‹ Pratique et doctrine de la dévotion au Sacré Cœur (volume 2)Chapitre 70 sur 102 · ARTICLE II. INVOCAT. 18. LE DÉSIRÉ DES COLLINES 2.S · texte numérisé non relu

ARTICLE II. INVOCAT. 18. LE DÉSIRÉ DES COLLINES 2.S

vouloir ni talents, ni honneurs, ni richesses, ni crédit, ni avantag’es quelconques, sinon pour les employer à sa gloire?

IV. Ayez pitié de nous! Nous nous sentons si pauvres, si dénués de tout. Faites-nous recevoir abondamment de votre plénitude, ô source divine, qui coulez pour nous î

18. * Cor Jesuy desiderium collium aeternorum,y miserere nohis!

Cœur de Jésus, le désiré des collines éiernelles, ayez pitié de nous! (Genèse, 49, 26.)

I. Dans les bénédictions prophétiques qui terminent la Genèse en annonçant les destinées des douze tribus d’Israël, laVulgatei met dans la bouche de Jacob cet oracle adressé à Joseph : « Les bénédictions que te donne ton père, surpassent celles qu’il a reçues lui-même de ses pères, jusqu’à ce que vienne le désir des collines éternelles ». Les montagnes passaient jadis pour les parties les plus anciennes et les plus fermes de la terre. Dans ces collines, qualifiées d’éternelles et qui semblaient animées d’un désir, on ne tarda pas à trouver une désignation allégorique des saints patriarches^^ les fondateurs, par le sang, du peuple élu de l’Ancienne Loi et, par la foi comme par l’espérance, du peuple élu de la Nouvelle 6^ du peuple chrétien que figurait Israël. Et dans le langage ecclésiastique, le Messie, en qui les patriarches avaient cru, dont ils avaient souhaité de voir le jour 4, fut célébré comme le Désiré des collines éternelles.

(1) Genèse 49, 26. En effet, le texte hébreu du même verset est rendu en ces termes par Crampon : « Les bénédictions de ton père surpassent les bénédictions des montagnes antiques, la beauté des collines éternelles » .

(2) Hümmelauer, in h. 1., admet encore, du moins comme possible, que les collines représentent les anciens patriarches.

(3) Épître aux Galates, 3, 7.

(4) Évang. selon S. Jean, 8, 56,

II. Notre invocation fait soupirer les patriarches après le Cœur même de Jésus. A bon droit. Le Messie était attendu comme Roi et comme Libérateur. N’est-ce pas de la fermeté et des sentiments de son Cœur que le Roi tient la force et la popularité de son empire? L’œuvre d’affranchissement ne dépend elle pas d’une volonté libératrice, et cette volonté ne trouve-t-elle pas son symbole dans le cœiir que touche la misère des esclaves ou des captifs? Et, d’autre part, qui désire Jésus, désire Le posséder avec sa volonté et son Cœur.

Les traits propres de ce Cœur furent, du reste, euxmêmes révélés dans les prophéties d’IsAïE. Nous y apprenons sa mansuétude! et son sacrifice volontaire 2.

III. Les désirs des justes de l’Ancien Testament étaient provoqués par l’oppression d’Israël, l’idolâtrie des Gentils, la corruption du monde. Nous, qui avons une connaissance plus distincte du Cœur de Jésus, de sa vertu, de ses richesses, n’avons nous pas sujet de désirer plus vivement et son règne universel et sa venue en nous, notamment par la sainte communion? Au dehors, il y a, au sens propre ou métaphorique, tant d’idoles à renverser, tant de plaies morales à guérir, tant de captifs à rendre libres! Et nous-mêmes, ne portons nous pas des chaînes, ne sommes-nous pas sujets à mille misères?

IV. Ayez pitié de nous! Apprenez-nous à vous désirer; venez régner dans notre cœur.

19. Cor Jesu patiens et multae misericordiae, miserere nobis!

Cœur de Jésus, patient et riche en miséricordes, ayez pitié de nous! (2e épître aux Thessaloniciens, 3, 5).

Page 1