Cor Jesu, virtùtum omnium abyssus, miserere nobis
(1) Actes, 10, 38.
(2) Évang. selon saint Jean, 10, 13.
(3) Évang. selon saint Matthieu, 19, 17.
AETICLE II. INVOCAT. 11. ABIME DES VERTUS 215
Cœiir de Jésus, abîme de toutes les vertus, ayez pitié de nous! (Épître aux Hébreux, 1,9).
I. Parmi les attraits du Cœur de Jésus, de ce Cœur, notre divin exemplaire, il fallait mentionner ses ravissantes vertus. Sans descendre au détail, les Litanies nous font célébrer le Cœur de Jésus comme un abîme qui s'est large ouvert pour recevoir toutes les inclinations au bien, toutes les dispositions à cette justice parfaite dont Notre-Seigneur devait accomplir toutes les œuvres i, dont II exaltait la soif comme une béatitude 2. Aucune n'y manque, en effet : ni celles qui font à la grâce sanctifiante un magnifique cortège : vertus répandues en nous pour rendre nos facultés habituellement propres aux actes surnaturels^, ni cette promptitude à bien faire qui résulte, le plus souvent, de la fréquence des actes bonsl.
Notre-Seigneur, il est vrai, ne put avoir formellement la Foi, Jouissant de la vision béatifique. Il voyait ce que nous croyons. Il tenait de même ce bonheur divin qui fait l'objet principal de notre Espérance. Mais sa volonté avait, à un degré suréminent, cette pleine soumission à Dieu qui commande les actes de foi et fait leur mérite; et II attendit avec la plus ferme confiance la résurrection de son corps et la glorification extérieure de son Humanité.
II. Les vertus, surtout les vertus infuses, sont répandues suivant les dispositions du sujet. Pour marquer l'excellence des vertus de Jésus, l'invocation nous fait
(1) Évang. selon S. Matthieu, 3, 15.
(2) Évang. selon S. Matthieu, 5, 6.
(3) Voy. dans nos Méditations sur la sainte Vierge, t. II, l’explication de ces vertus.
(4) Notre-Seigneur posséda cette promptitude à tout bien, dès le premier instant de son existence. Nous nous abstenons du terme de vertus acquises, pour éviter la question, un peu controversée, si les facilités qui suivent nos actes bons peuvent, dans l’ordre présent, s’appeler des vertus.
216 PARTIE LITüRGICtUE. CH. UI. LITANIES COMMENTÉES
louer rimmense capacité de son Cœur : nous proclamons que le Cœur de Jésus est Fabîme de toutes les vertus.
Abîme insondable pour nous : les vertus qui y sont versées dépassent toutes leurs manifestations et ne sauraient être par nous comprises. Repassez dans votre esprit les actes les plus extraordinaires ou les plus sublimes de THumanité sainte de notre Sauveur : jamais elle n'eut à épuiser ses forces, à déployer toutes ses ressources. Elle eut plus de patience qu’il n’en fallut à Jésus pour converser avec son peuple et former ses apôtres ; plus de longanimité que ne suppose l’accueil fait à Judas ; plus de miséricorde que n’en démontre la prière pour les bourreaux; plus de force que n’en réclamèrent les adieux à sa mère et sa passion; plus de zèle et plus de charité “ que ceux dont témoignent les stigmates sanglants conservés dans sa chair, et dont II nous laisse le mémorial dans son Eucharistie.
III. Si profond même est l’abîme du Cœur de Jésus, qu’aucune abondance de vertus ne parvint strictement à le combler. Les vertus, malgré toute leur excellence, sont finies ; infinie est la dignité, le mérite de ce Cœur. Dieu choisit pour l’humanité de son Fils l’auréole convenant à Celui qui par naissance est à la tête de tous les ordres créés î; et ce Fils s’en contenta. Mais aucune auréole ne pouvait égaler la Majesté infinie de sa Personne.
IV. Ayez pitié de nous! Rendez-nous dociles à vos glorieux exemples ; excitez en nous un ardent désir d’avancecement et de progrès, afin que de continuelles ascensions nous rapprochent quelque peu de Vous. Ne sommes-nous pas prédestinés à Vous devenir conformes 2?
(1) Épître aux Colossiens, 1, 15-19.
(2) Épître aux Romams, 8, 29.
ARTICLE n. INVOCAT. 12. JÉSUS, DIGNE DE LOUANGE 217