LETTRE DE 1899 SUR LE CULTE DU SACRÉ CŒUR
pour le genre humain tout entier. Qui ne sent combien il est nécessaire que se ravive la foi trop languissante et que s’allument les flammes d’une sincère charité? Ne faut-il pas absolument qu’on mette un frein à la fougue des passions déchaînées, qu’on apporte un remède à la corruption chaque jour plus envahissante des mœurs? Tous nous devons avoir à cœur que la Société se soumette à la domination si douce du Christ, et que les pouvoirs civils eux-mêmes reçonnaissent et respectent la puissance royale qu’il a reçue d’en haut sur toutes les nations : c’est la condition pour que l’Église, qui est le royaume du Christ, se développe de plus en plus, c’est la condition pour qu’elle jouisse de cette liberté, de cette paix qui lui est absolument nécessaire pour remporter sans cesse de nouvelles victoires. Tous enfin nous devons nous efforcer d’oflrir à la Majesté divine, par nos œuvres de piété, des compensations et des hommages réparateurs pour les grossières injures que, sur tous les points du globe, lui inflige chaque jour et en si grand nombre l’ingratitude des hommes.
Mais, pour que de jour en jour se fortifient les espérances conçues, pour que la bonne semence germe avec bonheur et produise une heureuse moisson, une chose est nécessaire : c’est que la piété une fois ranimée envers le Sacré Cœur, on ne néglige pas de la conserver et de l’entretenir. Persévérons dans la prière; cette constance fera, pour ainsi parler, violence au très doux Cœur de Jésus, et II ouvrira pour nous les sources de ces grâces qu’il ne demande qu’à répandre, selon qu’il l’a Lui-même manifesté plus d’une fois à sa bien-aimée servante, sainte Marguerite-Marie Alacoque.
Aussi le Souverain Pontife, usant de mon intermédiaire pour vous faire connaître sa volo'rrté, exhorte Votre Grandeur, ainsi que tous les évêques du monde catholique, à poursuivre avec^ardeur l’œuvre entreprise : que chacun
ANNEXES l>OClTiiR-STATRES
avise aux moj^ens et prenne les mesures qui, selon la diversité des temps et des lieux, lui paraîtront les plus propres à atteindre le buttant désiré.
Le Saint-Père recommande avec une insistance toute spéciale, la coutume, déjà établie dans bien des églises, d’ofîrir publiquement durant le mois de juin, divers hommages de piété au Sacré Cœur. Voulant encourager cette pratique, il ouvre les trésors de FÉglise et accorde aux fidèles une indulgence de 300 jours toutes les fois qu’ils assisteront à ces pieux exercices ; à ceux qui y assisteront dix fois au moins dans le courant du mois, il accorde une indulgence plénière.
Il existe encore une pratique hautement recommandée, déjà en usage dans beaucoup d’endroits : celle de faire le premier vendredi de chaque mois quelques exercices en l’honneur du Sacré Cœur. Le Saint-Père souhaite vivement qu’on s’emploie à la propager, récitant alors les Litanies récemment approuvées par lui et répétant la formule de consécration dont il a fourni le texte. Puisse cette pratique se répandre dans la chrétienté et devenir comme une coutume : on aura là une incessante affirmation de la suprême autorité'que possède le Christ sur tout le genre humain, de cette divine royauté qu’il a héritée de son Père et qu’il a conquise par l’effusion de son sang. De pareils hommages ne peuvent manquer de toucher son Cœur : riche en miséricordes et merveilleusement porté à combler les hommes de ses bienfaits. Il oubliera leur malice et leur tendra les bras, non pas seulement comme à de fidèles sujets, mais comme à des amis et des enfants bien-aimés.
Un autre désir du Saint-Père, c’est que les jeunes gens, ceux-là surtout qui s’adonnent à l’étude des lettres et des sciences, s’enrôlent dans les Sociétés dites « associations pieuses » ou « confréries du Sacré Cœur ». Elles se composent de jeunes gens d’élite qui, après avoir donné spon-