de différentes grosseurs et mélangés^ pour obtenir avec ces premiers des bétons jouissant des propriétés de ceux du tableau précédent, on devra augmenter les volumes de mortier de ce tableau de la différence des vides. Ainsi, pour obtenir un mètre cube de béton n« 2 avec des matériaux de grosseur uniforme, le vidé du mètre cube de pierre étant 0"*,46 ou 0**,38 selon que la grosseur est nnifelme ou non, ce qui donne une différence de vide de ^^^ on

kAcoitiieiiiB bc BéTO!f. jhl

deTra employer (r*,78 de pierre, et 9,58 + 0,08 xO,TS = d"',5S3 de mortier.

Il arrive quelquefois qu'on a des cailloux de très^petites dimen-^ sioDs; alors, au lieu d*y mélanger du mortier, on y ajoute simple^ ment une certaine quantité de ehaux éteinte, et le mélange de ces matières fournit un excellent béton.'

Lors de Texécution du canal Saint-Martin, plusieurs murs des bassins ont dû être fondés à 3 ou 4 mètres au-dessous du fond du eanal. Il suffisait, à cette profondeur, d'établir un massif de fondation incompressible, sans s'inquiéter s'il serait imperméable ou non; alors on Ta construit avec un béton maigre formé de gravier de la Seine, mêlé avec 1/7 de son volume de chaux hydraulique éteinte. On a ainsi obtenu un tuf artificiel qui» soumis et la pression de Teau j est resté éianche sous une charge de 0"',40; sous une charge plus forte, Teau Fa traversé, mais il n*en a pas moins fourni les résultats que l'on attendait, tout en ayant coûté à peu près la moitié seulement des bétons ordinaires.

En général, on obtient plus ou moins d*énergîe dans la prise des bétons, suivant que les mortiers employés à leur fabrication sont plus ou moins hydrauliques. On peut activer cette prise autant qu*on le désire, en mélangeant aux mortiers une quantité plus ou moins grande de pouzzolane ou de ciment romain (65 et 68).

178. Fabrication du béton. Lorsque les proportions de pierre et de mortier qui doivent entrer dans la composition d'un béton sont fixées, on procède au dosage de ces matières, puis à leur mélange.

Le dosage des matières se fait, comme pour le mortier (75), au moyen de brouettes de mesure fermées, dont la capacité varie de 0"',050 k 0"*,080, en prenant le nombre des brouettées de chaque matière eu rapport avec les proportions adoptées pour la composition du béton. Les brouettes servant k mesurer les cailloux difi'èrent de celles employées pour le mortier, eri ce que le fond est percé de trous ou formé de tringles en fer espacées, afin de faciliter le" passage de Teau que Ton est obligé de jeter sur les cailloux pour les nettoyer (423).

Le mélange des matières se fait à bras, k l'aide de griffes en fer k trois dents, Jig. 49, ou au moyen de ma- ^'** **• chines, quand on a de grandes quantîtéé

de béton a fabriquer.

Pour opérer le mélange avec la griffe, on établit, comme pour fabriquer le mortier avec le rabot (75), une plate-forme en planches ; puis, en supposant que l'on veuille faire, par exemple, du béton n* 2 du tableau page 270, on commence par remplir cinq brouettes de même capadté, trol^ de cailloux et deux demoi'tier

fabriqué à part. On amène alors une première brouettée de cailloux, que Ton étale sur toute retendue de Taire préparée ; dessus, afin de faciliter le mélange, on stratifié uniformément une brouettée de mortier, que Ton recouvre à son tour de la seconde brouettée de cailloux, puis de la seconde de mortier, et enfin de la troisième de cailloux, en ayant soin d'étaler toutes ces brouettées au fur et à mesure qu'on les superpose. 11 faut commencer ces stratifications par une couche de cailloux; car si Ton versait d'abord du mortier, comme il tend toujours èi retomber sur la plate-forme, son mélange avec les cailloux serait très^ifficile.

Cette première opération terminée, on retrousse le tas avec la pelle, puis, avec la griffe, on Tétale de nouveau en tirant la matière à soi tout autour du tas ; on retrousse la masse, puis on Tétale, et Ton continue ainsi de suite jusqu'à ce que le mélange soit complet, ce qui a lieu quand tous les cailloux sont entièrement enveloppés de mortier.

Détail du temps employé pour la fabrication d'un mètre cube de biUm^ en faisant usage de la griffe.

Lavage des cailloux 0^,00

Charge, transport et étalage des cailloux et du mortier. 1 ,70 Mélange S ,00

Total 7S30

Sous-détail du prix de fabrication, à Paris , du mètre cube de béton (76).

7\30 d'ouvrier à 3',50 pour dix heures 3^,55

0^,35 de chef d'ateUer à 7 fr. pour dix heures 0,1S

Frais d'outils 0,13

Total 2',S6

Quand on a une grande quantité de béton à fabriquer, il convient de faire usage de machines.

La machine à coffres^ fig. 50, est une des premières dont on a fait usage sur les grands ateliers pour fabriquer le béton ; elle se compose de dix coffres en fonte, ayant la forme et les dimensions indiquées par la figure. Sa manœuvre exige de dix k six ouvriers, dont moitié de chaque côté de la machine, suivant que Ton veut accélérer plus ou moins la fabrication. À la tète de la machine, on établit une plate-forme en planches, sur laquelle on fait la stratification des cailloux et du mortier, que Ton approche a la brouette. Des ouvriers jettent h la pelle le mélange préparatoire dans le premier coffre Â, lequel étant convenablement rempli, deux ouvriers, saisissant les poignées a, a, le font tourner autour de son axe pour en verser le contenu dans le deuxième coffre B; ils remettent le

MAÇONRERIK DK BÉTON.

Mfffire A d»8 sa posifion pnmîttTe« et pendant qu'en le charge de nou-

yeau, ils font passer les ma« tiôres du deuxième coffre dans le troisième; puis ils viennent recommencer par le premier coffre, s'il y a dix ouvriers oc^ cnpés k la manœuvre, pendant que les deux onvriers voisins font passer la matière dans les deux coffres suivants, et ainsi de suite. Un léger choc des poignées a, a, sur le haut des jambes de force du coffre suivant, suffît pour détacher la matière et la faire passer d'un coffre dans Tautre. La matière est convenablement mélangée et fournit un bon béton quand elle a passé dans les dix coffres.

Autant que possible, on doit disposer cette machine de manière que le dernier coffre verse le béton k Tendroit même où il doit être employé.

L'économie que fournit remploi de cette machine sur celui de la griffe est peu sensible ; l'avantage consiste surtout dans le mélange plus complet et plus rationnel des matières.

Une machine à coffres coûtant environ 550 francs de premier établissement, comme on peut supposer qu'elle durerait au moins trois ans, et qu'au bout de ce temps elle vaudrait encore 50 francs, la perte définitive est donc de 500 francs, ce qui fait annuellement 166',67.

L'établissement d'une plate-forme k chaque extrémité de la ma^ chine, l'intérêt du prix d'achat des brouettes, des seaux, etc., et l'entretien peuvent ^re évalués k 80 francs par an.

Ajoutant k ces deux sommes 300 francs par an pour l'entretien et les frais de déplacement de la machine, ainsi que 27',50 pour l'intérêt du prix d'achat, on voit que les frais d'outils s^élèvent par année k 574Si7.

Avec dix hommes pour faire fonctionner la machine, on peut fabriquer moyennement 35 mètres cubes de béton par journée de dix heures de travail. Supposant que la machine fonctionne cent cinquante jours par année, elle fabriquera donc annuellement 5250 mètres cubes de béton.

Aux réservoirs de la Vieille-Estrapade, le nombre d'heures d'ou-

974 PREMIÈRE PARTIE. -- MAÇOKMERIE BT TERRASSE.

Trier employé pour la fabrication d*itB mètn cube de béton a^oat divisé comme il suit :

Lavage des cailloux. 0^,00

Dosage et appiochage des cailloax et do mortier .... 2 ,00 Ëtendage des cailloux et du mortier, et les placer dans

les colfres. • 0 ,86

Senrlee de la machine 2 ,80

EDiàTemoiit du béUna 0 ,60

Total 6^,92

êùUi*détaii du prix de fabrication dun mètre cube de béton,

6Sa2 d'ouvrier à S',50 pour dix heures 2',42

0^,14 de chef d'atelier à 7 fir. pour dix heures 0,10

Frais d'outilSy 574^17 poiv 5250 mètres cubes de béton 0,11

Total 2^,68

Au port d'Alger, on a fabriqué le béton avec une machine dite coulair'Caitse à béton. C'est une caisse rectangulaire de 1 mètre sur O^fiO de section, et de 2",50 de hauteur, en bois de 0",075 d'épaisseur. Elle porte, à la partie inférieure, une ouverture latérale de i .mètre de largeur sur 0°,60 de hauteur, par laquelle sort le béton; k sa partie supérieure, sur sa large face, se trouve un plan incliné en bois doublé de tôle de O'.OOd dépaisseur» sur lequel on place les matières à mélanger, lesquelles, en quittant ce plan, tombent dabord sur un deuxième plan, incliné en sens contraire du premier et fixé au milieu de la caisse, contre la paroi opposée; puis sur iin troisième plan, incliné comme le premier, et dont le bas repose mut le seuil de Touverture latérale de la caisse, de manière ^ y amener la matière mélangée.

Le prix d'une telle machine, y compris un léger échafaudage w une rampe pour élever les matières, peut être estimé i&O francs.

En supposant que cet appareil fonctionne cent cinquante jours dans Tannée, il pourra fabriquer annuellement 9000 mètres cubes de béton. Supposant que cette machine, a la fin de la campagne, a éprouvé une perte de valeur de 100 francs, y compris les réparations; ajoutant k cette somme 7',&0 pour Tintérèt du prix d'établissemeni, plus 100 francs pour les plates-formes destinées k préparer les matières et k recevoir le béton k la sortie de la machine, pour Tintéiét du prix dachat des brouettes, seaux, etc., et pour Tentretien^ on a une somme de 207',50 pour les frais d outils; ce qui fait 0'f024 par mètre cube de béton.

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