DEUXIÈME PARTIE
TRAVAUX DE BATIMENTS
Pour les arcs doubleaux^ fig. 156, lorsque les moulures A et B de Tarchivolte et de Tare doubleau n'ont pas trop de développement, oq les fait avec le même calibre € ; mais dans le cas contraire , on les traîne séparément. Quand la largeur de Tare doubleau n'excède pas
0",40 k 0",50, on traîne parfois d'uii seul coup les deux profils B et B', et k calibre forme en même temps la partie de plafond circulaire P comprise entre ces deux profils. Quand, au contraire.
Tare doubleau a beaucoup de largeur, on fait séparément chaque moulun d'angle, et Ton enduit ensuite la partie de plafond qui les sépare , en se guidant pour la dresser sur les deuï nos qu'a formés le calibre. Dans tous les cas, le calibre se manœuvre comme pour une archivolte.
408. Moulures à courbure elliptique. Le moyen le plus souvenl employé pour exécuter ces moulures consiste à couper des nus snivaut la courbure de Fellipse, et k faire glisser le calibre dessus sans sabot.
Le tracé de la courbure elliptique, dit tracé du jardinier^ se fait de la manière suivante : lorsqu'il s'agit de couper l'arête extérieure ou de traîner les moulures d'une baie de croisée de courbure elliptique, l'ouvrier dispose d'abord, Jiff. 157» une planche P, de manière que son milieu coïncide k peu près avec le grand axe AA' de l'ellipse; il marque par un trait cet axe sur la planche, et il en indique la longueur ou la grande dimension de Tellipse; il trace ensuite au milieu de AA' une perpendiculaire, sur laquelle il porte le petit axe BB' de l'ellipse. Gela fait, il prend un bout de cordeau d'une longueur égale au grand axe AA'; il le ploie en deux par le milieu, et, plaçant ce milieu k l'extrémité B du petit axe, il ramène les extrémités libres sur le grand axe en tenant le fil tendu ; ces extrémités déterminent deux points F et F', qui sont également distants des sommets A et A', et qu'on nomme les foyers de l'ellipse. En chacun de ces foyers on implante un clou dans la planche P, et k ces clous on fixe les extrémités du cordeau, en ayant soin que la longueur du cordeau reste égale au grand axe AA'. Si tout ce qui précède a été bien exécuté, faisant glisser une pointe G sur toute la longueur du cordeau dont on tient les deux brins GF et GF' toujours bien tendus, cette pointe décrit une ellipse qui a AA' pour grand axe et BB' pour petit axe, et l'on conçoit qu*il est facile de
LÉGERS OUVRAGES. 62i
tracer cette ellipse sur le mur. Il convient de n'enfoncer con?enablement les clous aux foyers F et F' que quand on s'est assuré que la pointe G passe bien par les extrémités des axes.
Selon que le grand axe de Tellipse est horizontal ou vertical, on place évidemment la planche P horizontalement ou verticalement.
Pour les petites croisées elliptiques, parfois, quand on en a plusieurs de même dimension, on fait faire, pour traîner les moulures au ca* libre, une régie intérieure et un sij>ot ayant Tun et l'autre la courbure elliptique de la croisée.
Pour les moulures des plafonds de pièces elliptiques, on coupe d'abord les repères du plafond jusqu'à une distance des murs égale à la longueur du calibre; on fait ensuite sur les murs montés sur plan elliptique des repères très-rapprochés, que Ton coupe de manière à laisser une charge suffisante sur les murs, et que la courbure de ces derniers soit la plus régulière possible; on applique alors des règles un peu flexibles sur ces repères, en leur faisant prendre le mieux possible la courbure elliptique; puis, les ayant scellées dans cette position par les mêmes moyens que pour les plafonds polygonaux, on traîne les moulures en faisant glisser le calibre sur ces règles, aussi comme pour les plafonds limités par des polygones (400).
405. Tracé sur Vellipse par points à Vaide dune règle seulement, Fig. 158. AA' et BB' étant les axes de l'ellipse à tra-
cer, ^^. 158, marquant sur l'arête d'une règle mince CD trois points C, E, G tels, que Ton ait CG = OA le demi-grand axe, et EG = OB le demi-petit axe, d'où CE = âO— OB différence des demi-axes, si l'on fait mouvoir la règle CD de manière que le point E reste constamment sur AA' et le point C sur BB', le point G se mouvra sur l'ellipse ayant AA' et BB' pour axes. On conçoit que Ton puisse alors tracer cette courbe d'un mouvement continu, ou du moins en déterminer autant de points que l'on voudra, et que traçant une courbe continue qui raccorde tous ces points, on pourra pratiquement la prendre pour l'ellipse (page 405). 404. Le campas à ellipses^ appelé équerre mobile par les maçons, fig, 15S, fondé sur le tracé précédent, permet de décrire l'ellipse d'un mouvement continu. Il est formé de deux coulisses assemblées k équerre, de manière que leurs axes puissent h la fois coïncider avec les deux axes AA' et BB' de l'ellipse à tracer, et d'une règle CD portant deux curseurs E et G, que l'on peut fixer en deux points quelconques de la longueur de la règle. Le curseur E est garni d'une patte à pivot qui peut glisser dans la coulisse AA'; l'autre curseur G porte une pointe ou un crayon qui trace la courbe quand on fait
êSÏ DEUXIÈME PARTIE. — THAVAIX DK BATIMENTS.
nibtivoîr ]a règle Cp. A rettrèmité C de là règle se trouve un sup- "pàH h ipiVot qui {^lîssë dans la couli&së ht\ La section dés évidements des coulisses est trapézoïdale, afin que le^ supports âu cur- Selir E et du pivot C tte puissent qu'y glisser. Àyàdt fixé les curseurs E et G dé manièi-é ^Ue l'on ait CG = OA et EG = OB, si, après avoir fait coïncider îéfe àxes des coulisses aVec les axes de Tellipse, on fait tourner la J^gîë Cb, le pôitlt C se mouvra sur r'âxc BB' et celui E sur Taxe AA', feti comme dans le cas précédent, le poîtit G âècrira Tellipse.
Lé fcompas k felllpse peut s'èniploycr pôu^ Iraîntîf les moulures elliptiques ; il suffit eh efitet dé fixer le calibre au curseur G, en le dirigeant dans le sens de là fhg\e CD. L'évidement des coulisses i environ 0",08 de largeur àù fond, 0",06 en haut et de 0*,05 k 0*,06 de profondeur* lorsqu'il s'agît de Iraînel* des moulures elliptiques de B^^SO k 1",30 de gt'ànd axe ; pour des axes plus grands les dimensions des coulisses aughiettléht eu conséquence.
Ert faisaht usage de ce cbhflpàs, le maçon tfratne des moulures tUipliques eh opérant àbsollinient de la même manière que pour Iraîiiet* une archivolte (401). 11 a de plus soin de hiouiller c(înstamfaient les cùulisses, dans lesquelles les supports du curseur E et du pivot C doivent se mouvoir assez librement ; il évite aussi de faire jàillîrdu plâtre sur ces coulisses et surtout de l'y laisser sécher; enfin îl dtevine facilement une série de petites précautions dont il reconnaît le premier la hécessité.
Quand le faiàçott a bien fait coïncider les axes des coulisses avec ceux de l'ellipse , il les soutient aux extrémités a l'aide de chevîliettes, et ayant térîfiè si le calibre décrit bien la courbe voulue, il les scelle ail moyen dé patins en piâtré.
408. Ressauts dans les inoutûres. Les moulures droites ou circulaires forment quelquefois deis retours, des contre-profils et des ressauts, lesquels, sans augmenter les difficultés du traînage, exigent cependant quelque habitude de là part du maçon qui les exécute.
Les moulures avec ressauts fee font de la même manière que celles qui soht droites dans toute "lèUr longueur, en traînant d'abord les partiel les plus rapphothées des faUs des murs, puis successivement celles qui s'^eh éloignent davantage, en terminant par celles qui en sont le plus espacées. Aitasl pour traîner, par exemple, les moulures d'une corniche qui ferait les ressauts indiqués en plah par la figure 159, l'ouvriter coitimehcerait par poser ses réglés suivant les
Fig. 15».
portîod's AK, Hb, tlùli traînerait du même coup àé catibre ; il dispéiîeraît ënfeuilfcè Séà règles pour traîner de ihème les portions CL, MD, feÎF; |)uîs il bàîhéràit en dernier lieu là partie GÛ. toutes les parties des mbulUreé étàhl traînées, il né reste plus, pour terminer la cât'ntchè, àu'k couper k la main des angles saillants G, G, tt, D, Ë %\ fcedi réhlràûts k, L, 14, î*, b.
4D6. '&ôûpage des jnouïures a la main. Ce travail est le plus mînuti'eui 4uè le niâçôh & Jilâti'e puisse avoir & exécuter; aufesi eisl-ce par la vitfeésè et là pérfecliôii qiili în'et à le faire que l'on jugé ordinaî- Vehieîlt sil sait k fond sa t)r'(){'cssi()n.
Lès paHleà de moulures que Ton coupe le jplus soiiVèht i la riiaih 'sont les t'accôrds Ae cliànibrâbles, dé frontons, d'archivoltes, etc. ; ceux de Vieilles corniches, jusqu'à \ mètre et parfois 1",50 de longueur, poui» lié pas faire de calibré lorsqu'il* n'y a qu'une partie de la longueur à raccoMe'r; les aiigles baillants ou rentrants de corhiclies vieilles où neuves pour entablements, attiques, plafonds, 'chaifabi*ânles, etc.
Le coupage d'uÀ âiigle rentrant, par exemple dé celui ka représenté en plan et en élévation par la figure 460, se compose du coupage dfe rariglé saillant b5, de celui de la partie B'6'fe, qui a été profilé \ là main, et dfe celui de là partie AB qiii raccordé les deux ahglês. Ijueitiùefois, quand le calibre ii'est pas venu jusqu'au point B, il y à kilèsi tin petit j^Voïongément de moulure k faire à là main. le lèouî^agte d'un aâglê saillant consiste tout simplement dans le récoupàge du profil podl» térrtilner cet angle, et dans un léger raccord Vle§ paVti'es laildsêes ihiparfkites lors du passage An calibre.
ênbî^ùe lés ouvrière tt*ont pas dé marche rigoureusement déterhilhée pôhr 'couper le^ înoultir'ei^ & là main, celle qu'ils suivent est •ce^îéndant t ^e\ï t)rè^ tottjôui^ Ik ttiénië, et les moyens suivants sont célik t[u'ilà êîbplbièbt lé pltts brdinâîreméht. IPbùï* coûpét l'angle réfitrànl Àà d'iihe corniche formant un res- Isaîit doïit Te profil est b;5', par exemple, les portions de corniche bÀ et BC ayant étî traîbées, celle J)A jusqu'en a, et celle BC jus(iu*éh b et même un peu plus avant vers D, le hiaçon commence par tracer le profil blJ' de l'angle du ressaut sur les moulures de la partie BC de la corniche. Pour cela appliquant son fil k plomb contre le listel BC, il le dégauchit avec les points B, 6 et tous les sommets des angles des autres membres de moulures « et avec son petit fer, qu'il tient appliqué successivement sur les membres de mouluret il marque la posi-
Fig. \M.
6S4 DcexrftME partie. — trataiix dc bâtiments.
tion de ces sommets. Ce tracé achevé, le maçon garnit de plâtre fin toute la partie en retour B'6', de manière à former une saillie masse dans laquelle tous les membres de moulures puissent ètn évidés; ainsi, pour le profil de la figure 160, la saillie masse se terminerait à la ligne Je, Quand cette saillie-masse a fait prise, le maçon fait tenir son niveau N par son garçon , de manière, comme Tindique la figure 160, qu*un de ses côtés étant successiT^ ment appliqué sur chacun des principaux membres de moulura. Tautre c6tè corresponde au point qui vient d'être marqué an son»met du ressaut de chacun de ces membres de moulures; alors appliquant son guillaume G contre ce dernier côté du niveau^ il coup« toutes les moulures entre les angles ka et B6. Après le dégrossisag? au guillaume et au riflard, le maçon termine avec les gouges et les autres petits fers. Un .peu de plâtre a la pelle (87) est ensuite gàchr pour octer les moulures coupées k la main, afin de leur donner Taspect des parties traînées au calibre. Le plâtre k la pelle étast posé légèrement sur les moulures, le maçon le nettoie vivement aret le petit fer, la gouge ou le grattoir, et termine ainsi le coupage d: ressaut.
407. Raccords d^ angles de vieilles corniches. Pour faire un raccord d*angle rentrant d'une vieille corniche, le maçon, après aToir haché le vieux plâtre et formé à peu près la masse brute de Tangle, commence par former avec une poignée de plâtre la partie Afi do listel de la corniche, ^^. 160, et il la coupe suivant AB, en la raccordant de plus avec le listel des portions AD et BC de la corniche : OB parvient k couper les angles bien d*équerre, à Faide du niveau et du guillaume, comme pour les corniches neuves. Le listel ainsi préparé, le maçon coupe, en prenant les mêmes précautions, le membre inférieur E de la corniche, de manière k former les angles a et h. Avec sa hachette, il fait alors sauter le plâtre qui est trop en saillie, et faisant gâcher du plâtre fin aussi serré que possible, il le pose pour former la saillie-masse. Quand le plâtre a fait prise, le maçon passe le guillaume sur les membres de moulures de la partie BC de la corniche, pour les prolonger jusqu^à la limite fe de la sailliemasse; puis il fait le tracé de Tangle et termine la coupe, comme il a été dit au numéro précédent, pour les corniches neuves.
408. Les expériences que nous avons faites plusieurs fois, pour déterminer le temps et la quantité de plâtre nécessaires à Vexécution de diverses espèces de moulures^ nous ont fourni les résultats suivants :
1* Par mètre carré d'une corniche d'entablement composée de dix membres de moulures, et dont le développement du profil est de 0",75, Jig. 161 :
LÉGUI8 OVVIUGBft. 626
0"%010 de plAtre pour faire les repères et sceller les règles;
0 ,165 de plâtre pour traÎDer la Gorniche, dont la saillj^inasse était formée en moellons de saillie;
0^,8 d'un maçon avec son garçon pour faire les repères» poser et sceller les règles, et préparer le calibre;
1 »7 d'an maçon avec son garçon pour traîner la corniche et desceller les règles.
Fig. I6Î. ^ ^ , ,. . , ,
2* Par mètre carré d'une corniche de
plafond composée de neuf membres de
moulures, et dont le développement du
profil est de p",48,/^. 162 :
r 0*«,12 de plâtre pour faire les repères, sceller les règles et trainer la corniche ; i 1^,2 d'an maçon avec son garçon pour faire les repères, poser et sceller les règles, [ et préparer le call5re ;
2 ,4 d'on maçon avec son garçon poUr traîner la corniche et desceller les règles.
t Fig. 163.
J 3* Par mètre carré d'une corniche de cham-
branle de croisée composée de cinq membres de moulures, et dont le développement du t^ profil est de 0",39, Jlg. 163 :
O^SlO de plâtre pour faire les repères, battre les nos, sceller les règles et trainer
la corniche; i\Z d'un maçon avec son garçon poor faire les repères, battre les nos, sceller
1 les règles et préparer le calibre
r 2 J d'un maçon avec son garçon pour trainer la corniche et desceller les règles.
4" Par mètre carré d'une corniche circulaire d'archivolte de [ porte, de même profil et de même développement que la corniche • Jig. 463 :
< 0"%155 de plâtre pour faire les repères, battre les nos, sceller la traverse et trainer
la corniche; 2^,2 d'un maçon avec son garçon pour couper les repères, battre les nos, sceller
la traverse et préparer le calibre; 2.9 d'un maçon avec son garçon pour trainer la corniche et desceller la traverse.
{ Dans les sous-détails précédents ne se trouve pas comprise la
main-d'œuvre nécessaire au recoupage des angles saillants et rentrants, et des autres raccords faits a la main. Quant à la quantité de
I plâtre employée, a égalité de surface, elle est a peu près la même pour les angles et autres raccords coupés à la main que pour les corniches traînées au calibre.
! Gomme on a déjà pu le remarquer au n* 406, il y a une très-grande
différence de main-d'œuvre entre le coupage a la main des angles saillants et celui des angles rentrants. En effet, il y a toujours dans ces derniers une portion de corniche que le calibre ne peut former,
6t6 DBVXliMB PÀRTHI% »^ «flAftit «B BATIMËIITS.
et qu'il faut absoltiMekit fr#âtor à là IrvéIii» tiMtKs q^e ][>tmr les a&- ^ed saîllaiits, n'û! obstacle n^empëchdnl un calibre de parcourir tonk retendue des parties de corniche adja^g^tea è ces aaglea^ le caUftiv les forme entièrement, et Ton n'a k couper k la n^fn que les parties où ie calibre a pu laisser d« légers itiiperfleiMioiis.
De nos observations, il résulte que le temps employé pour couper ttli angle saillant ôst k pieu près le tiers de celui nécessaire au coupage d'un ajagle feutrant dani lu même «^miche.
Povr les partiea de conricbes en raiccord coupées à la main, k temps nécessaire à leur exécution est k peu près, à surface égale, k double que pour les parties profilées au calibre.
Pour couper un angle rentrant dans une coraitfae en ptftfre ayut le profil At lu figure i^l, et dont la longueur de raccordement fo^ mant ressaut était de 0",15, il a ÛUu :