‹ Pratique de l'art de construire; maçonnerie, terrasse et platrerieChapitre 51 sur 145 · CO •4< U · texte numérisé non relu

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De (tos observations, il résulte :

1* Que le temps employé pour les tailles et retontes de parements courbes est k peu près égal, à une fois et demie celui employé pour les mêmes ouvrages sur plans ;

2* Que, toutes choses égales d'ailleurs, le temps exigé pour l'abattage, Févidement et le refouillement d'un mètre cube de roche dure ou de pierre de Château-Landon, de Gh&tillon-sur-Mame, etc., est à peu près au temps employé pour abattre un mètre cube de roeiie ordinaire, comme le temps nécessaire pour tailler le mètre carré de la pierre considérée est k celui que demande la' même taille pour la roche ordinaire, ces tailles étant layées Fune et l'autre: ainsi, désignant par X le temps qu'exige Fabatage sur le chantier du mètre cube de Chftteau-Landon, la durée du même abatage dans la roche ordinaire étant de 75 heures, et le mètre carré de surface layée sur le chantier de la pierre de Ghftteau-Landon et de la roche ordinaire exigeant respectivement 17 heures et 11 heures, on a

rr: 76= 17: 11, d'où x = -i^Lflli == ne heures.

Par expérience, nous avons trouvé 114%8.

laa. Bardage. Le bardage de la pierre de taille se fait au moyen de roules, de bards ou de binards; Aous avons passé en revue, aux n** 126, 130 et 131, les précautions qu'exige l'emploi de ces divers instruments pour le transport de la pierre.

Le bardage de la pierre avec le bard s'eflfectuant rarement, et celui au moyen de roules étant très-accidenté, nous nous contenterons de donner quelques résultats sur le temps qu'exige le transport au moyen du binard, et encore n'y a-t-il que celui employé au chargement et au déchargement que Fon puisse k peu près fixer; car la durée du transport varie considérablement, suivant la disposition des lieux et les intempéries de Fatmosphère. En ejQTet, le sol peut être de niveau ou suivre une forte pente; il peut être solide comme en été, ou très-mou et presque impraticable comme dans la saison des pluies; enfin, si le bardage se fait sur la voie publique, il peut se présenter des embarras accidentels qui occasionnent des retards imprévus.

Sur un sol ferme et k peu près de niveau, le temps employé pour barder la pierre de taille k 100 mètres de distance, au moyen d'un binard, servi par un chef bardeur ou pinceur et six garçons, se compose ainsi qu'il suit :

Durée du chaigement et da dëchaigement de 1/3 de mètre cube. . 0\eO Durée du parcours de 100 mètres et du retour à vide 0 ,10

Total "15^70"

MAÇÛNNKa» Dft P1£RRE DK TAll^LE. 289

Pour un mètre cube, ces teini»8 sont doue respeeUYeuMOt î\BO et O^^dO; total, 2M0.

St la distance de transport était dllTërente de 100 mètres, si elle était N mètres par exemple, la durée totale du bardage d'an mètre cube de pierre à cette distant serait évidemment

Lorsque le binard est traîné par deux chevaux, et servi par trois garçons et un chef bardeur, le temps se divise comme il suit :

Durée du chargement et du déchargement de i/Z de mètre cube. . 0^,95 Dorée du parcours de 100 mètres et du retour à vide 0 ,07

Total 1S02

Pour un mètre cube, ces nombres sont respectivement 1^,425 et 0^,106; total, l^&8.

Pour la distance de transport N mètres, la durée du bardage du mètre cube serait

lN426 4-0»',105Xj^.

187. Montage. Nous avons décrit, aux n"* 116 et suivants, les divers appareils employés pour monter les fardeaux, et la pierre en particulier. 11 nous reste à détailler ici les moyens usités pour suspendre la pierre au câble ou à la chaîne de la chèvre ou de la sapine, et à faire observer que cette partie du travail, en raison des graves accidents qu'elle peut occasionner, réclame le plus de soin et d'habitude; aussi est-il prudent de toujours la confier au même ouvrier. Le plus ordinairement, pour monter une pierre, on Tenveloppe d'une corde sans fin, dont on écarte les brins, Fig. 56. comme Tindique la figure 56, afin que la pierre ne

puisse ni glisser, ni tourner. Aux points où la corde porte sur les arêtes, on empêche celles-ci de s'épaufrer en les garnissant de petits paillassons très- Ôpais. Cette corde, appelée élingue ou hraye^ a ses extrémités réunies solidement par une épissure^ et on Fenveloppe ordinairement d'une forte toile sous laquelle on met de la filasse, ce qui Fempèche de se couper et de dégrader la pierre. Une esse fixée directement à rextrémité de la chaîne ou du câble db la chèvre ou de la sapine, ou à la chape d'une poulie mobile manœuvrée par cette chaîne ou par cette corde, sert à accrocher la braye.

Lorsque les pierres que l'on a k monter sont destinées k des ou-

w\g, 57. vrages précieux, pour lesquels on les a taillées dé-

licatement, on renonce et remploi de Télingue, qui peut toujours abîmer lep «irôtes; on fait alors usage d'un petit instrument en fer, Jig, ëî, appelé lauom^ qui se compose d'une partie centrale A, taillée en queue d'aronde k sa partie inférieure et dont la tête porte un anneau qui s'accroche k Tesse du câble de la cbèvre ou de la sap^^, çt i^ deux pioiies (i^téf^es (?, ^, d'épaisseur ufiifprme, jégèrepefij; re^ courbées d'équerre par le haut, et retenues h la pièce  par un anpeau qui leur perpie^ ton^ mouvement longitudinal quand la louve n'est pas chargée.

Pour se servir de cet outil» on fait dans le lit supérieur de la pierre un trou que l'on creuse en queue d'aronde de même inclinaison que U Ipuve. Qaps cp trou m jutroduit le bas de la pi^ce 4» ^ tço^nt les parties a, a soulevées de toute la longueur de la queue; on ùli alors descendre les pièces a, a, et la louve se trouvant ainsi emprisonnée, elle permet de soulever la pierre.

L'emploi de cet outil est asseï dispendieux k cause du trou, qui doit être fait avec soin ; mais il rend le reste de l'opération plus expéditif qu'avec l'élingue. On n'en peut du reste faire usage que pour les pierres dures, ou moyennement dures; les pierres tendres éclateraient. On a ainsi monté ou descendu sur le tas une grande partie des pierres employées k la construction des piédestaux du pont de la Concorde et des culées du pont aux Doubles. Bien que la pierre des carrières de Beaucaire n'ait qu'une dureté k peu près égale au bon vergelet de Paris, elle a été entièrement montée k la louve pour la construction du pont-canal de l'Orb, k Béziers.

Enfin , on remplace assez souvent là louve par un simple piton k vis , que l'on fait pénétrer dans un trou creusé dans le milieu du lit de la pierre. Ce trou, que Ton fait au trépan, ayant le diamètre de l'âme de lavis, les filets triangulaires de eelle-ci se noient complètement dans la pierre.

De nos observations, il résulte qu'un atelier composé d'un brayeur et de quatre garçons, montant k chaque voyage 4/3 de mètre eube de pierre, mettrait, savoir :

Minutoi.

Pour )>ray#r ou louver \^^ pierre , * 17

Pour la monter ou descendre k 5 mètres 18

Pour la recevoir sor le tas, la délier, descendre le cAbte et barder la pierre en haut et en bas à 4 ou 5 mètres de distance sur rouleaux 25

Total pour un voyage 1*,0'.

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