‹ Pratique de l'art de construire; maçonnerie, terrasse et platrerieChapitre 94 sur 145 · TRAVAUX EN PLATRE OU LÉGERS OUVRAGES · texte numérisé non relu

TRAVAUX EN PLATRE OU LÉGERS OUVRAGES

568. ComidéraHonê générales» Les travaux faits en plâtre, avec OU sans lattes^ tels que rejointoyements, renformis, crépis, enduits, feuillures, moulures, cloisons, pans de bois, plafonds, lambris, sceK lements, etc., sont désignés sous le nom commun de légers oworor ges^ et leur métrage est généralement réduit dans le rapport de la valeur du mètre de chacun d*eux k celle du mètre de Touvrage pris pour type.

Le mode de détermination du prix des légers ouvrages, adopté dans la pratique et par les auteurs qui ont écrit sur ce sujet, consiste k considérer, comme base d'estimation , les languettes de cheminées pigeonnées et de 0",08 ^épaisseur ^ ravalement compris^ les plafonds ordinaires laites Jointif s ou avec augets plats y les pans de bois d^une épaisseur ne dépassant pas 0*,i8, les cloisons légères, de O*",!! d^épais" seur au plus^ lattées^ hourdies et ravalées des deux côtés. Tous ces divers ouvrages étant k peu de chose près de la même valeur, il est d'usage de les évaluer a Vunité de légers ouvrages^

Pour la réduction des légers ouvrages, lors de leur métrage, on se sert de diverses expressions qui ne sont pas encore toujours bien comprises par un grand nombre de maçons, et qui, pour cela, de* mandent quelques explications :

Quand ou dit qu'un ouvrage e^iréduU au i/4 de légers^^nr exemple, cela signifie que sa surface réelle doit être réduite au quart pour avoir la surface équivalente en légers ouvrages pris pour types. Ainsi) comme exemple, un crépi enduit fait sur un mur neuf de 20 mètres sur 4 mètres, et ayant par conséquent SO mètres de surface, sera payé comme 20 mètres carrés de légers ouvrages.

Par l'expression réduit ou compté à i et ijfi de légers^ on entend que Touvrage doit être compté pour une fois et demie sa surface réelle, c'est-k-dire qu'un ouvrage de 10 mètres sur 4 mètres ou de 40 mètres de surface doit être compté comme 60 mètres superficiels de légers.

Par Fexpression sur O'^yOS courant de légers^ ou plus simplement sur 0",08 de légers^ on doitentendre un ouvrage mesuré en longueur, et dont révaluation ou la réduction en légers a été faite sur le

nombre qui indique sa largenr ; de là, une naissance de 4 mètres de longueur sur 0",08 de légers produit 4 x 0*,08 = 0*,32 de légers ouvrages.

Lorsqu'il est exprimé qu'un ouvrage quelconque est compté pour 0*975 de légers^ par exemple, cela signifie que le travail n'est plos susceptible ni de réduction ni d'augmentation en légers, et qu'il doit être compté comme 3/4 de mètre superficiel de légers ouvrages.

Les matériaux qui entrent le plus fréquemment dans la composition des légers ouvrages sont le plâtre (82), les plâtras (90), les clous à lattes (99), les lattes (97) et le bardeau (98). La valeur de ces matières et la main-d'œuvre sont comprises dans les prix des légers ouvrages ; il n'en est pas de même des clous à bateau et des rappointis, dont la pose seule en fait partie.

Plusieurs constructeurs ont agité la question de savoir si le titre commun de légers ouvrages est absolument nécessaire, et s'il ne serait pas beaucoup plus simple de fixer un prix pour chaque nature d'ouvrage en plâtre, méthode déjà employée par quelques administrations de travaux publics.

Cette question est difficile a résoudre d'une manière générale : cependant, malgré ce qui a été écrit à ce sujet par MM. Morisot, Toussaint, Bullet, Blottas, etc., auteurs et praticiens qui ont puissamment contribué, par leurs ouvrages, à éclaircir cette partie de la construction des bâtiments, pour notre part, nous pensons qu'il se^^it plus conforme à nos habitudes de mésurage de donner un titre et une valeur a chaque nature d'ouvrages en plâtre. En opérant ainsi, on mettrait fin aux nombreuses erreurs qui se commettent journellement par suite d'une fi^usse interprétation des usages et des divers moyens d'évaluation; il serait facile alors à celui qui fait construire et â l'ouvrier lui-même de se rendre un compte exact du travail fait, ce qui est en partie impossible, pour le plus grand nombre, avec les évaluations et réductions en légers, malgré les nombreuses simplifications qui ont été apportées dans ce genre de mésurage de travaux. Du reste, il n'y a qu'à Paris et dans les départements environnants que cette habitude de réduire en légers ouvrages est usitée; dans les autres parties de la France où le plâtre est employé, chaque nature d'ouvrage a son titre et sa valeur.

369. Lattis jointifs et espacés. La pose d'un lattis, tout en paraissant être un travail très-simple, exige cependant de grands soins de la part de l'ouvrier ; car c'est surtout à la bonne exécution du lattis que sont dues la grande adhérence du plâtre au bois et la solidité des plafonds, pans de bois, cloisons, etc.

Après s'être assuré que les lattes sont de bonne qualité (97), s'il s'agit d'un plafond, le maçon commence par vérifier si les solives ne présentent pas de trop grandes flaches, ce qui entraînerait à une

charge de plfttre dispendieuse et nuisible à la solidité du plafond ; s'il en était ainsi, il ferait rapporter des fourrures en bois sous les solives, pour dresser, autant que possible, les parties sinueuses. Gela fait , il procède à la pose des lattes, en les plaçant de manière que leurs extrémités se trouvent au milieu des solives, afin qu'il y ait le moins de déchet possible. Pour un ]attis jointif, il laisse 1 centimètre d'intervalle entre les lattes voisines ; pour un lattis espacé devant recevoir des augats, l'entr'axe des lattes doit être de 0",11 environ, ce qui donne un vide d'à peu près 0*,08. Pour les pans de bois et les cloisons légères, les lattis sont toujours espacés, et le vide entre les lattes voisines doit être de O^^IS environ; on a soin que les lattes placées sur chacune des faces du pan de bois ou de la cloison se trouvent au milieu des intervalles des lattes placées sur l'autre face.

L'ouvrier doit toujours s'arranger de manière que les lattes noueuses ou tortueuses se trouvent dans les endroits où la charge de plâtre sera la plus forte, et il doit tourner la face tortueuse de la latte vers l'intérieur du plancher ou du pan de bois.

Les clous employés, qui sont ordinairement des pointes de 0"',OSI5 ou des clous à lattes proprement dits, doivent être enfoncés par un coup de hachette bien dirigé et bien sec; s'il n'en est pas ainsi, les clous sautent, se ploient ou se cassent; d'où il résulte un déchet considérable de clous, et une augmentation sensible de maind'œuvre.

Les bouts de lattes doivent être ramassés avec soin; on les emploie pour latter les linteaux, les poutres, etc., travail pour lequel l'ouvrier doit toujours disposer ]es clous de manière qu'en les enfonçant les bouts de lattes ne se fendent pas.

Le temps que met un maçon avec un garçon pour exécuter 1 mètre carré de latis est en moyenne :

C^JO poDr lattis jointifg poar plafonds;

0 ,30 pour latUs espacés de 0",08 pour plafonds;

0 ,17 pour lattis espacés de 0"',18 pour cloisons oi

Partant de ces données et de ce qui a été dit aux articles Lattes et clous (97 et 99), on voit qu'il faut pour faire 1 mètre carré de lattis de plafond, espacé de 0",08, pour augets : 8 lattes, 38 grammes de clous d'épingle et O'^fdO d'un maçon avec son aide.

Ainsi il sera toujours facile de se rendre compte du prix de revient des différentes espèces de lattis.

370. Hourdis de pans de bois, cloisons, etc. Pour les hourdis en général, le maçon doit employer le plfttre le plus gros qu'il y a au gftchoir; les mouchettes (87), mêlées avec un peu de plâtre ordinaire, sont très-convenables pour ce travail. Le plâtre doit être gâché aussi $erré que possible.

plafonds;

cloisons ou pans de bois.

Pour les pans de bois, Toutrier, après atoir hitté âar les deiix facesi place à sec, dans Tépaisseur du pan de bois, des plâtras, des éclats de briques ou de moellons tendres; etc., qui se trourent maintenus par les lattes; puis il remplit tous les vides entre ces matériaux avec le plâtre, en dressant grossièrement la surfkce arec la main, de manière k affleurer le lattis; le brèpi qull pose ensuite complète le dressage des parements et les prépare à reeeTc^ir l'enduit.

Pour les hourdis en renformis, pour niches^ avant-corps, bandes de trémies, etc^ tous les plâtras et garnis doivent être poses à bain de plâtre.

Comme dans les cloisons légères il existe trop peu d'épaisseur pour qu'il y ait possibilité de poser des plâtras entre les lattis des deux faces, tout Fintérieur de la cloison se hdurde plein avec du plâtre ; parfois cependant^ par économie, Touvrier fait son possible pour y poser quelques plâtras plats ou quelques morceaux de briques.

Pour faire le hourdis d'une cloison légère, le maçon place des planches contre une face de la cloison^ en les étrésillonnant avec soin; puis il applique son plâtre par la face opposée. Ces planches retiennent le plâtre liquide, en même temps qu*elles dressent le hourdis sur Tune des faces de la cloison; on les enlève au fur et à mesure de la prise du plâtre.

Il arrive très-souvent que, par économie, l'ouvrier mêle de la musiquey c'est-à-dire de la terre ou de la poussière d'immondices passée au panier, au plâtre qu'il emploie à hourder. Pour les cloisons ou pour les pans de bois intérieurs, tant que la quantité de musique mélangée au plâtre du hourdis ne dépasse pas 1/8, suivant nous, son emploi est sans inconvénient pour la solidité; mais le plus souvent, pour les pans de bois, et en général pour tous les hourdis faits a Textérieur, la musique doit être entièrement exclue. Dans le cas où Ton fait usage de musique, le prix de Touvragé diminué, selon que cette matière est employée en plus forte proportion.

Pour hourder en plâtras et plâtre 1 mètre carré de pan de bois de 0",18 d'épaisseur, il faut :

Plâtras blancs (90) .... , 0^,08

Plâtre en poudre pour sceller les plâtras 0 ,02

Main-d'œuvre (an maçon avec son garçon). . . 6*', 8

Pour le hourdis de 1 mètre carré de cloison légère de0",08 k a",ii d'épaisseur, il faut :

Plâtre en poudre 0^,04

Main-d'œuvre (un maçon avec son garçon). . . 0\5

ALJALp^/\

Wi; Au^eU plùtè m Hntréè. SoUs le tidril fl'htlgefe, bn désigne la ceuche de plâtre posée mité les feolivés d'ttri plàriëfié? Ou les chevrons d'un comble, su# uft lattis espabê (369), '^ôûf îofïaéY le corps Fig. *37: du plafoild, et sul- lequel ôti applique

Tendult. h^tj/ti^ure 137 rept-êsehte dèS kû^ gets jjlats, et beHé 438 des «tigéls eiiilrés. ^___ Les plafonds avec augéts plat§ 5\i cintrés Fig. 138 présentent bcàuceup plus dé solidité (jué

(ceux faits simplement sous lattis jolntif ; ils ont Favàntagé de moins se lézatdéi*, de se détacher plus diffiéitemeht des Solités^ et d'éviter que les planchers tWiifemetteili aussi facilement le bruit d'un étage h. l'autre.

Les augets se construisent de deux manières, à ki pafménkè et à Vitalienne.

Le procédé dit d là parisienne est généraicmetit 6Ui vi pour tous léë augets de plafonds neufs. Il consiste, lorsque rêchàfaiid et le latti» du. plafond sont terminée, k isippliquer sous le lattis, etl l*egàrd dés intervalles des solives, des planches les plus droites possibles; des maçons placés sur l'échafaud posent des étrésilli^s soiis ées planches pour les maintenir bien appliquées. Si parfois un nœud de lAtte ou un elou mal enfoncé empêchait la complète apt>lieation des plànched; il fondrait couper le premier, ou enfoncei^ ou abattre le second. Si une planché était gauche, il faudrait la redretoer en serrant fortes ment les étrésillons;

Pendant que des compagnons, qui se troùveht sur l*ëchafâtt4} posent les planches et les changent de place au f^r et à mesure de Hl prise du plâtre, d'autres maçons; placés sur les solives, font les a^ gets. Pour cela, le plâtre doit^ autant que possible, être ]gâehé bien serré; le maçon le place entre les solives, soit avec la truelle, 90il eik versant l'auge entière, en ayant bieh soin de dresser l'aUget avee lé dos de la truelle avant la prise du plâtre^ et' d'en régler l'épaiëseur, qui ne doit pas être inférieure à 0",027.

Pour faire les augets, on emploie ordinairement le plâtre au pa» nier (87). Comme ce travail exige ordinairement du plâtre eh grande quantité) les garçons des compagnons restés sur l'échafaud pour poser les planches sont également occupés à gâcher et monter du plâtre aux maçons qui font les augets.

Les augets cintrés s'établissent de la même manière que les augets plats; seulement, pour les premiers, comme l'indique la figure 138, on a soin d'implanter des clous à bateau dans les côtés des solives, sur la hauteut de l'auget, avant de poser le plâtre. Le maçon dodhe â l'auget la forme circulaire indiquée /ig, 138, soit avec sa truelle, seii avec une bouteille; ce dernier moyen n'est plus guère usité.

Pour les pans de bois, FouTrier, après atoir latte sur les dedi faces, place k sec, dans l'épaisseur du pan de bois, des plâtras, des éclats de briques ou de moellons tendres; etc., qui se trouTent maintenus par les lattes; puis il remplit tous les tides entre ces matériaux avec le plâtre, en dressant grossièrement la surface atee la main, de manière à affleurer le lattis; le brépi qull pose ensuite complète le dressage des parements et les prépare « receToir Tenduit.

Pour les hourdis en renformis, pour niches^ avant-corps, bandes de trémies, etc^ tous les plâtras et garnis doivent être posés à bais de plâtre.

Comme dans les cloisons légères il existe trop peu d'épaisseur pour qu il y ait possibilité de poser des plâtras entre les lattis des deux faces, tout l'intérieur de la cloison se bourde plein avec du plâtre ; parfois cependant» par économie, l'ouvrier fait son possible pour y poser quelques plâtras plats ou quelques morceaux de briques.

Pour faire le hourdis d'une cloison légère, le maçon place des planches contre une face de la cloison ^ en les étrésillonnant avec soin ; puis il applique son plâtre par la face opposée. Ces planches retiennent le plâtre liquide, en même temps qu'elles dressent le hourdis sur Tune des faces de la cloison; on les enlève au fur et à mesure de la prise du plâtre.

11 arrive très-souvent que, par économie, l'ouvrier mêle de la musique^ c'est-à-dire de la terre ou de la poussière d'immondices passée au panier, au plâtre qu'il emploie à hourder. Pour les cloisons ou pour les pans de bois intérieurs; tant que la quantité de musique mélangée au plâtre du hourdis ne dépasse pas 1/8, suivant nous, son emploi est sans inconvénient pour la solidité; mais le plus souvent, pour les pans de bois, et en général pour tous les hourdis faits à l'extérieur, la musique doit être entièrement exclue. I>ans le cas où l'on fait usage de musique, le prix dé l'ouvrage diminue, selon que cette matière est employée en plus forte proportion.

Pour hourder en plâtras et plâtre 1 mètre carré de pan de bois de 0",18 d'épaisseur, il faut :

Plâtras blancs (90) 0~,0S

Plâtre en poudre pour sceller les plâtras 0 ,02

Main-d'œuvre (un maçon avec son garçon). . . 0\S

Pour le hourdis de 1 mètre carré de cloison légère de 0",08 à 0^,11 d'épaisseur, il feut :

Plâtre en poudre 0^,04

Main-^l'œuvre (un maçon avec son garçon). . . 0'',5

i^TirH^iA^

LBGERS OUVRAGÉS. 579

«Ti. An^eh plàtè ou tintréà. SoUs le tioiil S'àdgefè, bit désigne la

couche de plâtre posée entré leà feolivée d'Uri plàritjfiêr bu les chë^

vrdns d'un comble, sui^ uft lattis espafeê (369), jpbilf totïtiéY lé corps

Fig. *37. du plafohd , et ôuf lequel on àpplîqtlë

l'enduit. haJligurB 437 rept-êsehte dëë îill-'

gets tJlftts, 6t belle 138 des rttigéls eihtréé.

Les plafonds arec augéts plats 6U cinifés

Fig. 138. présentent beaucoup plus de solidité que

deux faits simplement sous lattis joîntîF; ils ont raVantagé de illoilis se lézardéi*, ità se détacher plus diffidiethent des solives^ et d'éTiter que les planéherfe tHfifemettertf aussi facilement le bruit d'un étage à l'autre.

Les augets se cohstruisent de deUx manières, à fo pàHstèrihè et à ritalienne.

Le procédé dit à H parisienne est généralement feUiti ^bur tous lêë augets de plafonds neufs. Il consiste, lorsque rêchàjfàud et le latti» da plafond sont terminés, à appliquer sous le lattis, etl regArd dés interTalles des solives, des planches les plus droites possibles; dès maçons placés sur Téchafaud posent des étrésillobs sôiis ées planchée pour les maintenir bien appliquées. Si parfois un nœud de latte ou un elou mal enfoncé empêchait la complète application des piAiicheft^ il âiudrait couper le premier, eu enfoncei^ ou abattre le second, éi une planche était gauche, il fondrait la redresser en serrant fbrte» ment les étrésillons.

Pendant que des compagnons, qui «e troliyeht sur l'échafau^i posent les planches et les changent de place au f^r et à mesure de lA prise du plâtre, d'autres maçons; placés sur les soliTes, font les aitgets. Pour cela, le plâtre doit, autant que possible, être igkthé bien serré; le maçon le place entre les solives, soit avec la truelle, eeit en versant l'auge entière, en ayant bieh soin de dresser i'aUget aree tà dos de la truelle avant la prise du plâtre^ et d*en régler l'épaisseur, qui ne doit pas être inférieure à e",027.

Pour faire les augets, on emploie ordinairement le plâtre au pa^ nier (87). Gomme ce travail exige ordinairement du plâtre eh grande quantité, les garçons des compagnons restés sur l'échafaud pour poser les planches sont également occupés à gâcher et monter du plâtre aux maçons qui font les augets.

Les augets cintrés s'établissent de la même manière que les augets plats; seulement, pour les premiers, comme l'indique la figure i38, on a soin d'implanter des clous k bateau dans les côtés des solives^ sur la hauteur de l'auget, avant de poser le plâtre. Le maçon dodhe à l'auget la forme circulaire indiquée /ig, 138, soit avec sa truelle, soît avec une bouteille; ce dernier moy^en n'est plus guère usité.

580 DEUXIÈME PARTIE. — TRAtAUX DE BATiMENTS.

Quand djins un bâtiment neuf on fait les augets des plafonds ayaot <ïue la couverture soit terminée, il faut avoir soin, au moyen d'une chevillette, de faire ça et là dans les augets des trous pour Técoulement de Teau en cas de pluie; sans cette précaution, Teau séjournerait sur les augets, en pénétrerait le plâtre, et en retarderait la dessiccation, tout en en diminuant la solidité.

Le procédé dit à Vitalienne n*est employé que pour les plafonds que Ton établit sous d'anciens plancbers, dont Taire ou le carrelage existant sur les solives est conservé; il est usité également pour les plafonds lambrissés des combles sur lesquels la couverture est posée, et aussi pour les plafonds d^escaliers, lorsqu'on ne veut pas faire de lattis jointif, qui offre, du reste, moins de garanties de solidité.

Pour faire les augets par la métbode italienne, le lattis du plafond ou 4u lambris étant terminé, on prépare des planches d'une longueur et d'une largeur convenables, et aussi droites que possible; on apprête également des étrésillons d'une longueur déterminée par la distance de Téchafaud au plafond. Gela fait, les maçons font gftcî^er du plâtre en quantité suffisante, et ils placent sur Téchafaud une on deux des planches préparées, autant que possible sous Tintervalle des solives entre lesquelles on va établir Tauget; alors ils remuent le plâtre qu'on vient de leur apporter, et ils l'étaient sur les planches, à peu prés sur une largeur et une épaisseur égales aux mêmes dimensions de Tauget. Chaque planche ainsi recouverte de plâtre liquide est soulevée par deux ouvriers, qui l'appliquent précipitamment contre le lattis du plafond, au droit de l'intervalle des solives, pour y faire adhérer le plâtre ; d'autres ouvriers placent un êtrésillon sous chaque extrémité de la planche, et en même temps qu'ils les serrent fortement, ils frappent sur la planche avec la hachette, afin de faire mieux pénétrer le plâtre dans tous les vides du lattis. Un troisième et quelquefois un quatrième êtrésillon est placé sous chaque planche, afin de bien la serrer contre le lattis. On laisse le tout dans cet état jusqu'à ce que la prise du plâtre soit opérée; alors on retire les étrésillons, et on décolle la planche pour la faire servir à l'application du plâtre en un autre endroit du plafond.

Cette manière d'exécuter les augets est assez difficultueuse, et elle réclame une grande vivacité de la part des maçons; car, avant la prise du plâtre, c'est-à-dire dans un temps qui est pai;fois tout au plus de quatre à cinq minutes, ils sont obligés d'étaler le plâtre sur la planche, d'appliquer celle-ci, qui pèse alors jusqu'à 70 à 80 kilogrammes, contre le lattis et de poser et serrer les étrésillons.

Il est facile de reconnaître quand des augets à l'italienne ont été exécutes par des ouvriers exercés ; ils se trouvent tous dans un même plan, et l'on ne voit aucune bavure.

LÉGERS O0YRAG£8. 581

Au fur et k mesure que les augets s*exécutent, le maçon doit avoir soiu de les piquer légèrement avec la hachette ; les aspérités qui en résultent facilitent et augmentent Tadhérence du plâtre formant le crépi du plafond.

i mètre carré de plafond se compose de 0"',75 environ de Surface réelle d*augets, et par conséquent de 0"*,25 environ de surface de solives.

1 mètre carré d'augets plats ordinaires exige :

En plâtre, y compris 1/20 d» déchet 0*^,025

En main-d'œuvre^ non compris rëchafiiad (un maçon avec son compagnon) 0^,6

Pour les augets, à Titalienne, la quantité de plfttre employée est à peu près de i/10 plus forte que pour les précédents, et la maind'œuvre de 1/5 environ.

Que les augets soient à simple ou a double courbure , pour plafonds en berceaux ou en dômes , les moyens d'exécution sont les mêmes que pour les augets faits s^r plans; mais la plus grande difficulté d'exécution occasionnant toujours un surcroît de maind'œuvre, et aussi de plâtre, on en doit tenir compte dans l'évaluation du prix de l'ouvrage.

572. Mre en plâtre. On nomme ainsi la couche de plâtre que l'on pose sur les bardeaux ou le lattis dont on recouvre le haut des intervalles des solives d'un plancher, et sur laquelle on établit le carrelage formant le sol du plancher.

Pour exécuter une aire de plancher, le maçon commence par poser sur les solives, les bardeaux ou le lattis jointif, en ne clouant pas les lattes de celui-ci sur toutes les solives ; on les pose seulement comme lesj>ardeaux, et sur chacune de leurs extrémités et au milieu de leur longueur on place en travers une latte que Ton fixe sur les solives avec des clous à bateaux : ces lattes transversales relient convenablement le lattis aux solives.

La pose des bardeaux ou du lattis étant terminée , l'ouvrier fait gâcher du gros plâtre en assez grande quantité, et il en forme l'aire qu'il dresse k la truelle , en réglant son épaisseur a 0",04 environ. On doit avoir soin de ne pas'^approcher entièrement l'aire en plâtre des murs, des solives d'enchevêtrure, des poutres, etc., afin d'éviter les inconvénients si fâcheux qui pourraient provenir du gonflement du plâtre, c'est-à-dire la poussée au vide des murs et des poutres, ou le soulèvement , et par suite la rupture de l'aire lorsqu'on veut la charger.

Les aires recouvertes sont ordinairement dressées grossièrement avec le tranchant de la truelle; mais si les aires restent apparentes , comme cela arrive souvent pour les gi^eniers, dont elles forment

Ifl sol, par eiLesaple, al0r8 U maçon doit les dresser le mieux {fossi- ^l'e, p(, au lieu d>n crépir la surface, il doit l'enduire.

L'élablisjseiftpnt 4p i mètre carré tfaire ordinaire, de 0»,04 d'épaisseur posée sur bardeaux exige :

48 bouts (le bardeaux (9^) ;

0"%042 de plàtrej déchet compris;

0^,17 d'un maçon avec son garçon pour la pose des bardeaux;

0 ,25 id. pour l'emploi du plâtra.

57^. Bande de trémie. Nous avons déjà eu occasion, au n* 34i, de poirier 4^s di^positipns d^s trémies en fer établies pour supporter les âtres des cheminées , au-dessus des vide^^servés entre les gpcbeyètrwfs, ]§ chev^trp et le contre-cqepr. Pour terminer la bai^de 4^ jréipM, ]^^ fpfs étapf posés, le ifiaçon larde de clous et de rappointis la face intérieure du chevétre et des solives d*enchevétnv^i pwîs il pqsis pQ 4?^ous f^^s spljves, pour ferpier le vide, des pj^nchp^ jpintivp^ q^'U soutieiî| au moyen d'pfrésillQns })ien serrés, ^ algfs }\ po§e ^r cette jsspècp de planp)ief* provisoire, pour rempjif l^ Yi0Q, du plÂtfe e$ des plâtras ))lancs ou des recoupas de moel- IpQ^ t^pdres, qulj fi spia de bourde^ ^ ba|n de plâtre.

L*exécution de 1 mètre carré de bande de trépii^, npi) compris b |plafon4 Bi^écuté un des§ou^, ^xige :

0*^)1 ?9 4e plâtras blancs ou de fecoupes de u^oelloos;

ô ,080 de plâtre en poudre pour hourder ;

2^00 d'un maçon avec son garçon, y compris l'établissement de Téchaf^udagr.

J^74. ^eçèvBs, Nu^. Cueillies Sangle, Alites. Feuillures,

4" Les T^èref sqpt das petites bapdes de plâtre de 0?,iO sur 0".03 e^yir^n , <i|i|(3 ^ p^açon établit ordinairepjept pour dresser ses en- 4uit§, povr rmit^T^ k plomb les règles qui doivent lui servir k battre /^3 pus, i^s feuillures j les cueilljps d'angle, ptc. Il est rare qu'un bon maçon fasse gâcber exprès pour faire des reppres quaod il cxé> pi}fe 4>u^es tria,v^u^; il trouve toujours n^oyen de se réserver AReUmes ^uellées de pljltre pouf ses repère^. Lorsque l'ouvrier n'a k e:(^puter qq/s le t^av^U qui néc^ssif^ rétablissement des repères, il ^ pbljg^ 4e faire gàc^^r an plâtre exprès; alors il commande de le £aire serré, afin qu^l puisse de suite pQupier les repères suivant J'aïigP»ment prescrit, au moyei) du riflard.

^"^ ]Le,s ni(f ^ont des bandes de plâtre 4p 0^,50 à iO mètrc,s» (H quelquefois plus, de longueur, sur une largeur égale à celle d'une rèfîle, b",03 environ , que les maçons établissent fréquemment pour bien dresser les enduits de murs, de plafonds, etc« ; ils y ont également recours pour ériger les moulure^.

Pour fairç un f|u, le maçop , if^rfis ayqir coupé à Taligopment les

ç^TT lô^

LÉeBRS 0CVRAGB8. 583

repères R, R', fig. 439, applique la règle B dessus, et il la soutient

par deux ou trois che- '^' ' villetles C, G', suivant

^^^xp^^^^^v^^^j^g^^ S^^v^v^^w^sa^^^^ sa longueur. Cela sup-

pose le nu horizontal ; sMl était vertical, après avoir appliqué la règle sur les repères coupés, le maçon la fixerait à chacune de ses extrémités au moyen d'une chevillette ou d'une poignée de plâtre. La règle étant mise en place, Touvrier fait gâcher du plâtre en quantité suffisante et serré, et il en remplit le vide compris entre la règle et le mur. Comme le plâtre , par suite du gonflement dû k sa prise, écarterait la règle des repères , on la fait rester dans sa position en la frappant avec la hachette. Lorsque le plâtre est durei, on enlève la règle, et le nu est terminé.

Des maçons , au lieu de laisser la règle sur les repères pendant la pose du plâtre, Tenlèvent, et après avoir placé celui-ci autant que possible suivant la direction et l'épaisseur du nu, ils viennent appliquer la règle dessus, et la frappent avec la hachette jusqu'à ce qu'elle repose sur les repères, où ils la maintiennent jusqu'à la prise du plâtre ; ils ont soin de bien ramasser le plâtre qui déborde la règle haut et bas quand elle repose sur les repères. Ce moyen doit être employé toutes les fois que cela est possible; il a l'avantage de produire des nus bien durs et bien pleins : c'est de lui, du reste, que vient le terme de métier battre un mu

Parfois les nus se dressent au guillaume (135). On les fait encore, dans quelques cas, avec un bout de latte entaillé, nommé cochonnet^ que l'on traîne sur une règle ou sur une pièce de bois ; ce moyen est particulièrement employé par les nus de plafonds d'escaliers : le limon sert ordinairement à diriger le cochonnet. $• Les cueillies â^angle^fig. 140, ne sont autre chose que des nus Fie 140 ^^^ ^^^ établit dans les angles rentrants formés

par les murs, les cloisons, les plafonds, etc., et qui par suite se composent de deux nus proprement dits. Pour les exécuter, le maçon commence d'abord par couper les repères à la demande de l'angle rentrant; puis , avec une règle R, ordinairement carrée, et présentant toujours un angle égal à celui de la cueillie d'angle, il bat celle-ci en opérant comme pour un simple nu.

4* Le nom d^arêie est donné, en général, à tous les angles saillants formés par les maçonneries. Sous le rapport des difficultés d'exécution, on distingue : i* les arêtes simples, que l'on exécute à la règle aux encoignures des bâtiments, des tuyaux de cheminées , des

jouées de lucarnes, des embrasements et tableaux de portes et croisées, etc.; 2* les arêtes que l'on établit a Taide d'un calibre, comme les moulures.

Pour exécuter une arête simple , le maçon opère à peu près de la même manière que pour une cueillie d'angle. Qu'il fasse ou non Fig. 141 ^^^^ de repères, après avoir placé sa règle R de

manière qu'une de ses arêtes coïncide avec Taréte à exécuter, fig. 14i, il la fixe dans cette position an moyen de chevillettes ou de petits patins en plâtre; alors il fait gâcher du plâtre, et il le pose entre le mur et la règle en le serrant fortement avec la main et la truelle. Quand le plâtre a fait prise, l'ouvrier enlève avec la truelle brettée (135) celui qni dépasse la règle; de cette manière, il dresse une face a de Taréte, dont l'autre face se trouve naturellement dressée en enlevant la règle.

Pour ces sortes d'ouvrages, le plâtre doit être gâché le plus serré possible, soit afin de pouvoir décoller plus tôt la règle, soit pour que l'arête ait plus de résistance.

Parfois les arêtes sont arrondies : si c*est sur un petit rayon, de 0",01 a 0",05, on leur donne cette forme au moyen du riflard et du guillaume; mais lorsque le rayon de l'arrondissement atteint O",05 à 0",12, il y a une grande économie k faire une petite cerce avec un bout de planche, et à traîner l'arête arrondie avec ce calibre» que l'on fait glisser entre deux règles.

Quant aux arêtes courbes de croisées circulaires, d*archivoltes, etc., nous aurons occasion d'en parler lorsqu'il sera question des moulures traînées au calibre.

5* Les feuillures sont les renfoncements qui existent dans les pieds-droits des baies pour recevoir les portes et les croisées, châssis, volets, Persiennes, etc.

Une feuillure se compose généralement d'un angle rentrant et de deux angles saillants; elle s'exécute de la même manière que les cueillies d'angle et les arêtes, en apportant le plus grand soin à bien placer à plomb la règle qui doit la former, et à bien garnir de plâtre les deux côtés de la règle , afin que la feuillure soit bien pleine et qu'il y ait le moins d'octage possible à faire, c*est-àrdire de petits trous h boucher. Le plâtre ayant fait prise, on le nettoie à la truelle brettée en le dressant parfaitement suivant les côtés de la règle; on enlève alors cette dernière, et l'on octe, si cela est nécessaire.

Les feuillures courbes se font au moyen de règles circulaires, ou se traînent en faisant usage d'un calibre comme pour Jes moulures. Les cinq espèces de travaux que nous venons de passer en revue.

quoique ne paraissant pas d'une exécution difficile, réclament cependant de la part du maçon une grande habitude et beaucoup de précautions. On peut, jusqu'à un certain point, caractériser ces travaux en disant qu'ils sont la clef de la profession de maçon : quand un ouvrier est arrivé a les faire avec vivacité, netteté et propreté, il peut facilement exécuter des travaux plus importants.

578. Benformis, On nomme ainsi la sur-épaisseur de plâtre nécessitée par les flaches ou les irrégularités qui existent parfois a la surface d'un mur, d'un pan de bois, etc., et que l'on est obligé d'appliquer avant de poser le crépi et l'enduit. L'épaisseur du crépi et de l'enduit en plâtre étant à peu près de O'^OSS pour un mur ou un pan de bois, et d'environ 0",030 pour un plafond, l'excès sur ces épaisseurs, de plâtre à poser pour obtenir des surfaces régulières, est donc ce qu'on appelle le renformis.

L'application d'un renformis sur un mur, un pan de bois, un plafond, etc., n'exige aucun soin particulier. Le maçon commence par préparer l'emplacement qui doit recevoir le renformis : ainsi il le nettoie et le mouille s'il s'agit d'une vieille construction ; puis il fait gâcher du gros plâtre, et il l'applique en le laissant le plus brut possible à la surface, afin que le crépi qu'il posera ensuite s'y fixe parfaitement.

Lorsque l'épaisseur d'un renformis excède 0",04 ou 0",05, par économie, on y ajoute des éclats de tuileaux, de briques, de plâtras, etc., que l'on scelle dans le plâtre au fur et a mesure de son emploi.

L'exécution de 1 mètre carré de renformis de (l",Oi d'épaisseur exige :

0*%01 de plâtre en poudre, déchet compris; 0^,1 d'un maçon avec son garçon.

576. Gobetage. On nomme ainsi le plâtre au panier, gâché excessivement clair, que l'on projette avec un balai sur les lattis et les pièces de charpente sur lesquelles on veut appliquer un crépi et un enduit.

Anciennement les maçons avaient l'habitude de gobeter tous les murS) lattis, pans de bois, etc., avant d'y appliquer le crépi; mais on a reconnu que, dans plusieurs cas, cesgobetages étaient au moins inutiles, qu'il ne fallait pas en appliquer partout indistinctement, et leur emploi a été limité aux lattis jointifs et aux pièces de charpente, sur lesquels le plâtre adhère le plus difficilement.

Pour faire un gobetage, le maçon fait gâcher très-clair du plâtre au panier ; après l'avoir remué, il trempe dans l'auge un balai de bouleau, dont il frappe ensuite la surface a gobeter; il retrempe son balai pour le fouetter de nouveau, et il continue ainsi de suite jus-

qu'k ce que Fauge soit vide. Ainsi appliqué avec le balai, le plâtre forme une infinité de petites gouttelettes, qui facilitent beaucoup l'adhérence du plâtre au lattis et aux pièces de charpente. Pour un plafond latte jointif, par exemple, U serait impossible de faire le crépi si Ton n'avait eu soin de gobeter d'abord, le plâtre se détacherait au fur et à mesure de sa pose. Pour les plafonds avec augets on gobette seulement les faces inférieures des solives. i mètre carré de gobetage sur lattis jointif exige environ :

P'?*%007 4^ plâtre en poudre ; Ol^fH d*im n^açon avec son garçpn.

577. Crépis en plâtre. Sous ce nom, on désigne la couche de plâtre qu'on applique sur la maçonnerie de moellons, sur le hourdis d'un pan de bois ou sur les augets d'un plafond pour préparer les surfaces à recevoir Tenduit. Parfois cependant, par raison d'économie, les crépis ne se recouvrent pas d'un enduit; c'est ce que Ton fait dans les endroits où l'on n'a pas besoin d'une grande propreté, comme pour les murs de clôture, les murs pignons, etc.

Pour exécuter un crépi en plâtre, si le mur est neuf, le maçon commence par mouiller la sunace sur laquelle il va appliquer son plâtre ; s'il s'agit, au contraire, d'une vieille maçonnerie, il doit hacher le vieux plâtre, puis nettoyer et mouiller parfaitement la sui^ face. Ces précautions préparatoires prises dans le but de faciliter l'adhérence du crépi, le maçon fait gâcher le plâtre qui lui est nécessaire, en recommandant qu'il ne soit pas trop serré; du reste, un bon garçon sait très-bien comment le plâtre doit être gâché pour chaque nature de travaux qu'exécute son compagnon.

Le plâtre étant g^phé et remué, le n^açoi^ le laisse couder un peu dans l'auge; puis il le jette a la truelle sur la surface a crépir. Ce jet à la truelle exige une certaine habitude pour que le plâtre s'applique régulièrement sur la construction sans qu'il en tombe à terre. L'application du plâtre devant être faite avec une grande vivacité, surtout quand le maçon en a un voyage à employer, dès que le plâtre commence à prendre dans l'auge, il cesse de le jeter à la truelle, et il fait usage de la taloche (135) ; ayant recouvert cet outil de plâtre, il le fait aller en tous sens, en le promenant contre le mur pour y faire adhérer le plâtre ; son plâtre étant employé, il nettoie sa taloche.

En passant la taloche sur le plâtre jeté à la truelle, le maçon commence à dresser le crépi, qu'il termine de rendre plan à l'aide de la truelle, et passant légèrement le tranchant de cet outil sur la surface du crépi, il y forme des petites aspérités qui permettent à l'enduit d'y bien adhérer; le crépi étant de plâtre au panier, le tranchant de la truelle, en en détachant les gros grains, y forme des arrachures

* LÉGERS OUVnAGES. 587

auxquelles Fenduit, qui est ordinairement en plâtre au sas, vient gripper fortement.

Les crépis qui restent apparents demandent à être d'un fini plus parfait que ceux qui doivent être recouverts d'un enduit; le raclage k la truelle doit être fait plus légèrement et d'une manière uniforme.

Les crépis de plafonds offrent plus de difficultés que ceux exécutés sur plans verticaux ; il faut plus de force pour employer le plâtre sans en trop laisser tomber, et aussi plus d'habitude pour le jeter k la truelle, le faire adhérer au plafond et l'employer avant sa prise, tout en dressant Ip crépi de manière que l'épaisseur de Tenduit soit à peu près uniformément de Op^^OOS en dehors des nus ; on serait obligé de gratter le crépi après la prise du plâtre, si on lui avait donné une trop grande épaisseur.

Pour établir i mètrp carré de crépi plein de 6«,014 d'épaisseur, sur paroi verticale, il faut :

p^^QH ^^ plâtre en i»oudre, déchet coppria; b'',34 à' un maçon avec son garçon.

i mètre carr(§ de crépi de 0'',0i d-épaisseur, suc plafond, exige :

0"'.02j5 cJjB plâtre^ déchet compris ; O*,*? d'un maçon avec son garçon.

Les icrépis à simple et à double cofipbqre, destinés k recevoir des enduits dressés au cimbleau, exigent ppur leur exécution un sucproit de plâtre et de main-d'œuvre, qui np doit pas être négligé dans l'évaluation de ces travaux.

^78. BnduiU 0n plâtre. On distingue deuiL espèces d'enduits en plâtre : l'enduit sîmi^e et l'enduit destiné k repouvrir un crépi. Les enduits simples sont ceux que {'on applique 6eul$ immédiatement sur les majçonneri.es qui n'exig^nt pas de prépi, comme, par exemple, les murs dossiers, rintérijeur des tuyaux de cheminées, les sour ches au-dessus des combles, les murs de pldture et autres ouvrages de même nature, qui réclament plus de solidité que de fini d'exécution, et qu'assez souvent on enduit avec du plâtre au panier.

On classe aussi au nombre des enduits simples, ceux exécutés sans crépi k l'intérieur des bâtiments sur d'anciens ouvrages repiqués légèrement e% Qon hachés k yif ; on les &lt ordinairement en plâtre au sas.

L'épaisseur est plus cpnsidér^))le pour les enduits simples que pour ceux fi^its sur crépis; elle est ordinairement de 0'",010 k O^fOii pour les preiriiers, et de 0",007 k 0'",010 au plus pour les derniers.

L'exécution étant k peu près la même pour les enduits simples que pour ceu^ sur crépis, nous nous bornerons k résumer la manière ^e procédep p/our étiiblii? ces 4erpi/ers.

Dans l'intérêt de la solidité de Fenduit, il doit être exécuté par autant de maçons que sa surface contient de fois 7 a 8 mètres au plus; le travail se trouve ainsi exécuté d un seul coup, on évite 1^ soudures, et Ton obtient plus de solidité et de propreté.

Il y a des maçons qui portent la limite de 7 à 8 mètres d*enduit a 12 ou 14 mètres; c'est, suivant nous, un tour de force sans utilité ; car, en supposant à ces ouvriers un peu plus de force et d^agilité, la durée de la prise du plâtre étant constante dans les mêmes circonstances, et la quantité de plâtre employée étant proportionnelle a la surface à enduire, ils sont obligés de faire gâcher des voyages considérables de plâtre, lesquels exigent un temps d'emploi que Ton ne peut prendre que par un excès d'eau, qui rend le plâtre excessivement clair et nuit considérablement k la solidité de Tenduit. Il est très-facile de reconnaître le travail exécuté par de semblables bâcleurs; la truelle brettée passée dessus, une demi-heure après qu'il est achevé, ne résonne pas plus que sur du mortier de terre fraîchement employé, et k la longue Tenduit finit par gercer de tous côt^. Quand, au contraire, un maçon n'a fait que la surface'de 7 à 8 mètres d'enduit que lui permettent ses forces et la prise du plâtre bien gâché, il peut facilement nettoyer son travail a la truelle brettée sitôt qu'il est terminé, et cet outil résonne absolument comme si Ton grattait de la pierre.

Gomme, pour un enduit jeté par plusieurs niaçons, chaque ouvrier fait sa portion de travail comme s'il était seul, notre énùmération des moyens d'exécution sera la même que si un ouvrier travaillait isolé.

Pour exécuter un enduit en plâtre au sas, le maçon s'assure d'abord que le crépi est bien dressé; il passe légèrement dessus le côté dentelé de sa truelle brettée, pour faire disparaître les petites bosses et irrégularités qui pourraient exister â sa surface; il a soin de gratter proche des nus, arêtes et cueillies d'angle qui ont été faits avant le crépi, et qui ont servi k le dresser; ce grattage doit être fait de manière que les nus, arêtes et cueillies d'angle, sur lesquels la truelle brettée et le riflard doivent être passés légèrement, soient en désaffleurement du crépi de toute l'épaisseur du plâtre au sas qui doit former l'enduit.

Ces précautions prises, si la surface de l'enduit n'est que de quelques mètres, le maçon fait gâcher son plâtre au gâchoir; si, au contraire, cette surface est de 7 k 8 mètres, il fait apporter le plâtre et l'eau nécessaires sur les lieux où Penduit doit être exécuté, et il fait gâcher sous ses yeux, par son garçon, le plâtre dont il a besoin; il remue ensuite le contenu de l'auge avec sa truelle et sa main gauche, jusqu'à ce que les petites mottes de plâtre soient parfaitement écrasées et délayées. Le plâtre doit être gâché plus ou moins clair,

suivant la rapidité de la prise; mais ordinairement on le fait k un degré tel, que quand le plâtre est bien remué, si Ton en prend sur une truelle, il s*y étale sur une couche de 0*,002 d'épaisseur au moins.

Le plâtre étant bien remué, le maçon en jette quelques truellées sur le crépi en attendant qu1l coude un peu ; alors, au moyen de sa truelle, il en garnit sa taloche, qu^il a soin de tenir k la hauteur des bords de Tauge, et il vient l'appliquer sur le crépi en promenant la taloche dans tous les sens ; il recouvre de nouveau sa taloche de plâtre, en ayant soin de remuer le contenu de Fauge avec sa truelle chaque fois qu'il vient y puiser, pour qu'il ne se forme pas de grumeaux, et il applique ce nouveau plâtre en le posant par bandes horizontales ou verticales ; il continue ainsi de suite jusqu'à ce que son plâtre soit presque entièrement employé. Alors il passe la taloche k sec sur tout l'enduit pour en lisser et dresser la surface le mieux possible.

Afin d'aller un peu plus vite et de moins se fatiguer, le maçon, au lieu de placer lui-même le plâtre avec la truelle sur la taloche, l'y fait mettre par son garçon au moyen de la pelle. En agissant de cette manière, il a un peu plus de temps pour dresser l'enduit ; cependant ce moyen n'est usité que lorsqu'il s'agit d'un fort voyage de plâtre k employer.

Quand le plâtre appliqué est encore très-mou, le maçon doit avoir soin de ne pas trop appuyer sa taloche, sans quoi il pourrait ne pas laisser une charge de plâtre suffisante en quelques places, et il trouverait les oj, c'est-k-dire qu'il rencontrerait le gros plâtre du crépi, en nettoyant l'enduit k la truelle brettée. Quand, au contraire, le plâtre commence k prendre, il doit appuyer sur la taloche, afin de ne laisser nulle part une trop forte épaisseur de plâtre et de rendre l'enduit bien plein en tous points. Cette partie du travail exige de la force, de la vivacité et de l'habitude, le plâtre faisant parfois prise en sept ou huit minutes.

Le plâtre étant presque entièrement employé, l'ouvrier gratte sa taloche avec sa truelle, et il la met de côté pour utiliser le peu de plâtre qui lui reste k garnir parfaitement le long des nus, arêtes et cueillies d angle ; il termine ces raccords en les lissant avec la truelle.

Si la taloche a laissé quelques trous ou défauts dans l'enduit, le maçon bouche les premiers et fait disparaître les seconds avec la truelle ; il lisse un peu l'enduit avec cet outil, et il laisse durcir le plâtre.

Aussitôt que l'enduit a fait prise, le maçon commence k le dégrossir en passant dessus le côté denté de la truelle brettée : il nettoie d'abord parfaitement les nus, arêtes et cueillies d'angle du plâtre

qui a pu se fixer dessus, et ce nettoyage étant achevé^ ce cjni doit avoir lieu avant la prise complète du pl&tre, le maçon termine de dresser parfaitement le reste de l'enduit^ en n'y laissant ni trous ni bosses ; il bouche les trous avec de la raclure de plâtre, au fur et k mesure qu'ils paraissent dans l'enduit. Le maçon achève dlors le nettoyage et le dressage de Tenduit sivec 1^ tranchant uni de Is truelle brettée ; c'est de ce dernier travail que dépend le fini de Ven-=^ duit ; aussi réclame-tril quelque habileté de la part dh Ina^n, qui doit tenir le tranchant de sa truelle bien affûté et bien droite plutôt un peu bombé que creux ; il doit manœuvrer cet outil avec soin; en dirigeant ses coups dans le même sens, eh évitant les ressauts et en faisant disparaître les côtes au fur et à mesure qu'elles se ferment; c'est ainsi qu'il parvient à rendre son enduif aussi droit et aussi uni que possible.

Lorsqu'on est obligé de raccorder une partie avec une autre d un enduit qui n'a pu être terminé dans toute son étendue^ le maçon trace avec son riflard une ligne le plus près possible du bord de la partie d'enduit déjà, faite, et il pique suivant ce trait la partie irrégulière de plâtre qui le dépasse ; c'est ce qu'on appelle préparer la soudure. En exécutant la nouvelle partie d'enduit, l'ouvrier doit, k l'aide de sa truelle, serrer avec soiii le plâtre mou contre la face de soudure, afin que par la suite il ne se forme pas de gerçure a la Jonction des deux portions de l'enduit

Les enduits de voûtes» de plafonds, etc., se font de la même manière que les précédents ; seulement les grandes surfaces d'enduit doivent autant que possible être jetées d'un seul coup; au lieu d'un maçon, ii y en a quelquefois jusqu'à dix, et il nous est arrivé d'en avoir dix-neuf sur un échafaud pour enduire des voûtes d'une caserne du fort de Gharenton. C'est un coup-d'œil qui ne manque pas de mouvement, que de voir dix-neuf ouvriers agir avec ensemble et avec la plus grande rapidité pour placer du plâtre sur leur taloche et l'appliquer sur le crépi, en courant constamment sur l'èchafaud^ toujours les yeux fixés sur leur travail, sans jamais regarder à leurs pieds.

Pour exécuter 4 mètre carré d'enduit sur crépi, pour parois verticales, il faut :

O'^'.OOS de plâtre au sas, déchet compris; 0^,20 d'un maçon avec son garçon.

Si l'enduit sur crépi est fait sur plafond, il faut pour i mètre carré :

O^'fOU de plâtre au sas, déchet compHA ; 0^,30 d'un maçon avec son garçon.

Dans les temps qui figurent dans ces sous-détails se trouve comprise la durée de Texécution des nus et ceuillies d'angle. Ces sousdétails ne sont applicables qu'à des enduits de dimensions ordinaires; pour les enduits de petites dimensions, pour ceux d'embrasements et tableaux de portes et croisées, ainsi que pour les enduits faits sur des surfaces à simple ou à double courbure en élévation; comme il faut parfois une grande quantité de plâtre, et qu'il y a toujours un surcroît de main-d'œuvre, les prix doivent être établis en conséquence.

379. On désigne généralement sous le nom de ravalement^ toute espèce de crépis en enduits appliqués sur les murs et pans de bois, tant à l'intérieur qu'a l'extérieur des bâtiments ; mais, sous ce nom, on comprend plus particulièrement tous les travaux faits sur les parements extérieurs des anciens murs et pans de bois.

De cette dénomination, il résulte que l'action de faire un crépi ou un enduit se désigne ordinairement par le mot ravaler,

380. Enduits colorés. On peut donner aux enduits en plâtre diffé. rentes couleurs; ainsi, on en fait qui simulent la brique. Pour faire un tel enduit, on emploie simplement du plâtre au sas auquel on a mêlé, lors du gâchage, une assez grande quantité d'ocre rouge pour lui donner la couleur de la brique. Quand l'enduit est fait, on le nettoie avec le côté denté de la truelle brettée ; puis on trace avec un crochet, en allant Jusqu'au crépi, tous les Joints de briques que l'on veut figurer; on remplit ensuite tous ces joints avec un petit enduit très-mince en plâtre blanc, et on achève le dressage de l'enduit avec le côté uni de la truelle brettée; on enlève ainsi le plâtre blanc qui forme l'enduit mince, en ne laissant que celui qui est dans les Joints^ et l'enduit a bien l'aspect d'un parement en briques.

381. Crépis mouchetés. On fait aussi en plâtre au sas des tables renfoncées ou des parties encadrées de montants et de bandeaux. Après avoir coupé ces bandeaux sur une largeur de 0*,iO a 0",20, on forme les tables au moyen d'un moucheté^ c'est-à-dire d'un plâtre composé en grande partie de mouchettes (87), que l'on jette au balai comme le gobetage (376). Parfois ces tables se crépissent tout simplement, ou encore elles se font avec du plâtre ordinaire, sur lequel, avant la prise, on passe un balai dont les brins sont coupés assez près du lien. On donne quelquefois au moucheté ou au crépi des tables une couleur noire ou rouge, en mêlant au plâtre, comme il a été indiqué au numéro précédent, soit du noir de charbon, soit de l'ocre. Ces sortes de décorations rustiques réussissent assez bien lorsqu'elles sont distribuées avec goût et quelque symétrie ; mais il ne faut pas en abuser (93).

589. Recouvrement de pièces de charpente. Ce travail se compose d'un lattis espacé et d'un gobetage, d'un crépi et d'un enduit. D'après

les détails donnés sur chacune de ces natures d'ouvrages , il est facile de se rendre compte du mode d*exécution d*un recouvrevrement de charpente. Cette exécution présente bien quelques petites difficultés h cause du grand nombre d'arêtes et cueillies que Ton est parfois obligé d'établir ; aussi le maçon doit-il y apporter tous ses soins , pour qu'une grande netteté règne dans tous les détails. Une précaution qu'il ne faut pas oublier, c'est d'enfoncer des clous k bateaux et des rappointis, principalement sur les arêtes, quand il y a une grande charge de plâtre ; sans cela , le recouvrement se détacherait facilement des pièces de charpente.

Ces sortes de recouvrements se font ordinairement dans les étages des combles, sur les arêtiers , les jambes de force, les ssdi>lières, les pannes et les arbalétriers ; on les exécute aussi sur les poutres et poitrails des étages inférieurs.

Parfois aussi ces recouvrements sont employés pour terminer des èolonnes faites de jpoteaux en bois grossièrement arrondis. Ces poteaux étant couverts d'un latis à 0*,08 de vide , puis d'un gobetage, on forme un crépi et un enduit au moyen de calibres ou de cerces.

Les colonnes se font aussi au moyen de poteaux carrés contre les faces desquels on rapporte des fourrures, pour les arrondir, et que l'on recouvre ensuite d'un lattis , d'un gobetage , d'un crépi et d'un enduit comme dans les cas précédents.

585. Pigeonnage en plâtre. Sous ce nom, on désigne ordinairement une espèce de cloison de 0",08 d'épaisseur, faite en plâtre pur, et dressée k la main au fur et a mesure avant la prise. Cette espèce de cloison est généralement employée à la construction des coffres et languettes de cheminées , et a rétablissement des hottes de cheminées de cuisines.

L'exécution du pigeonnage se fait ordinairement de la manière suivante : si c'est pour un coffre de cheminée, le maçon, après avoir fait dans le mur dossier des arrachements pour y sceller les costîères et les languettes de refend du coffre, mouille ces arrachements; puis il place deux lignes suivant Talignement extérieur de la languette de face du coffré, en ayant soin de les mettre parfaitement d'aplomb ou de leur donner un peu de fruit s'il en existe dans le parement du mur dosseret. Ces précautions prises, il fait gâcher du plâtre ttn peu serré ; après l'avoir remué et laissé couder, il en prend plein sa truelle et le pose dans sa main gauche; avec le dos de sa truelle il donne à cette poignée de plâtre à peu près la forme d'un plâtras plat dont l'épaisseur est celle du pigeonnage; il pose cette poignée de plâtre ainsi préparée au droit de la languette de face et suivant l'alignement des lignes. Pour cela, il tient le dos de sa truelle à l'Intérieur du coffre, et avec sa main gauche il presse la poignée de plâtre contre le dos de sa truelle, de manière k lui donner l'épaisseur et la direc-

tion convenables, et h, la sceller parfaitement sur le mur ou sur l'ancien coffre où il la pose. Le maçon prend une nouvelle poignée de plâtre, qu'il prépare comme la première, k la suite de laquelle il la pose absolument comme si c'était une brique, et il continue ainsi, jusqu'à ce que son plâtre soit employé et qu*il ait posé une assise de pigeonnage, en suivant la direction des lignes et le tracé fait sur le mur dosseret pour la direction des languettes costières et de refend.

Le pigeonnage commencé, c'est-à-dire le cofifre formé sur une hauteur de 0",10 environ, le maçon fait gâcher de nouveau, et il pose son plâtre par poignées sur la base déjà formée du pigeonnage, en ayant toujours soin de bien souder, avec la main gauche et la truelle, les nouvelles poignées avec celles qui ont été posées précédemment et qui sont prises.

Pour la pose, le dos de la truelle doit toujours être à l'intérieur du cofiFre, dont l'extérieur est dressé à la main et ensuite crépi avec le champ de la truelle, ce qui le rend plus brut pour recevoir l'enduit que Ton doit appliquer dessus, et qui a besoin d'une grande solidité pour résister aux intempéries..

Au fur et à mesure que le coffre s'élève, le maçon en enduit légèrement l'intérieur, afin que la suie puisse bien s'en détacher. L'enduit extérieur ne se fait que lorsque le pigeonnage est entièrement terminé.

Parfois le maçon emploie le moyen suivant pour pigeonner : il place des planches à l'intérieur du coffre, suivant l'alignement des parements intérieurs ; ces planches sont maintenues soit au moyen de chevillettes, soit au moyen de petits étrésillons; il fait ensuite gâcher, puis il applique le plâtre contre les planches, en lui donnant l'épaisseur voulue, et il continue en dressant extérieurement les languettes de face et celles costières du coffre. Lorsque les planches sont entièrement garnies de plâtre et que ce dernier est pris, le maçon retire les chevillettes ou les petits étrésillons qui les soutiennent, et il les décolle pour les placer plus haut.

Cette dernière manière de pigeonner, qui se nomme cintrer^ peut être employée sans inconvénient dans plusieurs cas, par exemple, pour les hottes de cheminées de cuisines, pour les planchers de soubassements, pour les faux coffres et même pour les coffres intérieurs; mais pour les coffres extérieurs de cheminées, on doit s'en abstenir autant que possible, le pigeonnage à la main offrant beaucoup plus de garantie de solidité pour les languettes exposées aux intempéries que le cintrage, dont le principal inconvénient est que parfois il se forme des crevasses au droit des joints des planches qui ont servi à Texécuter.

Beaucoup de coffres extérieurs se cintrent cependant, à cause de l'économie de temps et même de plâtre qui en résulte ; alors le maçon

694 DEDXIÈHB PARTIE. — TRAVAUX DE BATUINTS.

doit avoir soin de placer les planches horizontales, et de poser son plâtre à peu près régulièrement suivant la hauteur de ces planches; de cette manière, il forme des zones de cintrage qui ont quelque analogie avec le pigeonnage.

Pour exécuter a la main 1 mètre carré de pigeonnage, il fkut :

0"%081 de plâtre en poudre, de'chet compris;

2'',00 d'an maçon avec son garçon, compris rétablissement de réchafaud.

Pour le pigeonnage cintré avec des planches, le temps employé n'est que les 8/10 environ du précèdent.

584. Tuyaux de cheminées. Ces tuyaux se construisent ou en pierre de taille, ou en plâtre ou en briques, et leur section est rectangulaire ou circulaire. Les dimensions dans œuvre des tuyaux rectangulaires sont à peu près de 0",22 à 0*,23 sur 0",50 k 0'',60; des proportions moindres rendraient difficile le passage dhiii ramoneur lors du nettoyage, et des dimensions plus grandes pourraient assujettir la cheminée à fumer (343).

La construction des coffres de cheminées en pierre ne présente pas d'autres difficultés que celles inhérentes à la maçonnerie de pierre de taille (183). Pour établir un tel coffre, on doit employer, autant que possible, des pierres tendres, que Ton pose avec du plâtre ou du mortier. Quelquefois on place de distance en distance, et prîncipalemetlt aux angles du coffre, des crampons en fer pour assurer la fixité des pierres. L'épaisseur des costières et des languettes de face construites en pierre varie de 0",12a0*,î5. L'assise qui couronne le coffre est ordinairement en pierre dure.

Les tuyaux de cheminées en plâtre doivent être pigeonnes. Gomme nous l'avons dit n° 383, le pigeonnage doit être légèrement enduit à Tintérieur, au fur et a mesure de son exécution, afin de diminuer l'adhérence de la suie; il doit en être de moitié du mur dossier, qu'assez souvent on enduit avant de commencer le pigeonnage; c'est sur l'enduit de ce mur que l'ouvrier trace la position des languettes costières et de refend, où il doit faire les arrachements.

Les enduits faits k l'intérieur des coffres sont ordinairement en plâtre au panier. Les crépis et enduits de l'extérieur des coffres sont généralement en plâtre au sas dans l'étendue de Tintérieur des logements; mais les tètes de cheminées et les portions de tuyaux qui se trouvent dans les greniers sont enduites en plâtre au panier, et trèssouvent il arrive, qu'au lieu d'enduire en plâtre au sas la partie de coffre qui se trouve hors des combles, on le fait en plâtre au panier, qui résiste mieux aux intempéries.

38â. Couronnemerds des cheminées. Le pigeonnage étant arrivé au sommet, l'ouvrier procède à la fermeture du coffre, oil mieux

LÉGBRS OUVRAGES.

Fig. I4Î. nu rétrécissement de son ouYerture su-

Î)érieure, en réduisant ii 0*,14 où 6",4g a largeur de Ô»,22l k 0*,25 îè cette ouverture. Ce rétrécissement se ^ait ^u moyen de deux gorges de raccordement, faites sur les languettes de face si )^ coffre est dégagé, comme Tindique jt iGigure 142; si le coffre est adossé, une da ces gorgés se place sur le mur dossier» L'ouverture de 0",14 à O^lSde largeur est celle qui paraît la plus favorable au passage de la fuméç, La fermeture terminée, le maçon procède à l'exécution du couronnement, qui n'est quelquefois qu'une simple moulure j mais, le plus souvent, c'est un bandeau de 0",12 a 0*,15 de hauteur sur 0"|03 à û",05 de saillie, comme l'indique la figure 142.

Pour faire ce bandeau, le maçon place une règle de niveau pour former l'arête supérieure cf, puib une autre règle £ de 0",03 à O^fi^ d'épaisseur, suivant la saillie du bandeau, pour former Taréte b et Tangle rentrant c. Les deux règles étant espacées de la hauteur du bandeau et leurs faces extérieures placées dans le même plan vertical, comme l'indique le détail D, le maçon les fixe dans cette position; puis il fait gâcher du plâtre serré, et il en remplit FintervaUe des règles, pour former le bandeau. Quand le bandeau est fait en plâtre au panier, le maçon le lisse parfaitement en appuyant ^, truelle contre les deux règles; si, au contraire, on emploie 4u plâtr^ au sas, il le dresse grossièrement a la truelle, et après la prisQ î) termine à la truelle brettée, en suivant parfaitement )e p)an #08 deux règles. Cela fait, le maçon décolle les deux règles, et il en place deux autres plus petites pour faire le .couronnement des côtéa du coffre, quand il est adossé; si, au contraire, ^e coffre est 4égagé, îl place ces deux règles sur le côté opposé à celui qu'il vient de faire; et ce côté achevé, il termine le couronnement par les cOtés du coQre» en opérant de la même manière.

Aussitôt que le couronnement est achevé, le maçon scelle la mitre^ qu'on lui donne quand elle est en poterie, et qu'il est obligé de faire quand elle est en plâtre. La figure 142 représente une mitre dite à la FùugeroUe. Une mitre en plâtre se compose de quatre languettes en plâtre, de 0",04 d'épaisseur, que l'ouvrier coule k part, ce qui n'offre aucune difficulté.

La mitre .posée et scellée, le maçon fait les solins qui doivent le fixer; il les raccorde avec les arêtes extérieures du couroaaement, en leur donnant une pente de 0*,02 à 0",03 sur (eur largeur, qui est a peu près de e",12 à P*,15.

Enfin, la fermeture, le couronnement, la pose de la mitre et les solins étant achevés, Touvrier exécute Tenduît extérieur. Pour cela, après avoir établi les arêtes et les cueillies d'angle du coffre, il procède comme au n" 378.

586. Tuyaux de cheminées établis dans V épaisseur des murs. Parfois, pour économiser la place, on construit les tuyaux de chemioées dans lépaisseur des murs. Quand ilssont rectangulaires, le fond est formé par une cloison en briques, et les deux languettes costières se trouvent naturellement formées par le mur^ que Ton recouvre simplement d'un enduit. Il ne reste plus à faire alors que la lan* guette de face, qui doit affleurer l'alignement du. mur, et celles de refend. Ces languettes se construisent parfois en pigeonnage (383); mais le plus souvent on les fait en briquets.

La multiplicité des appartements réclamant très-souvent un grand nombre de cheminées, pour que les tuyaux occupent encore moins de place que les précédents, on les fait quelquefois en tuyaux de grès ou de fonte de fer, ronds ou ovales, et de 0*,21, 0",24 ou 0",27 de diamètre, que Ton place dans Tintérieur des murs; mais le plus souvent on érige ces tuyaux au moyen d*un mandrin cylindrique de i mètre environ de longueur; le maçon place le mandrin dans Fépaisseur du mur, suivant la direction que le tuyau de cheminée doit avoir, et l'ayant enlouré d'une couche de plâtre, il applique contre cette couche les moellons destinés à la formation du mur. Ce cylindre se séparant par parties, cela permet à l'ouvrier de le remonter successivement au-dessus de la portion de tuyau déjà faite et au fur et à mesure de la construction du mur; il recommence ainsi jusqu'à la fermeture du tuyau.

Maintenant, pour suppléer au mandrin, on emploie tout simplement une feuille de zinc, que l'on ploie en tuyau, suivant le diamètre voulu. Â la partie inférieure, on maintient cette feuille de zinc dans la portion de tuyau commencée au moyen d'un bout de latte en forme d'étrésillon ; la partie supérieure de la feuille de zinc est simplement arrêtée avec une ficelle. Quand ce tuyau est garni de plâtre et de moellons dans toute sa hauteur, l'ouvrier fait tomber le bout de latte de la partie inférieure, et comprimant le tuyau pour en diminuer le diamètre, cela permet de le retirer assez facilement; il le replace de même au-dessus de la partie de cheminée achevée, et il eontinue ainsi de suite jusqu'à ce que la cheminée soit montée jusqu'au sommet.

En dehors des moyens d'exécution de la maçonnerie de briques, exposés au n* 214, pour faire en briques les cloisons des coffres de cheminées, il est quelques précautions que l'ouvrier doit prendre. Pour assurer la solidité du coffre, il doit avoir soin de tracer sur le mur dosseret les directions des languettes costières et de refend, et

de faire de distance en distance sur ces directions, dans le mur dos» seret, des trous on arrachements pour y sceller la moitié d*une des briques du coffre.

A Paris, les maçons qui érigent des coffres de cheminées, dans un but d'ornementation, choisissent ordinairement les briques qui ont pris une teinte noire a la cuisson, et ils les posent aux angles du coffre, en les entremêlant avec les briques rouges ; le contraste de couleurs qui en résulte produit un effet qui n*est pas désagréable.

En posant les briques, le maçon doit éviter de les barbouiller de plâtre; cela déparerait son travail; c*<est même à cause de cet incon* vénient que les ouvriers préfèrent poser les briques sur mortier. La même précaution doit être prise lors du rejointoyement, afin d'oln tenir des parements bien propres.

Les parois intérieures des coffres en briques doivent être enduites en plâtre ou en mortier, au fur et k mesure que la maçonnerie s'élève; Tenduit empêche la suie d'adhérer trop fortement aux parois.

L'épaisseur des coffres de cheminées en briques est ordinairement de la largeur des briques (0",11) pour les languettes de face, et de l'épaisseur (0*,055) des briques, qui sont posées de champ, pour les languettes de refend.

587. Les grandes cheminées d'usines se construisent ordinairement en briques. On leur donne pour section un carré ou un cercle; dans ce dernier cas, on les fait carrées jusqu'à une hauteur de 3",50 a i^SO au-dessus du sol; on forme ainsi une espèce de piédestal, que Ton couronne par quelques briques en saillie sur les parements, pour faire office de corniche. Cette partie carrée descend ordinairement k 2 mètres ou 2'',50 en contre-bas du sol, pour former la chambre de prise de la fumée venant des fourneaux, et elle est établie sur un massif de béton de 1 à 2 mètres d'épaisseur, suivant la hauteur de la cheminée, à laquelle il sert de fondation. On donne à ce massif de O'fSIS à 0",50 d'empâtement sur les parements extérieurs des murs formant la base de la chenvinée.

Les proportions d'une cheminée circulaire d'usine de 30 à 35 mètres de hauteur à partir du sol, et de 0",55 de diamètre au sommet, sont à peu près les suivantes :

Côté extérieur du sodé, depuis le massif en béton Jusqu'à Or^TO environ

aa-dessus du sol 2",99

Ëpaissear des murs (trois briques sur leur longueur de 0",22 et une sur

la largeur de 0"»,11) 0 ,79

Côté intérieur de la cheminée, depuis le socle jusqu'à la partie circulaire,

c'estrà-dire sur une étendue de 2",90 environ 2 ,79

Épaisseur des murs dans cette partie (trois briques sur leur longueur de

Saillie du socle sur tout le contour de cette partie 0 ,10

Dimension intérieure de la cheminée, depuis le massif de béton Jusqu'à la

Page 1