‹ Pratique de l'art de construire; maçonnerie, terrasse et platrerieChapitre 52 sur 145 · MAÇONNBRIB DE PIERRE BE TAILLE · texte numérisé non relu

MAÇONNBRIB DE PIERRE BE TAILLE

Pour chaque mètre d'élévation ou de descente, en plus des cinq premiers, il faudrait compter environ trois minutes.

188. Pose de la pierre de taille. Lorsque la pierre à poser est approchée à pied d'œuvre, on commence d*abord par la présenter dans la place qu'elle doit occuper, en la feisant reposer sur des cales en bois, et quelquefois en plomb, ayant une épaisseur égale à celle que Ton veut donner au joint de mortier, e^eet-à-dire de 0",004 à 0",010. Ces cales se placent aux angles de la pierre et au moins k 0'*,03 ou O*,04 des arêtes, afin d'éviter les éeornures. Lorsque le poseur s'est ainsi assuré que la pierre a bien toutes les dimensions voulues, il la soulève k la louve, ou lui fait faire quartier sur le côté; puis il nettoie et arrose, si la pierre est tendre et spongieuse, l'assise inférieure et la pierre qu'il pose ; il étend sur toute la surface que doit couvrir la pierre une couche de mortier fin , d'une épaisseur un peu plus forte que celle des cales; il met la pierre en place, et il frappe dessus avec un pilon ou un maillet en bet^,' jnsqu^à ce que le mortier souffle de toutes parts, et que la pierre repose sur les cales, il convient d'enlever les cales quand la pierre occupe sa position définitive.

Il arrive très-souvent que Ton pose les pierres de chaînes d'angles et autres, de tablettes de couronnement, etc., en étendant #e suite la couche de mortier fin , sans mettre de cales , et en rêvant son épaisseur avec la truelle. Pour opérer ainsi , il faut que le mortier soit assez ferme, sans quoi le poids de la pierre le ferait couler, et Ton obtiendrait des joints d'une épaisseur trop faible et non uniforme, ce qui ne nuirait pas peu h la solidité de la construction.

Dans tous les cas , avant de poser la pierre , il faut s'assurer avec soin que le mortier ne contient pas de graviers d'une grosseur excédant l'épaisseur que doit avoir le joint; ce qui obligerait, pour les retirer, de soulever la pierre déjà mise en place, et ralentirait l'exécution.

Quelquefois les lits des pierres sont flacheux sur le derrière, c'està-dire que la queue se termine plus ou moins en pointe. Pour remédier à cet inconvénient, on remplit ces fiaches avec des éclats de pierre dure, que l'on enfonce dans le mortier.

Dans cette pose, l'ouvrier doit autant que possible rendre nul reflet des petits défauts de la taille des parements ou des lits et joints; il doit apporter une grande attention à éviter les balèvres, qui nécessitent ordinairement un ravalement dispendieux. S'il se sert de la pince pour faire abatage, il doit, pour éviter les éeornures, placer un bout de latte ou de planche sur le bord des arêtes de la pierre, au point où porte la pince.

Une fois que la pierre est bien en place sur un bon lit de mortier, il ne reste plus pour terminer la pose qu'à remplir les joints mon-

Fis. 58. tants, ce que Ton tait ordinairement k Faide de la

^he k dents en îer.fig, 58.

I3n autre moyen de poser la pierre consiste k la placer sur cales, comme il a été indiqué ci-dessus, en ayant toujours soin de nettoyer l'assise inférieure; puis k ficher les joints, c'estrk-dire k les garnir de mortier, que Ton y fait pénétrer au moyen d'une ^Ae k dents. Les dents de cet outil pressent le mortier et le font pénétrer sous la pierre; mais comme la pression est proportionnelle k la surface pressante, et qu'elle peut par conséquent être énorme, il arrive parfois que les pierres sont ébranlées; quelquefois aussi il y a impossibilité de faire pénétrer le mortier en tous les points du joint. Malgré ces inconvénients , cette manière d'opérer est fréquente, parce qu'elle est plus facile et plus expéditive que la première, qui doit toujours lui être préférée sous le rapport de la solidité de la maçonnerie. L'emploi de la fiche k dents n'est réellement d'un bon effet que pour les joints montants. À Paris , et dans presque toutes les localités où l'emploi du plâtre est co«miun, on fait généralement usage d'un troisième moyen pour poser les pierres , et principalement les pierres tendres. Ce moyen consiste encore k poser les pierres sur cales , comme il a été indiqué ci-dessus, et k les couler ensuite, c'estnk-dire k remplir le lit et les joints avec du plâtre gâché très-clair ou coulis (88) ; on fait même quelquefois du coulis avec du mortier de chaux ou de ciment. Pour faire ce remplissage, on ferme tout le contour des lits et des joints avec du plâtre ou du mortier d'une consistance suffisante , en laissant libre , k la partie supérieure des joints , une petite étendue sur laquelle on fait un godet dans lequel on verse le coulis ; on a soin de remuer constamment celui-ci en le versant, afin qu'il reste bien homogène et que l'eau ne s'introduise pas seule dans les joints.

Lorsque les pierres sont posées sur plâtre, la prompte solidification de cette matière oblige d'avoir recours k ce troisième moyen, surtout pour les pierres tendres ; on n'aurait pas le temps , avant la prise, de placer convenablement la pierre sur un lit de plâtre d'abord étendu.

Il n'en est pas de même du mortier de chaux, et comme son coulis donne toujours de mauvais résultats , il convient de n'en pas faire usage. L'eau qu'il contient étant absorbée par la pierre, il se forme presque toujours des vides que l'on remplit difficilement, malgré tous les soins que l'on met k faire ce remplissage au fur et k mesure de l'absorption de l'eau ; et comme de la dessiccation du coulis de mortier de chaux, il résulte encore un retrait qui augmente ces vides, il

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