‹ Pratique de l'art de construire; maçonnerie, terrasse et platrerieChapitre 59 sur 145 · MAÇONNERIES U0URI>ÉE8 EN MORTIER DE CIMENT · texte numérisé non relu

MAÇONNERIES U0URI>ÉE8 EN MORTIER DE CIMENT

maçonnerie, il en obtiendrait une bien inférieure k celle hourdée en mortier ordinaire.

Pendant tout le cours de l'exécution, l'ouvrier doit entretenir la maçonnerie dans un état complet de propreté, en ayant soin d'enlever avec la brosse les parcelles de mortier écrasé, les éclats de pierre et les autres détritus.

La maçonnerie déjà exécutée, ainsi que les matériaux k employer pour faire la nouvelle, doivent être tenus humides en les arrosant très-fréquemment, surtout pendant les grandes' chaleurs.

En résumé , l'exécution des maçonneries hourdées en mortier de ciment romain demande plusieurs petits* soins particuliers, qui, tout en paraissant ne pas avoir une grande importance, influent, d'une manière très-sensible, sur les bons résultats que Ton peut obtenir.

Pour certains travaux de restauration, et même pour des travaux neufs, on pousse parfois les soins apportés k l'exécution, jusqu'à effectuer le lavage des moellons en meulières, quand ces matériaux sont couverts de terre. Cette opération se fait dans des baquets remplis d'eau , au moyen de brosses de chien-dent. On estime qa'un garçon , dans ira journée de 10 heures, peut laver environ 2 mètres cubes de meulière terreuse.

L'état de propreté des matériaux employés à Paris est tel, qu'on a très- rarement recours au lavage , qui ne mangue pas d'être dispendieux.

L'emploi du mortier de ciment romain a pris un développement considérable , surtout dans les constructions hydrauliques. L'application faite, en 1845, par M. H. Gariel, dans la reconstruction du pont aux Doubles, k Paris, pont dont les deux anciennes arches ont été remplacées par une seule de 31 mètres de corde, 3",10 de flèche, et 1*,30 seulement d'épaisseur k la clef, établie en petits matériaux de meulière hourdés en ciment de Yassy, a été le point de départ de l'emploi de cette espèce de maçonnerie.

Depuis cette application, MM. Gariel et Gamuchot ont exécuté avec le ciment de Yassy plusieurs grands ouvrages d'art , entre autres le . pont Napoléon, a Bercy, et ceux d'Austerlltz, Notre-Dame, des Invalides, de l'Aima, le Petit-Pont et Louis-Philippe, a Paris; les tètes et tympans sont en pierre de taille ou en moellons piqués, et la douelle en moellons ou meulières smillés, le tout posé avec du mortier de ciment. Nous donnons plus loin les dimensions de ces différents ponts, dont l'exécution n'a rien laissé k désirer, tant sous le rapport de la rapidité que sous celui des moyens employés et de la solidité obtenue.

219. Pierres factices en éclats de pierre et ciment, La prompte solidification des mortiers de ciment de Yassy permet de fabriquer des pierres factices de différentes formes, k l'aide d'éclats de meulières , de briques ou de toutes pierres très-dures, que l'on agglutine avec ces

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mortiers ddné des moules en bois prépaJrès b cet effet. Des eonstruo-

tions hydrauliques d'une très-grande importance ont été exécutées avec ces pierres faites d'éclats de meulières; nous nous contenterons de citer les suivantes :

1** Plusieurs voûtes des égouts de la ville de Paris ont été construites en voussoirs de 0",13 k 0*,i5 d'épaisseur; pour plusieurs égouts même, pieds-droits et voûtes sont établis en pierre factice de ciment; les pieds-Kiroits et la voûte de Fcgout du boulevard du Combat , ainsi construit, n'ont qiie 0'",13 d'épaisseur. Celte galerie, qui a 800 mètres de longueur, 1 mètre de largeur dans œuvre, et â mètres sous clef, est ouverte en plusieurs points dans un sol très-mouvant; les puits ont 10 et il mètres de profondeur et reposent sur des piedsdroits de 0*43 d'épaisseur ; malgré la charge énorme que supportent ces faibles pieds-droits, et les causes de destruction résultant de la mobilité du sol, toute la construction s'est maintenue dans le meilleur état de stabilité jusqu'à ce jour;

S" Le bassin épuratoire de la barrière de la Yillette , recevant son eau du canal de TOurcq; a été construit en 1844 en maçonnerie de pierre factice de ciment de Yassy. Ce travail est remarquable par la hardiesse de ses dimensions ; ainsi la couverture en terrasse, qui se trouve à fleur du sol , de ce bassin , est formée par trois grandes voûtes longitudinales de 5SI mètres de longueur^ 3 mètres de hauteur sous clef, 3",73 de corde, 0",35 de flèche, et 0",20 d'épaisseur. Les deux murs sur lesquels reposent la voûte du milieu et un côté des voûtes latérales, afin qu'ils diminuent très-peu la capacité du bassin^ sont percés en arceaux de 2 tnètres do corde et de 0",50 de flèche t reposant sur des piliers de i",50 de hauteur et seulement O^^SO de largeur sur 0%^0 d'épaisseur;

3* Les deux tunnels, de chacun 50 mètres de longueur, S mètres de hauteur sous clef, et 1 mètre de largeur dans œuvre, passant sous le canal de l'Ourcq, sont construits en prismes de ciment; ceux des t>ieds-droits ont 0",30 d'épaisseur^ et ceux de la voûte 0"',20 seule- . ment. Ces tunnels ont été exécutés sans mettre le canal à sec« quoique pour l'un d'eux la distance de la voûte au fond du canal n'excède pas 2",50. Un de ces tunnels a été construit en 1846, k la jonction du mur d'eiicëinte de Paris, et l'autre en 1849, en face du village de Pantin ;

4** Aux ouvrages précédents il convient d'ajouter : le souterrain du cotasulat de Suède, à Alger; lé réseau entier des égoUts de la ville d'Oran, et les conduites libres d'eau, d'Avallon, d'Auxerrre, de Castelnaudary, de Rhodez, de Mascara, de Tlemcen, etc.

La fabrication et la pose des pierres factices dé ciment, que l'on désigne aussi sdUs le nom de prismes de ciment^ sont soumises aux règles et aiix soins de propreté prescrits pour la construction des

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mtiçoniieries honrdées en mortier de cimenti On obtient d'excellents résultats lorsqu'on emploie k la fabrication de ces pierres factices des meulières, des briques, des cailloux granitiques, etc., concassés à la grosseur de 0",06 à 0",07 au plus; ces petits cailloux, posés et serrés le plus possible dans le mortier de ciment, forment un béton très-résistant.

Le petit retrait qui se produit parfois, lors de la dessiccation du mortier, doit engager a ne poser autant que possible les pierres factices de ciment que plusieurs jours après leur fabrication, surtout lorsqu'elles doivent être placées extérieurement, pour chaperons de murs, par exemple. On doit toujours avoir soin de faire tremper ces pierres factices dans Teau, comme les briqueS) avant de les poser (215).

Une expérience de vingt années a démontré que les prismes en ciment donnent d'excellents résultats, et qu'ils permettent de faire des constructions très-résistantes, et trèâ-écànotniqUes k cause de leur faible épaisseur. Cependant, comme il a été reconnu que quand ces maçonneries ne sont pas continuellement mouillées, leurs surfaces apparentes s'avarient quelquefois assez facilement et après peu de temps, surtout autour des joints des prismes, ce qui tient, nous le croyons, au manque de porosité des surfaces, qui sont ordinairement très-serrées et très-unies à la sortie des moules, nous avons nemédié a ce grave inconvénient, en disposant le moulage des pierres factices de manière que leur face devant faire parement vu reste brute et rocailleuse. La maçonnerie terminée, on recouvre son parement vu d'un enduit mince de 0",01 d'épaisseur au plus, en mortier de ciment, que l'on dresse avec le champ de la truelle de maçon ou avec la truelle brettée (135). Par cette manière d'opérer les maçonneries sont un peu plus coûteuses ; mais on obtient des résultats qui compensent largement l'augmentation du prix.

îStO. Maçonneries de pierrailles et ciment établies au moyen de coffrages, ou simplement dressées au cordeau puis recouvertes d'un enduit mince en ciment. Lorsque les maçonneries doivent avoir une épaisseur supérieure à 0",10, on obtient de très-bons résultats, en les exécutantavec des moellonnailles hourdées en mortier de ciment. Les parements sont simplement dressés a l'aide de cordeaux tendus sur des gabarits qui déterminent leur galbe ; ils sont ensuite revêtus d'un enduit mince en ciment, qui y adhère parfaitement.

Cette maçonnerie s'exécute rapidement lorsque les ouvriers en ont l'habitude, et elle se fait avec des épaisseurs qui sont généralement réduites aux deux tiers de celles que l'on adopterait si l'on faisait usage de mortier de bonne chaux hydraulique. Aussi a-t-on de grands avantages à l'employer pour la construction des conduites d'eau, des aqueducs, des égouts, des fosses, etc. C'est ainsi que

s*exécutent aujourd'hui la presque totalité des aqueducs et ègouts de Paris; M. Laroque en a fait construire environ 100 kilomètres de longueur pour le compte de l'administration municipale de cette ville.

Lorsque les parements de ces maçonneries peuvent rester bruts, sans avoir besoin d'être unis par un enduit, on obtient des résultats assez satisfaisants sous le rapport de la solidité et de l'économie, en exécutant ces maçonneries dans des coffrages en bois qui dètermi* nent la position et la forme des parements. On avait commencé à construire ainsi les égouts de la ville de Paris ; mais comme les parements doivent être parfaitement unis, et que les enduits que Ton était obligé de faire adhéraient mal, on a remplacé les coffrages par de simples cordeaux.

Lss épaisseurs de ces maçonneries adoptées par les ingénieurs du service micnicipal de la ville de Paris sont à très-peu près les suivantes :

Aqueducs et égouts de moins de 2 mètres de largeur aux naissances, et

ayant jusqu'à 2",50 de hauteur sous clef. 0",20

Aqueducs et égouts de 2 à 3 mètres de largeur aux naissances et de 2*,50

à 4 mètres de hauteur sous clef. 0 ,30

Aqueducs et égouts de 3 à 4 mètres de largeur aux naissances et de

4 mètres à 4",50 de hauteur 80U3 clef. 0 ,3&

Aqueducs et égouts de 4", 50 à 6 mètres de largeur aux naissances et de

4",&0 à 5",&0 de hauteur sous deC 0 ,40

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