Pratique de la perfection chrétienne
Les matières que nous avons traitées dans la première et dans la seconde partie de cet Ouvrage regardent la vie religieuse en général/ mais celles que nous traitons ici la regardent en particulier,* c'est pourquoi nous avons intitulé cette troisième partie : La Pratique de la Perfection Chrétienne et Religieuse. Les choses y sont cependant disposées de telle sorte , que non-seulement elles conviennent à tous les autres religieux aussi bien qu'à nous; mais qu'elles peuvent encore être très-utiles à tous les séculiers qui aspirent à la perfection. Car, par exemple , quoique le premier Traité parle de la lin et de l'institution de, notre Compaguie en particulier , il ne laisse pas d'embrasser de3 matières générales , comme sont celles du bon exemple, du zèle pour le salut des âmes, de la défiance de soi-même, et de la confiance en Dieu. La correction fraternelle et l'ouverture de conscience à l'égard de son confesseur et de son père spirituel, sont aussi des sujets qui peuvent convenir également à tout le monde; et généralement toutes les vertus dent nous parlons
dans celle dernière partie, sont propres à toutes sortes de personnes; puisque chacun peut, ou les embrasser en esprit, si l'obligation de son état l'empêche de les pratiquer en effet, ou les faire servir à réprimer les inclinations contraires que la nature lui donne. J'espère, avec la miséricorde de Dieu , que la ieclure de cet ouvrage excitera les religieux à se porter de plus en plus à la perfection , suivant le devoir de leur profession, et inspirera aux séculiers le dessein de les imiter , autant que l'état de chacun pourra le permettre; et qu'ainsi les uns et les autres augmenteront tous les jours ea ferveur dans le service de Dieu.