‹ Pratique et doctrine de la dévotion au Sacré Cœur (volume 2)Chapitre 69 sur 102 · ARTICLE II. INVOCAT. 17. PLÉNITUDE RÉPANDUE · texte numérisé non relu

ARTICLE II. INVOCAT. 17. PLÉNITUDE RÉPANDUE

Essayons d'ouvrir la voie à une investigation fructueuse.

II. 1. Qu'avons nous reçu de la plénitude du Sauveur? Des biens importants, des présents magnifiques? Ce n'est pas assez dire : nous Lui sommes redevables de tout vrai bien. Toute grâce, toute puissance d’agir surnaturellement, toute valeur éternelle nous vient de Lui. « Sans moi, disait-Il, vous ne pouvez rien faire t. » Il se compare Lui-même à une vigne qui fournit aux rameaux, que nous sommes nous-mêmes, toute la sève dont ils vivent.

2. Cette universelle dépendance du Christ s’étend à tout le genre humain. Depuis la chute, aucune grâce n’est concédée qui ne vienne de Lui et par Lui. De tous les hommes il est vrai de proclamer : « La grâce et la vérité leur viennent par Jésits-Christ2. »

3. A quelle plénitude du Christ avons-nous part? L’Évangile entend parler de la plénitude de grâce et de vérité^. Mais la vérité ne dit-elle pas tout bien de 1 intelligence, la grâce, tout bien de la volonté libre? Toute plénitude du Christ devient no re plénitude. Nous avons part à sa bonté. Pour faire le bien. Il nous communique son pouvoir sur le démon, la maladie 't, la nature et le ciel; nous conviant à faire en son nom des œuvres plus grandes que celles qu'il accomplit au cours de sa vie mortelle*'^. Et II nous enseigne à faire le bien gratuitement et par amour Nous avons part à ses vertus ; « Je vous ai donné l'exemple"?; » part encore à sa sagesse : * Il est notre voieS > ; à sa science : « Je vous ai appris

(1) Évang. selon S. Jean, 15, 5.

(2; Évang. selon S. Jean, 1, 17.

(3) Voy au même chap. 1, les versets 14 et 17.

(4) Évang. selon S. Luc, 9, 1. 2.

(5) Évang, selon S. Jean, 14, 12.

(6) Évang. selon S. Matthieu, 5, 44.

(7) Évang. selon S. Jean, 13, 15.

(8) Évang. selon S. Jean, 14, 6.

232 PARTIE LlTURGiaUE. CH. III. LITANIES COMMENTÉES

tout ce que j’ai entendu de mon Père t ; * part meme à sa divinité : Fils de Dieu, « Il donne à ceux qui L’accueillent' le pouvoir de devenir enfants de Dieu 2 • > et son Père étend ses complaisances, de son Fils unique aux enfants qu’il adopte dans le Christ : « Mon Père vous aime Luimême^ ». Et comment douter qu’il mous donne tout ce qu’il a, puisqu’il se donne Lui-même sur la croix et dans l’Eucharistie?

4. Ce qui porte le bienfait à son comble, c’est qu’il a tout acquis en vue de nous enrichir. Son humanité même, pourquoi l’a-t-il prise? Pour nous, pour notre salut. C’est notre richesse qu’il cherche dans sa pauvreté^; notre gloire dans ses humiliations 5; notre sanctification dans son sacrifice®. Et de toutes ces façons, Il est une fontaine inépuisable, qui s’alimente pour répandre sur nous le trop plein de ses eaux 7.

III. Comment cette plénitude devient-elle la nôtre? En récitant les Litanies, nous répondons : grâce à l’amour du Christ, grâce à son Coeur. Cette plénitude est d’abord le bien de ce Cœur. Mais ce que le cœur possède, il ne le détient pas pour lui seul, mais pour le communiquer à ses amis. C’est la loi de l’amour : l’amour crée la ressemblance, s’il ne la trouve.

Dans l’effusion de notre reconnaissance, ne promettronsnous pas de mettre au service de Jésus et de son Cœur le peu que nous sommes et le peu que nous avons, et de ne

(1) Évang., selon S. Jean, 15, 15.

(2) Ibid., 1, 12.

(3) Ibid., 16, 27.

(4) 2e épître aux Corinthiens, 8, 9.

(5) Épître aux Ephésiens, 5, 25-27.

(6) Pro eis ego sanctifico me ipsum^ ut sint et ipsi sanciificati in veritate. (Évang. selon S. Jean, 17, 19.)

(7) Voy. saint Jean Chrysostoine sur saint Jean, I, 17. (M. P. G., t. TJX col. 91.

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