MAÇONNERIE DE BÉTON
Nombre dheures cTowmer employé pour la fabriçatiot\ cTun mètre ei^
de béton.
LaTifB des cfUUoox. .,.•....,.,,«.,,... 0^,ep
I)08age et approchage des calllqox et da mortier. • * • ^ ,00 Pour Jeter et étendre ces matières sur le plan IncUné da
couloir i • . 0 ,M
Pfwr dtfbarraMtr If couloir du Jbétoa MU 0 >afl
Totd 4Se6'
Soi^-dMçil du pri9 4fe fabrù^a^i^m (fm (nifr^ ^itfig^béUm.
4^,06 d'oDTrier à 8',50 pour db heures 1^42
^41 de «lier d'aUUer à 7 fr. 0 ,1S
FrfUt d'ouMb- *...., 0^
Total "PiâT
Pendant plu^ura années, U c^uioiiMïàisse a été généraiemeBl eipptoyé quand on avait des quantités considérables de béton à fabriquer; mais, an lieu d'être à trois plans, il était sopyent k eîn^, répartis sur sa longnenr et successivement inclinés en sens inversa.
Ccfuhir cylindriq^ à bééen^ dit bétonnière. Les machines à eoflfres et les couloirs-K^aisses avec plans inclipés sont remplacés depuis quelques années, avec de grands avantages, par un couloir cylindrique très-simple, imaginé par M. Schlosser, qui adopte, comme les plus coQvefiables, les di^ositions et dimensions suivantes x
Un tube cylindrique vertical en forte tôle, de 2 mètres de hauteur ^jt de 0^,j|0 de diamètre, est muni intérieurement de 23 croisillons ep fer rpnd de 0^,61 de diamètre. Ces croi|illoi|s so»t également espacés ^atee eux, et ils sont dirigés suivant des diamètres du cylindre, dnnt ils n^^upent toute la hauteur; en plan, leur ensemble divise la base 4u pyUndre en parties égaleç, et on l«s dispose de manièie qu^ chapui) d'eux se trouve duis le plus gi;^nd angle formé par les croisillons siipérieiurs, et qu'il divise cet angle en deux parties le moins inégales possible.
Le tube cylindriqua est proloiigé inférieurement par un tronc de cône de I^^^P de hauteur, dont la base supérieure est égale k celle du cylindre, et dont la base inférieure a 0*^,28 de diamètre. Cette base inférieure est munie d'une porte, qui est mobile autour d'un goujon parallèle k Taxe du cylindre, c'est-a-dire dans un plan perpendiculaire a cet axe, et que Ton ouvre ou ^jpmQ en la manœuvrant avec une queue en fer qui y est fixée.
Cette bétonnière, d'un transport et d'une installation faciles, est munie latéralement k sa partie supérieure de trois ou quatre oreilles, par lesquelles on la suspend aux poutres du plancher sur lequel on fait le dosage des matières. Ce plancher se pose k un niveau tel, que
les bronettes, camions ou wagonnets puissent être placés sons le couloir pour recevoir directement le béton quand on ouvre la porte inférieure. Si le béton ne s'emploie pas en contre-bas du sol, on rend le plancher accessible au moyen de chemins faits avec des madriers, et dont la pente ne doit pas excéder 0",20 par mètre.
La manœuvre de fabrication est k très-peu près la même que pour le couloir-caisse ; elle consiste k stratifler fMur couches les cailloux et le mortier, en versant d*abord sur le plancher supérieur la moitié du dosage des cailloux nécessûres k la houloyèe, en versant sur ces cailloux, étalés k la pelle sur une épaisseur de 0*,20 environ, la moitié du dosage du mortier, qu'on étale sur toute la couche de cailloux; en versant ensuite l'autre moitié des cailloux, qu'on étale sur la couche de mortier^ et qu'on recouvre k son tour de la seconde moitié de mortier; les matières ainsi préparées sont jetées k la pelle dans le couloir, qu'on a soin de remplir entièrement dans toute sa hauteur. On ouvre alors la porte inférieure, que l'on referme quand la brouette placée dessous est remplie de bétcm; on Fouvre de nouveau pour remplir une autre brouette, et ainsi de suite. Au fur et k mesure que par le bas on retire le béton parfaitement fabriqué, toute lajmasse descend dans le couloir, qu'on a soin de tenir constanmient plein en chargeant par le haut et k propos le mélange de cailloux et de mortier.
Les bouloyées de béton sont ordinairement formée^ de 3 brouettes de cailloux et de S brouettes de mortier, ou de multiples de ces nombres.
Le couloir cylindrique est très-employé aujourd'hui, k cause des notables avantages qu'il procure. La faible dépense de son installation est facilement compensée dès qu'on a 100 mètres cubes de béton k fabriquer. En outre d*une économie d'un dixième environ sur la main-d'œuvre de fabrication proprement dite, on évite la reprise et la charge du béton pour le transporter au lieu d'emploi, et par suite les interruptions de roulage provenant des lenteurs des ouvriers chargeurs.
Une bétonnière coûte SOO francs, et elle suffit k la fabrication d'au moins 50 mètres cubes de béton en dix heures de travail.
Nombre d* heures d'ouvrier employé pour la fobricatiom dun mètre cube de béton.
Lavage des caOloux 0^,60
Dosage et approohage des eallloox et da mortier 1 ,50
Ëtendage des matières, et ponssage ou Jet dans le couloir 0 ,90 Onverture du couloir et empUssage des brouettes de
héton 0 ,40
Total 3\40
MAQOMNBRIK DB tiTON. 877
Soua^taxl du prix de fabrication d^un mètre cube de béton,
3^,40 d'ouTrier à 8',50 pour dix heures l',19
0^,30 de chef d'atelier à 7 f r 0 ,14
Frais d'outils 0 ,07
Total l',40
En raison du prix de revient de la fabrication du mètre cube de béton, les quatre modes que nous venons d'examiner se classent ainsi :
Grtfb à dents 3^,96
Machine à coffres 2,63
Couloir à caisse en bois 1 ,57
Couloir cylindrique en tôle 1 ,40
Ces prix ne comprennent que les frais de dosage, d'approchage et de mélange des matières; mais non ceux du transport du béton à pied d'œuvre, de sa mise en place et de son pilonnage, ni ceux de fabrication du mortier (76).
179. transport du béton. On transporte le béton, du point où on le fabrique à celui où on remploie, k Taide de la brouette à coffre, toutes les fois que la' différence de niveau permet d'établir des rampes d'une inclinaison convenable (461), ou qu'il suffit de rapprocher d'une fouille, au fond de laqudle on le fait arriver par une couloite ou en le jetant directement depuis le dessus de la fbuille. Quand la hauteur à laquelle on élève le béton ne permet pas l'usage de la brouette, on transporte le béton avec l'oiseau, en faisant usage d'échelles (138).
180. Mise en (jsuvre du béton hors de Veau, Lorsque le béton est employé pour faire des massifs de fondations, des blocs arfificiels ou autres travaux hors de l'eau ou dans des enceintes asséchées, on le jette directement avec la griffe et la pelle dans la caisse ou dans l'enceinte qui doit le contenir, ou bien on le transporte et on le verse avec la brouette, le camion, le wagonnet, et parfois avec l'oiseau, sur la place qu'il doit occuper, en ayant soin de le régaler par couches horizontales de 0",â0 à 0*',25 d'épaisseur, afin de rapprocher les cailloux qui tendent toujours à s^écarter lorsqu'on jette le béton ; par cette précaution, on rend au béton son homogénéité, ce qui est surtout essentiel lorsqu'il doit être imperméable. De j^us, on a soin de pilo&ner Les couches, au fur et k mesure qu'on les pose, avec des pilons en fonte ou en bois, afin de faire prendre aux cailloux les positions les plus favorables, et de remplir les vides en répartissant uniformément le mortier dans toute la masse.
Lorsqu'on est obligé d'interrompre des couches de béton, on les termine toujours par redans inclinés, comme l'indique la figure 51, afin que les parties interrompues un jour se raccordent bien avec
fT8 PREMIÈRB PARTIS» — MAÇONNBRIS ET TERRA8SB.
Fig- 51- celles qui se feront les jours
suivants. Lorsqu'on veut continuer une couche interrompue qui a eu le temps de sécher, on
pc^^^i'-S'"^^ nettoie parfaitement la surface
sus une couche de mortier frais, sur laquelle on pose le nouveau béton. On prend également cette précaution pour raccorder une couche, qui a eu le temps de sécher, avec celle que Ton vient placer dessus.
Quand on fût des bétonnages en élévation ou pour des blocs artificiels destinés aux enrochements de Jetëeâ, on maintient latéralement le béton frais par des encaissements en madriers, que l'on construit sur place, et qu'on a soin de bien dresser, surtout quand les parements qu'ils servent à fômàer doivent être apparents.
Pour des fondattotis ou des voûtes^ on peut t^nplacer les encaissements en madriers pur dés tloisoÉs en vieilles bHques posées de champ et hourdées en plâtre,, que Ton démolit lorsque le béton a ftiit prises €'est ainsi qù'oh a construit les cintres des grandes vofttes des réservoirs dé la placé de FEstrapade. Ces voûtes, qui ont de 45 à 60 mètres de longueur*, S"^05 d'ouverture et 0'',% d'épaisseur à la clef» ont été décintrées après la pose àù béton; léurs^ extrados ont été arasés horizontalement, puis recouvcHte d'un enduit en ciment de Vassy qui fottne le fônd des réservoirs. Les cintres avaient 0'»!1 d'épaisseur (d^ul briqués de champ).
Pour oHeéir des pMretoents de maçonnerie de béton aussi pleins «t au«si uâis quB possible, on relève le long des encaissements les parties de bétete te toiieux fournies dé mortier et dont les cailloux sont les pluis fin». Quand en tté pt'end ^s cette précaution, â we ^uve dans les parémevits des endroits où les cailloux se sont pwtieulièremeiit fètrUiiSs ce qui diminué sensiblement l'aspect satisftûeant du tràv«Âl el là êôlidité des surfaces vues, qui s'égrènent et se désagrègent sous l'aciAoïl des chocs; on comprend que pour les blocs «rtificiels notamment, une condition essentielle est que les parements soient bien pielMs^ afin qu'ils ne {missent être désagrégés par l'adtron des lames et des t(mps de me^
Oh peut compte^ que lé transport dtin mètt*e cube dé breton k unte iîstance moyenne 'ée 30 mètres, sa pose et som pilonnage teors ée l'eau exigent 6*,5 dé tràVaii d'ùtt ouvrier.
181. lUisfe "en (Èttvrê êii béton sous Veau, L'immerskm du béton en eau profonde présente généralement plus de difficultés et demande plus de soin que sob emploi à sec. Pour des profcmdéfUrsd'eim qui ne éépiiBsent pas 1",^ \ fi mètres, on adopte génémiement le coulage mvLic^w^ ^«i eomsîsteèdesoendh^ d*iJ>ord, au moyen d*une coulotte
MAQO^IIIB DE BiTON. S79
OU d*aiie caiate «q plunches, uae oertaiae qufttitité de béton pour former le talus naturel, qu'on fait ensuite avancer progressivement, en posant le béton hors de Teau k la eréte de ce talus, eomme s'il s'agiseait d*un remblai. De temps à autre on facilite le giiesement au moyen de la pelle. Le béton chasse devant lui la laitance, qu'on a soin d'enlever, au fur et k mesure qu'elle se forme, au mojen de la drague k main ou de pompes. Le coulage au talus est fréquiBUiment employé pour les massifs de radiers ou de fondations de ponts, quand la profondeur d'eau ne dépasse pas % mètrea.
Quand la profondeur d'eau excède d mètres, le coulage du béton se fait au moyen d'une trémie, ou mieux avec des caisses prismatiques ou deminsylindriques que l'on descend au fond de l'eau avec un treuil, où on les vide en les basculant, ou en ouvrant une soupape, ou encore par tout autre moyen qui permet k la caisse de s'ouvrir en dessous. La caisse demi-cylindrique est employée aux travaux maritimes du port de Toulon, et elle est généralement adoptée aujourd'hui ; elle présente sur les autres l'avantage de diminuer les remaniements du béton sous l'eau, et de le maintenir autant que possible k la consistance de fabrication, en réduisant son déiayement et ia formation de la laitance.
La laitance se produit toujours en plus ou moins grande quantité, suivant les précautions apportées k l'immersi^on; elle est formée en grande partie par la chaux délayée, mais aussi par la vase qui s'est déposée sur le fond après le dragage, et qui se soulève quand on coule ie béton. C'est afin de remplacer la chaux qui forme la laitance, qu'on en force un peu la dose dans le mortier employé k ia fabrication du béton destiné k être coulé.
Quand le béton est coulé dans une enceinte non jointive, la laitance est entraînée naturellement s'il existe un petit courant ; mais si, au contraire, Fenceinte est bien close, Feau ne peut se renouveler, et la laitance se dépose en si grande quantité qu'il devient nécessaire de l'enlever.
L'immersion du béton doit se faire sans secousse, afin d'éviter tout délavement; la caisse doit être parfaitement remplie, et la surface du béton doit être égalisée avec le plat de la pelle, de manière k la rendre presque lisse, et par suite plus propre a s'opposer à la pénétration de Feau dans le béton. La caisse ne doit être vidée que quand elle arrive k 0",30 ou 0*,40 du fond.
Quand il y a un courant, les couches de caissée»^ auxquelles on peut donner environ 4 mètre de hauteur, se forment en allant de Famont vers l'aval, afin de favoriser Féconiement de la laitance, qui se trouve natui^llement entraînée en avant sur la couche inférieure, oè elle se dépose «t d*éù on l'enlève atee la dragua k main, ou mteax
280 PREMIÈHE PARTIE. •— MAÇOUmUltE ET TERRASSE.
au moyen d'une pompe Letestu, qui convient parfaitement pour ce genre de travail.
Les caissées doivent être descendues les unes sur les autres jusqu'à ce que le tas ait la hauteur qu'on veut donner à la couche. Quand un tas est formé , on avance le treuil sur remplacement du tas suivant, et Ton continue ainsi de suite par zones de tas, en ayant soin de toujours comprimer le béton au fur et à mesure de sa pose avec un pilon muni d'un long manche. La laitance va se déposer entre les bases des cônes formant les sommets des tas , d'où il est très-important de l'enlever k mesure de sa formation , et surtout avant de placer dessus du nouveau béton , sans quoi elle formerait une espèce de vide sans consistance dans la masse. On facilite Tenlèvement de la laitance en la chassant avec un balai vers la couche inférieure , ou même vers un puisard disposé exprès pour faciliter son aspiration par des pompes. Quand une couche de caissées de 1 mètre environ d'épaisseur est coulée, on en pose dessus une nouvelle, et Ton continue ainsi de suite jusqu'à ce que le massif de béton arrive a la hauteur voulue.
Au lieu de faire l'immersion du béton par couches horizontales de caissées , pour faciliter l'écoulement de la laitance, on peut le couler par gradins allongés donnant lieu à un talus de 28 de base pour 4 à 5 de hauteur. Cette disposition a été appliquée par M. l'inspecteur général Noël, à la fondation du troisième bassin de radoub du port de Toulon, et elle a fourni d'excellents résultats.
Le coulage au talus avec des caissées a été employé avantageusement pour de grandes profondeurs d'eau. Toute la hauteur de béton se mène d'une seule couche, que l'on pose par bandes appliquées les unes contre les autres, montées successivement du fond jusqu'à la surface, et ayant un talus de i et i/% à 2 de base pour 1 de hauteur. Sous cette inclinaison , et à cause de la perte de poids due à l'immersion, il ne se produit aucun éboulement ni roulement de pierrailles, surtout si l'on emploie le béton aussi ferme que possible, et qu'on ne le comprime pas trop au fur et à mesure de sa pose. La laitance ne se forme qu'en petite quantité, et elle descend au pied du talus, d'oui on Tenlève facilement
■l«ç«iuierle Ae pierre Ae teille.
188. On désigne sous le nom de pierre de taille^ tout bloc de pierre, taillé sous différentes formes ou destiné à l'être, dont le poids est ordinairement trop considérable pour qu'il soit possible à un seul homme de le porter. La maçonnerie dite de pierre de taille est celle qui est formée par l'assemblage de plusieurs de ces blocs, reliés
MAÇONNER» DK MBRIIB DE TAILLE.
entre eux par du mortier oufûu plâtre. On en distingae de deux Bortes, celle en pierre dure et cefie en pierre tendre (30).
Vexécution des maçonneries de pierre de taille comprend Vappa^ reil, les tailles et sciages de toute espèce, le bardage^ le montage et la pose de la pierre, opérations que nous allons passer en revue.
185. Appareil. C'est ainsi qu'on désigne le détail de la disposition des pierres dans un édifice. Appareiller^ c'est faire d'avance les dessins qui donnent les forn>es et les dimensions des pierres qui doivent entrer dans l'édifice; on appelle aussi appareiller^ tracer la besogne aux tailleurs de pierres, d'après les plans de l'appareil ; Vappareilleur est le chef ouvrier chargé de ces travaux (8).
Dans tout appareil, une pierre quelconque doit toujours avoir deux laces normales k la direction de l'effort auquel elle résiste et qu'elle transmet; ainsi, pour un mur vertical, les faces inférieure et supérieure de chaque pierre doivent être horizontales; ces faces prennent le nom de lits^ et elles doivent être les mêmes que celles qui
forment les lits à la carrière, ^' **• quand les pierres provien-
^ nent de roches stratifiées
ifig. 53 : 1 élévation, S plan de l'assise inférieure, 8 coupe transversale suivant ab).
La face apparente d'une pierre prend le nom de parement. Les faces latérales sont appelées join^^; elles doivent être perpendiculaires au parement et aux lits. On donne aussi le nom de joint k Tiotervalle de 0",004 à 0*,010 que Ton réserve toujours entre les pierres, pour éviter qu'elles se touchent, et que Ton remplit de plâtre ou de mortier pour relier les pierres. Toutes ces faces se dressent a?ec d'autant plus de soin que la construction doit être mieux finie et plus solide. Dans une construction, on donne le nom d'assise k chaque rangée horizontale de pierres. La hauteur d* assise d'une pierre est la distance de ses lits. Dans une construction solide, cette hauteur doit être égale pour toutes les pierres d'une même assise, et si la construction est très-soignée, elle est la même pour les différentes assises. Les ressauts qui résulteraient de l'inégale hauteur de toutes les pierres d'une même assise seraient d'un effet désagréable k l'œil, et l'inégalité du tassement des joints ainsi que les réactions inclinées des pierres l'une sur l'autre nuiraient a la solidité de la construction.
La dimension d'une pierre perpendiculairement k son parement, c'est-k^dire la quantité dont elle pénètre dans Tépaisseur du mur.
MSK
PREMIÈRt PARTIB« -** MâÇOMNIRIB BT TRRRA88E.
s'appelle queue de la pierre. Poor une môme assise^ la loagueur de queue doit être différente' pour deux pierres consécutives, afin de bien relier entre eux tous les matériaux d'une même assise. Une pierre G, plus longue en parement qu'en queue, prend le uom de carreau. Le rapport entre la longueur du parement et la hauteur d'assise d'un carreau dépend de la dureté de la pierre : pour une pterre tendre, ce rapport ne dépasse pas 2,5; pour une pierre dure, H Ta k 3,5, Une pierre B, qui est, au contraire ^ plus longue eu queue qu'en parement, prend le nom de boutisse; sa longueur en parement doit toujours être plus grande que sa hauteur d'assise. Quand une pierre P s'étend d'un parement à l'autre du mur, on dit qu'elle fait parpaing^ et elle*méme prend le nom deparpaing^
Les joints verticaux ne doivent pas se correspondre dans deux assises consécutives; leur distance doit être de 0'',i6 à 0'',30 au moins. Cette condition ajoute considérablement à la solidité de la construction, puisqu'alors il ne peut y avoir aucun mouvement sans que les pierres se brisent ou glissent avec effort les unes sur les autres.
La fece latérale opposée au parement, et noyée dans l'épaisseur du mùr, se laisse entièrement brute, et Ton garnit par un blocage les Vides qui restent entre les pierres qui forment les parements.
11 faut éviter avec soin de placer des
joints verticaux ou horizontaux dans les
angles rentrants ou saillants que peut
former le parement d'un mur. Ainsi,
une pierre formant l'angle de deux murs
doit faire partie de ces deux murs , afin
de les relier, Jlg, 53 , et s'il y a une
retraite horizontale dans le parement
d^un mur, Jig. 54, il faut éviter qu'elle corresponde k un lit, afin de
ne pas avoir un Joint dans une partie où l'eau peut couler ou sé-
jéumer.
IM. Taille de la pierre. Cette opération consiste adresser convenablement les faces des blocs de pierre, et à leur donner les formes et les dimensions qui conviennent à l'appareil (183).
La taille seule des lits est suffisante pour la maçannerie ée HhageSy c'est-k-dire pour la maçonnerie en blocs de pierre de formes irrégo- Ifères et grossièrement dressés, que l'on emploie encore quelquefois dans les massifs de fondations. Mais elle ne l'est plus pour les maçonneries soignées et apparentes; il faut alors que les parements soient parfaitement dressés, et que de plus les joints le soient régulièrement, afin que les pierres puissent s'approcher convenablement et unifonuément les unes des autres, sans quoi il en résulterait des joints inégaux, qui seraient d'un aspect désagréable, tout en nui-
Fig. »3.
Fig. 6i.
Si
Mtit % )ft AôKditék Ainsi, toute piei^ de tftiUe qui ne fait pBA parpBibg doit être taillée ê^r cinq fiiMB, (^al «Ont planes dans leb murs verticaux. La taille du pareiiietit M^ bH général, d'un fini plue pàrfeit que fcelle des faces noyéQë dans !*épaiBseur do la ma^
^OAttiÔfie»
Ltt tttilfe de là pierre se âiit dans uft etnplaeemont choisi aui aboîNls do là bonsb^ction, et que les ouvriers nomment chanHêK toato taillé fttrto en cet endroit est dite taUtÉ ^r la eton^ûrr. On nomme fdilA» m» fe ta», celles qui sont fitites sur place pour la ré>paration des édlfioeB) et celles que Ton est obligé de fiiire quand las pierres sont postes. On lliit aussi sur le tas la taille qu'entraîne le pamiêmeM, op^ation qui consiste en une retaille complète des pàt^ (les saillantes résultant des déftiuts de la taille primitive ou de la pose, afin de dresser parflaitement les parements tus de Fédifice que Ton tient de conduire. Cette opération se AJt en même tempe que fe fi^f^inioyeme^it^ qui consiste k remplir parfaitement de mortier ou dé plâtre les bords des lits et des joints.
On donno i« nom A*ubataffê à la partie de pierre piodiée ou jetée tfiSfi à l'extér^sur de deux faces adjacentes consertées, pour former lee angles saillants d'avant^orps, de harpes, de cnossettes, dé claveaux, et répannolage des moulures, etc., ou encore pour donner uile Ibrme cylindrique h, une pierre^ On appelle Mdemeni, la partie de pierre piochée entre deux faces adjac^tes pour fiûre des angles rBntnnts d'arrière^sorps, etc. Enfin, on nomme refcmUemeni^ toute partie do pien« éfidée à la masse «t au poinçon entre trois ou un plus grand «M)ttibr4e de faces.
^MÉ» lailier la pierre, l\>uvrier «e sert des divers outils dont nous
bavons parlé au W^ 134. Pour foire soti ^*8- 55. travail, il commence par mettre sa
pvsrre en ehœntier^ opération qui condste à soulever la pierre d'un côté Jusqu'à ce que la faœ à tailler soit inclinée ^ous un angle de 73* environ à lliorizon, c'est-à-dire à 0°,a^ de base pour 4 mètre de hauteur, comme riadiquo la figure 55, et à la maintenir dans cette position à Taide d*unc <eale C plkcée dessous, et d'un tasseau T établi doTrière. i^our faire ^es ttpptri^ éft emploie des moellonB eu des éclate de pierre Ha chantier. Lorsque les pierres sont très-lourdes, pour tes n»ettre en chantl^, IVyuvrfer se fait ûder par ses camarades, et il se sert de la pince ou du ciisc (lé7 et 121).
C'est ordinairement par un des lits que l'ouvrier cêmmence la taille d'm» pîMr^. 4f«ès ra,v«lr mise «a «tentier, il Iraoe sur Hine
%H PREMIÈRE PARTIE. -* lUÇONMERlB BT TSRRA8&B.
de ses faces latérales une ligne qui limite ce qu'il faut enlever sur le lit à tailler, soit pour le purger de bousin, soit pour donner à la pierre Fépaisseur demandée; alors' il fait avec le ciseau (134) une plumée ou ciselure^ de la largeur de cet outil, le long du c6té du lit qui correspond k la ligne tracée, en suivant exactement ce trait; il vérifie de temps en temps si la ciselure est droite, en appliquant une régie dessus à mesure qu*il enlève les sinuosités. Cette première ciselure terminée, Touvrier en fait une semblable sur la même face le long de Faréte opposée; pour arriver à mettre cette seconde dselure dans un même plan avec la première, il applique contre la pierre, comme le montre la figure 55, une première règle dont le champ effleure bien la ciselure faite dans toute sa longueur, et contre la face opposée il place une seconde règle qu'il dégauchit^ c*est-k-4ire amène dans une position telle, que le plan passant par son œil et par Faréte de cette règle contienne Faréte qui coïncide avec la première ciselure; la seconde règle, dans cette position, sert à tracer la ligne qui détermine la position de la seconde ciselure, que Fon exécute de la même manière que la première. Ces deux premières ciselures achevées, Fouvrier en fait une «semblable le long de chacune des deux autres arêtes de la face qull dresse; le trait ^uî détermine la position de chacune de ces dernières se trace en faisant simplement passer par deux des extrémités des premières ciselures Faréte d*une règle appliquée contre la face latérale de la pierre.
La face étant entièrement encadrée de ciselures, Fouvrier achève de la dresser en faisant sauter toutes les parties de pierre qui dépassent le plan des ciselures. Pour cela, il conunence à dégrossir à la pioche, en ayant soin de ne pas atteindre au-dessous du plan desciselures; puis il termine de dresser le lit au moyen du rustique ou du marteau.
Le premier lit étant taillé, on trace dessus, d'après le plan d'appareil, la base de la surface latérale de la pierre ; ce qui se fait au moyen de Féquerre, si cette base est rectangulaire, ou de panneaux et de fausses équerres, si la pierre doit avoir des formes particulières. Ce tracé terminé, on met la pierre en chantier pour tailler le parement ; cette face se taille comme la précédente, si ce n^est que, devant être apparente^ on lui donne un fini plus parfait; après avoir fait le dégrossissage k la pioche ou au rustique, on relèoe les ciselures, que Fon redresse si cela est nécessaire, et Fon termine la taille, soit avec le marteau bretté et la ripe, soit simplement avec la boucharde (134).
Quand la taiÙe du parement est terminée» on fait successivement celle des joints, celle de Fautre parement s'il y a lieu, et enfin celle du second lit.
Toutes les faces d*une pierre de taille doivent être parfaitement