CHAPITRE PREMIER
Combien il est nécessaire de nous faire voir a nos supérieurs tels que nous sommes.
Cassien dit (i) , que la première chose que les anciens Pères proposoient à ceux qui ne faisoient que de commencer à servir Dieu , c'étoit que quelques tentations , ou quelques mauvaises pensées qu'ils eussent , enfin quoi que ce fût qui se passât au-dedans d'euxmêmes , ils eussent soin de le découvrir aussitôt a leurs supérieurs; et c'étoit là , ditil , ce que ces hommes de Dieu regardoient comme une espèce de premier principe parmi eux , et comme la base et le fondement de tout l'édifice spirituel. Il faut , s'il se peut, disoit le grand saint Antoine , qu'un religieux ne fasse pas un seul pas , et qu'il ne boive pas une goutte d'eau dans sa cellule , qu'il ne le déclare aussitôt à ses supérieurs , afin qu'il ne puisse y avoir aucun dérèglement
(i) Cass. t. 4. de inst. c. 9. et Collât, a. Abbat.Moysl,c. 10,
DE LA CONFIANCE EN SES SUP. s3l
en ses moindres actions (i), et qu'elles soient toutes rectifiées par l'esprit de l'obéissance. Saint Jean Climaque dit (2), qu'il trouva dans un monastère de très-grande sainteté, plusieurs religieux qui portoientà leur ceinture un petit livre , dans lequel ils écrivoient chaque jour toutes leurs pensées, pour en rendre compte ensuite h leur supérieur , qui les y avoit obligés. Saint Basile , saint Jérôme , saint Ambroise et saint Bernard (3) ordonnent expressément la même chose; et c'est ce que saint Ignace, fondé sur leur autorité et sur l'exemple des anciens Pères , nous recommande également avec les termes les plus graves qui se trouvent dans toutes ses constitutions. Après avoir , dit - il , bien examiné la chose en Dieu , il nous a semblé en présence de la majesté divine, qu'il étoit extrêmement à propos que tous les religieux se donnassent parfaitement a connoître à leurs supérieurs (4). Il n'a pas coutume de parler de la même sorte sur les autres matières,, quelque importantes qu'elles soient : cependant il ne se contente pas encore de cela , et il passe à
(1) Si potest Geri,quot passus ambulat monachus, vel quot calices aquae bibitin cellâ suâ, débet declararesenioribus , ut non devietur in ipsis. -Ant. in vitis patrum , part. 2. §. io4«
(2) Ctim.grad. b.art. 39.
(3) Basil, in const. Mon. Hier, inreg. mon c. 34. Amb. I. 3. offic. c. 16. Bern. de ord. vit. et mor. inst. c. 4.
14) Re in Domino consideratâ , visum est nobis in divinse majestatis conspectu mirum in modum conferre, ut superioribus subditi omninô perspecti sint. Exam. §. 34.
montrer , par de solides raisons, l'avantage et la nécessité de cette pratique.
La première raison qu'il en donne, est que par ce moyen il sera plus aisé aux supérieurs de diriger ceux qui sont sous leur conduite. En effet, c'est au supérieur à prendre soin d'eux; sa charge l'y oblige; et c'est pour cela qu'onle fait supérieur: mais comment pourrat-il s'en acquitter, s'il ne vous connoît pas, et si vous ne vous découvrez pas a lui! Celui qui cache ses crimes , dit le Sage , ne sauroit être bien conduit (i) ; et le malade ne sauroit être guéri, s'il ne découvre son mal au médecin : caria médecine, comme dit saint Jérôme, ne guérit point ce qu'elle ne connoît pas (2). Il faut donc que vous découvriez entièrement votre mal au médecin; et si vous avez plusieurs sortes de maux , il faut les découvrir tous, parce que si vous en cachez quelqu'un, il pourra se faire que le médecin vous donnera tel remède, qui irritera plus le mal que vous lui aurez caché, qu'il ne soulagera celui que vous lui aurez découvert. Ce qui est bon au foie peut n'être pas bon à la rate; ainsi il faut tout dire, afin qu'il compose ses remèdes de telle façon , que ce qui vous soulagera d'un côté, ne vous nuise point de l'autre. La même raison doit nous obliger à découvrir de la même sorte toutes les infirmités de notre ameà notre supérieur, qui en
(1) Qui abscondit scelera sua non dirigetur. Prov. 28. i5.
(2) Quod ignorât medicina , non sanat. Hier. su p. illud. Si mordeat 6erpens in siientio. Eccl. 10. 1 1.
est le médecin spirituel. C'est une grande avance pour pouvoir guérir un malade, que de connoître sa complexion et toutes ses incommodités bien à fond ; car il est aisé de trouver la véritable cause du mal, et d'y appliquer les remèdes convenables. Les princes ont toujours un médecin avec eux pour ce sujet. Car ce n'est pas afin qu'à tout moment il les avertisse, ou de ne pas manger d'une telle viande., ou de moins boire , ou de s'abstenir tantôt d'une chose, et tantôt d'une autre; il se rendroit par-là importun et fatiguant : mais c'est afin qu'en assistant à leurs repas et à la plupart de leurs exercices, et voyant ainsi ce qui leur fait du bien et du mal , il puisse connoître par-là leur complexion , et régler sur cette connoissance la qualité des remèdes qu'il sera nécessaire de leur donner, quand ils tomberont malades. Or, notre saint fondateur veut que nous jouissions du même avantage ; il veut que nous ayons toujours avec nous des médecins spirituels, afin qu'ils puissent bien connoître la disposition intérieure de notre ame, notre foiblesse et notre force, et qu'ainsi ils soient pluscapables de bien nous conduire. Le gouvernement établi dans la compagnie regarde entièrement l'esprit et l'intérieur : ce n'est point un gouvernement où la crainte et le châtiment agissent ; ainsi on n'a guères accoutumé d'y procéder par des voies juridiques, d'informations ou de dénonciations. On y a seulement en vue le salut et l'avancement
de votre ame : on veut la guérir de toutes ses infirmités ; mais il faut que vous aidiez vousmême à sa guérison, en les découvrant toutes au supérieur, qui est votre médecin spirituel, et qui tient la place de Dieu à votre égard.Que si vous ne le voulez pas faire/vous demeurerez exposé a de grands dangers , et vous tenterez Dieu, qui veut vous conduire par l'entremise d'un homme, et qui veut par conséquent que vous découvriez votre intérieur à cet homme. Car puisqu'il est impossible, moralement parlant, que cet homme vous conduise bien s'il ne vous connoît pas , ou qu'il vous connoisse bien que par vous-même , il est certain que vous tentez Dieu toutes les fois que vous ne voulez pas vous soumettre à cette pratique. La seconde raison sur laquelle S. Ignace la fonde, et qui n'est que comme une extension de la première, est que plus les supérieurs auront une connoissance parfaite de l'intérieur de leurs religieux , plus ils sauront les préserver des inconvéniens où ils pourroient les faire tomber , si faute de bien connoître les tentations , les inclinations et la force , ou la foiblesse de chacun, ils venoient a les mettre dans certains postes, et à les engager dans certaines occasions. Surtout, dit-il, comme selon notre institution nous devons toujours être prêts a aller en quelque partie du mondequ'il plaise au pape ou à nos supérieurs de nous envoyer,non-seulement il importe fort, mais
il importe même au dernier point (0, que pour bien réussir dans le choix qu'on doit faire pour ces sortes de missions, lesupérieur ait une entière connoissance des inclinations et des tentations de tous ceux qui sont sous sa conduite , et qu'il sache à quels défauts et à quels péchés ils sont plus sujets, afin que par ce moyen il puisse conduire chaque religieux de la manière la plus convenable, qu'il ne commande rien à qui que ce soit au-delà de ses forces, et qu'il ne donne à personne de charge plus pesante que celle que chacun pourra raisonnablement porter. Une des choses qui contribuent le plus a rendre le gouvernement intérieur de la Compagnie doux , facile et heureux , est la connoissauce qu'on y a de tous les sujets qui la composent, de leurs difFérens talens , de leurs bonnes ou de leurs mauvaises qualités,, et des choses auxquelles chacun est propre ou non. Car de cette sorte on sait ce qu'on doit faire de chaque particulier, à qui on doit l'employer; ainsi on ne vous commande rien au-delà de ce que vous pouvez , et on ne vous expose point au danger de succomber sous un fardeau trop pesant; mais conformément aux paroles de l'Evangile, on distribue les emplois et le travail à chacun selon ses forces (2).
La troisième raison pour laquelle il importe extrêmement que le supérieur con-
(1) Non solum rcfert valdë , sed summoperè.
(«) Unicuique secundùm propriara virtutem. Matth. î5. i5>
noisseles religieux à fond, est afin , dit saint Ignace, que par ce moyen il puisse mieux pourvoir à ce qui convient à toute la Compagnie en général , au bien et à l'honneur de laquelle il est obligé d'avoir égard, aussi bien qu'au vôtre. Or , quand vous vous découvrez à lui , et que vous lui faites voir le fond de votre ame , alors il peut , sans exposer votre honneur , et sans vous mettre en aucun hasard , pourvoir au bien général de toute la Compagnie. Que si vous ne le faisiez pas , il arrivèrent peut-être qu'on vousmettroit dans quelque emploi où vous courriez risque de vous perdre , et où votre honneur et celui de toute la Compagnie, qui dépend du vôtre, seroient exposés à de grands dangers.
Il est bon de remarquer ici en passant., combien les moyens dont la Compagnie se sert pour procurer l'avancement spirituel de chaque religieux , sont conformes à la fin de son institution. S'il étoit de notre institution de demeurer enfermés dans nos cellules , et de n'en sortir que pour aller au chœur ou au réfectoire, il ne seroit pas si nécessaire que nos supérieurs eussent une entière connoiss^nce du fond de notre conscience. Mais comme parmi nous les sujets sontmis h beaucoup d'usages différens ; qu'il faut souvent leur donner le soin de plusieurs choses importantes , et qu'on les envoie en tous les endroits du monde, chez les infidèles et les hérétiques, quelquefois seuls, et pour très-long-
DE LA CONFIANCE EN SES SUP. D.3n
temps, il est absolument nécessaire que le supérieur les connoisse tous parfaitement , afin de ne point les exposer mal-à-propos à des occasions dangereuses, et de ne point exposer l'honneur de la Compagnie avec eux. Il importe aussi extrêmement à tous les religieux , pour la décharge et pour la sûreté de leur conscience , de faire voir le fond de leur a me au supérieur: autrement ils se rendent responsables de tous les malheurs qui peuvent arriver, puisqu'il est certain que s'ils avoient tien fait connoître leur foiblesse et leur peu de forces spirituelles , on n'auroit eu garde de les engager dans des occasions pleines de péril. Ceux qui sont pauvres, dit Plutarque (i) , et qui cependant veulent paroître riches , se rendent bientôt plus pauvres qu'ils n'étoient, et achèvent en peu de temps de se ruiner , parce qu'en voulant faire comme les riches , ils font plus de dépense que leur revenu ne leur permet. On peut dire la même chose de ceux qui sont pauvres du côté de la vertu , et qui n'ont pas un grand fonds d'humilité. Si un religieux qui est en cet état veut cacher sa pauvreté, et passer pour riche du côté des Biens spirituels, il deviendra encore plus pauvre, et peut-être qu'il achèvera de se perdre , parce qu'on le traitera comme un homme rempli des trésors de la grâce , et que sur ce fondement on l'exposera h des occasions pour lesquelles il n'aura pas assez de fonds de vertu.
(i) Plutar. in Moral. §. 12.
C'est pour n'avoir pas voulu se découvrir en* iièrement a son supérieur qu'il s'est attiré tous ces malheurs : de sorte que quand nous n'envisagerions que notre propre sûreté et la décharge de notre conscience , et quand ce ne seroit que pour n'avoir aucun reproche a nous faire^ nous devrions être bien-aises de nous faire voir a nos supérieurs tels que nous sommes. Nous éviterions par ce moyen lesinconvéniens dont nous venons de parler , et nous attirerions le secours et la bénédiction de Dieu sur nous , dans toutes les occasions ou il plairoit à l'obéissance de nous engager.
Un religieux qui a ainsi découvert toutes ses imperfections et toutes ses infirmités à son supérieur, et que l'on envoie ensuite en quelque mission , ou qu'on charge de quelque emploi , doit être dansun grand repos d'esprit, etavoir une grande confiance que Dieu le tirera heureusement de tous les périls qui pourroient s'y rencontrer. Ce n'est point moi, Seigneur,dirat-il, qui me suis introduit moi-même dans cette charge et dans cet emploi; j'ai représenté mon incapacité et le peu de forces spirituelles que j'ai pour m'en acquitter comme il faut : c'est vous-même qui avez voulu que j'y fusse ; et c'est à vous à suppléer à ce qui me manque pour y réussir. Avec quelle plénitude de confiance ne peut-il point dire encore ces paroles de saint Augustin : Donnez - moi , Seigneur, les moyens de faire ce que vous m'ordonnez , et ordonnez-moi ce qu'il vous
DE LA CONFIANCE EN SES SUP. 23g
plaira (i). Il lui semble alors que Dieu est en quelque sorte obligé de lui accorder toutes les grâces dont il peut avoir besoin dans l'emploi où on l'engage. Mais celui qui ne veut pas se laisser connoître , et qui manque à découvrir ses tentations et ses foiblesses , de peur qu'on ne le mette pas dans le poste qu'il souhaite , ou qu'on ne l'ôte de celui où il se plaît, quelle consolation peut-il avoir] Ce n'est point Dieu qui l'appelle dans ce poste : ce n'est point non plus l'obéissance qui l'y engage ; car, quoique son supérieur l'y place, c'est par ignorance. Or , l'ignorance, disent les philosophes, rend les actions involontaires, et par conséquent ce n'est point par la volonté de son supérieur qu'il y est établi , ce n'est que par la sienne propre. C'est lui qui s'installe et qui s'introduit de lui-même dans cet emploi ; il n'y a été ni appelé ni envoyé , il y est entré par surprise : ainsi on peut justement lui appliquer ce que dit le Seigneur, par la bouche de Jérémie : Je ne les envoyois point pour prophétiser 3 et ils y couroient d'eux-mêmes comme si je les eusse envoyés :je ne leur parfois point, et ils prophétisoient (2). Faut-il s'étonner après cela si ceux qui en usent de la sorte ne réussissent pas ? mais quand même ils réussiroient en quelque façon , ils ont toujours grand sujet de vivre en crainte. Et qu'au reste ils ne croient pas avoir satisfait k
(1) Domine, (la quod jubés , et jubé quod vis. Jug. lib. 10. Conf. c. 19.
(2) Non mittebam prophetas, et ipsi currebantj non loquebar ad eos , et ipsi prophetabant. Jerem, 23. 21.
leur conscience et à leur devoir , pour avoir prié le supérieur de ne pas les engager en tel ou tel emploi , en lui représentant en général qu'ils ne se sentent pas assez de capacité et de .vertu pour pouvoir s'en acquitter. Cela ne suffit pas, et il faut, comme nous le dirons ailleurs , s'expliquer plus particulièrement : car le supérieur attribue à l'humilité ces expressions générales , et il est ordinaire aux plus grands Saints de s'excuser de la sorte.
Toutes les considérations que nous venons de marquer , ont si fort touché saint Ignace , et lui ont fait trouver cette pratique si importante au bien général de toute la Compagnie , que dans ses constitutions il nous en recommande plusieurs fois l'usage. Il est même si rempli de cette pensée , que dans un endroit , après avoir dit qu'il ne faut pas qu'aucun religieux tienne jamais sa porte fermée , ni son coffre , ni quoi que ce soit , il ajoute, ni même sa conscience (i)-, quoiqu'il semblât que ce ne fût pas alors le lieu d'en parler. Le même esprit lui fait dire encore dans un autre endroit, que les religieux ne doivent avoir rien de caché pour leurs supérieurs, ni au-dehors , ni au-dedans (2); enfin c'est une chose qu'il estime si nécessaire, qu'il insiste là-dessus à propos et hors
(1) k' P' Constit. c. 10. f. 5.
(2) Nil ex externis vel internis cos cclent. 6. p. Conslit. c.
de propos (1), comme dit S.Paul, et tâcliecle nous en rafraîchir la mémoire atout moment. Dans la cinquième congrégation générale (2), lorsqu'on vint à examiner quelles éloient les choses les plus essentielles de notre institution, il fut dit que c'étoient celles qui étoient contenues dans la formule de notre institut que l'on présenta a Jules III,, et qui ont été approuvées et confirmées par lui et par ses successeurs. Il fut dit encore qu'on mettoit de ce nombre toutes celles sans lesquelles les premières, ou ne pourroientpas subsister, ou ne le pourroient que très-difficilement; et on mit au rang de ces dernières l'obligation de rendre compte de sa conscience à ses supérieurs. Il a donc été jugé par-là que c'est une règle essentielle , sans laquelle la Compagnie ne peut se conserver ; et qui dit cela ne laisse plus rien à dire. Quelques historiens (3) ont remarqué au sujet de certains ordres religieux, que tant que cette sainte coutume s'y est observée, la pureté de la discipline religieuse s' y est maintenue; et l'expérience nous fait voir aussi que l'inobservation de cette règle est ordinairement la porte par où un religieux entre dans le chemin de la perdition.il commence peu à peu à tomber dans le relâchement et dans la tiédeur ; il néglige de s'op-
(i) Opportune , importuné. 2. Tint. 4- 2. (9) In Congre?;. 5. Gcner. can. 17.
(3) Bernard. Rossignol, t. 1. de discipl. Christian, pcrfccl. c. 1.
poser h quelque mauvaise inclination; il manque h ses exercices spirituels; il vient ensuite a tomber dans une faute , et puis dans une autre. Cependant, au lieu de découvrir sa plaie, il tâche de la cacher: ainsi elle augmentée» s'envenime -, et un mal qu'il eût été aisé de guérir au commencement , devient presque incurable dans la suite. Enfin l'édifice spirituel tombe tout d'un coup par terre, parce que l'on a été long-temps sans y faire aucune réparation , et qu'on le laisse ruiner de lui-même. Saint Dorothée a trèsbien connu la cause de ce malheur. Quelqnesuns, dit-il (1), ont coutume de dire: C'est une telle cbosequi estcausede la chute de ce religieux; l'autre est sorti par telle raison , c'est son incommodité qui lui a fait quitter le monastère ; ce sont ses parens qui l'en ont tiré. Et moi je leur réponds , que ce n'est rien de tout ce qu'ils disent , mais que c'est qu'il s'est caché de son père spirituel,, dans les commencemens de la tentation , et qu'il n'a pas voulu lui découvrir le fond de son cœur.
(1) Doroth, sertn, seu Doct. 5. tom. 3.