II. La vertu transformante de la communion
I. Sublime parole que celle-ci : « De même que je vis à cause de mon Père, de même celui qui me mange vivra à cause de moi1. » C’est-à-dire : Le Père, principe de la Sainte Trinité, m’a communiqué la nature divine comme à son Fils; et à celui qui me mange je communiquerai également ma vie surnaturelle et divine pour qu’il en vive à son tour.
Grandeur plus éminente ne saurait se concevoir. Dans les desseins de Dieu, la communion est le principe d’une transformation sublime de notre existence.
Mais il ne suffit pa8 de recevoir en nous le principe transformant; il faut le faire apparaître en son activité.
Or, la vie du Christ, c’est une vie d’amour pour son Père, et, pour cela même, une vie de charité dévouée poulies hommes.
Dans la communion, nous devons donc puiser un amour
(1) Év S. Jean, 6, 58.
ABT. 1. NEUVAFNE AU SACRÉ CŒUR, 5e .TOUR
plus intense pour Dieu; les forces, les inclinations contraires doivent y être combattues, affaiblies, défaites.
Et la communion nous inculque également un dévouement pur et généreux pour le prochain. Loin de favoriser une piété étroite et quelque peu égoïste, la communion, si Ton en suit l'influence, dilate le cœur au point de lui faire accepter la formule du Christ : « Personne n'aime ses amis comme celui qui donne pour eux sa vie1. > Écoutez comme saint Jean l’avait retenue : « Nous avons reconnu la charité de Dieu à ce trait, qu’il a donné sa vie pour nous ; et nous, nous devons aussi donner notre vie pour nos frères2. »
II. 1. Examinons si nos communions nous fortifient et développent notre charité pour le prochain : cette charité véritable que prouvent les actes, non les émotions sensibles. Si nous ne remarquons pas ces effets, n’est ce pas qu’une négligence dommageable, une certaine routine, laissent échapper des grâces précieuses?
2. Souvenons-nous, quand nous communions, que nous sommes invités à nous transformer en Jésus-Christ. Cette pensée nous suggérera plus de piété, plus de confiance, plus d’entrain surnaturel, dans les actes de foi, d’humilité, d’espérance qui disposent à la communion; dans l’acte d’amour dans lequel elle s’achève, et dans les prières qui nous en assurent le fruit.
COLLOQUE
Dans un pieux entretien avec le Cœur de Jésus, réitérons notre désir de passer en Lui, et de nous retirer de la table sainte comme des lions, devenus terribles au démon, et repassant dans notre esprit la charité, dont nous avons reçu le magnifique présent3.
(1) Ibid , 15, 13. (2) Ire ép. de S. Jean, 3, 16.
(3) Homélie 61 au peuple d’Antioche. S. Jean Chrysostome (parmi ses oeuvres apocryphes).
238 SECT. II. MÉDITATIONS, CH. il. FÊTE ET NEÜVAINE