Cor JesUj fons totîus consolationiSy miserere nohis
Cœur de Jésus, source de toute consolation, ayez pitié de nous! (Évang. selon saint Matthieu, 11, 28; 2e épître aux Corinthiens, 1-, 3.)
I. « Le Père de Jésus-Christ est le Père de miséricordes et le Dieu de toute consolations. » Les Litanies nous montrent ici cette consolation se déversant sur nous du Cœur de ce cher Fils ; l’invocation semble suggérée par un touchant appel de Notre-Seigneur Lui-même : « Venez tous à moi, vous qui peinez et vous sentez accablés, et je vous soulagerai 3. >
(1) Defensio cultus SS. Cordis Jesu, pars 2, prop. 9, n. 7 ss. Voy, aussi Bugceroni, Commentarii in cultum SS. Cordis Jesu u. 15.
(2) 2® épitre aux Corinthiens, 1, 3.
(3) Évon». selon saint Matthieu, 11, 28.
II. Cette consolation universelle se relie à la propitiation comme l’effet'à sa cause. En effet :
1. Comment goûter une consolation véritable, sans être réconcilié avec Dieu, en qui se trouv^tout bien?
2. Historiquement, tous les maux qui nous affligent dérivent du péché. Enlever le péché, c'est tarir leur unique source, c’est offrir du même coup une guérison radicale à notre humanité.
III. La consolation se présente à nous comme la force qui soutient dans l’épreuve, le remède qui guérit l’infirmité, le bien qui compense une perte. Parfaite, elle est tout cela à la fois. Et nous la trouvons telle pour tous dans le Cœur de Jésus.
Quelque mal qui nous afflige, tous, autant que nous le voulons, nous trouvons dans le Sacré Cœur ces éléments d’une consolation complète : une intime sympathie, une souffrance plus grande, un ferme appui. Nous ne sommes ni abandonnés, ni isolés, ni destitués de secours.
Telle est la consolation présente, en attendant que, grâce à ce Cœur, le mal temporel cède la place à une jouissance éternelle, infinie.
Bien plus, le mal lui-même devient l’origine de tout bien. Il est, grâce à Jésüs-Christ, aussi adéquatement compensé que des semailles laborieuses le sont par la plus riante moisson.
Voilà ce que nous vaut la propitiation amoureuse de Jésus, voilà donc ce que nous vaut le divin Cœur qui symbolise son amour.
IV. Un mal pourtant, un seul ne serait pas compensé, celui de l’absence de Jésus, si l’attention la plus prévoyante n’y avait pourvu. « Il vous est avantageux que je m’en aille; si je ne me retire, le Paraclet ne viendra pas à vous, mais si je m’en vais, je vous L’enverrait *
(1) Évang. selon saint Jean, 16, 7.
ARTICI E II. INVOCAT. 28. VIE ET RÉSURRECTION 251
€ Je prierai mon Père, et II vous enverra un autre consolateur pour demeurer éternellement avec vous, PEsprit de vérité P » Et voici qu’encore une fois la privation donne naissance à un plus ^^rand bien. La présence sensible de Jésus nous fait défaut; mais en revanche, cette absence même appelle sur nous l’effusion du Saint- Esprit, et Notre-Seigneur peut nous dire heureux de croire sans voir2.
V. Ayez pitié de nous! Enseignez-nous la bonne souffrance; cette patience salutaire dont les larmes sont bienheureuses^ parce qu’elles seront consolées.