‹ Pratique des accouchemens; ou, Mémoires, et observations choisies, sur les points les plus importans de l'artChapitre 17 sur 52 · N" II · texte numérisé non relu

N" II

Procidence de la main ; accouchement spontané.

On a vu dans le numéro précédent deux exemples de naissance spontanée malgré la procidence d'une main conjointement avec le cordon ombilical ; il me suffira de donner ici un exemple de procidence simple de la première partie pour compléter mes preuves de la puissance et de l'efficacité des seuls efforts de la nature dans quelques circonstances heureuses.

Le 3i janvier 1821 , une femme , déjà mère de plusieurs enfans , arriva à Thospice , parvenue au terme de sa dernière grossesse et ressentant déjà des douleurs utérines peu fortes, mais très-fréquentes et se répétant presque de minute en minute.

La dilatation de l'orifice utérin était complète , et l'on distinguait , a travers les membranes , une partie inégale, mobile, peu volumineuse, surmontée d'une autre partie moins mobile , dure et arrondie. Quelques personnes avaient cru reconnaître les fesses précédées d'un pied. J'annonçai que je" trouvais la plutôt les caractères de la présence de la tête précédée d'une main, mais que l'élévation de ces parties et l'intégrité des membranes rendaient nécessairement le diagnostic obscur et douleux. La tête en effet appuyait à peine sur le détroit supérieur.

' Sur ces entrefaites , les membranes se rompirent, et la tête , dirigée conmie dans la première position du vertex, se plongea rapidement dans Texcavation, entraînant avec elle la main gauche devenue dès - lors parfaitement reconnaissable. Cette main se trouvait serrée entre la tête et la concavité du sacrum ; nous cherchâmes vainement à la repousser; le volume du crâne était tel qu'il ne permettait à nos doigts qu'un passage fort étroit entre lui et les parois du bassin, et d'ailleurs l'angle sacro-vertébral , un peu plus avancé que de coutume , s'opposait au succès de nos efforts. Je pris alors le parti de faire valoir les contractions utérines en y joignant celles des muscles abdominaux , et en conséquence je plaçai la malade dans la position la plus favorable à cet effet, position déjà maintes fois décrite. Cinq minutes après , cette femme avait mis au monde un enfant bien portant.

Il est h remarquer que celui-ci offrait tout le développement d'un enfant a terme , et n'était point abortif , comme ceux dont il est question dans le numéro précédent. Il est probable que la saillie sacro-vertébrale avait, avant la rupture des membranes, retenu la tête au-dessus du détroit supérieur du bassin, et avait ainsi permis à une main de se glisser au-dessous d'elle. Je me borne a ce seul fait ; en rapporter d'autres semblables serait vouloir en pure perte fatiguer l'attention du lecteur.

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