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Pratique de la perfection chrétienne

Est-ce que le Seigneur veut qu'on lui offre des holocaustes et des victimes , et non pas plutôt quon obéisse à sa voix ? L'obéissance vaut mieux que les victimes ; et il vaut mieux faire ce </tto Dieu veut , que de lui offrir la graisse des béliers (i). Ce sont les paroles que Samuel dit à Saùl, lorsque ce roi, malgré le commandement qu'il a voit reçu de ]a part de Dieu, de détruire entièrement les Amalécites et tout ce qui leur appartenait, réserva leurs meilleurs troupeaux pour les sacrifices; et les Saints, fondés sur ce passage et sur plusieurs autres de l'Ecriture qui parlent de l'excellence et du mérite de l'obéissance , s'étendent sur les louanges de cette vertu. Saint Augustin demande en plusieurs endroits, pourquoi Dieu défendit à l'homme de manger du fruit de l'arbre de la science du bien et du mal ; et une des raisons qu'il en donne, c'est que Dieu vouloit montrer aux

(i) Numquid vult Dominus holocansta et victimas,et non potiùs ut obediatur voci Domini? Meliorest enim obedientia quàm victimœ , et auscultare magis quàm offerre adipenj arictum. i.Iieg. i5. 12.

hommes que l'obéissance est d'elle-même un grand bien , et que la désobéissance est d'elle-mêmeun grand mal (i ).En effet, ce nefut point le fruit de l'arbre qui fut cause de tous les malheurs qui suivirent le péché d'Adam : car outre que cet arbre n'avoit rien en lui de mauvais , puisque Dieu lui-même reconnut que tout ce qu'il avoitfait ètoit excellent f (2), il n'est pas à présumer que Dieu eût voulu mettre quelque chose de mauvais dans le jardin des délices. Ce fut donc la désobéissance seule et la transgression de la défense , qui furent cause de tout le mal : c'est pourquoi saint Augustin dit que rien ne pouvoit mieux faire voir combien la désobéissance est mauvaise d'elle-même, que la punition du premier homme, pour avoir, contre la défense de Dieu , mangé d'un fruit qui n'auroit rien eu de mauvais sans cette défense, et qui n'auroit pu faire aucun mal. Que ceux qui se dispensent d'obéir quand il s'agit de choses légères, apprennent de là à connoître quelle est leur erreur et leur faute : car ce n'est pas la nature de la chose qui fait le péché, c'est la désobéissance qui est toujours mauvaise d'elle-même, soit que les choses soient importantes, soit qu'elles ne le soient pas. Une

(1) Ut ipsius per se bonum obedientiae, et ipsius per se malum inobedientix monstraretur. Aug. I. i. eonlr. adv. teg. et Proph. c. 14. et l. 2. de peccat, merit. et remiss. c. 21. et l. 8. sup. Gen. ad titt.

(2) Vidit Deus cuncta quse fecerat, et erant valdè bona. Gen. 1. 3i.

autre raison que saint Augustin donne (i) de la défense que Dieu fit a l'homme , c'est que l'homme ayant été créé pour servir Dieu , il étoit à propos de lui défendre quelque chose pour lui faire connoître sa dépendance , que sans cela il n'auroit pas si bien reconnue ; et Dieu voulut., dit ce Père, que l'obéissance , qui étoit un acte par lequel l'homme reconnoissoit celui qui l'avoit créé , fût en même temps un moyen par lequel il pût mériter d'être uni quelque jour k lui. Il s'étend ensuite sur les louanges de cette vertu , et il ajoute qu'une des raisons pour lesquelles le fils de Dieu se fit homme , fut pour nous apprendre l'obéissance par son propre exemple. L'homme , dit-il , avoit été désobéissant jusqu'à la mort, c'est-a-dire, jusqu'à mériter la mort en punition de sa désobéissance, et le Fils de Dieu se fit homme pour être obéissant jusqu'à la mort. La porte du ciel nous avoit été fermée par la désobéissance d'Adam; elle nous fut ouverte par l'obéissance de Jésus-Christ : Car comme par la désobéissance aVun seul homme , plusieurs hommes sont devenus pécheurs, ans si par V obéissance d'un seul , plusieurs sont devenus justes (2). Dieu a même voulu , dit encore ce Père (3), nous faire voir le mérite et l'excellence de

(1) Lib. 8. sup. Gen. ad lllt.

(2) Sicut enim per inobedientiam uniushominis peccatores constituti sunt multi . ità et per unius obeditionem justi constitiicnt-ir multi. Rom. 5. 19.

Çb) Aug, l. de Incar. Ferb. et l. i3. de Trin. e. 1.

l'obéissance, dans la récompense et dans la gloire dont il a couronné l'humanité sacrée de Jésus-Christ , qui avoit été obéissant jusqu'à la mort , et même jusquà la mort de la croix. Car c est pour cela , dit l'Apôtre , que Dieu Va élevé , et lui a donné un nom qui est au-dessus de tout autre nom , afin au au nom de Jésus tout ce qui est dans le ciel, sur la terre et dans les enfers, fléchisse les genoux (i).

Les Saints relèvent le mérite de l'obéissance par une infinité d'autres louanges ; mais il nous suffira maintenant de nous arrêter à un des avantages qu'ils lui attribuent, et qui est que l'obéissance est une des principales vertus d'un religieux. S. Thomas (2), qui prend ordinairement les choses dans toute la rigueur des principes de l'école, demande si le vœu de l'obéissance est le principal des vœux que font les religieux ; et après avoir répondu pour l'affirmative, il en rendtrois raisons très-solides et très-utiles.La première est que parle vœu d'obéissance, on offre plus à Dieu que par tous les autres vœux ; car par le vœu de pauvreté , on ne lui offre que ses richesses ; et par celui de chasteté, on ne lui offre que son corps: mais par celui d'obéissance, on lui offre sa volonté et

(») Factus obediens nsque ad mortem , mortem autem crucis. Propter quod et Dcus exaltavit illom , et donavit illî nornen, quod est super onine nomen , ut in nomine Jesa omne genu flectatur , cœlestium, terrestrium et inf'ernorum. Plûlipp. 1. 8. 9. 10.

(2) S. Thom. 2. 2. q. 1S6. art. 8.

son jugement, et on se sacrifie enfin soi-même tout entier à Dieu; ce qui, sans doute, est bien au-dessus du sacrifice qu'on lui fait par les autres vœux. Saint Jérôme dit quelque chose de semblable, en parlant du sacrifice de soi-même , et de celui des richesses. L'abandonnement des richesses n'est pas, dit-il, une action qui suppose une vertu parfaite ; ceux qui ne font que commencer en sont capables. Antisthène et tant d'autres philosophes les ont bien abandonnées; mais s'offrir soi-même à Dieu , c'est le propre des chrétiens et des apotreç (i). Aussi le même saint Thomas remarque sur ce sujet que Jésus-Christ parlant à ses apôtres de la récompense qui leur étoit préparée , ne leur dit pas : Vous qui avez tout quitté , mais 'vous qui in avez suivi, parce qu'en effet la perfection consiste a suivre Jésus-Christ: En vérité , je vous dis que vous qui m avez suivi, vous serez assis sur douze trônes (2). Or, le conseil de l'obéissance, ajoute ce saint docteur, est renfermé dans ces paroles : car obéir n'est autre chose que suivre les sentimens et la volonté dJautrui.

La seconde raison pour laquelle le vœu d'obéissance est le principal de tous , c'est

(i^ Aurum deponcre incipientium est , non perfectorum. Fecit hoc Craies, Thebanus f'ecit Antisthenes. Seipsum offerre Deo, propiium chistianorum est et apostolorum. Hier. Ep. ad Licin. Hisp.

(a) Vos qui secuti estis me, scdebitis super sedes dnodecim. Matth. ic,. a8.

qu'il comprend tous les autres , et qu'il n'est compris dans aucun. Car quoiqu'un religieux s'oblige par des voeux particuliers a garder la pauvreté et la chasteté , ces deux obligations cependant ne laissent pas d'être encore comprises sous le vœu d'obéissance,par lequel il s' oblige généralement à observer tout ce qui lui sera commandé; et cela est si vrai, que même dans quelques ordres , comme dans celui de saint Benoît et dans celui des Chartreux, on nefait point d'autre vœu que celui d'obéissance. Je promets l'obéissance selon la règle (i), dit le religienvqxai fait profession jet sous ces paroles, les vœux de chasteté et de pauvreté sont compris, suivant les règles et la pratique de l'ordre.

La troisième raison est que plus une chose nous approche de la fin pour laquelle elle a été instituée, et plus elle nous unit à cette fin, plus aussi elle est parfaite : or, l'obéissance est ce qui unit davantage les religieux avec la fin de leur institution. Car de même que pour nous faire parvenir, nous autres, a la fin pour laquelle nous avons été institués, elle nous prescrit de travailler à notre avancement spirituel et à celui de notre prochain, de nous appliquer à l'oraison et à la mortification , de nous occuper a entendre les confessions et à prêcher la parole de Dieu, et de nous exercer à tous les autres ministères qui peuvent contribuer au secours et au ser-

(1) Fromitto obcdientiam secundùm regulam.

vice des âmes : de même elle prescrit h tous les autres religieux ce qu'ils doivent faire pour parvenir à la fin particulière de leur institution ; et par conséquent le vœu qu'on en fait est quelque chose de plus excellent et de plus parfait que les autres vœux.

Saint Thomas (i) tire encorede là une conclusion très-importante. C'est que le vœu d'obéissance est le plus essentiel de tous à la religion , et celui proprement qui constitue un religieux dans l'état de la vie religieuse. Car quand on vivroit dans la pauvreté et dans la chasteté volontaire, ou quand mêmeonauroit fait vœu de pauvreté et de chasteté , on ne seroit par pour cela religieux, ni dans l'état parfait de la vie religieuse , si on n'avoit fait vœu d'obéissance. Il faut avoir fait vœu d'obéissance pour être véritablement religieux; et c'est principalement l'obéissance qui fait les religieux, et qui les constitue dans l'état oùilssont.8aintBonaventure(2)estdu même sentiment, et dit que toute la perfection d'un religieux consiste à renoncer entièrement à sa volonté pour suivre celle d'autrui; et que les vœux de pauvreté et de chasteté , par lesquels nous renonçons aux richesses et aux voluptés, sont proprement des moyens qu'on a établis pour faire qu'étant dégagés des soins de la vie et des attachemens de la chair, nous fussions plus enélatdesatisfaireà notre prin-

(i) S. Thom. ubl sup.

(2) Inspeeul. disc'tp . p. 1. e. 4-

cipale obligation , qui est celle de l'obéissance. C'est pourquoi il ne vous servira de rien, ajoute-t-il, d'avoir renoncé à toutes les cboses de la terre , si vous ne renoncez à votre volonté propre, pour vous soumettre entièrement à ce que l'obéissance demande de vous.

Entre plusieurs paroles remarquables que Surius rapporte de saint Fulgence, qui avoit été abbé , et qui fut ensuite évêque, il dit que ce saint avoit coutume de dire au sujet de l'obéissance, que ceux-là éloient de véritables religieux, qui mortifiant leur volonté ^ éfoient toujours eu état de n'en avoir aucune sur rien, et de s'attacher uniquement à suivre les conseils et les commandemens de leur supérieur (i). Remarquez qu'il ne fait pas consister la perfection de la vie religieuse à affliger son corps par toutes sortes d'austérités, h travailler sans relâche, et a exceller dans les sciences et dans la prédication; mais seulement à être soumis à la volonté de son supérieur, et a n'en avoir aucune desoi-même.

L'obéissance donc, suivant ce que nous venons de dire, est la vertu la plus essentielle de la religion, et celle qui fait proprement qu'on est religieux. Elle plaît plus à Dieu que tous les sacrifices qu'on peut lui faire , et elle renferme en elle lacbasteté, la

(i) Illos quoque Teros monachos esse dicebat , qui mortificatis voluntatibus suis , parati essent nihil velle, nihil nolle, sed ablatis tantummodù consilia vel prxcepta servarcS'ar. in Fit. i>. Fttlg, tom. i. mens, Januar.

pauvreté et toutes les autres vertus ensemble. Car pourvu que vous soyez obéissant , vous serez pauvre, vous serez chaste , vous serez humble ; vous aurez l'esprit de modestie, de patience et de mortification; en un mot, vous acquerrez toutes les vertus. Ceci n'est point, au reste, une exagération, c'est une vérité très-constante. Les vertus s'acquièrent par l'exercice de leurs actes ; et ce n'est que de cette sorte que Dieu veut nous les donner : or, l'obéissance nous met dans cet exercice ; et tout ce que nos règles nous prescrivent , tout ce que nos supérieurs nous commandent , est un exercice de quelque vertu. Laissez- vous seulement conduire par l'obéissance , et embrassez de tout votre cœur toutes les occasions qu'elle vous donnera , et cela suffit, Car on ne manquera pas de vous exercer, tantôt sur la patience , tantôt sur l'humilité, tantôt sur la pauvreté, tantôt sur la mortification , tantôt sur la tempérance , tantôt sur la charité; et de cette sorte, à mesure que vous augmenterez en obéissance, vous augmenterez aussi en toutes les autres vertus. C'est le sentiment de notre saint instituteur : Tant que l'obéissance, dit-il (i), fleurira parmi vous , toutes les autres vertus y fleuriront aussi , et produiront dans vos âmes tout le fruit que je souhaite. Tous les Saints en général sont de ce même sentiment, et c'est par cette raison qu'ils appellent l'o-

(i) Jgnat. Episl. de obcdicntiâ.

béissance la mère et la source des vertus. L'obéissance , dit saint Augustin , est une des plus grandes vertus ; et elle est , pour ainsi dire, la source et la mère des vertus (i). C'est la seule vertu, dit saint Grégoire, qui imprime toutes les autres vertus dans l'esprit, et qui les y conserve quand elles y sont une fois bien imprimées (2). Et le même saint Grégoire, et saint Bernard (3), expliquant ce passage des Proverbes : L'homme obéissant ne parlera que de 'victoire (4), disent que l'bomme obéissant n'obtiendra pas une victoireseulement; mais qu'il en obtiendra plusieurs , et qu'il acquerra toutes les vertus.

Si vous voulez donc un moyen court et facile pour faire de grands progrès eu peu de temps , et pour acquérir la perfection , soyez extrêmement obéissant : C'est là le cheminfVous navez qu'à le suivre sans vous détourner ni à droite ni à gauche (5) , et vous arriverez bientôt où vous soubaitez d'aller. Que c'est une grâce beureuse et abondante, dit saint Jérôme, que celle de l'obéissance! toutes les vertus y sont comprises en

(i) Quae maxima TÎrtus est , et ut ità dixerim , omnium origo materque virtutum. Aug. (. ). contra adv. kg. et Proph, c. 14.

(2) Obedientia sola virtus est « quae caeteras virtutes menti ingerit, et insertas custodit. L. 53. Mor. c. 10.

(3) Greg. Vid. Bern. de ord. vît et Mor. inst.

(4) Vir obediens loquelur victoriam. Pro\>. ai. 28.

(5) Haec est via , ambulate iu eâ , et non declinetis, neque ad dexteram , neque ad sinistram. hai. 3o. ai.

abrégé , et elle conduit droit à Jésus-Christ (i); il n'y a qu'à marcher par la route qu'elle nous montre, et en peu de temps on se trouvera parfait.

Saint Jean Climaque dit (2)^ qu'arrivant un jour dans un monastère , il y vit des religieux tout blancs de vieillesse, et d'un aspect vénérable , toujours prêts a faire les moindres choses qu'on pouvoit leur commander; et il y en avoit quelques-uns d'entre eux , dit-il , qui s'étoient enrôlés sous les étendards de l'obéissance , il y avoit déjà plus de cinquante ans. Il leur demanda quel iruit et quel avantage ils avoient retiré d'une si grande soumission ; et les uns lui répondirent , que par ce moyen ils avoient acquis une profonde humilité, qui les avoit mis à couvert des plus dangereuses attaques du démon ; les autres qu'ils étoient parvenus à n'avoir aucun sentiment des injures et des mépris. Ainsi nous voyons que l'obéissance est un moyen pour acquérir toutes sortes de vertus; et c'est ce qui faisoit que les anciens Pères du désert tenoient que l'obéissance et la soumission d'un solitaire à la volonté de son père spirituel, étoit comme un gage assuré du progrès qu'il feroit un jour dans la perfection.

Saint Dorothée rapporte (3) que son disci-

(i) O felix et abundans gratia ! in obedentiâ summa virtutum clausula est. Nàm simplici gressu liomineni ducit ad Christum. Hier, inreg. Mon. c.6.

(2) Climac. c.4« de obedientiâ.

(.3; Serm. ai. in Bibl.SS. PP. tom. 8.

Ele Dosithée, qui étoit un jeune homme de onne maison et d'une constitution fort délicate , lorsqu'il étoit encore dans le siècle , fut touché d'une vive appréhension du jugement et du compte qu'il auroit un jour a rendre ; Dieu accomplissant en lui cette demande du Prophète Yoyz\'.Seigncur}pénétrez ma chair de voire crainte, car f appréhende vos jugeme?is (i).Vour se mettre donc en état de pouvoir rendre quelque jour un hon compte, il se fit religieux ; et voyant que la délicatesse de sa complexion nelui permettoit pas d'aller la nuit à Matines , do manger des mêmes viandes que les autres , ni de suivre l'usage ordinaire de la communauté , il résolut de se dévouer entièrement à l'obéissance; en s'exerçant continuellement dans l'infirmerie du monastère aux services les plus vils, et à tout ce qu'on pourroit lui commander de plus humiliant. Au hout de cinq ans, il mourut pulmonique , et Dieu révéla à l'abbé du monastère, qu'il avoit obtenu la récompense de Paul et d'Antoine; ce que les autres religieux a jantentendu, ils commencèrent a murmurer entre eux et h s'en plaindre: Hé quoi! disoient-ils, où estla justice de Dieu? un homme qui n'a jamais jeûné, et qui a toujours été nourri délicatement, est égal ànousautres qui portons toute la charge de la religion , et tout le poids du jour et de la chaleur (2) ;

(1) Confige timoré tuo carnes nieas, à judiciis enirn tuis timui. Ps. 118. 120.

(2) Pondus diei et restùs. Mail h, 20. 12.

DE L'OBÉISSANCE. l3

que gagnons-nous donc par les austérités et par les travaux auxquels nous nous exerçons sans cesse? Comme ils faisoient ces plaintes, Dieu leur fit entendre qu'ils ne connoissoient pas le prix et l'excellence de l'obéissance , et qu'elle étoit d'un si grand mérite devant lui , que Dosithée avoit plus mérité par-là en peu de temps, que beaucoup d'autres par de longues et de rigoureuses austérités.

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