‹ Pratique des accouchemens; ou, Mémoires, et observations choisies, sur les points les plus importans de l'artChapitre 2 sur 52 · CHEZ J.-B. BAILLIÈRE, LIBRAIRE · texte numérisé non relu

CHEZ J.-B. BAILLIÈRE, LIBRAIRE

RUE DE l'École de médecine, n° i^.

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Vir MÉMOIRE.

Êcîampsie ou Convulsions puerpérales.

§ I". Définition. Il ne s'agît point dans cet article des spasmes ou. convulsions des muscles de la vie nutritive (i), comme l'estomac, le cœur, le diaphragme, la vessie , etc. (vomissemens, hoquets, micturilions ), qui peuvent affecter les femmes pendant la grossesse , le travail ou l'état de couche.» ! je ne veux point non plus parler ici de l'affection hystérique et de ses symptômes ordinairement si peu dangereux (2) , ni de ces mouvemens spasmodiques , uniquement dus à une grande suscep-

(1) Voyez, sur ce sujet, une dièse pleine d'érudition, soutenue en 1822 par le docteur A. C. Baudelocque , neveu du célèbre accoucheur de ce nom.

(2) FoRESTus , de Mul. Morbù , obs. 22.

tibilité nerveuse, el suscites par des causes accidentelles , comme une grande sensibilité de l'utérus ( Baudelocque ) , la distension de la vessie ( Por- TAL, pag. io4; Delamotte, pag. iiio). Nous avons déjà parlé des convulsions qui surviennent dans la dernière période des hémorrhagies utérines {^vojez le Mémoire précédent , et Dela- MOTTC, pag. 1326) : il ne sei'a ici question que tle ce genre particulier d'affections convulsivcs auquel sont sisujettcsles femmes dansl'étatpucrpéral, et qui participe de Fépilepsie et de l'apoplexie sans se rattacher bien exclusivement a l'une ou à l'autre, quoi qu'en aient ditTissot (i) etLevret (2). Cette dernière raison nous détermine à conserver le nom spécial d'éclampsie donné par Sauvages a l'affection qui nous occupe. Nous aurons, dans les paragraphes suivans (^diagnostic et examen des cada^res) , l'occasion de développer nos preuves relativement a l'analogie de nature qui existe entre

( I ) Selon lui, c'est une épilepsie véritable. On trouve cette maladie désignée sous le nom d' épilepsie utérine , epilepsia ah utero , dans un grand nombre d'anciens auteurs , et confondue , sous ce nom , comme sous celui d'apoplexie utérine , avec l'hystérie ( Mercatus , de Mal. AJf. , 1. II, c. V ; RoDERicus A Castro , 3Iul. Morb jpars 11 ; Fo- RESTUs , de Morb. Mul.; Scardoxa, itid. , p, 1 o3 ; Sennert et Sydenham , itid. Voy, même encore Reisser , Bihl. med., t. XIX , p. 52. )

(2) Le \Tct l'appelle apoplexie hystérique , et quelquefois apoplexie laitouse.

Tc^lanipsie et les deux maladies indiquées eu dernier lieu. Je n'insisterai pas davantage en ce moj ment sur ce point intéressant, de peur de tomber ,dans des répétitions inutiles.

§ II. Fréquence. L'éclampsie puerpérale,, sai>s être fort rare , est cependant moins commune que riiémorrhagie et que plusieurs autres accidensana» logues. La fréquence en est si variable, si peu constante, qu'on ne peut guère établir de données à cet égard. Cependant voici les résultats que me fournissent les relevés de mes registres» Dans les neuf années dont le détail fait l'objet des tableaux du premier volume , et qui comprennent 1 5,652 accouchemens , nous avons observé trentC'-six fois l'éclampsie , et quatre fois une véiitable apoplexie chez des femmes en travail ou en couches (i). Le forceps a été employé douze fois pour c^tte cause, et la version a été pratiquée cinq fois seulement. Dans les neuf années subséquentes qui ont fourni les tableaux annexés au deuxième volume , nous n'avons observé que vingt-cinq femmes atteintes de cette mala'die (2). Deux seulement ont été frappées d'apoplexie , l'une pendant le travail, l'autre, plusieurs jours après l'accouchement. Le forceps n'a été appliqué que huit fois , et je ne trouve

(i) Vojez-en un exemple dans les Accouchemens de Lebas , p. i55.

(2) Je soupçonne quelques omissions dans ces registres ; ( Voyez 6" Mém. , art. 4% § i" , note ) , et en efFet on pci.it voiv ci - après quelle énorme différence existe en-

/[ PRATIQUE DKS ACCOUCHEMENS.

pas dans mes registres un seul cas où la version ait été nécessitée par l'accident qui nous occupe : cependant cet espace de temps comprend un nombre d'accouchemens bien plus considérable que celui dont je parlais a l'instant, puiscpie les derniers tableaux sont composés sur un total de 22,243. Yoici une liste des vingt - sept cas mentionnés , qui pourra être de quelque utilité pour les considérations ultérieures.

Ennîarsi8i2 — 3 femmes frappées Septembre iSig — i avant Pac.

d'êclampsieavaut l'accouchement. Octobre •• i8ig — a idem. Septembre i8ia • — i après l'ac.

Décembre 18 1 3 — i avant.

Janvier- • 1814 — 2 idem.

Mars 1814 — I id.

Septembre 181 5 — 2 id.

Octobre.- 18:6 — i id.

Septembre 1 8 1 7 — i id.

Février- • 1818 — 2,iapr.,iav.

Novembre 1818 — i avwnt.

Mars» • • • 1819 — I après.

Juin 1819 — I avant.

Les con^adsions peuvent survenir avant le développement du travail , pendant le travail même , ou après l'accouchement. Les symptômes et les indications diffèrent trop peu selon ces diverses époques pour que j'aie cru devoir en faire autant

Janvier- •

id. (jumewix.)

Avril • - • .

id.

Avril- •- •

Apopl. après Taccouch.

Mai

. Ed. avant.

Juin 1820 — I

Juillet ■• • i8'i0 — I

( Opér. ces. après

fant vivant. ) Août-- - - 1820 — i

id.

. Apoplex. id.

la mort ; cn-

. Eclamp.,iV/.

tre la proportion des cas fournis par les années 181 g et 1820, et celle cju'ont donnée les sept précédentes. Ces deux années , qui constituent presque la moitié du total des neuf, ont été suivies par moi-mcnic et avec une exactitude scrupuleuse. ( Note de VKdilcur. )

de divisions principales : elles nous fourniront seulement quelques remarques, et la première, qui se présente naturellement ici , c'est que l'éclampsie est fort rare avant le sixième mois de la grossesse , même en cas d'avortement , plus commune après l'accouchement , et bien plus fre'quente encore pendant un travail déclaré dans les derniers mois de la grossesse. La plupart se remarquent du huitième au neuvième mois. Notez bien que je rejette de cette énumération les cas relatifs a des atteintes apoplectiques ou épileptiques observées plusieurs jours, plusieurs semaines, et, a plus forte raison, .plusieurs mois après l'accouchement, comme quelques personnes se sont plues a en accumuler des exemples.

§ III. Causes. On les distingue généralement en prédisposantes et en occasionelles : ces dernières sont rarement distinctes , et je me contenterai de citer parmi elles les affections morales ( Baudelocque , pag. 60 ) , les douleurs aiguës , etc. , sur lesquelles j'ai peu de données positives. Les efforts violens , la-longueur du travail et le travail même peuvent aussi passer pour tels; car rarement voit-on survenir les convulsions pendant la grossesse sans que le travail ait précédé ou suivi les accès. Dans certains cas, il est vrai , les accès précèdent de si loin le développement du travail que l'on ne saurait guère douter qu'elles n'en soient la cause , ou du moins qu'elles ne tiennent a la même cause qui met en jeu la contractilité de l'utérus.

Quelques auteurs, Smellie entre autres, atlribuenl luie certaine influence sur la production de cette maladie à des conditions atmosphériques peu connues , et sur ce point , M. le docteur Bouteilloux a consigné dans son excellent travail (^ilièse in-4°- ? î8i6) cette remarque souvent faite dans notre hospice , que l'éclampsie n'est pas toujours sporadique : une femme afl'ectce de ce mal nous en annonce ordinairement une ou plusieurs' autres.

Sans doute l'épilepsie , l'hjstérie , la pléthore , lorsqu'elles sont habituelles , prédisposent à cette affection ; mais une remarque plus certaine et plus générale , c'est que les primipares y sont principalement exposées , ainsi que les femmes infiltrées et celleà dont l'utérus est fortement distendu par une grande quantité d'eau , par des jumeaux , par des enfans volumineux (i), circonstances qui fort souvent sont simultanément existantes. Ce n'est pas qu'on ne voie quel- (juefois survenir l'éclampsie chez des femmes accouchées une ou plusieurs fois auparavant (2) ; mais le cas contraire s'observe infiniment plus souvent , et c'est la remarque de tous les accoucheurs.

(i) Et surtout des garçons ( Mauriceau, Obs. i5G. ) (2) Cinquième grossesse ( Mauiuceau , Obs. 659; Baude- LOCQUE , p i5). Quatrième grossesse ( Reisser , Obs. citée). T^oj. en outre Delasiotte, pag. 1 1 1 5 , etc. Sixième grossesse (Petit , Dibl. mid., tom. xxix, pag. 166.)

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Peut - être cette pai tkulariic tient - clk; à une plus grande gêne de la part de l'utcrus encore inhabile a souffrir aisément une distension considérable (i). Quant a l'infiltration, à la pléthore séreuse, outre qu'elle occasione presque toujours une plus grande distension de la matrice en lui fournissant plus d'eau, on conçoit qu'elle dispose à l'apoplexie séreuse (2), et si l'on admet qu'elle dépend de la compression des vaisseaux pelviens,

(i) Si la distension cause la torpeur, on comprend qu'une distension outrée causera une torpeur profonde, dont la suite sera une violente réaction dans le siège primitif de la torpeur et dans les organes sympathiquement stupéfiés , dans le cerveau, par exemple. {\ oyez Sjmpiômes précurseurs.)

Cette théorie acquerra quelques probabilités si l'on veut faire attention qu'un molinieii apoplectique accompagne en ce cas le développement du travail utérin ; que les convulsions redoublent à chaque douleur , et cessent souvent dans leurs intervalles ; que les symptômes précurseurs sont tous symptômes d'asthénie directe , et que ceux des accès offrent tous les caractères de la réaction sthénique ; que l'utérus étant vidé , et la distension ayant cessé ( ruoture des membranes , accouchement , délivrance ) , les accès disparaissent ; et enfin, que ceux qui se montrent après l'accouchement peuvent tenir à la fatigue du travail , et sont toujours moins dangereux , parce que la cause n'est pas persistante , à moins qu'il ne soit resté dans la matrice quelque portion de placenta, etc. ( Voyez Eouteilloux , pag. 18.)

(3) hi affectibus hjdropicorum , comiliales niorbi inci" dentcs Icthales. (HiPP. Coac. , sectu, art.^o. )

on comprendra mieux encore cette prédisposition.

Le célèbre professeur Chaussier pense que cette surabondance de sérosité qui inonde tous les tissus tient a l'oxidation imparfaite du sang , a l'imperfection de l'exhalation pulmonaire, due à la compression énorme que supportent les organes respiratoires. Cette théorie ne change rien aux hypothèses que j'énonçais à l'instant. Dans certains ^cas , on ne peut même avoir recours a ces hypothèses , et les causes prédisposantes ou déterminantes restent tout-a-fait inconnues.

§ IV. Sjmptômes. Trois ordres de symptômes bien distincts et offrant des considérations particulières relaUvement au diagnostic , au pronostic et au traitement, doivent ici être successivement examinés : ce sont les symptômes précurseurs j, ceux qui caractérisent les accès ., et ceux qui se monti'ent quelquefois dans leurs intervalles.

u4. Les symptômes précurseurs manquent quelquefois totalement : un violent accès saisit brusquement la malade sans que rien Tait annoncé , si ce n'est peut-être un léger malaise dont elle n'a pas eu le temps de prévenir les assistans , circonstance assez fréquente chez les femmes pléthoriques et chez celles qui sont habituellement sujettes a des accès d'épilepsie. Plus souvent des signes plus ou moins prononcés se montrent assez long-temps à l'avance pour faire prévoir un accès , et pour avertir d'en prévenir l'invasion. Le professeur Chaussier pense même que , dans t«T«5

SEPTIÈME MÉMOIRE. q

les cas, (( il existait déjà une prédisposition, et que, dans les cas d'exception, les symptômes qui pouvaient annoncer l'accident ont été méconnus ou inaperçus (i). » TSous avons vu quelquefois ces symptômes dui'er pendant plusieurs jours avec quelques alternatives d'augmentation et d'amoindrissement. Quelquefois , sans aucun traitement , ces accidens ont disparu ; d'autres fois , ils ont cédé à des médications rationnellement dirigées; quelquefois aussi ils n'ont pu être dissipés , et l'affection a continué ses progrès.

Parmi ces signes précurseurs , nous devons compter tous ceux de la pléthore et de la congestion sanguine vers latcte (molimen apoplectique). Il y faut joindre aussi ceux de la pléthore séreuse ; mais des signes plus certains annoncent la lésion du cerveau et du système nerveux : telle est une céphalalgie , souvent poignante , quelquefois hémicrânienne , offrant souvent le caractère de la migraine (2) , et accompagnée ,

(i) Distribution des prix à l'École d'accouchement, pour l'an 1823.

(2) Si cette analogie de symptômes céphaliques et gastriques ne suffisait pas pour faire admettre l'identité de la migraine et des prodromes de l'éclampsie , je pourrais appuyer encore cette opinion de la relation de plusieurs exemples frappans : en voici un des plus remarquables. « Une femme de trente ans , d'un tempérament bilioso-nei'veux, n'ayant jamais éprouvé d'aftections convulsives , mais sujette à des accès de migraine qui revenaient régulièrement une fois '

comme celte dcrnicre , d'cblouisscment, de vertiges , de nausée? et même de vomissemens que certains auteurs donnent comme symptômes de convulsions gastriques , et qu'ils semblent rapporter à la même cause prochaine dont dépendent les mouvemens spasmodiques des membres et de la i'ace. Dans ces derniers cas, la face est souvent pâle, le pouls petit et dur ou même faible , la peau froide,

tous les mois , touchait à la fin du septième mois de sa cinquième grossesse , sans autre incommodité qu'une œdématie des jambes assez considérable. Le 19 brumaire de l'an 1 1 , elle éprouve sa migraine périodique , des vomissemens , et , vers dix heures du soir, des convulsions générales, qui, après avoir duré quelques minutes , la laissèrent privée de tous ses sens. M. Roger y , appelé , trouve le visage tuméfié et livide , les yeux fermés , et leui's globes livres à des mouvemens convulsifs; la respiration slertoreuse. x\u bout de quelques instans , les muscles de la face et ceux de la jambe gauche sont pris de convulsions très - fortes , avec écume à la bouche , et ces convulsions se propagent sur-lechamp à toutes les parties du corps. Cet accès est remplacé par l'état apoplectique le plus complet. Un nouvel accès succède bientôt au premier : les saignées et les anti- spasmodiques sont employés sans succès. Les accès se renouvellent de vingt en vingt minutes. Vers trois heures du matin , le chirurgien , à la suite d*un accès , trouve la poche des eaux dans le vagin et amène au jour un enfant qui survécut trois mois à sa naissance prématurée. Les convulsions ne reviennent pas, mais l'état apoplectique persiste. Les sinapismcs aux jambes , les vésicatoircs à la nuque , sont employés sans succès ; la malade succombe le 23 au soir , quatrième jour de la maladie. » ( Vibl, nicd. , t. xvi , p. no.)

SliPTIÈVlE MÉïilOlîlE. I I

surtout aux membres ; et je crois avoir remarque souvent une sorte d'iiorripilation incomplète : ceci s'observe particulièrement chez les femmes affectées d'anasarque , et plus rarement chez les femmes pléthoriques. L'état véritablement torpide de l'encéphale est quelquefois porté au point qu'il existe une cécité complète (i), ou du moins que la vue semble obscurcie par d'épais brouillards (2). La torpeur de l'estomac est aussi portée quelquefois au point de donner lieu a un sentiment douloureux , rapporté à l'épigastre , et qui parfois est le principal sujet des plaintes de la malade (3). Du reste , il n'existe aucun symptôme de phlegmasic gastrique , et les vomissemens qui existent souvent alors me paraissent devoir être assimilés h ceux d'un frisson fébrile ; c'est une réaction locale^ qui , par momens, succède à la torpeur.

B. Après une durée et une intensité fort variables des symptômes que je viens de mentionner, sur-

(1) ^oj-. De>-man, Introd. à la Prat. des Accoucliemens.

(2) J'ai éprouvé fe symptôme au début de plusieurs accès de migraine. ( Note de V Editeur. )

(3) Denman, Zoc. cit. Cette espèce de crampe est, selou lui , d'un fort mauvais augure : les vomissemens en sont , dit-il, rarement la conséquence. La douleur persiste parfois même pendant les accès. « Quelquefois , dit M. Cliaussior , nous avons vu des femmes, dans des accès de convulsions, porter automatitpieincnt les mains à l'épigastre , se frapper fortenrent cette région , chercher à la déchirer avec leurs ongles. » ( l. c. )

12 PRATIQUE DES AGCOUCHEMENS.

vient un premier accès , dans lequel s'observent toujours des signes d'une violente agitation et du système cérébral et du système ganglionnaire, cjuel qu'ait été l'état antécédent. L'excitation du premier de ces systèmes est assez caractérisée par de violens mouvemens convulsifs qui affectent à la fois tous les membres , la face et soiivent aussi le tronc. Ces mouvemens s'opèrent ordinairement par secousses répétées, brusques et simultanées; de sorte que la malade , couchée sur le dos , semble vouloir secouer les bras et les jambes en les étendant, les roidissant vivement et par intervalles irès-rapprochés. Les poings sont ordinairement fermés , tournés en pronation forcée , et les bras étendus sur les parties latérales ou vers le devant du corps. Pendant ce temps, la face s'agite et grimace en tous sens; les yeux roulent dans leurs orbites dans des directions souvent opposées ; la langue sort de la bouche en exécutant des mouvemens irréguliers, et si l'on n'a la précaution d'écarter les mâchoires , qui se rapprochent de temps à autre assez fortement pour fausser une cuiller d'argent , cet organe est inévitablement mutilé , coupé ou déchiré par les dents (i). La congestion

(i) Il m'a quelquefois suffi de repousser avec précaution la langue dans la bouche au conimencement de chaque accès; les mâchoires une fois serrées, la langue ne sortplus; die peut être poussée et pressée fortement , contuse mènie^ contre les dents; mais elle ne peut plus être mutilée. Ce

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cérébrale qui accompagne ces cft'ets ne peut avoir lieu a un aussi haut degré sans annuler les ibnctions sensoriales : aussi la malade ne perçoit aucun son , aucune lumière ; les pupilles sont fortcmciit dilatées et ne se contractent point ou fort peu k l'approche d'un corps lumineux; les autres sciîs ne sont pas moins obtus , et l'on peut brûler , déchirer la peau sans que l'individu en ait la conscience , sans qu'il se souvienne en aucune manière de ce qui s'est passé pendant l'accès, lorsque celui-ci est terminé.

Le trouble et l'excitation du système qui préside aux mouvemens involontaires n'est pas moins évident durant ces mêmes accès : la respiration est iri'égulière, bruyante, et s'exécute par secousses continuelles et sans aucun ordre ; les matières fécales, les urines, les matières contenues dans l'estomac, sont souvent rejetées par le resserrement spasmodique de leurs réservoirs; les glandes salivaires sécrètent, comme dans l'épilepsie , une quantité plus considérable d'un liquide visqueux ou écumeux, qui -ne contribue pas peu a donner a la respiration ce caractère stcrtoreux et demisingultueux qu'il est assez difficile d'exprimer eu paroles. Enfin la circulation démontre aussi son

procédé fait éviter à la malade le danger trop rét'l de la fractvirc ou de la luxation des dents, trop souvent opérée par une cuiller métallique qu'on a quelquefois l'imprudence de faire ajjir comme un levier pour écarter les màclioirrs.

l4 PRATIQUE DES ACCOUCHEMENS.

activité nouvelle par la force et la grandeur du pouls , la rougeur de la face et de tout le corps , l'injeclion des conjonctives , la chaleur de la peau et la sueur universelle qui ne tardent pas à succéder aux secousses convulsives.

Ce premier accès n'est pas toujours très-violent; mais les symptômes ne tardent pas a prendre une intensité plus grande dans les accès suivans, si de prompts secours ne s'opposent a cet accroissement : il ne faudrait donc pas s'en laisser imposer par cette modération apparente. Dans les derniers accès , les symptômes changent un peu de nature : les secousses convulsives sont moins considérables et moins prolongées ; mais les symptômes soporeux sont plus marqués , plus graves et plus pcrsistans.

La durée générale des accès ne peut être positivement déterminée : il en est dont le cours se borne a deux minutes, tandis que d'autres durent cinq à six fois autant- Le nombre et le rapprochement des accès ne sont pas moins variables. Certaines femmes n'en ont eu qu'un seul ; d'autres en ont éprouvé une trentaine : chez les unes, les accès ont laissé des demi-journées d'intervalle j chez les autres, ils se sont répétés de quart d'heure en quart d'heure , de cinq en cinq minutes. Je renvoie pour tous ces détails aux observations particulières. On y trouvera une peinture exacte de ces divers phénomènes et de Tordre de leur apparition.

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