W III
Plusieurs exemples de procîdence du cordon ; réduction y accouchement spontané.
I. Geneviève Son...., âgée de vingt-huit ans, enceinte de son premier enfant, et parvenue au terme de sa grossesse , ressentit les premières douleurs de l'enfantement le 19 janvier 1816, à dix heures du matin. Le toucher fît reconnaître que Torifice de l'utérus avait huit a dix lignes de diamètre ; son bord était mince ; la poche de Feau commençait a se former ; la tête de l'enfant se présentait audessus du détroit abdominal. Peu de temps après cet examen , les membranes , qui étaient fort minces , se rompirent; l'eau de l'amnios , en s'écoulant, entraîna une anse de cordon ombilical. La faiblesse des pulsations des artères fit juger qu elles étaient comprimées entre la tcte de l'enfant et les parois du bassin.
L'orifice, aussi peu dilaté, n'offrait aucun moyen pour opérer l'accouchement. Abandonner sa terminaison aux eîforls de la nature , c'était exposer la vie de l'enfant; on ne pouvait, dans cet état de choses, que tenter le refoulement du cordon ombilical au-dessus du détroit supérieur,* en conséquence on introduisit la main dtms le vagin , et deux doigts , portes dans l'orifice de l'utérus , servirent a repousser le cordon au-dessus du détroit abdominal. On attendit ensuite mais en observant si le cordon ne redescendait pas.
NEUVIÈME MEMOmE. 2^5
Les contractions, d'abord lentes, se ranimèrent; la dilatation de TorifiGe s'accrut j la tête , située convenablement , franchit le détroit abdominal puis le cercle de l'orifice de l'utérus ; les parties extérieures opposèrent une résistance assez forte , mais qui fut aisément surmontée par l'eifort réuni des contractions de l'utérus et des muscles abdominaux. L'enfant fut expulsé bien portant après un travail de six heures, à compter de l'ouverture des membranes : il pesait six livres.
Cette observation vient a l'appui des remarques que nous avons déjà faites, et que nous retrouverons dans les suivantes. Elle prouve que , comme nous l'avons dit, les indications varient selon l'état du travail , et qu'on peut, suivant les circonstances , obtenir les mômes avantages en agissant différemment.
Voici succinctement la relation de quelques autres faits semblables, que je trouve notés dans mes registres, pour l'année 1820.
IL 26 mars, Fort....; garçon de six livres; huit heures de travail ; première position du vertex.
IIL i3 avril, Witzm.... ; fille de sept livres; quatre heures de travail ; même position.
IV. 16 avril, Aub....; fille de six livres et demie; six heures de travail; même position.
V. 5 août. Bon....; fille de huit livres ; cinq heures de travail ; accouchement terminé spontanément trois heures après la réduction ; même position^
24^ PRATIQUE DES ACGOUCHEMENS.
VI. 25 décembre, Crai....; garçon de six livres; cinq heures de travail ; même position.
Chez ces cinq femmes la procidence du cordon eut lieu au moment de l'ouverture des membranes ; il fut repoussé avant que les pulsations s'y fussent anéanties , et les cinq enfans naquirent spontanément et en pleine santé.
VII. Le 3o mars de la même année , la même opération fut pratiquée pour le même accident chez la nommée Dur...; mais la tête, d'abord placée dans la quatrième position, se réduisit si lentement à la deuxième , que l'enfant ne put survivre à ce travail prolongé plus de sept heures après la rupture des membranes. C'était une fille de six livres, qui naquit morte. Le cordon puisait encore lorsque nous le réduisîmes , et il n'était pas retombé au-dessous de la tête : donc ce n'est pas à sa seule compression qu'on peut attribuer la mort de cet enfant.